Lois relatives au service du jour de Kippour
Chapitre deux
Comme expliqué au chapitre précédent, le service de Kippour est entièrement réservé au grand-prêtre. Il y a deux types de services en ce jour : d’une part, le service des sacrifices quotidiens et supplémentaires (moussaf) que le grand-prêtre effectue en portant les huit vêtements de prêtrise habituels. D’autre part, le service tout à fait spécifique à Kippour qu’il effectue avec des vêtements de lin blanc, portés uniquement à cette occasion. Plusieurs fois tout au long de la journée, le grand-prêtre change de vêtements. Chaque changement de vêtements donne lieu à une immersion au mikvé. Le grand-prêtre se confesse aussi, pour lui-même et sa famille ainsi que pour tout le peuple d’Israël.
- Tout le rituel des sacrifices quotidiens et du moussaf de ce jour est effectué par le grand-prêtre revêtu de ses habits d’or, c’est-à-dire les huit vêtements habituels du grand-prêtre dont une partie comprend de l’or. Tout le rituel spécifique au jour de Kippour est effectué par le grand-prêtre lorsqu’il porte les vêtements blancs . Le rituel propre à ce jour comprend le rituel relatif au taureau du grand-prêtre et aux deux boucs – dont l’un est le bouc envoyé à Azazel – et la combustion de l’encens dans le Saint des Saints : tous ces actes sont effectués par le grand-prêtre revêtu des vêtements blancs.
- À chaque fois que le grand-prêtre change de vêtements au cours du service, c’est-à-dire qu’il retire les vêtements qu’il porte et revêt d’autres vêtements , il doit s’immerger dans un bain rituel (mikvé), ainsi qu’il est écrit : « Il quittera les vêtements de lin dont il s’était vêtu… il baignera son corps dans l’eau en lieu saint et revêtira ses vêtements ». Au total, le grand-prêtre s’immerge cinq fois et se sanctifie – c’est-à-dire se lave – les pieds et les mains dix fois au cours de la journée. Comment cela ? Au début, il ôte les vêtements profanes qu’il porte et s’immerge au mikvé. Il sort, s’essuie et revêt les vêtements d’or, puis il se sanctifie les mains et les pieds. Il offre le sacrifice quotidien, fait brûler l’encens quotidien du matin, il nettoie et rallume les lampes du candélabre (menora), fait brûler sur l’autel extérieur les membres de l’agneau offert en sacrifice quotidien, ainsi que les ‘havitine et les libations qui accompagnent le sacrifice . Puis il offre le taureau et les sept agneaux qui constituent l’offrande du moussaf de ce jour. Ensuite il se sanctifie les mains et les pieds, ôte les vêtements d’or, s’immerge, sort du mikvé, s’essuie et revêt les vêtements de lin blanc. Il se sanctifie les mains et les pieds et fait tout le service spécifique au jour de Kippour : les confessions en imposant ses mains sur les sacrifices , le tirage au sort , l’aspersion des sangs du taureau et du bouc expiatoires à l’intérieur, c’est-à-dire dans le Saint des Saints, puis sur le rideau et sur l’autel intérieur dans le Heikhal, la combustion de l’encens dans le Saint des Saints. Il confie le bouc au cohen chargé de l’envoyer à Azazel, extrait les parties sacrificielles du taureau et du bouc offerts en expiatoires brûlés et remet ce qui reste de la chair du taureau et du bouc aux cohanim pour qu’on les brûle hors de Jérusalem. Ensuite il se sanctifie les mains et les pieds, ôte les vêtements de lin blanc et s’immerge. Il sort du mikvé, s’essuie et revêt les vêtements d’or, puis il se sanctifie les mains et les pieds. Il offre ensuite le bouc expiatoire du moussaf du jour ainsi que son bélier à lui et le « bélier du peuple » qui sont des holocaustes . Il brûle sur l’autel extérieur les parties sacrificielles du taureau et du bouc dont les restes sont brûlés puis offre le sacrifice quotidien de l’après-midi. Ensuite il se sanctifie les mains et les pieds, ôte les vêtements d’or et s’immerge. Il sort du mikvé, s’essuie et revêt les vêtements de lin blanc. Il se sanctifie les mains et les pieds puis entre à nouveau dans le Saint des Saints pour en sortir la louche et la pelle. Ensuite il se sanctifie les mains et les pieds, ôte les vêtements de lin blanc et s’immerge. Il sort du mikvé, s’essuie et revêt ses vêtements d’or. Il se sanctifie les mains et les pieds et fait brûler l’encens quotidien de l’après-midi. Puis il procède au nettoyage et à l’allumage des lampes de l’après-midi. Ensuite il se sanctifie les mains et les pieds et ôte les vêtements d’or. Il revêt alors ses vêtements profanes et il s’en va pour rentrer chez lui.
- Toutes ces immersions et ces sanctifications se font uniquement dans le Temple ainsi qu’il est dit : « Et il baignera son corps dans l’eau dans un lieu saint », à l’exception de la première immersion qu’il a le droit de faire dans un endroit non sanctifié, car elle n’est pas commandée par la Thora, mais uniquement par ordre rabbinique et a pour seul but d’appeler son attention, de sorte que s’il se souvient d’une impureté qu’il a contracté par le passé, il s’en débarrassera en s’immergeant avec l’intention de se purifier. Tout grand-prêtre qui ne s’est pas immergé lors du changement de vêtements ou qui ne s’est pas sanctifié pieds et mains avant de changer de vêtements ou avant de reprendre le service après le changement de vêtements et a servi en l’état, son service est tout de même valable.
- Si le grand-prêtre est âgé ou malade et ne peut pas s’immerger dans l’eau froide, on chauffe depuis la veille des blocs de fer que l’on jette dans l’eau le matin de Kippour, afin d’en atténuer la froideur, les interdictions rabbiniques liées au chabbat ne s’appliquant pas dans le Temple, ou on mélange de l’eau chaude chauffée depuis la veille à l’eau du mikvé jusqu’à ce que la froideur soit atténuée.
- Chaque jour, le grand-prêtre se sanctifie les mains et les pieds avec l’eau de la cuve (kior ), comme tous les autres prêtres. Mais le jour de Kippour, il se sanctifie mains et pieds avec l’eau d’une cruche en or, en raison de son honneur en ce grand jour. Chaque jour, les cohanim montent sur l’autel par le côté est de la rampe et ils redescendent par le côté ouest. Le jour de Kippour, ils montent et descendent par le milieu et marchent devant le grand-prêtre, afin de lui faire honneur. Chaque jour, celui qui a gagné le mérite d’apporter la pelle de braises incandescentes prises de l’autel extérieur, sur l’autel intérieur pour la combustion de l’encens utilise une pelle en argent pour prendre les braises de l’autel extérieur, puis il les transvase dans une pelle en or. Le jour de Kippour, le grand-prêtre prend les braises directement dans une pelle en or et c’est avec cette même pelle qu’il entre dans le Heikhal. Cela, afin de ne pas le fatiguer par des manipulations supplémentaires. Chaque jour, la pelle d’argent utilisée avait une contenance de quatre kav. Le jour de Kippour, la pelle d’or utilisée avait une contenance de trois kav. Chaque jour, la pelle utilisée était lourde ; le jour de Kippour, il utilisait une pelle légère aux parois plus fines. Chaque jour, le manche de la pelle utilisée était court ; le jour de Kippour, il utilisait une pelle avec un manche long, afin de lui permettre de placer le long manche sous son bras et de s’aider de celui-ci pour la transporter, de sorte qu’il ne se fatigue pas. Chaque jour, il y avait trois bûchers sur l’autel ; le jour de Kippour, il y en avait quatre : on ajoutait un bûcher pour embellir l’autel et lui donner plus de splendeur.
- Concernant le verset de la Torah : « il fera expiation pour lui, pour sa maison et pour toute l’assemblée d’Israël », la tradition orale enseigne qu’il est ici question de la confession verbale du grand-prêtre et non de l’expiation faite par l’application du sang du sacrifice. Tu apprends donc des termes de ce verset que le grand-prêtre se confesse trois fois en ce jour : une première fois pour lui-même, une seconde fois pour lui-même et tous ses frères les cohanim – ces deux confessions étant dites en plaçant les mains sur son taureau expiatoire à lui – et une troisième confession est dite au nom de tout Israël en plaçant les mains sur le bouc émissaire. Il mentionnait le Nom de D.ieu trois fois dans chacune de ces confessions. Que disait-il ? « Ô D.ieu, j’ai fauté par inadvertance, j’ai fauté volontairement, j’ai fauté par rébellion devant Toi ; de grâce, D.ieu, pardonne les fautes involontaires, les fautes délibérées et les fautes par rébellion que j’ai commises devant Toi, etc. ainsi qu’il est dit : « Car en ce jour, Il fera expiation sur vous pour vous purifier de toutes vos fautes ; devant l’Éternel vous serez purifiés ». Il a donc mentionné trois fois le Nom de D.ieu dans cette confession, et il en fait de même pour chacune des trois confessions. Et lorsqu’il pose le sort sur le bouc expiatoire, il dit : « à D.ieu, en expiatoire ». Ainsi, le grand-prêtre mentionne au total dix fois le Nom de D.ieu en ce jour. À chaque fois, il mentionne le Nom de D.ieu tel qu’il s’écrit, c’est-à-dire le Nom explicite . Initialement, le grand-prêtre élevait la voix lorsqu’il prononçait le Nom de D.ieu, de sorte que tous pouvaient l’entendre. Mais lorsque les impudents se sont multipliés , les Sages instituèrent de le dire à voix basse. Le grand-prêtre prononçait alors le Nom en l’avalant dans une mélodie, de sorte que même les autres cohanim ne puissent pas l’identifier.
- Tous les cohanim et le peuple présents dans le parvis, lorsqu’ils entendaient le Nom explicite sortir de la bouche du grand-prêtre avec sainteté et pureté, s’agenouillaient, se prosternaient et tombaient face contre terre, et ils s’écriaient : « Béni soit à jamais le Nom de Son Règne glorieux ». Comme le dit le verset : « Car c’est le Nom de D.ieu que je proclame, rendez hommage à notre D.ieu ». Dans ces trois confessions, il s’arrangeait pour finir de prononcer le Nom en même temps que l’assistance finissait cette bénédiction, et il leur disait : « vous serez purifiés ». La confession de Yom Kippour et la confession lors des offrandes de « taureaux qui sont brûlés » peuvent être prononcées à tout moment de la journée.
