Lois relatives aux fondements de la Thora
Chapitre six
Le respect accordé au Nom de D.ieu concerne également les inscriptions de ce Nom. Ainsi, il est interdit d’effacer toute inscription du Nom divin. Il existe sept autres Noms qui, dans la Bible, désignent D.ieu et entrent dans le cadre de cet interdit.
- Quiconque détruit l’un des Noms saints et purs par lesquels on désigne le Saint Béni soit-Il est passible de la peine de flagellation prévue par la Thora, car il est dit, concernant l’idolâtrie: « et vous détruirez leurs noms de cet endroit ; vous n’agirez pas ainsi envers l’Éternel votre D.ieu ».
- Il y a sept Noms de D.ieu: le Nom écrit youd—hé—vav—hé (le Tétragramme). C’est le Nom explicite de D.ieu et il est également écrit alef–dalet–noun–youd. Les six autres Noms sont E-l, Elo-ha, Elo-him, Elo-haï, Cha-daï, Tseva-ot. Celui qui efface même une seule lettre de l’un de ces sept Noms est passible de la flagellation.
- Un préfixe du Nom divin, comme le lamed de לה׳, le beit de בא-להים ou autres préfixes semblables, n’a pas la même sainteté que le Nom et il est permis de l’effacer. Et un suffixe du Nom divin, comme le khaf de א-להיך, et le khaf mem de א-להיכם et autres suffixes semblables, ne peut pas être effacé : ses lettres sont considérées comme les autres lettres du Nom divin, parce que le Nom les sanctifie. Bien que les lettres du suffixe soient sanctifiées et qu’il soit interdit de les effacer, celui qui efface ces lettres adjointes au Nom n’est pas passible de la peine de flagellation prévue par la Thora ; toutefois, on lui administre makat mardout.
- Une fois que les lettres alef-lamed du nom E-lohim ou les lettres youd–hé du Tétragramme ont été écrites, elles ne peuvent pas être effacées. Et inutile de dire que si les lettres youd–hé ont été écrites en tant que nom en soi, elles ne peuvent pas être effacées parce que ce Nom – youd-hé – est sanctifié en tant que partie du Nom explicite. En revanche, si on a écrit les lettres chine et dalet du Nom Cha-daï ou bien les lettres tsaddi et beit du Nom Tseva-ot, elles peuvent être effacées.
- Les autres désignations par lesquelles le Saint béni soit-Il est loué, comme « Bienveillant », « Compatissant », « Grand », « Puissant », « Redoutable », « Fidèle », « Jaloux », « Fort » et autres désignations semblables, sont comme les autres écrits saints et il est permis de les effacer.
- Si un Nom divin est inscrit sur un ustensile, la partie où se trouve le Nom doit être coupée et enfouie. Même si le Nom est gravé sur un ustensile en métal ou en verre et qu’on fait fondre l’ustensile, c’est là un acte de destruction passible de la flagellation ; la seule solution est de couper la partie de l’ustensile où se trouve le Nom et de l’enfouir. De même, si un Nom divin est inscrit sur le corps d’une personne, elle ne devra ni se laver, ni s’enduire d’huile, ni se tenir dans un endroit souillé. Si l’occasion d’une immersion liée à une mitsva se présente à elle, elle enroulera un jonc sur le Nom et s’immergera. Si elle ne trouve pas de jonc, elle entourera son vêtement autour du Nom, sans toutefois trop serrer le jonc sur la peau, de manière à ne pas faire séparation entre l’eau et la peau, ce qui rendrait l’immersion invalide. Car la seule raison pour laquelle les Sages ont dit d’entourer la peau d’un jonc est qu’il est interdit de se tenir nu devant le Nom divin.
- Celui qui démolit ne serait-ce qu’une seule pierre de l’autel, du Heikhal ou du reste du parvis du Temple dans une intention destructrice est passible de la flagellation. Car il est dit concernant l’idolâtrie: « Vous démolirez leurs autels » et il est dit : « Vous n’agirez pas ainsi envers l’Éternel votre D.ieu ». De même, celui qui brûle du bois consacré pour le trésor du Temple dans un but destructif est passible de la flagellation, comme il est dit : « vous brûlerez leurs arbres sacrés (achéra) », et il est dit : « vous n’agirez pas ainsi envers l’Éternel votre D.ieu ».
- Tous les écrits saints de la Bible, leurs interprétations et leurs explications, il est interdit de les brûler ou de les détruire à la main. Celui qui les détruit directement se voit administrer makat mardout. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour les écrits saints écrits par un juif avec une intention sainte. En revanche, un rouleau de la Thora écrit par un juif hérétique, on le brûle avec les Noms divins qu’il contient, car cet homme pas foi en la sainteté du Nom de D.ieu et ne l’a pas écrit dans cette intention sacrée, le considérant comme n’importe quel autre texte ordinaire. Puisque telle était son intention, le Nom qu’il a écrit n’est pas sanctifié ; c’est une mitsva de brûler un tel rouleau, afin de ne pas laisser de souvenir des hérétiques et de leurs actions. En revanche, si un gentil a écrit le Nom de D.ieu, on l’enfouit. Et de même, les textes saints qui sont devenus usés ou qui ont été écrits par un gentil seront enfouis.
- Tous les « Noms » mentionnés dans les sections de la Thora en rapport avec Abraham sont saints, c’est-à-dire qu’ils font référence à D.ieu. Même le Nom mentionné dans le verset: « Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux» est sacré. Tous les « Noms » mentionnés dans la Thora en rapport avec Loth sont profanes, à l’exception de celui-ci qui est sacré : « Oh, non ! Seigneur, voici donc Ton serviteur a trouvé grâce ». Tous les « Noms » mentionnés en rapport dans la Bible dans la section relative à la ville de Ghibea-en-Benjamin sont sacrés. Tous les « Noms » mentionnés dans la section relative à Micah sont profanes. Tous les « Noms » mentionnés dans la section relative à Navot sont sacrés. Toute mention du nom Chlomo dans le Cantique des cantiques est sacrée, c’est-à-dire qu’elle se rapporte à D.ieu et ce nom est considéré comme les autres désignations de D.ieu, exception faite de cette mention du nom Chlomo dans le verset : « à toi, Chlomo, les mille » qui a un sens profane puisqu’il fait référence au roi Salomon. À chaque fois que le terme « roi » est mentionné dans les paroles de Daniel, il a un sens profane, à l’exception de celui-ci : « Toi, ô, roi ! Le Roi des rois qui est le D.ieu du ciel t’a donné un puissant royaume », qui se rapporte à D.ieu et est considéré comme les autres désignations de D.ieu.
