Lois relatives au rituel des offrandes

Chapitre neuf

Ce dernier chapitre relatif à la procédure des sacrifices animaux porte sur le sacrifice de culpabilité et sur le sacrifice de paix. La procédure du sacrifice de culpabilité est similaire à celle du sacrifice expiatoire consommé, décrite au ch. 7. Il faut rappeler qu’il existe deux types de sacrifices de culpabilité : 1) l’offrande de culpabilité incertaine (acham talouï), apportée par une personne qui a fait une action qui constitue peut-être une faute passible d’un sacrifice expiatoire. Il s’agit d’une offrande « suspensive », qui met en suspens la faute tant que les faits ne sont pas établis. 2) L’offrande de culpabilité inconditionnelle, que l’on apporte pour certaines fautes, au nombre de cinq.

La procédure du sacrifice de paix varie suivant la nature du sacrifice : il y a des sacrifices de paix communautaires, dont la procédure est similaire aux précédents et des sacrifices de paix individuels qui sont de plusieurs sortes. Certains sacrifices de paix seront accompagnés de pain.

  1. C’est un commandement positif de faire tous les sacrifices de culpabilité conformément à la loi prescrite à cet égard dans la Thora . Comment fait-on les sacrifices de culpabilité ? Qu’il s’agisse d’une offrande de culpabilité inconditionnelle ou incertaine , on procède de la manière suivante : on fait l’abattage de l’animal et l’aspersion de son sang comme nous l’avons expliqué  ; on dépouille ensuite l’animal et on extrait les parties sacrificielles, puis on les sale et on les lance sur le feu de l’autel. Si on désire apporter les parties sacrificielles sur l’autel au moyen d’un récipient plutôt qu’à la main, on peut le faire. Le reste de la chair est consommé par les cohanim mâles, comme pour le sacrifice expiatoire.
  2. L’offrande de culpabilité du metsora est différente des autres au regard de la manière de recueillir son sang , comme il sera expliqué dans les lois relatives à ceux auxquels l’expiation manque . Néanmoins, les autres actions qui s’y rapportent, l’aspersion de son sang sur l’autel et les règles relatives àsa consommation sont en tout point similaires à celles des autres offrandes de culpabilité.
  3. Faire tous les sacrifices de paix conformément aux prescriptions qui s’y rapportent dans la Thoraest un commandement positif. Les sacrifices de paix sont de quatre sortes : l’une est une offrande communautaire et les trois autres sont des offrandes individuelles.
  4. Comment procède-t-on pour les sacrifices de paix communautaires ? On fait l’abattage de l’animal et l’aspersion de son sang comme nous l’avons expliqué . On dépouille l’animal et on extrait les parties sacrificielles, que l’on sale et que l’on brûle, le reste étant consommé par les cohanim mâles dans le parvis comme pour les sacrifices expiatoires et les sacrifices de culpabilité, parce que ce sont des offrandes de haute sainteté, comme nous l’avons expliqué .
  5. Les sacrifices de paix individuels sont de trois sortes. La première englobe les sacrifices de paix qui sont offerts sans être accompagnés de pain, comme les offrandes de paix de fête (‘haguiga ) et de joie (sim’ha ) : cette première catégorie de sacrifices de paix est désignée par l’appellation « sacrifices de paix » sans autre précision. La seconde englobe les sacrifices de paix offerts avec du pain, en vœu (néder) ou en don volontaire (nedava), qui sont désignés comme « sacrifices de reconnaissance », et ce pain est appelé « pain du sacrifice de reconnaissance ». La troisième sorte de sacrifices de paix, ce sont les sacrifices de paix que le nazir offre au terme de son naziréat, lesquels sont accompagnées de pain : c’est ce qu’on appelle « le bélier du nazir».
  6. Quel est le rituel relatif à ces trois catégories de sacrifices de paix? On fait l’abattage de l’animal et l’aspersion de son sang comme nous l’avons expliqué , puis on le dépouille et on en extrait les parties sacrificielles. On découpe ensuite la chair en quartiers, et on met à part la poitrine et la jambe droite. On pose les parties sacrificielles, ensemble avec la poitrine et la cuisse droite , sur les mains du propriétaire  ; le cohen pose ses mains en dessous des mains du propriétaire et balance le tout devant D.ieu, du côté est de l’autel. De même, à chaque fois que le balancement est requis, il a lieu du côté est.
  7. Comment le cohen procède-t-il au balancement des parties sacrificielles, de la poitrine et de la cuisse? Il étend les bras en avant et les ramène vers lui, les lève et les baisse. Et si l’offrande est un sacrifice de reconnaissance, il prend un dixième de chaque sorte de pain  qui l’accompagne, qu’il pose avec la poitrine, la cuisse et les parties sacrificielles et il fait le balancement du tout dans les mains du propriétaire, comme nous l’avons expliqué.
  8. Comment dispose-t-il les parties qui doivent être balancéesdans les mains du propriétaire ? Il pose les graisses des parties sacrificielles dans les mains du propriétaire et la cuisse et la jambe au-dessus ; les deux rognons et l’appendice du foie qui sont le reste des parties sacrificielles sont au-dessus. Et s’il y a du pain, dans le cas du sacrifice de reconnaissance, comme dit au § précédent, il le met au-dessus et il procède au balancement du tout.
  9. Lorsqu’il s’agit du bélier d’un nazir qui est offert en sacrifice, on extrait les parties sacrificielles, on met à part la poitrine et la cuisse, et on fait cuire le reste du bélier dans la cour des femmes. Le cohen prend l’épaule du bélier une fois qu’elle est cuite, avec un dixième du pain qui l’accompagne , ainsi que la poitrine, la jambe et les parties sacrificielles et il pose le tout sur les mains du nazir. Puis le cohen place ses mains en dessous des mains du propriétaire – à savoir le naziret fait le balancement du tout comme nous l’avons expliqué.
  10. Qu’est-ce que la partie de l’animal désignée commela poitrine ? Toute la partie qui fait face au sol, laquelle s’étend vers le haut jusqu’au cou et vers le bas jusqu’à la panse. On coupe avec la poitrine deux côtes de part et d’autre .

Qu’est-ce que la partie du bélier désignée comme l’épaule  ? La partie depuis le carpe jusqu’à la scapula, qui est composée de deux membres emboîtés l’un dans l’autre, à savoir le radius et l’humérus. L’épaule dont parle la Thora dans notre contexte est l’épaule droite ; la partie correspondante, au niveau de la jambe arrière, est la « cuisse » mentionnée partout, qui comprend les deux os correspondants de la jambe droite, à savoir le tibia et le fémur.

  1. Après avoir procédé au balancement, on sale les parties sacrificielles et on les brûle sur l’autel. En revanche, la poitrine et la cuisse sont consommées par les cohanim, ainsi qu’il est dit : « car la poitrine balancée et la cuisse prélevée … Je les ai données à Aaron et à ses fils comme tribut invariable de la part des enfants d’Israël ». Et ce qui reste du sacrifice de paix est consommé par le propriétaire. Les cohanim acquièrent la poitrine et la cuisse seulement après que les parties sacrificielles ont été brûlées sur l’autel.
  2. De même, le pain qui est balancé avec le sacrifice de reconnaissance, le pain qui est balancé avec le bélier du nazir et l’épaule cuite du bélier du nazirsont consommés par les cohanim. Et le reste du pain avec le reste de la viande du sacrifice de reconnaissance et du bélier du nazir sont consommés par les propriétaires.

Le pain balancé avec la poitrine et la cuisse  sont ce qu’on appelle « la part prélevée du sacrifice de reconnaissance  ». Et l’épaule cuite, avec la poitrine, la cuisse et le pain que l’on balance  sont ce qu’on appelle « la part prélevée du bélier du nazir ».

  1. Il y a doute si le pain prélevé du sacrifice de reconnaissance et balancé avec la poitrine et la cuissea le statut de térouma . C’est pourquoi, du fait du doute, si un non cohen consomme ce pain, il n’est pas passible de mort par le Ciel en cas de transgression délibérée, ni de payer un cinquième en sus au cohen en cas d’inadvertance , et si ce pain se mélange à d’autres sans qu’on puisse le distinguer, il ne rend pas interdit le mélange comme ce serait le cas de la térouma .
  2. Lorsqu’un sacrifice de reconnaissance appartient à un cohen, le reste du pain est consommé par son propriétaire, comme dans le cas du sacrifice de reconnaissance d’un israélite ordinaire. Car le pain qui accompagne le sacrifice de reconnaissance ou le bélier du nazir n’est pas appelé « oblation » et il n’est donc pas visé par la même loi que l’oblation d’un cohen, qui doit être entièrement brûlée sur l’autel.
  3. Lorsque deux individus apportent un sacrifice de paix en commun, l’un procède au balancement avec la permission de l’autre. Même s’ils sont cent à apporter le sacrifice, un seul procède au balancement pour tous, ce qui n’est pas le cas pour l’imposition des mains sur le sacrifice, puisque chacun d’eux doit imposer ses mains.
  4. Lorsqu’un sacrifice appartient à une femme, celle-ci ne procède pas au balancement. Le balancement doit cependant être fait, par le cohen; en effet, le sacrifice d’une femme requiert le balancement comme celui d’un homme mais elle-même est disqualifiée pour cela. Une femme ne procède jamais elle-même au balancement des parties requises de son offrande, sauf dans les cas de l’oblation apportée par la femme soupçonnée d’adultère (sota) et de la part prélevée du bélier apporté par la femme nazir, comme nous l’avons expliqué dans les chapitres de loi qui y sont consacrés .

Le balancement des parties requises d’une offrande a en toute circonstance priorité sur la présentation (hagacha) d’une oblation au coin de l’autel .

  1. Comment est confectionné le pain que l’on apporte avec le sacrifice de reconnaissance ? On prend une quantité devingt issarone de fine fleur de farine : avec une quantité de dix issarone on fait du pain levé et, avec dix issarone, du pain azyme. Les dix issarone de pain levé, on en fait dix miches de pain.
  2. Comment fait-on lever chacun de ces dix pains? On apporte du levain en quantité suffisante pour faire lever la pâte ; on place le levain dans un récipient de mesure d’un issarone et on remplit la mesure avec de la fine fleur de farine . Et bien qu’au final on n’obtienne pas avec ce procédé une quantité exacte d’un issarone de farine, mais soit moins soit plus, à cause du levain  dont la densité n’est pas la même que la farine puisqu’il est parfois épais et dur , parfois tendre , on ne prête attention à la mesure qu’à l’instant présent et non ce qu’aurait été le volume de farine si la farine du levain était sèche. On mesure de cette manière des issarone entiers, issarone par issarone.

Quant aux dix issarone non levés, comme indiqué au § précédent, on en fait trente pains azymes égaux, dix de chaque sorte : dix pains désignés comme « cuits au four », dix pains désignés comme « gaufrettes » et dix pains désignés comme de la fine fleur de farine « détrempée ».

  1. Comment est faite la fine fleur de farine détrempée ? On verse sur la farine de l’eau bouillante et on la cuit au four légèrement, puis on la fait frire à l’huile sur une poêle ou ce qui est semblable, comme on fait frire des beignets. On met de l’huile en abondance dans la poêle: à chaque fois que la Thora parle de détrempage, c’est à cela qu’il est fait référence.
  2. Avec quelle quantité d’huile fait-on les trente pains azymes? Un demi-log d’huile ; cette mesure relève d’une loi transmise à Moïse au Sinaï . On utilise un quart de log, soit la moitié de cette mesure pour les dix pains azymes définis comme « fine fleur de farine détrempée », un huitième de log, soit un quart de la mesure pour les pains « cuits au four » et un huitième pour les « gaufrettes ».
  3. Pour les pains azymes « cuits au four », on trempe la fine fleur de farine dans un huitième de log d’huile, puis, on la pétrit et on la fait cuire au four. Quant aux gaufrettes, on les enduit avec un huitième de log d’huile après leur cuisson au four.

Le cohen prend quatre pains sur la totalité des quarante, un de chaque sorte, et il procède au balancement comme expliqué plus haut, ainsi qu’il est dit  : « un de chaque offrande de pain ».

  1. Si quelqu’un a cuit les pains qui accompagnent un sacrifice de reconnaissance sous forme de quatre grands pains avec les quantités prescrites plutôt qu’en quarante, c’est-à-dire un de chaque sorte au lieu de dix, il est quitte a posteriori de son obligation. La mesure de quarante pains est indiquée seulement comme la procédure normale de la mitsva mais elle n’est pas rédhibitoire. Cela, à condition qu’il ait prélevé la part du cohen, à savoir une miche de chaque offrande de pain, lorsque ces quatre pains étaient encore à l’état de pâte, avant la cuisson . Car on ne prélève pas sur les pains un morceau qui n’est pas entier pour le cohen, ainsi qu’il est dit  : « un de chaque offrande de pain » ; il ne faut pas que le cohen prenne un morceau qui n’est pas entier, le terme « un » évoquant l’idée d’entièreté.
  2. Comment fait-on le pain qui accompagne le bélier du nazir ? On prend six issarone et deux tiers d’issarone de fine fleur de farine et on en fait vingt pains azymes de taille égale : dix gaufrettes enduites d’huile et dix pains dont la fine fleur de farine a été trempée dans l’huile, et le tout est cuit au four. On utilise pour eux un quart de log d’huile : cette mesure relève d’une loi transmise à Moïse au Sinaï. Le cohen prend deux pains sur les vingt, un de chaque sorte.
  3. Les deux sortes de pains du nazir sont indispensables l’un pour l’autre et, de même, les quatre sortes de pains qui accompagnent le sacrifice de reconnaissance sont indispensables l’un pour l’autre, de sorte que si l’un des deux fait défaut dans l’offrande du nazir ou l’un des quatre fait défaut dans le cas d’un sacrifice de reconnaissance, les autres sont impropres à la mitsva. Dans les deux cas, pour le pain du nazir comme pour le pain qui accompagne le sacrifice de reconnaissance, la préparation du pain se fait à l’extérieur du parvis.
  4. Quel est le rituel de l’offrande du premier-né, de l’animal de la dîme et du sacrifice de Pessa’h ? Après l’aspersion du sang, comme nous l’avons expliqué , on dépouille l’animal et on extrait les parties sacrificielles : on les sale et on les brûle sur l’autel. Le reste de la viande de l’animal premier-né est mangé par les cohanim ; le reste de la viande de l’animal dela dîme est mangé par son propriétaire ; et le reste de la viande du sacrifice de Pessa’h est mangé par ceux qui sont inscrits pour sa consommation, conformément à ses règles spécifiques, ainsi qu’il sera expliqué dans les lois relatives au sacrifice de Pessa’h.
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