Lois relatives au rituel des offrandes
Introduction
Le mot korbane, que nous avons traduit par « offrande » et parfois par « sacrifice » vient de la racine karev qui signifie rapprocher, présenter. Dès le début de son histoire, l’homme présente des offrandes à D.ieu. Adam est le premier (voir Hilkhot Beit Habe’hira 2, 1), il est suivi de Caïn et Abel. Avec l’interdiction des hauts-lieux et l’inauguration du Tabernacle dans le désert, de nombreuses règles sont également prescrites concernant les offrandes, qui constituent un ensemble à part entière et structuré. Ces règles sont exposées dans le troisième livre de la Thora, Vayikra (le Lévitique). Les offrandes constituent l’activité centrale au sein du Temple. Comme déjà expliqué, c’est au cohen qu’il incombe de présenter les offrandes. La Thora prévoit plusieurs catégories d’offrandes : selon le type d’offrande, ce qui est offert, le rituel et la raison d’être de l’offrande. C’est là l’objet des chapitres qui vont suivre : présenter ces offrandes avec, pour chacune, le rituel correspondant.
Il faut préciser que le Rambam expose dans ces lois le rituel des offrandes de manière générale. Les offrandes qui présentent des particularités, comme les offrandes du metsora ou le rituel des offrandes de Kippour seront exposées à l’endroit où ces sujets sont traités. De même, toutes les lois relatives aux erreurs commises au cours du rituel d’une offrande seront exposées dans les chapitres exclusivement consacrés à ce sujet (les lois relatives aux offrandes disqualifiées).
Le Rambam expose d’abord (ch. 1-11) les procédures des offrandes animales, puis celles des mena’hot (oblations) qui sont offrandes de farine (ch. 12-13). Il s’intéresse ensuite (ch. 14-17) à la possibilité d’apporter une offrande qui résulte d’un vœu ou d’un don spontané. Enfin, il conclut avec deux chapitres traitant de l’interdiction d’abattre et d’offrir un sacrifice hors du Temple.
Les offrandes animales proviennent toutes exclusivement des trois espèces d’animaux du bétail (behéma) cachères (bovins, moutons et chèvres) ou de deux espèces d’oiseaux (tourterelles et jeunes pigeons). Il existe quatre catégories d’offrandes animales : holocauste (ola), expiatoire (‘hatat), offrande de culpabilité (acham), offrande de paix (chelamim).
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’essentiel du sacrifice n’est pas la combustion des parties de l’animal sur l’autel, mais l’application du sang sur l’autel. C’est cette application du sang qui entraîne l’agrément du sacrifice et donc, sa validité.
Voici une brève présentation de ces quatre catégories :
- L’holocauste est un sacrifice qui est consumé entièrement sur l’autel (hormis la peau), il n’est donc pas consommé et les cohanim ne reçoivent pour eux que la peau de l’animal. Son sang est lancé sur les coins nord-est et sud-ouest de l’autel extérieur, dans la partie intérieure. C’est un sacrifice qui peut résulter d’un vœu (ou don spontané) ou bien d’une obligation. Il peut être apporté par un individu ou par l’ensemble de la communauté (c’est-à-dire tout le peuple).
- L’expiatoire est, dans sa forme la plus courante, une offrande personnelle apportée pour expier une faute grave commise par inadvertance. Un expiatoire est aussi parfois requis dans le cadre d’une procédure de purification ; l’expiatoire existe aussi en tant qu’offrande communautaire, apportée par tout le peuple. On distingue deux sortes d’expiatoire : l’expiatoire « extérieur » et l’expiatoire « intérieur ». Pour le premier, le sang de l’animal est appliqué sur l’autel extérieur, situé dans le parvis (sur les quatre coins, à l’aide du doigt, dans la partie supérieure de l’autel), certaines parties (on parlera de « parties sacrificielles ») sont brûlées sur l’autel et le reste de la viande est mangé par les cohanim. Pour le second, le sang de l’animal est appliqué sur l’autel intérieur, situé dans le Heikhal, les paries sacrificielle sont brûlées sur l’autel extérieur et le reste de la viande avec la carcasse de l’animal sont incinérés à l’extérieur de Jérusalem, à l’endroit réservé à cet effet.
- L’offrande de culpabilité est une offrande personnelle, apportée pour certaines fautes ou dans certains processus de purification. Il existe aussi une offrande de culpabilité incertaine (acham talouï) apportée par celui qui est incertain d’avoir commis une grave faute. Son sang est lancé sur les coins nord-est et sud-ouest de l’autel extérieur, dans la partie intérieure, et ses parties sacrificielles sont brûlées sur l’autel. La viande est consommée par les cohanim.
- Enfin, l’offrande de paix est, la plupart du temps, une offrande personnelle volontaire. On trouve aussi des offrandes de paix communautaires, apportées le jour de Chavouot. Comme pour l’holocauste et l’offrande de culpabilité, le sang est lancé sur les deux coins de l’autel. Les parties sacrificielles sont brûlées sur l’autel, mais à la différence de toutes les autres offrandes, la viande (hormis certaines parties remises au cohen) est remise au propriétaire de l’offrande, qui peut la consommer partout à Jérusalem.
