Lois relatives aux offrandes quotidiennes et supplémentaires
Chapitre un
Il s’agit de deux agneaux offerts quotidiennement, un le matin et un l’après-midi, en holocaustes. Les modalités relatives à ce commandement sont ici étudiées, comme l’heure et l’endroit du parvis où le sacrifice doit être abattu. Il est intéressant de rappeler que les prières quotidiennes furent instituées en correspondance avec ces sacrifices. Ainsi, l’horaire de la prière du matin correspond à l’horaire du tamid du matin et l’horaire de la prière de l’après-midi au tamid de l’après-midi. Enfin, la prière du soir rappelle la combustion sur l’autel des membres du sacrifice de l’après-midi, qui se consumaient durant la nuit.
- C’est un commandement positif de la Thora d’offrir deux agneaux en holocaustes chaque jour. Ils sont appelés sacrifices « perpétuels » (tamid ). On en offre un le matin et un l’après-midi, ainsi qu’il est dit : « deux par jour, holocauste perpétuel, etc. »
- À quel moment de la journéeprocède-t-on à l’abattage de ces sacrifices ? Le sacrifice du matin est abattu avant le lever du soleil, dès que tout le ciel à l’est s’est illuminé. Une fois, à l’époque du second Temple, la communauté fut dans une situation d’urgence, n’ayant pas d’agneau à disposition , et offrit le sacrifice quotidien du matin à la quatrième heure de la journée .
- Le sacrifice quotidien de l’après-midi peut être abattu depuis que l’ombre commence à être inclinée et qu’il apparaît aux yeux de tous qu’elle est inclinée – c’est-à-dire à partir de la sixième heure et demie – jusqu’à la fin de la journée. Toutefois, on ne l’abattait quotidiennement qu’à la huitième heure et demie et il était offert sur l’autel à la neuvième heure et demie. Pourquoi retardait-on l’abattage de deux heures après le début du temps règlementaire, alors que l’on s’empresse généralement pour l’accomplissement d’une mitsva ? Afin que l’on ait le temps d’apporter les autres offrandes individuelles et communautaires avant le sacrifice quotidien de l’après-midi. Car il est interdit de faire une quelconque offrande avant le sacrifice quotidien du matin, et l’on ne fait l’abattage d’aucun autre sacrifice après le sacrifice quotidien de l’après-midi. Le sacrifice de Pessa’h est la seule exception, car il est impossible que tous les Juifs offrent leurs sacrifices de Pessa’h durant l’intervalle de deux heures entre la sixième heure et demie et la huitième heure et demie.
- On ne fait l’abattage du sacrifice de Pessa’h qu’après le sacrifice quotidien de l’après-midi. De même, ceux auxquels il manque l’expiation, c’est-à-dire un sacrifice pour achever leur processus de purification , peuvent offrir leur sacrifice d’expiation après le sacrifice quotidien de l’après-midi le jour du quatorze nissan; cette autorisation leur est consentie afin qu’ils soient purs pour consommer leur offrande de Pessa’h au soir.
- La veille de Pessa’h, que ce soit un jour de semaine ou un chabbat, le sacrifice quotidien de l’après-midi était abattu à la septième heure et demie et offert à la huitième heure et demie, soit plus tôt que les autres jours de l’année, afin que les gens aient suffisamment de temps pour faire l’abattage de leurs offrandes de Pessa’h. Et lorsque la veille de Pessa’h tombait un vendredi, on faisait l’abattage du sacrifice quotidien à la sixième heure et demie, c’est-à-dire au début du temps règlementaire et on l’offrait à la septième heure et demie, afin que les gens aient suffisamment de temps pour rôtir la viande de leurs sacrifices de Pessa’h avant le début du chabbat.
- Bien que l’on n’abatte pas d’autre sacrificeaprès le sacrifice quotidien de l’après-midi, on brûle sur l’autel tout ce qui est apte à y être brûlé, durant toute la journée, même après l’offrande du sacrifice quotidien. Et on peut brûler les membres des holocaustes et les parties sacrificielles des autres sacrifices jusqu’à la mi-nuit, comme nous l’avons expliqué dans les lois relatives au rituel des offrandes . Les membres et les parties sacrificielles qui n’ont pas été complètement consumés sur le feu de l’autel, qu’il s’agisse de ceux du sacrifice quotidien ou de ceux des autres sacrifices, on peut les retourner sur le feu durant toute la nuit jusqu’au matin , comme il est dit : « toute la nuit jusqu’au matin ».
- Brûler les membres du sacrifice quotidien repousse l’impureté , mais ne repousse pas les interdits du chabbat , les membres du sacrifice quotidien du vendredi étant brûlés uniquement au cours de la journée du vendredi. En effet, le sacrifice quotidien qui débute le chabbat repousse le chabbat, c’est-à-dire que le sacrifice quotidien du chabbat est abattu et brûlé sur l’autel pendant chabbat , mais la « fin » du sacrifice quotidien de la veille, c’est-à-dire la combustion de ses membres, ne repousse pas le chabbat. Les graisses, c’est-à-dire les parties sacrificielles, des sacrifices offerts le chabbat peuvent être brûlées dans la nuit de Yom Tov lorsque Yom Tov tombe à l’issue du chabbat et qu’on n’a pas encore brûlé les graisses des sacrifices du chabbat. Mais les graisses des sacrifices du chabbat ne peuvent pas être offertes dans la nuit de Kippour qui tombe à l’issue du chabbat , ainsi qu’il est dit : « Holocauste du chabbat dans son chabbat » ; on apprend de là que l’on n’offre pas l’holocauste d’un chabbat lors d’un autre « chabbat », c’est-à-dire le jour de Kippour, lui-même désigné comme « chabbat », et on n’offre pas non plus les graisses de l’holocauste d’un jour de semaine pendant Yom Tov.
- Quand le quatorze nissan, veille de la fête de Pessa’h, tombe un chabbat, on peut brûler sur l’autel, le soir de la fête qui tombe à l’issue du chabbat, les graisses des sacrifices de Pessa’h qui n’ont pas encore été brûlées le jour même, parce qu’elles sont considérées comme les graisses des sacrifices du chabbat qui peuvent être brûlées la nuit de Yom Tov qui suit , comme dit précédemment.
- Il ne doit pas y avoir moins de six agneaux, déjà examinés , dans la loge des agneaux du Temple pour les besoins des sacrifices quotidiens. Les agneaux pour les sacrifices quotidiens seront prêts quatre jours avant le jour de l’offrande. Bien que l’on ait déjà préalablement examiné l’agneau, on ne procédait pas à l’abattage du sacrifice quotidien avant de l’avoir examiné une seconde fois avant l’abattage, à la lumière de torches . Et on lui faisait boire de l’eau, dans une coupe en or , de sorte qu’il soit facile à dépouiller .
- On faisait le sacrifice quotidien de l’après-midi de la même manière que celui du matin, le tout conformément au rituel de l’holocauste, tel que nous l’avons décrit dans les lois relatives au rituel des offrandes .
On n’attachait pas l’agneau par les pattes afin de ne pas imiter les païens, mais on tenait ses pattes avant et arrière à la main. Et voici la position dans laquelle il était maintenu : sa tête pointait le sud et sa face était tournée vers l’ouest .
- Le sacrifice quotidien du matin était abattu au coin nord-ouest de l’atelier des viandes, c’est-à-dire le coin nord-ouest de l’endroit des anneaux , sur le deuxième anneau, à savoir l’anneau de la deuxième rangée en partant du nord, et le sacrifice quotidien de l’après-midi au coin nord-est de l’endroit des anneaux, sur le second anneau en partant du nord. Cela, afin que l’agneau soit exposé au soleil et non à l’ombre . L’exigence que les sacrifices quotidiens soient abattus en étant exposés au soleil relève de la tradition orale.
- Si le sacrifice quotidien du matin n’a pas été offert, par erreur ou par inadvertance, ou même délibérément, on offrira tout de même le sacrifice quotidien de l’après-midi car l’un n’empêche pas l’autre. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Si l’autel a déjà été inauguré. Mais s’il s’agit d’un nouvel autel sur lequel aucune offrande n’a encore été faite, on ne doit pas offrir en premier lieu le sacrifice quotidien de l’après-midi, car on n’inaugure « l’autel de l’holocauste » que par le sacrifice quotidien du matin.
