Lois relatives aux offrandes disqualifiées​

Chapitre sept

Après l’étude des cas de disqualifications des sacrifices du bétail, les trois chapitres suivants s’intéressent aux sacrifices d’oiseaux. Rappelons à titre d’introduction qu’il existe deux sortes de sacrifices d’oiseaux : l’holocauste et l’expiatoire. Deux espèces d’oiseaux peuvent être offertes pour l’un comme pour l’autre : les tourterelles et les jeunes pigeons. Il faut rappeler aussi d’une part que l’oiseau est abattu par melika, acte par lequel le cohen rompt la nuque de l’oiseau avec l’ongle, d’autre part que le rituel de ces deux sacrifices est différent. Ainsi, le rituel relatif à l’oiseau expiatoire a lieu dans la partie inférieure de l’autel (en dessous de la ligne rouge) alors que celui de l’oiseau holocauste a lieu dans la partie supérieure de l’autel (au-dessus de la ligne rouge). Par ailleurs, la melika de l’holocauste exige de séparer la tête du corps de l’oiseau alors que pour l’expiatoire, la tête ne doit pas être séparée. On étudiera ici toutes les disqualifications liées à la procédure de l’offrande.

  1.  Toute personne disqualifiée pour le service qui a pratiqué la melika rend la melika disqualifiée. Toutefois, bien que l’oiseau abattu ainsi soit disqualifié comme sacrifice, il n’est pas considéré comme la carcasse (nevéla) d’un oiseau cachère au regard de l’impureté rituelleDe même, si un cohen a pratiqué la melika la nuit  ou a égorgé  un oiseau non consacré à l’intérieur du parvis ou un oiseau consacré à l’extérieur, ceux-là sont interdits à la consommation, mais ne sont pas considérés comme nevéla pour ce qui est de transmettre l’impureté.
  1. S’il a abattu par melika des tourterelles à un âge trop précoce encore inaptes à être offertes , des jeunes pigeons à un âge trop avancé qui ne sont plus aptes à être offerts, ou des oiseaux dont l’aile s’est desséchée, dont l’œil est devenu aveugle ou dont la patte a été coupée, l’oiseau ainsi abattu a le statut de nevéla de tout point de vue. Voici une règle générale concernant l’oiseau disqualifié abattu par melika : tout oiseau dont la disqualification est intervenue dans la sainteté  est disqualifié mais n’est pas nevéla. Mais si sa disqualification ne résulte pas de la sainteté mais d’une autre raison, qui le disqualifie pour être offert, il est nevéla de tout point de vue.
  1. C’est pourquoi, si on a fait la melika d’un oiseau et qu’il s’avère teréfa ou si on a fait la melika avec un couteau  ou si on a fait à l’intérieur du parvis la melika d’un oiseau non consacré ou à l’extérieur du parvis la melika d’un oiseau consacré, l’oiseau a le statut de nevéla de tout point de vue, car la melika ne rend permis à la consommation et ne purifie de l’impureté liée au statut de nevéla que l’oiseau lui-même apte pour l’autel .
  2. Mais il est évident que si la melika a été pratiquée sur un oiseau qui a subi l’accouplement avec un homme, un oiseau qui a été destiné à une offrande idolâtre, un oiseau qui a été servi comme idole, un oiseau donné en salaire à une prostituée, un oiseau qui a été reçu en échange d’un chien, un oiseau qui est toumtoum  ou androgyne, si la melika a été pratiquée sur l’un de ceux-làl’oiseau est nevéla de tout point de vue et rend impurs les vêtements de celui qui le mange en étant absorbé par la gorge. En effet, aucune sainteté n’est appliquée à de tels oiseaux et leur disqualification ne résulte donc pas d’une condition de sainteté.
  3. Nous avons déjà expliqué dans les lois sur le rituel des sacrifices que l’application du sang de l’oiseau expiatoire se fait dans la partie inférieure de l’autel , tandis que la melika et l’application du sang de l’oiseau holocauste se fait dans la partie supérieure. Si on a fait l’application du sang d’un oiseau expiatoire dans la partie supérieure de l’autel, le sacrifice est disqualifié, qu’on ait fait l’application du sang à la manière d’un expiatoire  ou à la manière d’un holocauste , qu’on l’ait faite à titre d’holocauste ou à titre d’expiatoire.
  1. De même, si on a fait la melika ou l’application du sang d’un oiseau holocauste dans la partie inférieure de l’autel, même si on a tranché ne serait-ce qu’un signe – la trachée ou l’œsophage– dans la partie inférieure de l’autel et l’autre signe dans la partie supérieure de l’autel, le sacrifice est disqualifié. Qu’on ait fait la melika à la manière d’un holocauste en séparant la tête du corps ou à la manière d’un expiatoire sans séparer la tête du corps, à titre d’expiatoire ou à titre d’holocauste, dès lors qu’elle a été faite dans la partie inférieure de l’autel, la melika de l’oiseau holocauste est disqualifiée.
  2. Si la melika d’un oiseau expiatoire a été faite dans la partie inférieure de l’autel comme il se doit, mais qu’elle a été faite à la manière d’un holocauste en séparant la tête du corps à titre d’expiatoire ou à la manière d’un expiatoire mais à titre d’holocauste, ou encore à la manière d’un holocauste à titre d’holocauste, le sacrifice est disqualifié.
  3. De même, si le rituel de l’oiseau holocauste a été fait dans la partie supérieure de l’autel, conformément à la loi, mais que la melika a été faite à la manière d’un expiatoire à titre d’holocauste ou à la manière d’un expiatoire à titre d’expiatoire, le sacrifice est disqualifié. Si on a fait le rituel de l’holocauste à titre d’expiatoire, le sacrifice est valable, mais n’est pas compté pour rendre quitte le propriétaire de son obligation.
  1. Tous ces oiseaux disqualifiés en raison de leur rituel qui n’a pas été fait au bon endroit de l’autel ou de la bonne façon ou pour la bonne désignation, ne sont pas considérés comme un oiseau nevéla en ce qui concerne l’impureté, c’est-à-dire pour ce qui est de rendre impur celui qui les mangeDe même, un oiseau expiatoire ou holocauste qui est devenu pigoul , impur ou notar  ne transmet pas, comme un oiseau nevéla, l’impureté en étant absorbé par la gorge, car ceux-là, leur disqualification résulte d’une condition de sainteté .
  1. Un oiseau expiatoire apporté pour un doute est offert suivant la procédure normale, si ce n’est qu’il n’est pas mangé, mais brûlé comme toutes les offrandes disqualifiées. Dans quel cas est-ce qu’un oiseau expiatoire est offert pour un doute ? Par exemple, si une femme a un statut incertain de zava  ou d’accouchée , ou tout autre cas semblable. En revanche, il n’existe pas de cas où un animal du bétail est apporté en expiatoire pour un doute, car lorsqu’il y a doute si une personne a fauté ou non, elle apporte un sacrifice de culpabilité incertaine (acham talouï), comme il sera expliqué dans les lois relatives aux fautes involontaires .
  1. Dans le cas d’un oiseau apporté en expiatoire pour un doute, si la femme concernée apprend finalement qu’elle est effectivement redevable de cet expiatoireavec certitude, la règle suivante est appliquée : si elle l’apprend avant la melika, le sacrifice sera fait comme un expiatoire certain et sera consommé. Mais si elle l’apprend une fois que la melika a déjà été faite, le cohen terminera l’application du sang sur la paroi de l’autel et l’expression du reste du sang de sorte qu’il coule sur le soubassement  et l’oiseau sera ensuite brûlé, afin que les gens ne disent pas qu’un oiseau expiatoire apporté pour un doute peut être consommé ; il est en effet à craindre que les gens en viennent à commettre cette erreur, car initialement, celui-ci a été apporté pour un doute .
  2. Si elle apprend après la melika de l’oiseau qu’elle n’est en fait pas redevable d’un expiatoire, l’oiseau expiatoire sera enterré.
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