Lois relatives au rituel des offrandes

Chapitre six

Après avoir énoncé des règles générales relatives à la procédure des sacrifices dans les deux chapitres précédents, les chapitres qui suivent décrivent la procédure spécifique à chaque type de sacrifice. Le présent chapitre s’intéresse à la procédure de l’holocauste (ola), le sacrifice qui est entièrement brûlé en offrande sur l’autel. Aucune part n’est donc destinée à la consommation des cohanim : tous les quartiers sont montés sur l’autel. Ce chapitre inclut aussi la procédure de l’oiseau offert en holocauste.

  1. C’est un commandement positif de faire le sacrifice de l’holocauste conformément aux règles prescrites dans la Thora. Quel est le rituel de l’holocauste ? On fait l’abattage de l’animal et l’aspersion de son sang, comme nous l’avons expliqué ; puis on le dépouille et on le dépèce et on brûle tous les morceaux sur l’autel, comme il est dit : « le cohen brûlera le tout sur l’autel ».
  2. La laine sur la tête des agneaux, les poils de la barbe des boucs, les os, les guidine , les cornes et les sabots, s’ils sont encore attachés à l’animal offert en holocauste, seront tous brûlés ensemble avec lui. Mais s’ils ont été séparés de l’animal, on ne les monte pas sur l’autel. En effet, il est dit : « Tu feras tes holocaustes, la chair et le sang », ce qui exclut les autres éléments dans le cas où ceux-ci se sont détachés de la chair. Si l’un de ces éléments a été projeté hors de l’autel, on ne le remettra pas . De même, si une braise de bois a été projetée hors de l’autel, on n’aura pas besoin de la remettre.
  1. Telle est la règle concernant des membres d’un holocauste sur le feu de l’autel qui ont été projetés de l’autel sur le sol: s’ils comportent encore de la chair consistante , on les remettra sur l’autel même s’ils ont été projetés après la mi-nuit , ainsi qu’il est dit  : « c’est l’holocauste sur le brasier sur l’autel toute la nuit  ». Mais s’ils ne comportent plus de chair consistante , même s’ils ont été projetés avant la mi-nuit, on ne les remettra pas. Si la chair n’a pas encore été réduite en charbon, mais s’est desséchée et a durci comme du bois, les membres projetés hors de l’autel avant la mi-nuit seront remis sur l’autel ; mais ceux qui sont projetés après la mi-nuit ne seront pas remis.
  2. Une fois que les membres de l’holocauste ont été découpés, tous les quartiers sont emmenés sur la rampe de l’autel, au niveau de la première moitié de la rampe, et sont salés à cet endroit . Puis, tous les membres sont montés en haut de l’autel ; c’est en haut de l’autel que le cohen retire le nerf sciatique et il jette celui-ci sur le tas de cendres, au milieu de l’autel. Puis, il lance  tous les membres du sacrifice sur le feu de l’autel, ainsi qu’il est dit  : « tu feras ton holocauste, la chair et le sang » ; de même que le sang est lancé sur l’autel pour l’aspersion , de même tous les membres du sacrifice doivent être lancés sur l’autel. Après avoir lancé les membres du sacrifice, le cohen les dispose correctement sur le feu , comme il est dit  : « les cohen les arrangera sur le bois, disposé sur le feu ». Des membres qui auraient été grillés avant d’être montés sur l’autel pour être brûlés ne correspondraient pas à ce qui est appelé « une odeur  agréable à D.ieu ».
  1. Comment dépèce-t-on l’holocauste ? Afin de suspendre l’animal abattu en vue du dépeçage, le cohen ne casse pas la jambe de l’animal, à la manière des bouchers , mais il perce un trou dans la jambe arrière au-dessus du genou par lequel il suspend l’animal et il le dépouille. S’il s’agit d’un bœuf, il le dépouille sans le suspendre. Il dépouille l’animal en partant des jambes jusqu’à la poitrine. Il interrompt alors le dépouillement et commence le dépeçage : il tranche la tête, qu’il remet au cohen qui a été tiré au sort pour apporter la tête sur l’autel. Il coupe ensuite les quatre pieds c’est-à-dire la partie inférieure des membres postérieurs et antérieurs depuis le genou et les donne à un autre cohen. Puis, il termine de dépouiller l’animal. Il ouvre ensuite le cœur et en extrait le sang . Il coupe ensuite les deux bras c’est-à-dire la partie supérieure des membres antérieurs , et les donne à un autre cohen. Après quoi il remonte  pour s’occuper de la jambe droite : il la coupe et la donne à un autre cohen, les deux testicules étant laissés attachés à elle. Puis, il ouvre le corps de l’animal jusqu’à ce que les entrailles soient mises à nu. Il retire la graisse qu’il place au-dessus de la tête déjà tranchée et posée à l’envers, sur l’endroit de l’incision du cou. Puis, il prend les intestins et estomac et les donne à un autre cohen.
  1. Ce dernier va ensuite rincer à l’eau les parties qu’il a reçues, ainsi qu’il est dit : « et les entrailles et les pieds, il les lavera dans l’eau », ce qui veut dire, précisément dans l’eau et non dans du vin, ni dans un mélange de vin et d’eau, ni dans d’autres liquides. Toutes les eaux sont valables  pour laver les pieds et les intestinsCombien de fois faut-il les rincer ? L’estomac est rincé dans la loge de rinçage autant qu’il le faut jusqu’à ce qu’il soit propre, il n’y a pas un nombre prescrit de rinçages. Les intestins doivent quant à eux être rincés dans l’eau pas moins de trois fois ; ils sont rincés sur les tables de marbre situés entre les piliers  dans l’atelier des Viandes situé au nord de l’autel.
  1. Le cohen prend ensuiteun couteau et à l’aide de celui-ci, il sépare le poumon du foie et de même il sépare du foie l’appendice du foie , sans bouger le foie de sa place. Puis, après avoir retiré l’appendice du foie, il perce les côtés de la poitrine pour retirer celle-ci et il la donne à un autre cohen. Puis il monte au niveau du flanc droit le côté droit de la cage thoracique et tranche le flanc tout en descendant  le long de la colonne vertébrale, sans toucher celle-ci ; cela, jusqu’à ce qu’il atteigne les deux vertèbres tendres situées proche du cou, qu’il laisse intactes et ne coupe pas avec le flanc  : il découpe ainsi le flanc droit et le donne à un autre cohen avec le foie qui y est suspendu.
  2. Il s’occupe ensuite du cou ; il le coupe en y laissant attachées deux côtes de part et d’autre et il le remet à un autre cohen avec la trachée, le cœur et le poumon qui y sont suspendus. Il s’occupe ensuite du flanc gauche qu’il découpe en laissant intactesles deux vertèbres tendres en haut du côté postérieur et les deux vertèbres tendres en bas du côté du cou, c’est-à-dire que celles-ci ne sont pas découpées avec le flanc gauche , comme pour la paroi droite. Il laisse donc, pour chacun des deux flancs, quatre côtes qui ne sont pas incluses avec les flancs. Il découpe ainsi le flanc gauche et le donne à un autre cohen, avec la colonne vertébrale ainsi que la rate qui y sont suspendues.
  3. Il s’occupe ensuite de la partie arrière à l’extrémité de la colonne vertébrale qu’il découpe et donne à un autre cohen avec la queue, l’appendice du foie et les deux reins qui y sont suspendus. Puis il prend la jambe gauche qui est la seule restante et la donne à un autre cohenC’est de cette manière que l’on dépouille et que l’on dépèce tout animal offert en holocauste ; ce sont là les morceaux dont parle la Thora  dans le verset concernant l’holocauste : « il le coupera en ses morceaux ».
  1. Combien y a-t-il de cohanim qui transportent les membres sur la rampe de l’autel ? Si l’holocauste est un animal du menu bétail, ils sont six à transporter les membres.
  2. Le premier cohen parmi les six porte la tête et la jambe droite, de la manière suivante : la tête à l’envers dans sa main droite, avec le nez de l’animal face à son bras et les cornes entre ses doigts ; l’endroit du cou incisé lors de l’abattage rituel est vers le haut et la graisse des intestins est posée dessus. La jambe droite est dans sa main gauche, disposée de telle manière quel’endroit à partir d’où la peau a été dépouillée est vers l’extérieur.
  3. Le second porte les deux bras : le bras droit dans la main droite et le bras gauche dans la main gauche, avec la partie à partir d’où la peau a été dépouillée vers l’extérieur.
  4. Le troisième porte la partie arrière de l’animal ainsi que la jambe gauche : la partie arrière dans la main droite avec la queue pendant entre ses doigts et l’appendice du foie et les deux reins qui lui sont attachés, et la jambe gauche dans la main gauche, la partie à partir d’où la peau a été dépouillée étant vers l’extérieur.
  5. Le quatrième porte la poitrine et le cou : la poitrine dans la main droite et le cou dans la main gauche, avec les côtes attachées au cou entre les doigts.
  6. Le cinquième porte les deux flancs : le flanc droit dans la main droite et le flanc gauche dans la main gauche, et il les porte de telle manière quela partie extérieure où se trouvait la peau qui a été dépouillée est vers l’extérieur.
  7. Le sixième porte les entrailles placées dans un plateau, avec les pieds posés au-dessus, si l’holocauste est un agneau ou un chevreau. Mais s’il s’agit d’un bélier offert en holocauste , deux cohanim portent les entrailles avec les pieds De même, l’offrande de fine fleur de farine qui accompagne le sacrifice, appelée « oblation des libations », est placée dans la main d’un seul cohen et le vin versé en libation est placé dans la main d’un autre. Si l’holocauste est un bélier, l’offrande de fine fleur de farine est portée par deux cohanim et le vin est porté par deux autres cohanim.
  1. Tu apprends donc que l’agneau et le chevreau sont portés sur l’autel par huit cohanim . Le bélier est porté par onze cohanim .
  2. Le taureau offert en holocausteest porté par vingt-quatre cohanim. Voici comment les vingt-quatre cohanim se partagent le taureau : le premier porte la tête, le second et le troisième portent la jambe droite, le quatrième et le cinquième portent la partie arrière, le sixième et le septième portent la jambe gauche, le huitième porte la poitrine, et le cou est porté par trois cohanim ensemble, à savoir le neuvième, le dixième et le onzième. Les deux bras sont portés par deux cohanim, les deux flancs sont portés par deux cohanim et les entrailles, la fine fleur de farine et le vin sont chacun portés par trois cohanim, ce qui fait au total vingt-quatre cohanim.
  3. Et pourquoi ne diviseraient-ils pas un gros membre du taureau en plusieurs morceaux au lieu de le porter ensemble à plusieurs? Car il est dit  : « il le coupera en ses morceaux  », mais non ses morceaux en plusieurs morceaux. Dans quel cas dit-on qu’il y a un nombre précis de cohanim à respecter suivant chaque espèce ? Pour les holocaustes communautaires. En revanche, pour les holocaustes individuels, les cohanim peuvent s’ils le souhaitent porter ses quartiers avec moins ou plus de personnes.
  4. Comment procède-t-on pour offrir un oiseau en holocauste ? Le cohen monte sur la rampe de l’autel, tourne vers le Sovev au moyen de la petite rampe accessoire et se rend au coin sud-est. À cet endroit, il rompt la tête de l’oiseau à l’endroit de la nuque en séparant la tête du corps. S’il n’a pas séparé la tête du corps, c’est invalide. Il exprime le sang de la tête et le sang du corps sur la paroi de l’autel, au-dessus de la ligne rouge située au milieu de la hauteur de l’autel . S’il a exprimé le sang de la tête mais non le sang du corps, c’est invalide. Néanmoins, s’il a exprimé le sang du corps mais non le sang de la tête, l’holocauste est valable.
  5. Il prend la tête afin de l’offrir, presse l’endroit de l’incision de la tête contre l’autel de nouveau, puis il l’imprègne de sel et la lance sur le feu de l’autel. Il s’occupe ensuitedu corps et enlève à la main  le jabot et la peau qui le recouvre avec ses plumes ainsi que les entrailles qui sortent avec le jabot lorsqu’il enlève celui-ci, et il les jette à l’endroit des cendres situé à côté de l’autel .
  6. Il est dit dans la Thora, au sujet de l’oiseau offert en holocauste : « il le fendra entre ses ailes  » c’est-à-dire qu’après avoir retiré le jabot et les plumes, il déchirera le corps de l’oiseau entre ses ailes au niveau du dos, à la main  et non à l’aide d’un couteau. Il n’a pas besoin de séparer le corps en deux parties, ainsi qu’il est dit  : « il ne séparera pas  ». Toutefois, s’il a séparé le corps en deux, c’est valable. Puis, il l’imprègne de sel et le lance sur le feu sur l’autelS’il n’a retiré ni le jabot, ni les plumes, ni les intestins et qu’il n’a pas imprégné de sel la tête et le corps, tous ces manquements ayant eu lieu après l’expression du sang sur l’autel n’invalident pas l’holocauste et celui-ci est valable.
  1. Comment pratique-t-on la melika qui est la rupture du cou de l’oiseau offert en holocauste? Le cohen tranche le cou en descendant c’est-à-dire en enfonçant l’ongle au niveau de la nuque. Il peut, à son gré, faire avec l’ongle un geste de va-et-vient pour trancher la nuque ou enfoncer l’ongle en une fois. Et si les signes – à savoir œsophage et trachée – ont été ainsi déplacés avant d’être tranchés, il ne s’en soucie pas . Il tranche le canal vertébral et les vertèbres cervicales sans couper la majorité de la chair autour, car s’il coupait la majorité de la chair autour, l’oiseau serait considéré comme mort avant qu’il n’ait atteint les signes l’œsophage et la trachée et, de cette façon, le sacrifice serait disqualifié. Et il faut, pour l’holocauste , trancher les deux signes ensemble en enfonçant l’ongle et ensuite le cohen finit de couper la chair du cou afin de séparer la tête du corpsS’il a pratiqué la melika avec un couteau au lieu de son ongle ou s’il a pratiqué la melika avec l’ongle, mais sur les côtés du cou au lieu de la nuque, ce n’est pas un acte valable de melika, mais comme quelqu’un qui étrangle ou qui poignarde. Toute la hauteur de la nuque de l’oiseau est valide pour pratiquer la melika.
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