Lois relatives au service du jour de Kippour 

Chapitre cinq

Dernier chapitre des lois relatives au service de Kippour, le chapitre cinq s’intéresse aux manquements relatifs à la procédure, lorsque l’ordre prescrit et indiqué au chapitre précédent n’a pas été respecté. Est-ce valable ou faut-il tout reprendre dans l’ordre ? Si oui, depuis où ?

  1.  Tous les actes du service que le grand-prêtre exécute en portant les vêtements de lin blanc, à l’intérieur du Heikhal, doivent être impérativement accomplis selon l’ordre que nous venons d’exposer . Si le grand-prêtre a fait passer un acte du service avant un autre qui aurait dû le précéder, ce qu’il a fait n’a aucune valeur et il doit reprendre à partir de l’action erronée .
  2. S’il a rempli les creux de ses mains d’encens avant de faire l’abattage du taureau, ce qu’il a fait n’a aucune valeur et il devra à nouveau remplir ses mains d’encens après l’abattage du taureau. Bien que le remplissage des mains avec l’encens ait lieu dans le parvis et non dans le Heikhal , ce qui est nécessaire au rituel effectué à l’intérieur du Heikhal est considéré comme un rituel effectué à l’intérieur, et par conséquent le respect de l’ordre est essentiel à la validité de la procédureDe même, s’il a abattu le bouc avant l’aspersion du sang du taureau dans le Saint des Saints, c’est comme s’il n’avait rien fait et il devra abattre un autre bouc. En effet, bien que l’abattage se fasse dans le parvis et non dans le Heikhal, son sang doit être introduit à l’intérieur et, de ce point de vue, l’abattage est donc lui aussi considéré comme un acte du service ayant lieu à l’intérieur et le reste de l’ordre est donc impératif.
  1. S’il a fait l’offrande du bélier ou du bouc de moussaf avant le service spécifique du jour de Kippour, ils n’ont aucune valeur et doivent être de nouveau offerts après le service du jour .
  2. S’il a procédé à l’aspersion du sang du bouc avant l’aspersion du sang du taureau dans le Saint des Saints, il aspergera le sang du taureau comme il se doit, après quoi il apportera un autre bouc. Il l’abattra et aspergera son sang dans le Saint des Saints comme il se doit, le premier bouc étant disqualifié pour avoir été abattu avant l’aspersion du sang du taureauS’il a procédé à l’aspersion du sang du bouc avant l’aspersion du sang du taureau, dans les aspersions qui se font dans le Heikhal vers le rideau, il recommencera les aspersions du sang du bouc une seconde fois après les aspersions du sang du taureau.
  1. Si le sang du bouc ou du taureaus’est renversé avant qu’il n’ait terminé les aspersions dans le Saint des Saints, il apportera un nouveau bouc ou taureau dont il recueillera le sang et il reprendra les aspersions de son sang depuis le début, dans le Saint des Saints.
  2. S’il a fini les aspersions dans le Saint des Saints et a commencé les aspersions dans le Heikhal mais que le sang s’est renversé avant qu’il ne finisse celles-ci, il apportera un autre animal en sacrifice dont il recueillera le sang et il recommencera depuis le début des aspersions à faire dans le Heikhal .
  3. S’il a terminé les aspersions dans le Heikhal et qu’il a ensuite mélangé comme il se doit le sang du taureau et du bouc et a commencé les aspersions sur l’autel d’or, mais que le sang s’est renversé avant qu’il ne finisse celles-ci, il apportera un autre taureau et un autre bouc en sacrifice dont il recueillera et mélangera le sang et il recommencera les aspersions sur l’autel depuis le début. Il n’a pas besoin de recommencer les aspersions dans le Saint des Saints et dans le Heikhal car toutes ces trois procédures d’aspersion, à savoir les aspersions dans le Saint des Saints, les aspersions vers le rideau dans le Heikhal et les aspersions sur l’autel constituent chacune une expiation à part. 
  4. S’il a terminé les aspersions sur l’autel d’or et que le sang s’est ensuite renversé avant qu’il n’ait déversé le reste sur le soubassement de l’autel extérieur, il n’aura pas besoin d’apporter un nouveau sacrifice pour en recueillir le sang à cette fin, car le versement des restes du sang sur le soubassement de l’autel extérieur n’est pas indispensable Si le sang du taureau s’est renversé avant que le grand-prêtre ait fini toutes les applications de sang, il apportera un autre taureau, prendra une nouvelle fois les pleines poignées d’encens après l’abattage de ce taureau et il brûlera cet encens  puis il apportera le sang de ce taureau et en fera aspersion.
  1. Dans pareil cas, seul ce dernier taureau par lequel l’expiation a été achevée transmet l’impureté aux vêtements et seul celui-ci est brûlé à « l’endroit des cendres ».
  2. Si le sang du taureau a été mélangé au sang du bouc avant que le grand-prêtre ne finisse les aspersions, c’est-à-dire après les aspersions dans le Saint des Saints, mais avant les aspersions dans le Heikhal en direction du rideau, il fera les aspersions en direction du rideau avec le sang du mélange, à savoir une aspersion vers le haut et sept vers le bas au titre du taureau, et une vers le haut et sept vers le bas au titre du bouc. Si les deux sangs ont été mélangés avant la dernière aspersion, c’est-à-dire après que le grand-prêtre a fait du sang du taureau une aspersion vers le haut et six aspersions vers le bas, il fera une aspersion du sang du mélange vers le bas au titre du taureau, puis de nouveau une vers le haut et sept vers le bas au titre du bouc.
  3. Si les bols contenant les sangs ont été confondus et qu’il ne sait plus lequel contient le sang du taureau et lequel contient le sang du bouc, il fera de l’un d’eux une aspersion vers le haut et sept vers le bas, puis il fera de l’autre une aspersion vers le haut et sept vers le bas, et il fera de nouveau une aspersion vers le haut et sept vers le bas du sang du premier bol. Ainsi, il aura en tout état de cause fait aspersion du sang du bouc après avoir fait aspersion du sang du taureau.
  4. S’il a recueilli le sang du taureau dans deux bols et le sang du bouc dans deux autres bols et que l’un des bols de sang du taureau et l’un des bols de sang du bouc ont été confondus, de sorte qu’il ne sait plus lequel d’entre les deux est le bol qui contient le sang du taureau et lequel est le bol qui contient le sang du bouc, il fera toutes les aspersions comme il se doit avec les bols qui ne se sont pas mélangés et versera les restes de ces bolsdont il a fait les aspersions sur le soubassement de l’autel comme il se doit. Quant aux bols qui ont été confondus, ils seront versés dans le canal d’écoulement qui traversait le parvis .
  5. Le taureau de Yom Kippour, bien que le grand-prêtre l’achète avec son argent personnel, ainsi qu’il est dit : « le taureau expiatoire qui est à lui », D.ieu l’en a dépossédé pour en faire le bien commun de tous ses frères cohanim. Car s’ils n’avaient pas une part en commun, il ne pourrait pas leur procurer le pardon. C’est pourquoi, puisque ce taureau est le bien commun de tous les cohanim, si le grand-prêtre meurt avant que le taureau ne soit abattu, le cohen qui le remplace en tant que grand-prêtre n’apporte pas un autre taureau, mais fait l’abattage du taureau du premier. Ce taureau n’est pas considéré comme « un expiatoire dont le propriétaire est décédé », cas dans lequel la loi dispose que l’expiatoire n’est pas offert et est voué à la mort  », car cette règle ne s’applique pas à un expiatoire communautaire Si le grand-prêtre est mort après avoir abattu le taureau mais avant de faire expiation avec l’aspersion de son sang, l’autre cohen qui le remplace entrera dans le Saint des Saints avec le sang de ce taureau et il fera expiation avec les aspersions requises de ce sang.
  1. Les deux boucs de Yom Kippour doivent être identiques par leur apparence – c’est-à-dire leur couleur –, leur taille et leur prix et ils doivent être achetés ensemble. Toutefois, a posteriori, s’ils ne se ressemblent pas, ils sont valables ; de même,si l’un a été acheté un jour après l’autre, ils sont valables.
  2. Voici la règle en cas de mort de l’un des deux boucs: si la mort de l’un d’eux advient avant le tirage au sort, on choisit un partenaire pour le second et le tirage au sort a lieu entre ces deux-là. Mais si sa mort advient après que le sort a été tiré, on apporte deux autres boucs et le grand-prêtre tire de nouveau au sort, entre eux. Il observe lequel des deux boucs est mort : si c’est le bouc destiné à D.ieu, il dit : « Que celui qui a été désigné pour D.ieu par le dernier tirage prenne sa place », et si c’est le bouc destiné à Azazel qui est mort, il dit : « Que celui qui a été désigné pour Azazel par le dernier tirage au sort prenne sa place ». Quant au second bouc parmi les deux sur lesquels il a procédé au dernier tirage au sort , on le laisse paître jusqu’à ce qu’il présente un défaut  après quoi il sera vendu et l’argent de la vente sera utilisé pour l’achat d’offrandes volontaires communautaires. On ne le laisse pas mourir , car on ne laisse pas mourir un animal désigné en expiatoire de la communauté .
  3. Si le taureau du grand-prêtreet le bouc de Yom Kippour ont été perdus, que l’on a désigné et offert d’autres animaux en remplacement et que l’on retrouve les premiers, on les laissera paître jusqu’à ce qu’ils présentent un défaut après quoi ils seront vendus et l’argent de leur vente sera utilisé pour l’achat d’offrandes volontaires communautairesDe même, si les premiers sont retrouvés avant que les animaux désignés pour les remplacer soient sacrifiés, ce sont les premiers que l’on sacrifiera et on laissera les seconds paître jusqu’à ce qu’ils présentent un défaut physique, après quoi ils seront vendus et l’argent de leur vente sera utilisé pour l’achat d’offrandes volontaires communautaires. On ne les laisse pas mourir, car on ne laisse pas mourir un animal désigné en expiatoire de la communauté.
  1. Un défaut physique rend impropre le bouc à envoyer à Azazel, même s’il s’agit d’un défaut temporaire amené à disparaître De même, s’il est impropre à être offert en sacrifice pour une question de temps, il est aussi impropre pour l’envoi à Azazel : si la femelle mère de ce bouc a été abattue le jour de Kippour pour nourrir un malade en danger de mort, le bouc en question ne pourra être envoyé au désert, en raison de l’interdiction d’abattre rituellement le même jour la mère et son petit, car le fait de le pousser du haut de la falaise est considéré comme son abattage rituel qui ne peut donc avoir lieu le même jour que l’abattage rituel de sa mère.
  1. Si le bouc destiné à Azazel est teréfa , il est impropre, car il est écrit : « il sera placé vivant » or, un animal atteint de blessures ou lésions qui le rendent teréfa n’est pas considéré comme vivant, car il est destiné à mourir.
  2. Si le bouc est faible au point qu’il ne peut avancer, le messager le prend sur ses épaules et l’amène ainsi dans le désert, même si c’est chabbat .
  3. Si le messager tombe malade, il fait conduire le bouc par un autre .
  4. Si le messager devient impur, il entre dans le parvis en état d’impureté, prend le bouc et sort pour l’emmener à Azazel, car il est dit : « (sous la conduite) d’un homme préparé, dans le désert », ce qui indique que le bouc doit être envoyé sous la conduite de celui qui a été préalablement désigné pour cela, même si entre-temps il est devenu impur.
  5. S’il a poussé le bouc du haut de la falaiseet que celui-ci est tombé sans mourir, il descendra et le fera mourir de n’importe quelle façon. Il est permis de tirer profit des membres du bouc .
  6. Si une brèche est ouverte dans le toit du Heikhal, le grand-prêtre ne pratiquera pas les aspersions, car il est écrit « dans la Tente d’assignation » et non à l’air libre.
  7. Si l’autel d’or n’a pas encore été inauguré par l’offrande des encens, c’est-à-dire qu’on n’y a jamais encore brûlé d’encens , le grand-prêtre ne fera pas les aspersions de sang dessus, car il est dit : « sur les cornes de l’autel où sont brûlés les parfums  ».
  8. S’il a omis l’un des onze parfums de l’encens ou l’herbe qui fait monter la fumée toute droite, il est passible de mort par le Ciel ainsi qu’il est dit : « Parle à Aaron, ton frère, qu’il n’entre pas à toute heure dans le sanctuaire, dans l’enceinte du rideau, face au couvercle qui est sur l’arche, et il ne mourra pas ; c’est seulement lorsqu’il viendra avec un nuage d’encens que J’apparaîtrai  ». De même il est passible de mort par le Ciel pour être entré dans le Saint des Saints sans que ce soit pour accomplir un commandement. C’est pourquoi , s’il est entré dans le Saint des Saints par inadvertance mais a délibérément brûlé l’encens incomplet, ou s’il est entré avec un encens valide ainsi qu’avec un encens incomplet, il est passible de mort en vertu de l’interdiction d’offrir un encens incomplet.
  1. S’il a brûlé dans le Heikhal le volume d’un kazaït de l’encens destiné au Saint des Saints, il est passible de mort.
  2. Remplir le creux des mains d’encens est un acte du service sacerdotal et à ce titre une intention impropre peut l’invalider. De même, le ramassage à la pelle des braises pour la combustion de l’encens peut être disqualifié par une intention impropre, car les préparatifs de l’offrande sont assimilés à l’offrande elle-même.  
  3. S’il a pris l’encens dans le creux des mains à l’aide du bout des doigts ou avec les bords de la main ou encore du bas vers le haut , ou s’il a pris l’encens d’une main et de l’autre séparément et les a ensuite mises ensemble, ou si l’encens s’est éparpillé de ses mains sur le sol et qu’il l’a ramassé dans le creux des mains, ou si un autre a pris l’encens dans le creux de ses mains et le lui a transmis dans le creux de ses mains à lui, ou s’il a pris l’encens dans le creux de ses mains et qu’il est mort et que le second – c’est-à-dire le grand-prêtre nommé pour remplacer le premier – est entré dans le Saint des Saints avec l’encens saisi par le premier, tous ces cas font l’objet d’un doute . C’est pourquoi, a priori, il ne brûlera pas un tel encens. Mais a posteriori s’il a brûlé un tel encens, son offrande est agréée.

Béni soit D.ieu Qui nous a apporté Son aide

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