Lois relatives aux offrandes quotidiennes et supplémentaires
Chapitre dix
Dernier de ces lois, le présent chapitre étudie les offrandes supplémentaires (moussaf) de Yom Kippour et de Souccot. Les offrandes de Kippour sont ici brièvement présentées, elles seront plus longuement étudiées à la fin de ce livre, dans les lois relatives au service du jour de Kippour.
- Le jour du jeûne de Kippour, on apporte une offrande supplémentaire (moussaf) similaire à celle de Roch Hachana : un taureau et un bélier, ce bélier étant désigné comme « bélier du peuple », ainsi que sept agneaux, tous offerts en holocaustes, et un bouc en expiatoire, qui est consommé le soir à l’issue du jeûne.
- La communauté offre encore un bouc en expiatoire, qui est brûlé ; c’est le bouc dont le partenaire est le bouc émissaire .
- Le premier jour de la fête de Souccot, on apporte en offrande de moussaf du jour treize taureaux, deux béliers et quatorze agneaux, tous en holocaustes, et un bouc en sacrifice expiatoire dont la chair estconsommée par les cohanim. De même, chacun des sept jours de la fête de Souccot, on offre deux béliers, quatorze agneaux et un bouc en expiatoire.
- En revanche, on n’offre pas le même nombre de taureaux chaque jour de la fête de Souccot, mais on en enlève un chaque jour : le deuxième jour de la fête, on offre douze taureaux, le troisième jour, onze, et ainsi de suite de sorte que le sacrifice du septième jour consiste en sept taureaux , deux béliers et quatorze agneaux, tous offerts en holocaustes, et un bouc en expiatoire.
- Le jour de Chemini Atséret, on apporte en offrande de moussaf du jour un taureau, un bélier et sept agneaux, tous en holocaustes, et un bouc en expiatoire ; ces sacrifices ne sont pas regardés comme la suite des sacrifices de la fête de Souccot : il s’agit d’une offrande de moussaf à part .
- Tous les sept jours de la fête de Souccot, on verse en libation de l’eau sur l’autel ; il s’agit là d’une loi transmise oralement à Moïse sur le Sinaï. En même temps que l’on verse les libations de vin qui accompagnent le sacrifice quotidien du matin, on verse de l’eau en libation, séparément .
- Si l’on a versé l’eau dans le vin ou le vin dans l’eau pour ensuite verser les deux en libation d’un seul récipient, on a tout de même accompli le devoir des libations de vin et d’eau. Si l’on a fait les libations d’eau avant le sacrifice, ou même si l’on fait les libations d’eau la nuit, on est tout de même quitte de son devoir. C’est au coin sud-est, au-dessus de la mi-hauteur de l’autel , que l’on procède aux libations ; et le tout, à savoir l’eau et le vin, descend dans les trous du soubassement appelés chitine , comme nous l’avons expliqué . Comment procédait-on pour les libations d’eau ? Un cohen préposé à cette tâche remplissait du Chiloa’h – source d’eau proche de Jérusalem – un pichet en or ayant une capacité de trois log . Lorsque lui et le cortège qui l’accompagnait parvenaient à la porte de l’eau, l’une des portes sud du parvis, ils sonnaient avec des trompettes une tekia , une teroua et une tekia . Le cohen montait sur la rampe de l’autel avec le pichet à la main, il tournait à sa gauche du côté du coin sud-ouest de l’autel et versait l’eau du pichet dans un bol qui s’y trouvait. Il y avait deux bols en argent au coin sud-ouest de l’autel : l’un, à l’ouest, servait pour l’eau et l’autre, à l’est , servait pour le vin des libations . Les deux bols avaient des trous ressemblant à deux fines narines, c’est-à-dire que chaque bol était percé à sa base : le trou du bol pour l’eau était plus étroit que celui du bol pour le vin, afin que l’eau finisse de s’écouler en même temps que le vin .
- On disait au cohen qui versait l’eau en libation : « Lève ta main en versant l’eau», afin que tout le monde voie clairement qu’il verse l’eau dans le bol. Car une fois, un cohen versa les libations sur ses pieds et non dans le bol, et tous les présents le lapidèrent avec leurs cédrats (étrog) qu’ils tenaient à la main, se disant que ce cohen était un membre de la secte des Saducéens qui dénient la validité de la Loi orale et affirment qu’il n’est pas prescrit de verser de l’eau en libation .
- La cérémonie des libations d’eau se déroule de la même façon le chabbat qu’en semaine, si ce n’est que l’on remplissait l’eau de la source depuis vendredi . On remplissait d’eau une cruche en or ne faisant pas partie des ustensiles sacerdotaux ; on la déposait dans la loge, et le lendemain, c’est-à-dire le chabbat, on remplissait le pichet destiné aux libations à partir de cette cruche.
- Si l’eau de la cruche s’était renversée ou était restée découverte , on remplissait de l’eau à partir du kior et on la versait en libation.
- Chacun des jours de la fête de Souccot, les lévites récitaient un autre chant pour accompagner l’offrande supplémentaire (moussaf) de la journée. Le premier jour de demi-fête (‘Hol Hamoed), ils récitaient le psaume 29: « Célébrez l’Éternel, ô, fils de D.ieu ». Le deuxième jour de ‘Hol Hamoed, ils récitaient le psaume 50 où il est dit : « Quant au méchant, D.ieu lui dit, etc. ». Le troisième jour de ‘Hol Hamoed, ils récitaient le psaume 94 à partir du verset 16 : « Qui m’assistera pour faire front aux malfaiteurs ». Le quatrième jour de ‘Hol Hamoed, ils récitaient le début de ce même psaume, où il est dit : « Réfléchissez donc, ô, gens stupides, etc. ». Le cinquième jour de ‘Hol Hamoed, ils récitaient le psaume 81 où il est dit : « J’ai déchargé du fardeau son épaule ». Le sixième jour de ‘Hol Hamoed, ils récitaient le psaume 82 où il est dit : « tous les fondements de la terre sont ébranlés ». Et si chabbat tombait l’un de ces jours de ‘Hol Hamoed, le psaume du sixième jour : « tous les fondements de la terre sont ébranlés » était repoussé .
- Nous avons déjà expliqué que toutes les « gardes » de cohanim étaient au nombre de vingt-quatre et que toutes servaient de manière identique durant les fêtes de pèlerinage. Durant la fête de Souccot, voici comment les « gardes » de cohanim se partageaient les sacrifices : chaque « garde » offrait chaque jour un taureau, un bélier ou le bouc expiatoire. Mais en ce qui concerne les agneaux, certaines « gardes » en offraient deux et d’autres en offraient un. Comment cela ? Le premier jour de la fête de Souccot, il y avait treize taureaux, deux béliers et un bouc et chaque « garde » offrait un animal parmi ceux-là, donc au total seize sacrifices pour seize gardes ; il restait donc quatorze agneaux pour huit gardes, répartis de la manière suivante : six « gardes » en offraient deux et deux « gardes » en offraient un. Le deuxième jour, il y avait douze taureaux , deux béliers et un bouc : chaque garde offrait un animal parmi ceux-là, ce qui fait quinze sacrifices pour quinze gardes. Il restait donc quatorze agneaux pour neuf gardes, répartis de la manière suivante : cinq gardes en offraient deux et quatre en offraient un. Le troisième jour, il y avait onze taureaux, deux béliers et un bouc : chaque garde offrait un de ces animaux, ce qui fait quatorze sacrifices pour quatorze gardes. Il restait donc quatorze agneaux pour dix gardes, répartis de la manière suivante : quatre gardes en offraient deux et six en offraient un. Le quatrième jour, il y avait dix taureaux, deux béliers et un bouc : chaque garde offrait un de ces animaux, ce qui fait treize sacrifices pour treize gardes. Il restait donc treize agneaux pour onze gardes, répartis de la manière suivante : trois gardes en offraient deux et huit en offraient un. Le cinquième jour, il y avait neuf taureaux, deux béliers et un bouc : chaque « garde » offrait un de ces animaux, ce qui fait douze sacrifices pour douze « gardes ». Il restait donc quatorze agneaux pour douze « gardes », répartis de la manière suivante : deux « gardes » en offraient deux et dix en offraient un. Le sixième jour, il y avait huit taureaux, deux béliers et un bouc : chaque « garde » offrait un de ces animaux. Il restait donc quatorze agneaux pour treize « gardes », répartis de la manière suivante : une « garde » en offrait deux et douze « gardes » en offraient un. Le septième jour, il y avait sept taureaux, deux béliers et un bouc ainsi que quatorze agneaux, ce qui correspond au nombre de « gardes » : chaque « garde » offrait donc un animal.
- Toute garde qui avait offert un taureau un jour n’offrait pas de taureau le lendemain, mais on procédait à tour de rôle. Le huitième jour, Chemini Atséret, où il n’y avait pas suffisamment de sacrifices pour partager entre toutes les gardes, tous les cohanim qui le souhaitaient, indépendamment des gardes auxquelles ils appartenaient, pouvaient participer à un tirage au sort ensemble, comme pour les autres fêtes de pèlerinage, ainsi que nous l’avons expliqué .
- Lorsque le premier jour de fête de Souccot tombait un chabbat, il y avait au total soixante et un issarone de fine fleur de farine qui étaient offerts dans le cadre des libations accompagnant tous les sacrifices supplémentaires (moussaf) et les sacrifices quotidiens . On ne mélangeait pas l’une avec l’autre ces offrandes de fine fleur de farine accompagnant des sacrifices différents, comme expliqué au paragraphe suivant.
- On ne mélange jamais les libations, c’est-à-dire les offrandes de farine et de même les offrandes de vin qui accompagnent différents sacrifices ; au contraire, les libations accompagnant les sacrifices des taureaux sont offertes distinctement, les libations accompagnant les béliers sont offertes distinctement, et les libations accompagnant les agneaux sont offertes distinctement . Cette règle est valable aussi bien pour les sacrifices communautaires que pour les sacrifices individuels.
- Toutes les graisses des sacrifices, qu’il s’agisse de sacrifices communautaires ou individuels, ne doivent pas être mélangées l’une avec l’autre ; au contraire, on brûle les parties sacrificielles de chaque sacrifice séparément. Toutefois, si elles ont été mélangées, on les brûle toutes ensemble.
- Si des oblations de fine fleur de farine faisant partie des libations accompagnant différents sacrifices se sont mélangées l’une avec l’autre après que chaque sorte d’oblation a été pétrie dans l’huile distinctement, elles sont valides et peuvent être offertes ensemble.
- Si les oblations ont été pétries dans l’huile et que leur huile et leur fine fleur de farine se sont ensuite mélangées comme indiqué au paragraphe précédent, il est dès lors permis a priori de mélanger le vin de leurs libations respectives. De même, si l’on a déjà brûlé sur l’autel les oblations d’accompagnement, chacune séparément, il est permis de mélanger le vin de leurs libations respectives .
- Lorsqu’on mélange le vin des libations, dans les cas où les oblations ont été mélangées ou lorsqu’elles ont déjà été offertes, on peut même mélanger le vin des libations accompagnant un sacrifice offert la veille avec le vin accompagnant un sacrifice offert le jour même et de même, on peut mélanger le vin accompagnant un sacrifice offert par un particulier avec le vin accompagnant un sacrifice communautaire. Lorsqu’on mélange le vin des libations, on peut mélanger le vin des libations accompagnant des taureaux avec le vin des libations accompagnant des béliers, ou bien le vin des libations accompagnant des agneaux avec le vin des libations accompagnant des agneaux ; mais on ne peut pas mélanger le vin des libations accompagnant des agneaux avec le vin des libations accompagnant des taureaux ou des béliers.
- On ne mélange jamais a priori le vin des libations, si ce n’est après que la fine fleur de farine des oblations s’est mélangée ou après que les oblations ont été brûlées sur l’autel, comme nous l’avons expliqué.
Fin des lois des offrandes quotidiennes et supplémentaires, avec l’aide de D.ieu.
