Lois relatives aux offrandes quotidiennes et supplémentaires

Chapitre quatre

Les différentes tâches qui constituent le service quotidien des cohanim dans le Temple ont été décrites dans les trois premiers chapitres. Mais comment ces tâches sont-elles réparties entre les cohanim ? Autrement dit, qui fait quoi ? Tel est l’objet de ce chapitre : la répartition des tâches. Celle-ci a lieu par un tirage au sort (païs). Les cohanim procèdent à un premier tirage au sort dès le petit matin ; au total, ce seront quatre tirages au sort qui ont lieu chaque matin. Les modalités relatives à ce tirage au sort ainsi que les tâches ainsi distribuées sont ici étudiées. Par ailleurs, on étudie aussi le partage des tâches le chabbat, où a lieu un sacrifice supplémentaire (moussaf), ainsi que le partage des pains de proposition. Pour rappel, douze pains sont chaque chabbat disposés sur la table située à l’intérieur du Heikhal, accompagnés de deux coupelles d’oliban. Ils y restent pour la semaine et sont remplacés le chabbat suivant. L’oliban des deux coupelles est ensuite offert sur l’autel et les pains sont partagés entre les cohanim pour être consommés.

  1. Toutes ces tâches mentionnées aux chapitres précédents, qui sont effectuées par les cohanim chaque jour dans le Temple, sont partagées entre eux par tirage au sort. Comment procèdent-ils ? Tous les cohanim de la famille qui officie en ce jour entrent, après l’aube, dans la loge de pierre taillée, revêtus des vêtements de prêtrise. Le préposé au tirage au sort est avec eux, et ils se tiennent en cercle. Le préposé ôte le turban de la tête de l’un d’eux et le remet immédiatement, et c’est l’homme à partir duquel on commence à compter pour le tirage au sort, comme il va être expliqué .
  2. Les hommes désignés par le tirage au sort pour le service sortent de la loge pour aller servir et les autres cohanim qui n’ont pas été sélectionnés sont confiés aux bedeaux responsables de l’habillement des cohanim . Ces derniers leur retirent leurs vêtements de prêtrise, ne laissant sur eux que les caleçons afin qu’ils ne soient pas nus le temps qu’ils revêtent leurs vêtements profanes. Puis ils ôtent les caleçons faisant partie des vêtements saints et les bedeaux remettent les vêtements sur les fenêtres prévues à cet effet .
  3. Comment se déroule le tirage au sort ? Les cohanim se tiennent en cercle et se mettent d’accord sur un nombre qui va être compté : cent, mille ou n’importe quel autre nombre qu’ils auront décidé. Le préposé leur dit alors: « Levez les doigts » et ils présentent leurs doigts, un ou deux. Si un cohen a présenté trois doigts, on lui compte les trois . Et on ne présente pas le pouce dans le Temple lors du tirage au sort, en raison des tricheurs ; en effet, le pouce est un doigt court et il est facile de le sortir et de le replier , par conséquent, le cohen qui sort son pouce, on ne le lui compte pas. Le préposé commence à compter à partir de l’homme désigné dont il a ôté le turban initialement. Il compte les doigts et recommence jusqu’à ce qu’il parvienne au nombre convenu. Et l’homme sur le doigt duquel se termine le compte est celui qui est désigné par le tirage au sort en premier pour le service et il gagne le premier acte du service parmi ceux qui sont tirés au sort.
  1. Pourquoi fait-on le décompte du nombre convenu en comptant les doigts présentés par les cohanim et non en comptant les hommes eux-mêmes ? Parce qu’il est interdit de compter les Juifs eux-mêmes, et le compte n’est possible qu’au moyen d’une autre chose, comme il est dit : « et il les compta avec des agneaux  ».
  2. On faisait quatre tirages au sort quotidiennement le matin : le premier tirage au sort pour déterminer à qui revenait la mitsva d’enlever une partie des cendres de l’autel. Une fois que le tirage au sort a eu lieu et l’un a gagné le mérite d’enlever les cendres, c’est également lui qui a le mérite de disposer le bûcher, de monter les deux bûches de bois sur l’autel et d’apporter une pelle pleine de braises de l’autel extérieur sur l’autel d’or afin qu’on y offre l’encens.
  3. Lors du deuxième tirage au sort, il y a treize gagnants qui sont désignés, suivant l’ordre dans lequel ils se tiennent dans le cercle. Comment cela ? Le préposé leur dit : « Levez les doigts » et fait le décompte des doigts présentés comme nous l’avons expliqué. Celui qui est désigné par le tirage au sort comme premier est celui qui fait l’abattage du sacrifice quotidien du matin. Le second qui se tient à ses côtés, c’est-à-dire à sa droite, est celui qui recueille le sang du sacrifice quotidien et en fait aspersion sur l’autel. Le troisième, qui est à côté du deuxième, est celui qui nettoie les cendres de l’autel intérieur, c’est-à-dire l’autel de l’encens. Le quatrième, qui est à côté du troisième, nettoie le candélabre et en allume les lampes. Le cinquième est celui qui monte la tête du sacrifice quotidien et sa patte arrière droite  sur la rampe ; le sixième monte les deux pattes avant ; le septième monte la partie arrière et la patte arrière gauche ; le huitième monte la poitrine et le cou ; le neuvième monte les deux flancs ; le dixième monte les entrailles ; le onzième monte l’offrande de fine fleur de farine des « libations  », le douzième monte les ‘havitine du grand prêtre et le treizième monte le vin des libations.
  4. Pour le troisième tirage au sort, le préposé dit à tous les membres de la famille qui officie en ce jour : « Celui qui n’a jamais brûlé l’encens, qu’il vienne et participe au tirage au sort ». Les cohanim concernés se rassemblent près du préposé et tirent au sort de la façon décrite plus haut, et celui qui est sélectionné par ce tirage au sort est celui qui aura le mérite de brûler l’encens.
  5. Pour le quatrième tirage au sort, tous se rassemblent et tirent au sort pour déterminer qui montera les membres du sacrifice quotidien depuis la rampe jusqu’en haut de l’autel. Ils tirent au sort et celui qui gagne acquiert ce méritePour le sacrifice quotidien de l’après-midi, on ne procède pas à un autre tirage au sort, mais chaque cohen qui a gagné le mérite d’effectuer l’une des tâches du service le matin l’acquiert aussi l’après-midi. La tâche de brûler l’encens fait exception et est attribuée par un autre tirage au sort l’après-midi : tous ceux qui, parmi les membres de la famille en service, n’ont jamais brûlé l’encens, se rassemblent et procèdent à un tirage au sort entre eux. Si tous les membres de cette famille ont déjà brûlé l’encens au moins une fois dans leur vie, ils participent tous au troisième tirage au sort le matin pour déterminer celui à qui revient le mérite de brûler l’encens du matin, et celui qui aura gagné le mérite de brûler l’encens le matin le brûlera aussi l’après-midi.
  1. Le chabbat, qui comprend l’offrande des sacrifices quotidiens et des sacrifices supplémentaires (moussaf) ainsi que des deux coupelles d’oliban accompagnant les pains de propositions , comment se déroule le partage des tâches ? Les membres du beit av (« famille ») de la « garde » sortante  font un tirage au sort le matin et offrent le sacrifice quotidien du matin et les deux agneaux supplémentaires apportés en holocauste comme sacrifice supplémentaire (moussaf) : tout cohen de cette famille qui a gagné le droit à l’une des tâches du service liées au sacrifice quotidien du matin gagne le droit à cette tâche aussi pour les deux agneaux du sacrifice supplémentaire Les cohanim de l’autre « garde », qui entre en service ce chabbat, font d’autres tirages au sort pour partager entre eux les tâches relatives au sacrifice quotidien de l’après-midi. Les uns et les autres, c’est-à-dire les cohanim des deux gardes, celle qui sort et celle qui entre, partagent ensemble les pains de propositions .
  1. Les cohanim ne mangent pas les pains de proposition tant que l’oliban des deux coupelles n’a pas été brûlé sur le feu de l’autel. On doit verser du sel sur l’oliban, comme pour les autres offrandes.
  2. On brûle l’oliban des deux coupelles sur l’autel après l’offrande du sacrifice supplémentaire (moussaf). Deux cohanim offrent chacun l’oliban de l’une des deux coupelles.
  3. Comment les cohanim se partagent-ils les pains de proposition, durant tous les chabbat de l’année ? La « garde » qui entre en service prend six pains et la « garde » sortante prend six pains. Ceux qui entrent partagent entre eux les six painsdans la partie nord du parvis, parce qu’ils sont disposés à servir au Temple . Et ceux qui sortent partagent entre eux les six pains dans la partie sud du parvis . Lorsqu’un jour de Yom Tov de l’une des trois fêtes de pèlerinage tombe un chabbat, et de même, lors du chabbat qui tombe au cours de la période de ‘Hol Hamoed d’une fête, l’ensemble des « gardes » de cohanim partagent de manière égale les pains de proposition . De même, lorsque le premier jour de Yom Tov de l’une des trois fêtes de pèlerinage tombe dimanche, et que des cohanim appartenant à d’autres gardes sont présents au Temple durant le chabbat, avant la fête, toutes les gardes se partagent de manière égale les pains de proposition le chabbat, veille de fête. Les Sages ont institué cela  en raison de la diligence de ces cohanim, qui ont avancé leur venue au Temple en vue d’être prêts pour le service avant la fête De même, lorsque le dernier jour de Yom Tov tombe vendredi, toutes les gardes de cohanim partagent de manière égale les pains de proposition durant le chabbat qui fait suite à la fête. C’est là une ordonnance que les Sages ont instituée pour que les cohanim prolongent leur séjour au Temple en vue de partager les pains de propositions. Ainsi, si l’un des membres de la garde entrante ce chabbat tarde à venir, on trouvera un autre cohen parmi ceux qui sont restés, pour le remplacer.
  1. Lorsqu’il y a un jour de séparation entre le chabbat et le jour de Yom Tov, par exemple, lorsque le premier jour de Yom Tov tombe lundi ou lorsque le dernier jour de Yom Tov tombe jeudi ou lorsque Chavouot tombe lundi ou jeudi, la « garde » qui observe son temps fixe de service durant la semaine entière prend dix pains et la garde « entrante  » en prend deux . En effet, il ne reste aux membres de cette dernière garde qu’un jour où ils servent seuls, vendredi ou dimanche selon le cas, ils font donc preuve de nonchalance et peu d’entre eux viennent .
  2. Le grand-prêtre prend toujours de chaque garde la moitié des pains auxquels ses membres ont eu droit, ainsi qu’il est dit à propos des pains de proposition : « et ce sera pour Aaron et pour ses fils » ce qui indique qu’Aaron le grand-prêtre, d’une part, et ses fils, d’autre part, se partagent à égalité les pains de proposition, la moitié pour Aaron et la moitié pour ses fils. Le grand-prêtre ne prend jamais un morceau , car cela n’est pas de son honneur.
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