Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim

Elles comprennent deux commandements positifs : le premier, servir D.ieu chaque jour par la prière ; le second, que les cohanim bénissent le peuple juif chaque jour. Ces commandements sont exposés dans les chapitres ci-après.

La prière occupe une place fondamentale dans le judaïsme. Véritable rendez-vous quotidien, elle ponctue la journée juive. Matin, après-midi et soir, dans chaque période du jour, il y a un temps pour la prière.

Évoquée à plusieurs reprises dans la Thora et dans la Bible en général, la prière apparaît avant tout comme une expression d’humilité et une prise de conscience de la grandeur divine. Elle est un moyen de penser à D.ieu, de L’aimer et de Le craindre. La prière est l’expression d’un manque fondamental : le fidèle est conscient de son inachèvement. Par la prière il présente aussi ses requêtes devant D.ieu. Mais la formulation d’une requête doit toujours être précédée des louanges de D.ieu et suivie de remerciements. L’exemple de Moïse est ici suivi : l’entrée en terre d’Israël qu’il sollicite fait suite à un hommage rendu à D.ieu (cf. Deut. 3, 25). La prière dépasse cependant le cadre des requêtes et des besoins de l’humain. Elle se veut un véritable dialogue entre l’homme et son Créateur, dans lequel la conscience du moi s’efface devant celle du Divin. C’est que le terme en hébreu qui signifie la prière n’est pas bakacha (traduction du mot requête), mais tefila. L’étymologie du mot tefila est à trouver dans les expressions naftoulei elokim niftalti (Gen. 30, 8) et hatofel keli héress (Michna, Kélim 3, 5), où il est synonyme d’attache, de lien. Au-delà des requêtes personnelles formulées, la prière se veut donc un lien entre l’humain et le Divin, une forme de dépassement de soi, entre matérialité et spiritualité. Dans une autre acception, le mot tefel, orthographié avec un têt, veut alors dire « accessoire, secondaire ». C’est bien l’effacement du moi qui est ici signifié : l’homme en prière se défait de son propre ego pour approcher le Divin.

Le Livre de la Genèse rapporte le rêve du patriarche Jacob, celui d’une échelle « posée à terre et dont le sommet atteint le Ciel » (Gen. 28, 12). Selon le Zohar (I, 266b ; III, 306b), cette échelle figure la prière dont, en quelque sorte, on gravit les échelons, du plus bas du monde matériel au plus haut du spirituel. On peut dès lors mieux comprendre l’apparent paradoxe que renferme la prière. Moment privilégié, cette expérience spirituelle n’oublie pas les réalités de la vie pratique : le texte de la prière ne regorge-t-il pas de requêtes aux connotations très matérielles ? Précisément, c’est ce lien, cette jonction entre terre et Ciel, que l’homme en prière s’efforce de réaliser.

La Thora elle-même ne fixe pas le nombre et les horaires des prières. Les trois prières quotidiennes trouvent leur origine dans l’histoire des Patriarches : Abraham initie la prière du matin (cha’harit), Isaac celle de l’après-midi (min’ha) et enfin Jacob celle du soir (arvit). Cependant, il ne s’agissait pas encore là d’une obligation religieuse. D’un point de vue légal, les trois prières furent imposées par les anchei knesset haguedola, les membres de la Grande Assemblée. Présidés par Ezra le scribe, ils calquèrent les prières sur le modèle des sacrifices. Les horaires des prières quotidiennes ainsi que des prières supplémentaires des jours de chabbat et de fête correspondent ainsi aux sacrifices pratiqués autrefois dans le Temple de Jérusalem. Ce parallèle entre prière et sacrifices est très significatif. La prière représente bien un sacrifice. L’animal physique y est remplacé par les instincts et les pulsions de l’homme qui doivent être raffinés et consumés dans le feu de la prière. La conscience d’être en présence de D.ieu et les mots de la prière permettent la naissance d’un horizon nouveau dans lequel le monde, avec ses plaisirs et ses peines, semble s’évanouir pour laisser place aux choses vraies.

La prière, qui se définit comme le « service du cœur », doit aussi être articulée verbalement. Aucun texte n’est prescrit par la Thora : elle laisse chacun libre de s’exprimer à son gré. Le texte normé de la prière que nous connaissons fut institué plus tard, par les membres de la Grande Assemblée. Composé au départ de dix-huit, puis de dix-neuf bénédictions, il porte le nom de Chemoné Essré (« [Prière des] dix-huit [bénédictions] ») ou Amida (« [Prière dite] debout »). Les bénédictions de la Amida comprennent, selon les termes de Maïmonide, « toutes les requêtes, comme des généralités qui incluent les désirs individuels ainsi que les besoins de la communauté dans son ensemble ».

On trouvera aussi dans ces lois nombre d’exigences à respecter pour se préparer à la prière, tant sur le plan physique (par exemple, se laver les mains, le visage et les pieds avant la prière) que moral (afin d’avoir l’esprit disponible et concentré pour celle-ci).

Concernant les termes en hébreu répétés à maintes reprises dans le texte, le parti a été pris de les laisser dans la langue originale (en transcription phonétique) plutôt que de les traduire systématiquement en français. Cela, dans le but de faciliter l’accès au texte au lecteur familier de cette terminologie et d’offrir au lecteur non initié la possibilité d’assimiler les termes les plus usités par la Tradition. C’est ainsi que les sections de la Thora portant un nom connu (comme les 54 sections de la Thora) ont été désignées uniquement par ce nom, sans traduction. Dans le cas où le Rambam y fait référence par un verset entier ou quelques mots, une traduction a été faite, mais le nom courant de la section a été indiqué entre crochets.

Chapitre un : La mitsva de la prière et sa structuration

Ce chapitre définit l’obligation de la Thora relative à la prière. Il explique l’origine des trois prières quotidiennes et de leurs horaires ainsi que les raisons qui ont conduit à l’adoption d’un texte de prière normalisé, dit prière de la Amida ou des « prière des dix-huit bénédictions ».

  1. Prier D.ieu chaque jour est un commandement positif, comme il est dit : «Vous servirez l’Éternel votre D.ieu» ; la tradition orale explique que le «service» dont il est ici question est la prière. En effet, il est dit: «et Le servir de tout votre cœur»; les Sages ont dit: «Quel est le service du cœur? C’est la prière.» Ni le nombre de prières journalières, ni le texte de cette prière ne sont prescrits par la Thora. Il n’y a pas non plus de temps fixe pour la prière selon la loi de la Thora.
  1. Ainsi, les femmes et les esclaves cananéens ont l’obligation de prier, puisqu’il s’agit d’un commandement positif dont l’accomplissement n’est pas lié à un temps déterminéL’obligation liée à ce précepte consiste à prier et implorer D.ieu chaque jour : on prononce d’abord les louanges du Saint Béni soit-Il, puis on demande ce dont on a besoin, avec requêtes et supplications, après quoi on exprime des louanges et des remerciements à D.ieu pour le bien qu’Il nous a dispensé – chacun selon son aptitude, comme expliqué ci-après.

 

  1. Celui qui est éloquent multiplie supplications et requêtes. Celui qui est «incirconcis des lèvres» s’exprime comme il le peut et à tout moment où il le souhaite. De même, le nombre de prières dépend des aptitudes de chacun: certains prient une fois par jour, d’autres plusieurs fois. Mais tous doivent prier en direction du Temple, où qu’il se trouve. Telle fut la pratique depuis Moïse jusqu’à Ezra.
  1. Lorsque les juifs furent exilés, à l’époque de Nabuchodonosor l’impie, ils furent mêlés aux Perses, aux Grecs et aux autres nations, et leurs enfants naquirent dans des pays étrangers. Une confusion s’ensuivit dans la langue parlée par ces enfants. Chacun s’exprimait dans un mélange de plusieurs langues et ils ne parvenaient guère à exprimer ce qu’ils souhaitaient en une seule langue sans altération, comme il est dit: «Leurs enfants parlaient un jargon composé à moitié d’hébreu et à moitié de la langue d’Ashdod: ils ne connaissaient parfaitement ni la langue juive, ni l’idiome local.» Aussi, lorsque l’un d’eux priait, il ne parvenait pas à formuler ses requêtes ou à prononcer les louanges du Saint Béni soit-Il en langue sainte sans y mélanger d’autres langues. Voyant cela, Ezra et son tribunal, les « membres de la Grande Assemblée », instituèrent les dix-huit bénédictions de la Amida, dans l’ordreLes trois premières bénédictions sont des louanges à D.ieu, les trois dernières des remerciements et les bénédictions intermédiaires sont des requêtes pour des choses que l’on peut considérer comme des catégories générales englobant tous les désirs individuels ainsi que les besoins de la collectivité. Ils instituèrent ces dix-huit bénédictions afin qu’elles soient bien ordonnées dans la bouche de chacun et qu’elles soient apprises rapidement, de sorte que la prière de ceux qui ne savent pas s’exprimer soit entière, comme celle des plus éloquents. C’est pour cette même raison qu’ils établirent comme une norme toutes les bénédictions et prières pour tous les juifs, afin que chaque bénédiction soit familière dans la bouche de celui qui ne sait pas s’exprimer.

 

  1. De même, ils instituèrent que le nombre de prières corresponde au nombre d’offrandes communautaires apportées au Temple, c’est-à-dire deux prières par jour, correspondant aux deux sacrifices quotidiens et, pour chaque jour comprenant un sacrifice additionnel (moussaf), comme chabbat, jours de fête et Roch ‘Hodech, ils instaurèrent une troisième prière correspondant à celui-ci. La prière qui correspond au sacrifice quotidien du matin est appelée «prière du matin » (cha’harit). La prière qui correspond au sacrifice quotidien de l’après-midi est appelée «prière de min’ha». Et la prière qui correspond au sacrifice additionnel est appelée «prière de moussaf».

 

  1. De même, ils instituèrent que l’on récite une prière la nuit. En effet, dans le Temple, les différentes parties de l’animal offert en sacrifice l’après-midi se consumaient durant toute la nuit sur l’autel, comme il est dit: «c’est le sacrifice qui se consume sur le brasier de l’autel, toute la nuit jusqu’au matin». Ces temps règlementaires de prière, fixés par Ezra et son tribunal, sont conformes au verset: «Le soir, le matin et à midi, je me répands en plaintes et en soupirs et Il écoute ma voix». La prière du soir n’est pas une obligation comme celle du matin ou de l’après-midi. Néanmoins, tous les juifs, en tout lieu où ils sont établis, ont adopté l’usage de dire la prière du soir et l’ont acceptée comme une prière obligatoire.

 

  1. De même, Ezra et son tribunal instituèrent une prière après celle de l’après-midi, à l’approche du coucher du soleil, pour les jours de jeûne uniquement, afin d’ajouter des supplications et des requêtes en raison du jeûne. C’est la prière qu’on appelle neïla, « clôture », terme qui signifie que les portes du Ciel se sont closes devant le soleil qui s’est caché, cette prière n’étant récitée qu’à l’approche du coucher du soleil.
  1. Les prières quotidiennes sont donc au nombre de trois: arvit, la prière du soir, cha’harit, la prière du matin et min’ha, prière de l’après-midiLes chabbat, les fêtes et jours de Roch ‘Hodech, il y en a quatre: les trois prières quotidiennes et la prière de moussafLe jour de Kippour, il y en a cinq: les quatre précédentes et la prière de neïla.

 

  1. Le nombre de ces prières ne doit pas être diminué, mais peut être augmenté: si un homme désire prier toute la journée durant, en répétant la prière des dix-huit bénédictions, il en a le droit et alors, toutes les prières qu’il ajoute sont considérées comme des offrandes volontaires. C’est pourquoi, lorsqu’on fait une prière en plus, à titre de prière volontaire, il faut ajouter une requête nouvelle dans chacune des bénédictions intermédiaires, liée au contexte de la bénédiction. Et a posteriori, si on a formulé une requête nouvelle ne serait-ce que dans une seule bénédiction, c’est suffisant. Formuler une requête nouvelle dans la prière volontaire est nécessaire, afin d’indiquer qu’il s’agit d’une prière volontaire et non d’une prière obligatoire. Quant aux trois premières et aux trois dernières bénédictions, on n’y fait ni ajout, ni omission, ni jamais aucun changement.

 

  1. La communauté ne peut pas réciter une prière collective en plus, à titre de prière volontaire, car la communauté n’apporte pas d’offrande volontaire au Temple. Quant à la prière de moussaf, même un particulier ne doit pas la réciter deux fois – l’une à titre d’obligation du jour et l’autre à titre de prière volontaire – car un sacrifice de moussaf ne peut pas être apporté en offrande volontaire. D’aucuns parmi les guéonim ont statué qu’il est interdit de réciter une prière volontaire les chabbat et Yom Tov, car en ces jours on ne peut pas offrir de sacrifice volontaire, mais uniquement les sacrifices qui sont obligatoires pour le jour même.

Chapitre deux : Variations dans le texte de la prière

Le texte standard de la prière, institué par les membres de la Grande Assemblée, comportait initialement dix-huit bénédictions. Maïmonide explique ici qu’une bénédiction supplémentaire fut instituée ultérieurement, en raison de pénibles circonstances. Le nombre de bénédictions fut donc porté à dix-neuf. Il montre aussi que le texte de la prière varie en fonction des jours et des saisons.

 

  1. À l’époque de Rabban Gamliel, après la destruction du deuxième Temple, les hérétiques se firent nombreux au sein d’Israël. Ils tourmentaient les juifs et les incitaient à abandonner D.ieu. Voyant que le besoin d’extirper ce fléau était plus important que tous les autres besoins des hommes, il prit l’initiative, avec son tribunal, d’instituer une bénédiction dans laquelle il serait demandé à D.ieu de faire disparaître les hérétiques et il l’établit dans le texte de la prière, afin qu’elle soit commune à tous. En conséquence, les bénédictions de la prière sont désormais au nombre de dix-neuf.

 

  1. À chacune des trois prières quotidiennes, on récite ces dix-neuf bénédictions dans l’ordre. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Lorsque l’on a l’esprit concentré et que l’on est capable de réciter aisément le texte des dix-neuf bénédictions. Mais si l’on est préoccupé et anxieux ou si l’on n’est pas capable de réciter tout le texte aisément, on récitera les trois premières bénédictions, une bénédiction qui résume toutes les bénédictions intermédiaires et les trois dernières, et on aura ainsi rempli son devoir.

 

  1. Voici la bénédiction instituée en résumé de toutes les bénédictions intermédiaires: «Donne-nous le discernement, Éternel, notre D.ieu, pour connaître Tes chemins, et circoncis notre cœur pour Te craindre. Sois clément envers nous afin que nous soyons libérés. Éloigne-nous de la douleur, fais-nous prospérer et résider dans les prés de Ta terre, rassemble ceux qui sont éparpillés des quatre coins de la terre, et les juges qui s’égarent, qu’ils aient l’inspiration de juger selon Ta connaissance. Élève Ta main sur les méchants. Que les justes se réjouissent dans la construction de Ta ville et dans le rétablissement de Ton sanctuaire, dans la floraison de la « corne » de David Ton serviteur et dans la disposition du flambeau du fils d’Ichaï Ton oint. Avant même qu’on appelle, Tu exauces, ainsi qu’il est dit: «Avant même qu’ils ne M’appellent, Je répondrai; ils parleront encore que déjà Je les aurai exaucés», car Tu réponds à tout moment, Tu libères et sauves de tout malheur. Béni sois-Tu, Éternel, Qui écoute la prière».
  1. Cela s’applique en été. Mais en hiver, on ne peut pas réciter cet abrégé des bénédictions intermédiaires, parce qu’il faut formuler la requête de la pluie dans la bénédiction relative à la prospérité de l’année. De même, à l’issue du chabbat et de Yom Tov, on ne peut pas réciter l’abrégé des bénédictions intermédiaires, parce qu’il faut réciter la Havdala dans la bénédiction «Qui accorde la connaissance».

 

  1. Le chabbat et les jours de Yom Tov, on dit sept bénédictions dans chacune des quatre prières du jour: les trois premières et les trois dernières bénédictions habituelles ainsi qu’une bénédiction intermédiaire en rapport avec le jour en question. Le chabbat, on conclut la bénédiction intermédiaire par«Qui sanctifie le chabbat». Lors des fêtes de pèlerinage, on conclut celle-ci par «Qui sanctifie Israël et les temps solennels». Et si c’est à la fois un chabbat et un jour de Yom Tov, on conclut par«Qui sanctifie le chabbat, Israël et les temps solennels». À Roch Hachana, on conclut la bénédiction intermédiaire par«Roi de toute la terre, Qui sanctifie Israël et le jour du souvenir». Et si Roch Hachana tombe un chabbat, on conclut par«Roi de toute la terre, Qui sanctifie le chabbat, Israël et le jour du souvenir».

 

  1. Quelles sont les prières de Roch Hachana qui comprennent sept bénédictions? La Amida d’arvit, de cha’harit et de min’ha. Mais à la prière de moussaf de Roch Hachana, on récite neuf bénédictions: les trois premières et les trois dernières de chaque jour et trois bénédictions intermédiaires. La première des bénédictions intermédiaires a pour thème la royauté de D.ieu (malkhouyot), la seconde le souvenir (zikhronot) par D.ieu des bonnes actions des hommes et des alliances contractées avec Ses créatures, et la troisième le son du chofar (chofarot). On clôture chacune de ces bénédictions par une formule en rapport avec son thème.
  1. Le jour de Kippour, on dit, dans chacune des cinq prières, sept bénédictions: les trois premières et les trois dernières habituelles, et une bénédiction intermédiaire en rapport avec le jour. On conclut cette bénédiction intermédiaire, pour chacune des cinq prières, par «Roi de toute la terre, Qui sanctifie Israël et le jour de Kippour».  Lorsque Kippour tombe un chabbat, on conclut cette bénédiction, dans chaque prière, par«Roi de toute la terre, Qui sanctifie le chabbat, Israël et le jour de Kippour».

 

  1. Quand est-ce que les prières de Kippour comportent chacune sept bénédictions? Le jour du jeûne de Kippour de chaque année ordinaire. Mais le jour du jeûne de Kippour de l’année du Jubilé, on dit dans la prière de moussaf neuf bénédictions, comme pour le moussaf de Roch Hachana: ce sont les mêmes bénédictions qui sont récitées, ni moins, ni plus. On ne récite ces bénédictions que lorsque le Jubilé est en vigueur.
  1. Avant de dire la première bénédiction de chacune des prières, on commencepar la formule «Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche dira Tes louanges». Et lorsqu’on conclut la prière, on dit : «Que les paroles de ma bouche soient agréées, etc.», puis on recule.
  1. Les jours de Roch ‘Hodech et de ‘Hol Hamoed, on dit dans les prières de arvit, cha’harit et min’ha dix-neuf bénédictions, comme les autres jours, et on intercale dans la bénédiction de Avoda le texte suivant : «Notre D.ieu, et D.ieu de nos pères, que notre souvenir et le souvenir de nos pères… monte et vienne». Les jours de ‘Hol Hamoed, on dit la prière de moussaf de la même façon que les jours de Yom Tov. Dans le moussaf de Roch ‘Hodech, on dit sept bénédictions: les trois premières et les trois dernières habituelles, et une bénédiction intermédiaire en rapport avec le sacrifice additionnel de Roch ‘Hodech, que l’on conclut par«Qui sanctifie Israël et les Roch ‘Hodech ».

 

  1. Quand un chabbat tombe pendant ‘Hol Hamoed, et de même, quand Roch ‘Hodech tombe un chabbat, on récite dans les prières de arvit, cha’harit et min’ha sept bénédictions, comme les autres chabbat, et l’on ajoute le passage «Que notre souvenir et le souvenir de nos pères… monte et vienne» dans la bénédiction de AvodaDans la prière de moussaf, on commence la bénédiction intermédiaire sur le thème du chabbat et l’on finit sur le thème du chabbat, en mentionnant la sainteté du jour de Roch ‘Hodech ou de ‘Hol Hamoed au milieu de la bénédiction. On conclut cette bénédiction, à Roch ‘Hodech, par «Qui sanctifie le chabbat, Israël et les jours de Roch ‘Hodech». Et à ‘Hol Hamoed, on conclut cette bénédiction de la même manière qu’un jour de fête qui tombe chabbat, à savoir : « Qui sanctifie le chabbat, Israël et les temps ».

 

  1. Quand Yom Tov tombe dimanche, dans la quatrième bénédiction de la prière du soir (arvit) qui suit le chabbat, on intercale le paragraphe suivant : «Et tu nous as fait connaître les statuts de Ta justice et Tu nous as inculqué l’accomplissement des décrets de Ta volonté, Tu nous as donné, Éternel, notre D.ieu, la sainteté du chabbat, le respect de la fête, et les réjouissances des fêtes de pèlerinage. Tu as distingué la sainteté du chabbat de la sainteté du jour de fête, et Tu as sanctifié le septième jour des six autres jours de la création. (Tu as séparé et sanctifié Ton peuple Israël par Ta sainteté.) Tu nous as donné, Éternel, notre D.ieu, des fêtes pour la joie, des festivités et des temps pour l’allégresse, etc.». À l’issue du chabbat ou d’un jour de Yom Tov, tout au long de l’année, on dit la Havdala dans la bénédiction : «Tu accordes», bien que l’on récite la Havdala encore une fois, ensuite, sur une coupe de vin.

 

  1. À ‘Hanoucca et à Pourim, dans la seconde des trois bénédictions finales, appelée bénédiction de « reconnaissance », on ajoute le texte«Pour les miracles» (Al hanissim). Le chabbat qui tombe durant ‘Hanoucca, on mentionne le texte Al hanissim aussi dans la prière de moussaf, comme dans les autres prières.
  1. Les jours de jeûne, y compris pour un particulier qui se serait imposé un jeûne, il faut ajouter le texte «Exauce-nous, etc.» (Anénou) dans la bénédiction «Qui écoute la prière» (Choméa tefila). L’officiant quant à lui dit ce texte comme une bénédiction à part, qu’il intercale entre les bénédictions «Qui délivre» (Goel Israël) et «Qui guérit» (Rofé). Et il conclut cette bénédiction indépendante par les mots«Qui exauce dans les moments difficiles (et apporte le salut)». Il en résulte que l’officiant dit vingt bénédictions. Le jour du 9 av, on ajoute, dans la bénédiction «Qui bâtit Jérusalem» (Boné Yerouchalaïm), le texte : «Éternel, notre D.ieu, aie pitié de nous et de Ton peuple Israël, de Jérusalem Ta ville, et de la ville endeuillée, etc.»

 

  1. Durant toute la saison des pluies, en hiver, on dit, dans la seconde bénédiction: «Qui fait tomber la pluie» (Morid hagéchem) ; en été, on dit : «Qui fait descendre la rosée» (Morid hatal). À partir de quand commence-t-on à dire «Qui fait tomber la pluie»? À partir de la prière de moussaf du dernier jour de la fête de Souccot, à savoir Chemini Atséret, et ce, jusqu’à la prière du matin du premier jour de fête de Pessa’h. À partir de la prière de moussaf du premier jour de fête de Pessa’h, on dit: «Qui fait descendre la rosée».

 

  1. À partir du 7 mar’hechvan, on sollicite la pluie dans la bénédiction relative à la prospérité de l’année ; on continue ainsi tant que l’on mentionne la pluie dans la seconde bénédiction.  Dans quel cas cela s’applique-t-il? En terre d’Israël. Mais en Babylonie, en Syrie, en Égypte et dans les endroits proches de ceux-ci ou qui présentent des conditions similaires, on demande la pluie à partir du soixantième jour après l’équinoxe d’automne.

 

  1. Ceux qui habitent des contrées qui ont besoin de pluie durant la saison d’été, comme les îles les plus éloignées, demandent la pluie quand ils en ont besoin, dans la bénédiction «Qui écoute la prière». Dans les endroits où l’on observe deux jours de Yom Tov, on commence à dire «Qui fait descendre la pluie» dans la prière de moussaf du premier jour de Chemini Atséret et l’on continue ainsi pendant tout l’hiver.

 

  1. Toute l’année durant, on conclut la troisième bénédiction par«le D.ieu saint» et la onzième bénédiction par«Roi Qui aime la droiture et la justice». Pendant la période des dix jours allant de Roch Hachana jusqu’à la fin de Kippour, on conclut la troisième bénédiction par«le Roi saint», et la onzième bénédiction par «Le Roi de justice».
  1. Dans certains endroits, il est coutume, durant ces dix jours, d’ajouter, dans la première bénédiction, le texte : «Souviens-Toi de nous pour la vie, etc.» ; dans la seconde bénédiction, le texte : «Qui est comme Toi, Père de miséricorde, etc.» ; dans la bénédiction de reconnaissance, le texte : «Souviens-Toi de Ta miséricorde, etc.» ; et, dans la dernière bénédiction, le texte : «Dans le livre de vie, etc.». Durant ces dix jours, il est aussi de coutume, dans certains endroits, d’ajouter dans la troisième bénédiction: «Et ainsi, inspire la crainte, etc. et ainsi etc.». Mais le jour de Roch Hachana et le jour de Kippour, il est communément accepté d’ajouter ces prières dans la troisième bénédiction.

Chapitre trois : Les horaires de la prière

Ce chapitre traite des horaires des différentes prières ainsi que l’éventuelle compensation d’une prière manquée, lorsque l’une des trois prières quotidiennes a été omise.

  1. Pour accomplir convenablement son devoir, il faut commencer la prière de la Amida du matin au lever du soleil. Le temps règlementaire de cette prière s’étend toutefois jusqu’à la fin de la quatrième heure de la journée, soit le tiers de la journée. Si l’on a transgressé, volontairement ou par erreur, et que l’on a prié après la quatrième heure et avant la mi-journée, on s’est acquitté de l’obligation de prier, mais non de celle de prier en temps voulu. En effet, de même que la prière est un commandement de la Thora, dire celle-ci en temps voulu, selon les temps règlementaires fixés par les Sages et les Prophètes, est un commandement rabbinique.

 

  1. Nous avons déjà dit que l’heure de la prière de min’ha fut instituée par les Sages en fonction de l’heure du sacrifice quotidien de l’après-midi. Étant donné que le sacrifice quotidien de l’après-midi était offert chaque jour à neuf heures et demie, c’est-à-dire la moitié de la dixième heure, les Sages ont fixé le temps de la prière de min’ha à partir de neuf heures et demie. C’est ce que l’on appelle «la petite min’ha», « petite » car le délai pour la réciter est courtCependant, puisque l’abattage du sacrifice quotidien de l’après-midi était avancé à six heures et demie – c’est-à-dire à la moitié de la septième heure – lorsque la veille de Pessa’h tombait un vendredi, les Sages ont énoncé pour règle que celui qui prie min’ha après six heures et demie est quitte de son devoir, même s’il est préférable d’attendre neuf heures et demie. Dès que cette heure arrive, commence le temps de l’obligation de la prière de min’ha. La prière de min’ha à partir de cette heure est ce que l’on appelle «la grande min’ha», en raison du délai plus long.

 

  1. Beaucoup ont pris l’habitude de réciter les deux, la «grande» et la «petite» prière de min’ha, en considérant l’une des deux comme facultative. À ce sujet, certains guéonim ont statué que seule la grande min’hadevrait être dite à titre de prière facultative. Ceci est logique, puisque la grande min’ha correspond à quelque chose qui n’avait pas lieu régulièrement, chaque jour. Cependant, si l’on a récité la prière de la «grandemin’ha » à titre d’obligation, on ne récitera la prière de la petite min’ha qu’à titre de prière facultative.
  1. Tu apprends donc que l’horaire de la grande min’ha va de six heures et demie jusqu’à neuf heures et demie, et l’horaire de la petite min’ha va de neuf heures et demie jusqu’à ce qu’il reste une heure et quart de la journée. Et il est possible de prier min’ha jusqu’au coucher du soleil.
  1. Le temps de la prière de moussaf commence après la prière du matin, et s’étend jusqu’à la fin de la septième heure de la journée. Celui qui prie moussaf après la septième heure, bien qu’il soit coupable de négligence, a rempli son obligation, car le temps imparti à cette prière se prolonge toute la journée.
  1. Le temps de la prière d’arvit, bien qu’elle ne soit pas obligatoire, s’étend pour celui qui la récite, depuis le début de la nuit jusqu’à l’aube. La prière de neïla doit être commencée quand il fait encore jour de manière à finir celle-ci juste avant la nuit.

 

  1. Celui qui a récité une prière avant le temps prescrit n’a pas accompli son obligation et doit la réciter à nouveau en temps voulu. Toutefois, si en cas d’urgence, on a récité la prière du matin après l’aube, avant le lever du soleil, on est quitte. On peut réciter la prière d’arvit de la nuit de chabbat avant le coucher du soleil. De même, on peut réciter la prière d’arvit de la fin du chabbat durant le chabbat même ; la prière d’arvit étant facultative, on ne se montre pas pointilleux concernant son horaire. Cela, à condition de lire le Chema en temps voulu, après l’apparition des étoiles.

 

  1. Celui qui a laissé passer le temps de la prière et a omis de prier, en cas de manquement délibéré, n’a pas de réparation possible et ne peut pas compenser la prière manquéeMais s’il a omis de prier par inadvertance ou parce qu’il s’est trouvé en proie à un empêchement ou à une préoccupation, il peut compenser la prière manquée par une prière supplémentaire qu’il récitera au moment de la prière suivante. Il récitera alors tout d’abord la prière de circonstance et ensuite la prière de compensation.

 

  1. Comment cela ? S’il a par erreur omis de prier cha’harit et que la mi-journée est passée, il récitera deux fois la Amida lors de la prière de min’ha: la première à titre de prière de min’ha et la seconde à titre de compensation de cha’haritDe même, s’il a par erreur omis de prier min’ha avant le coucher du soleil, il récitera deux fois la Amida lors de la prière d’arvit: la première à titre d’arvit et la seconde à titre de compensation de min’haS’il a par erreur omis de prier arvit avant l’aube, il récitera deux fois la Amida de cha’harit: la première en tant que cha’harit et la seconde, en tant que compensation d’arvit.

 

  1. Celui qui a, par erreur, omis la récitation de deux prières consécutives,ne peut compenser que la dernière prièreComment cela ? S’il a, par erreur, omis la prière de cha’harit, puis celle de min’ha, il récitera deux fois la Amida lors de la prière d’arvit: la première à titre d’arvit et la seconde à titre de compensation de min’ha. Mais cha’harit ne pourra pas être compensée, parce que son temps de compensation est déjà passé. Il en va de même pour les autres prières.

 

  1. Si quelqu’un n’a pas prié moussaf avant la moitié de la septième heure, et a désormais deux prières à réciter, celle de min’ha et celle de moussaf, il récitera d’abord la prière de min’ha, puis celle de moussafCertains ont statué qu’il ne faut pas agir ainsi dans le cas d’une prière communautaire, pour que les gens n’en viennent pas à se tromper.

Chapitre quatre : Les obstacles à la prière

Le corps, comme le cœur, doit être prêt pour la prière. De même, l’endroit choisi doit être décent et propre. Ce sont en tout cinq dispositions que Maïmonide énumère comme des conditions sine qua non à la prière. Il est important de rappeler que la « prière » à laquelle il est partout fait référence dans ce contexte est la Amida, dite prière des dix-huit bénédictions.

  1. Il y a cinq exigences qui, lorsqu’elles ne sont pas satisfaites, font obstacle à la récitation de la prière, même lorsque l’heure est arrivée. Ce sont : se nettoyer les mains, se couvrir le corps, s’assurer de la propreté du lieu où l’on prie, l’absence d’éléments gênants et la concentration de l’esprit.
  1. Le nettoyage des mains: de quoi s’agit-il? On doit se laver les mains jusqu’à l’articulation du poignet avant de prier. Celui qui se trouve en chemin lorsque l’heure de la prière arrive et n’a pas d’eau à sa disposition pour se laver les mains, voici la règle qu’il doit appliquer : s’il se trouve de l’eau à une distance allant jusqu’à quatre milles – ce qui correspond à huit mille coudées – il se rendra au point d’eau et priera après s’être lavé les mains. Mais si l’eau se trouve au-delà d’une telle distance, il pourra se nettoyer les mains avec des cailloux, de la terre ou avec une poutre et prier.
  1. Dans quel cas dit-on qu’il doit marcher jusqu’à une distance de quatre milles? Si l’eau se trouve en avant dans le sens de sa routeEn revanche, si le point d’eau se trouve derrière lui, il n’est tenu de revenir en arrière que jusqu’à une distance d’un mille ; mais s’il a dépassé le point d’eau de plus d’un mille, il n’est pas tenu de revenir sur ses pas. En pareil cas, il se nettoie les mains avec des cailloux ou de la poussière et prie. Dans quel cas dit-on que seules les mains ont besoin d’être nettoyées pour la prière? Pour toutes les prières, hormis cha’harit. Mais pour la prière de cha’harit, on doit se laver le visage, les mains et les pieds avant de prier. Et si l’on se trouve loin de l’eau, on se nettoie les mains seulement – avec des cailloux ou de la poussière – avant de prier.
  1. Tous les individus rituellement impurs n’ont besoin que de se laver les mains pour prier, comme ceux qui sont purs. Même lorsqu’ils auraient la possibilité de se débarrasser de leur état d’impureté en s’immergeant au mikvé, l’absence d’immersion n’empêche pas la prière. Nous avons déjà expliqué qu’Ezra instaura qu’un individu ayant eu une émission séminale fasse, lui seul, exception à cette règle et ne puisse pas prononcer des paroles de Thora avant de s’immerger au bain rituel. Le tribunal qui fut en fonction après Ezra instaura que cette mesure soit appliquée pour la prière également, c’est-à-dire qu’un individu ayant eu une émission séminale ne puisse pas prier avant de s’être immergé au bain rituel. Ce n’est pas pour des considérations liées à la pureté ou l’impureté rituelle qu’ils prirent cette décision, mais afin que les érudits ne soient pas constamment auprès de leurs femmes, comme des coqs. C’est pourquoi, ils prescrivirent l’immersion uniquement pour l’individu ayant eu une émission séminale, excluant celui-ci de la catégorie générale des autres personnes rituellement impures.
  1. C’est pourquoi, à l’époque de cette ordonnance, on disait que même 1) un homme ayant eu une émission séminale alors qu’il était déjà impur pour cause de flux (zav), 2) une femme nidda ayant rejeté de la matière séminale à la suite de rapports ayant précédé ses règles et 3) une femme ayant eu des rapports et, juste après, un écoulement de sang menstruel, devaient s’immerger pour la récitation du Chema ainsi que pour la récitation de la prière, à cause de la matière séminale, bien qu’ils fussent en tout état de cause rituellement impurs même après leur immersion. Cela se comprend, car cette immersion n’était pas déterminée par une exigence de pureté rituelle, mais résultait du décret visant à ce que les érudits ne soient pas en permanence auprès de leurs femmes. Cette ordonnance concernant la prière fut aussi annulée, parce qu’elle ne fut pas répandue et acceptée au sein du peuple juif dans son ensemble, la communauté n’ayant pas été en mesure de s’y conformer.
  1. La coutume acceptée en Babylonie et en Espagne est qu’un individu ayant eu une émission séminale ne prie qu’après avoir lavé tout son corps dans l’eau, pour ainsi accomplir les termes du verset : « Prépare-toi, Israël, à te présenter devant ton D.ieu. » De quel cas parle-t-on? D’un individu en bonne santé qui a eu une émission séminale volontaire ou non ou d’un malade qui a eu des rapports, donc une émission séminale volontaire. En revanche, un malade qui a eu une émission séminale involontaire est exempt de se laver et il n’existe pas de coutume exigeant qu’il lave tout son corps. De même, il n’existe pas une telle coutume concernant un zav qui a eu une émission séminale ou une femme nidda qui a rejeté de la matière séminale. Ils devront simplement se nettoyer et se laver les mains avant de prier.
  1. Se couvrir le corps: de quoi s’agit-il? Même si l’on a couvert sa nudité comme on doit le faire pour la récitation du Chema, il ne faut pas prier avant de s’être couvert la poitrine. Si quelqu’un a transgressé et ne s’est pas couvert la poitrine ou s’il n’était pas en mesure de se couvrir la poitrine parce qu’il n’avait rien pour la couvrir, dès lors qu’il a prié en ayant couvert sa nudité, il a rempli son devoir et n’a pas besoin de recommencer sa prière. Toutefois, a priori, on n’agira pas ainsi.
  1. La propreté de l’endroit où l’on prie: de quoi s’agit-t-il? On ne priera ni dans un endroit souillé, ni aux bains, ni dans un lieu d’aisances, ni dans un dépotoir, ni dans un endroit qui n’est pas présumé propre et que l’on n’a pas examiné.  En règle générale: dans tout endroit où l’on ne peut réciter le Chema, on ne peut non plus prier. Et de même que l’on doit s’éloigner des excréments, de l’urine, d’une mauvaise odeur, d’un mort et de la vue d’une nudité pour la récitation du Chema, de même doit-on s’en éloigner pour la prière.
  1. Celui qui, après sa prière, trouve des excréments à l’endroit où il a prié, doit recommencer la prière à un endroit propre car il a fauté en n’examinant pas l’endroit avant de prier.  Si quelqu’un constate des excréments face à lui alors qu’il est debout, en train de prier, la règle suivante est appliquée : s’il peut marcher en avant de manière à laisser les excréments à une distance de quatre coudées derrière lui, il le fait. Sinon, il se décale sur le côté. Et s’il ne peut pas s’éloigner, il interrompt sa prière. Les Sages éminents ne priaient pas dans une maison où il y avait de la bière ou de la sauce de poisson en cours de fermentation, à cause de la mauvaise odeur qui s’en dégage, bien que l’endroit fût propre.
  1. L’absence d’éléments gênants: de quoi s’agit-il ? Celui qui sent un besoin naturel ne doit pas prier. S’il prie alors qu’il sent un besoin naturel, sa prière est une abomination et il devra réciter la prière une seconde fois après avoir satisfait ses besoins. Toutefois, s’il pouvait se retenir le temps de parcourir une parasange, sa prière est valable. Mais a priori, on ne doit pas prier avant de s’être examiné convenablement. On veille à ses besoins naturels et on se débarrasse des glaires et crachats ainsi que de toute chose gênante avant de prier.
  1. Celui qui rote, baille ouéternue pendant la prière, s’il le fait volontairement, sa conduite est méprisable. Mais s’il s’est examiné avant de prier et que cela est arrivé malgré lui, ce n’est rien. Si de la salive s’accumule dans sa bouche pendant la prière, il l’absorbe dans son vêtement. Et s’il est délicat et incommodé par le fait d’avoir un vêtement sale, il la jette à la main derrière lui, afin de ne pas être incommodé et ainsi préoccupé pendant sa prière. S’il cède à une flatulence involontaire au milieu de la prière, il doit attendre que l’odeur se dissipe avant de reprendre sa prière.
  1. S’il ressent le besoin d’émettre un gaz au point d’être très incommodé et de ne pouvoir se retenir, il recule de quatre coudées pour céder à la flatulence, puis attend que l’odeur se dissipe et dit: «Maître du monde, Tu nous as créés avec des orifices et des canaux, notre humiliation et notre honte sont dévoilées et connues devant Toi, nous ne sommes que honte et humiliation notre vie durant, vermine et putréfaction à notre mort». Puis, il retourne à sa place et continue de prier.
  1. Celui qui se tient au milieu de sa prière et a malgré lui un écoulement d’urine sur ses genoux, doit attendre que l’écoulement cesse et reprendre sa prière à l’endroit où il s’est arrêté. Mais s’il a attendu le temps suffisant pour terminer la prière, il devra la recommencer au début.
  1. De même, après avoir uriné, on doit attendre le temps qu’il faut pour parcourir quatre coudées avant de prier. Après avoir prié, il faut également attendre le temps qu’il faut pour parcourir quatre coudées avant d’uriner, afin d’interrompre les paroles de prière prononcées par sa bouche.
  1. La dernière disposition est la concentration de l’esprit: de quoi s’agit-il? Une prière prononcée sans concentration n’est pas une prière. Si l’on a prié sans concentration, on devra prier à nouveau avec concentration. Une personne qui a l’esprit confus et préoccupé n’a pas le droit de prier tant qu’elle n’est pas apaisée. C’est pourquoi, quelqu’un qui revient d’un voyage fatigué ou tourmenté n’a pas le droit de prier tant qu’il n’est pas apaisé. Les Sages ont dit: «Qu’il attende trois jours jusqu’à ce qu’il se repose et que son esprit se calme, et ensuite il priera».
  1. Quelle est la concentration requise? Il faut libérer son cœur de toutes les pensées et considérer que l’on se tient devant la Présence Divine. Aussi faut-il s’asseoir un peu avant la prière, afin de concentrer son cœur, puis prier tranquillement avec supplications. Il ne faut pas traiter la prière à la manière de quelqu’un qui porte un fardeau, le jette et s’en va. Aussi faut-il s’asseoir un peu après la prière, avant de prendre congé. Les hommes pieux d’autrefois attendaient une heure avant la prière et une heure après la prière, et prolongeaient leur prière pendant une heure.
  1. Un homme ivre ne priera pas, parce qu’il ne peut pas se concentrer. S’il a prié, sa prière est une abomination. C’est pourquoi il devra prier de nouveau quand il aura désenivré. Un homme « ayant bu » ne doit pas prier. Toutefois, s’il a prié, sa prière est valable. Qu’appelle-t-on un homme « ivre »? Celui qui est incapable de parler devant un roi. Un homme «ayant bu» et non ivre est celui qui peut parler devant un roi sans confusion. Néanmoins, dès lors qu’il a bu un révi’it de vin, il ne doit pas prier jusqu’à ce que l’effet du vin s’estompe.
  1. De même, on ne se met pas à prier en étant sous l’effet de la plaisanterie, de la légèreté, d’une conversation futile, d’une querelle ou de la colère, mais uniquement en étant sous l’influence de propos de Thora. Cependant, on ne commencera pas la prière sous l’effet de l’agitation mentale qui suit un jugement ou après avoir approfondi une question de halakha, bien qu’il s’agisse de propos de Thora, afin que l’esprit ne soit pas préoccupé par la halakha. Mais on prie en étant sous l’influence de propos de Thora qui n’exigent pas une profonde réflexion, comme l’étude des lois déjà tranchées.
  1. Les prières récitées périodiquement, comme celle de moussaf de Roch ‘Hodech ou celles des fêtes, doivent être révisées avant d’être prononcées, afin de ne pas se tromper. Si l’on marche dans un lieu dangereux, comme un lieu infesté de hordes de bêtes sauvages ou de brigands, et que l’heure de la prière arrive, on récitera une prière constituée d’une seule bénédiction. La voici: «Les besoins de ton peuple Israël sont nombreux, et leur esprit est étroit. Que ce soit Ta volonté, ô Éternel notre D.ieu, de dispenser à tout un chacun sa subsistance, et de combler le manque de chaque corps. Fais ce qui est bon à Tes yeux. Béni sois-Tu, Éternel, Qui écoute la prière». On récite cette prière en chemin tout en marchant; si l’on peut s’arrêter pour la réciter, on le fait. Et une fois que l’on sera parvenu dans un lieu habité et que l’on aura l’esprit apaisé, on fera une nouvelle prière, comme il le faut, avec les dix-neuf bénédictions.

Chapitre cinq : Les bonnes conditions de la prière

Le fidèle en prière est comparé à un sujet devant son roi. Son attitude doit donc traduire la conscience de se tenir « devant D.ieu ». Ce chapitre expose huit dispositions qui doivent être respectées par déférence.

  1. Il y a huit choses auxquelles on doit veiller et se conformer quand on prie. Cependant, ce ne sont pas des conditions sine qua non à la récitation de la prière et si l’on se trouve en situation peu commode ou en situation de force majeure, ou même encore si on ne les a pas respectées en transgressant délibérément, elles ne font pas obstacle à l’accomplissement du devoir de la prièreCes huit choses sont: la position debout, l’orientation vers le Temple, une posture correcte, la correction de la tenue vestimentaire, la correction de l’emplacement, la modulation de la voix, les inclinations et la prosternation.
  1. La position debout: comment cela ? La Amida est récitée uniquement debout. Celui qui est assis dans un bateau ou dans une voiture se mettra debout s’il le peut; sinon, il priera assis à sa place.  Un malade peut prier en étant même allongé sur le côté, à condition qu’il puisse se concentrer. De même, quelqu’un qui a faim ou soif est considéré comme un malade : par conséquent, s’il est capable de se concentrer, il prie ; sinon, il ne prie pas avant d’avoir mangé ou bu. Celui qui chevauche un animal prie assis à sa place et n’a pas besoin de descendre, même s’il y a quelqu’un pour tenir et surveiller son animal, afin qu’il ait l’esprit tranquille.
  1. L’orientation vers le Temple: comment cela? Si l’on se trouve hors de la terre d’Israël, on tourne son visage vers la terre d’Israël pour prier. Si on se trouve en terre d’Israël, on oriente son visage vers Jérusalem. Si on se trouve à Jérusalem, on oriente son visage vers le Temple. Si on se trouve dans le Temple, on oriente son visage vers le Saint des Saints. Un aveugle, quelqu’un qui ne parvient pas à déterminer les directions ou quelqu’un qui voyage en bateau, prie en dirigeant son cœur vers la Présence Divine.
  1. Une posture correcte : comment cela? Lorsqu’on prie, on doit avoir les pieds joints. On dirigera ses yeux vers le bas comme si l’on regardait le sol, et son cœur vers le haut, comme si l’on se tenait dans les cieux. On serrera les mains, main droite sur main gauche, contre le cœur, et on se tiendra avec abnégation comme un serviteur devant son maître dans la peur, la crainte et l’effroi. On ne placera pas les mains sur les hanches.
  1. La correction de la tenue vestimentaire : comment cela ? On arrange tout d’abord sa tenue vestimentaire, on se fait beau et élégant, ainsi qu’il est dit: «Prosternez-vous devant l’Éternel, dans la splendeur de la sainteté». On ne doit pas prier vêtu d’un simple tricot de corps, ni la tête découverte, ni pieds nus si l’usage local veut que l’on ne se tienne pas sans souliers en présence de gens importants.  On ne doit pas tenir des tefiline à la main ou un rouleau de la Thora au bras en priant, parce qu’on serait ainsi préoccupé à ce qu’ils ne tombent pas. Cette règle est valable en tout lieu. On ne doit pas non plus tenir d’objets, ni d’argent à la main. On peut toutefois prier avec le loulav à la main durant les jours de la fête de Souccot, parce que c’est la mitsva du jour. Un homme qui porte un fardeau sur la tête lorsque l’heure de la prière arrive, le rabat sur son dos et prie ainsi, si le fardeau pèse moins de quatre kav. Mais s’il pèse quatre kav ou plus, il doit le poser au sol avant de prier. Tous les Sages et leurs disciples ont l’habitude de prier seulement en étant enveloppés d’un talit.
  1. La correction de l’emplacement; comment cela? On se tient dans un endroit bas, en tournant le visage vers le mur. Il faut aménager des fenêtres ou des portes en direction de Jérusalem afin de prier face à celles-ci, comme il est dit:«Il avait, dans sa chambre supérieure, des fenêtres ouvertes dans la direction de Jérusalem». On doit avoir une place fixe pour la prière. On ne doit pas prier dans une ruine, ni derrière une synagogue à moins de se tourner vers la synagogue. Il est interdit de s’asseoir à côté d’une personne en train de prier ou de passer devant elle, à moins de s’en éloigner de quatre coudées.
  1. On ne doit pas se tenir sur un endroit surélevé de trois tefa’him ou plus par rapport au sol pour prier. On ne doit pas non plus prier debout sur un lit, sur un banc ou sur un siège. Concernant une construction surélevée, si elle a une surface supérieure ou égale à quatre coudées sur quatre coudées – ce qui correspond à la surface minimale d’une maison – elle est considérée comme un étage à part entière et il est donc permis de prier à cet endroit. De même, si cette construction est entourée de cloisons de toutes parts, bien qu’elle n’ait pas une surface de quatre coudées sur quatre coudées, il est permis de prier à cet endroit. En effet, cette construction formant un domaine à part, sa hauteur ne se distingue pas.
  1. Des ouvriers qui travaillent en haut d’un arbre ou sur le dessus d’une rangée de pierres ou d’un mur, doivent descendre pour prier, lorsque l’heure de la prière arrive, après quoi ils retourneront à leur travail. Mais s’ils se trouvent à la cime d’un olivier ou d’un figuier, ils prieront sur place, parce que leur dérangement serait trop important. Quelle prière récitent-ils? S’ils travaillent pour leur repas uniquement, ils récitent les trois prières quotidiennes de dix-neuf bénédictions. Mais s’ils travaillent pour leur salaire en plus du repas, ils récitent Havinenou, qui est un résumé des bénédictions intermédiaires, précédé des trois bénédictions initiales et suivi des trois bénédictions finales . Dans un cas comme dans l’autre, ils ne célébreront pas d’office collectif et ne réciteront pas non plus la bénédiction des cohanim.
  1. La modulation de la voix: comment cela? Il ne faut ni élever la voix dans la prière, ni prier dans son cœur sans prononcer les mots. Plutôt, il faut articuler les mots avec les lèvres en faisant entendre à ses oreilles à voix basse ce que l’on dit. Celui qui prie ne doit pas faire entendre sa voix aux autres, à moins qu’il ne soit malade ou qu’il ne puisse se concentrer sans prier d’une voix audible. Dans ce cas, il en aura le droit s’il prie seul, mais pas s’il prie en communauté, afin que les autres ne soient pas troublés par sa voix.
  1. Les inclinations : comment cela ? Celui qui prie doit s’incliner cinq fois à chaque prière: au début et à la fin de la première bénédiction, au début et à la fin de la bénédiction de reconnaissance, et lorsqu’il termine la prière, il s’incline et fait trois pas en arrière en étant toujours courbé, puis il salue en inclinant la tête à sa gauche, puis à sa droite et il relève ensuite la tête. Lorsqu’il s’incline les quatre premières fois, il s’incline en prononçant le mot «Béni» et se redresse en prononçant le Nom de D.ieu. Cela s’applique à une personne ordinaire. En revanche, un grand-prêtre s’incline au début et à la fin de chaque bénédiction. Quant au roi, il s’incline au début de la première bénédiction et ne relève pas la tête jusqu’à ce qu’il ait terminé toute sa prière.
  1. Pourquoi salue-t-on en s’inclinant tout d’abord à gauche? Parce que la gauche de celui qui prie correspond à la droite de la Présence divine qui lui fait face. En effet, lorsqu’on se trouve devant un roi, on salue en s’inclinant d’abord à la droite du roi, puis à sa gauche ; or les Sages ont établi que l’on prenne congé de la prière comme l’on prend congé d’un roi.
  1. Pour toutes ces inclinations, il faut se courber au point que toutes les vertèbres de la colonne vertébrale fassent saillie et que le corps forme un arc. Celui qui s’incline légèrement en faisant un effort, de sorte qu’il apparaît qu’il se courbe de toutes ses forces, par exemple, une personne malade ou âgée, n’en éprouvera pas de scrupule.
  1. La prosternation: comment cela ? Après avoir redressé la tête à la fin de la cinquième inclination qui marque la conclusion de la Amida, on s’assoit sur le sol et on « tombe sur sa face », face contre sol (nefilat panim), et on adresse toutes les supplications que l’on désire. Le terme keria, partout où il est mentionné dans les textes, marque le début de la prosternation et signifie se mettre à terre en se tenant sur les genoux ; kida signifie se prosterner, genoux au sol, en inclinant son corps, face contre terre ; et hichta’havaya consiste à étendre mains et pieds, de façon à être complètement allongé, face contre terre.
  1. Pour la nefilat panim, après la prière de la Amida, certains ont l’habitude de se prosterner en s’inclinant (kida), d’autres de se prosterner en s’étendant complètement sur le sol (hichta’havaya). Cependant, il est interdit par la Thora de se prosterner en s’étendant sur un sol de pierres, si ce n’est dans le Temple, comme nous l’avons expliqué dans les lois relatives à l’idolâtrie. Et un homme important n’a pas le droit de « tomber sur sa face », face contre sol, à moins qu’il soit sûr d’être un juste parfait, comme Josué, et certain d’être exaucé. Mais il peut légèrement incliner la tête, sans la plaquer au sol. On a le droit de faire la prière de la Amida à un endroit et de «tomber sur sa face» (nefilat panim) à un autre endroit.
  1. C’est une pratique communément acceptée dans tout le peuple juif de ne pas «tomber sur sa face» (nefilat panim) durant le chabbat et les fêtes, à Roch Hachana, à Roch ‘Hodech, à ‘Hanoucca, à Pourim, à min’ha de la veille de chabbat et de la veille de Yom Tov ainsi qu’à la prière d’arvit, n’importe quel jour. Certaines personnes « tombent sur leur face » (nefilat panim) à la prière d’arvit. Le jour de Kippour uniquement, on «tombe sur sa face» à chaque prière, parce que c’est un jour de supplications, de requêtes et de jeûne.

Chapitre six : Ne pas négliger la prière

Ce chapitre porte principalement sur les activités interdites à l’heure de la prière. Pour chacune, l’interdiction est déterminée soit par le respect de la prière communautaire, soit par la crainte d’un manquement au devoir de la prière.

  1. Un homme n’a pas le droit de passer derrière une synagogue à l’heure où la communauté prie, à moins qu’il ne porte une charge ou que la synagogue n’ait deux entrées situées de deux côtés différents car ainsi, celui qui l’observe se dira: «Peut-être va-t-il entrer par l’autre porte». De même, s’il y a deux synagogues dans la ville, celui qui l’observe se dira: «Peut-être se rend-il dans sa synagogue habituelle». S’il porte les tefiline sur la tête, il a le droit de passer devant une synagogue à l’heure de la prière, même si aucune de ces conditions n’est remplie, car les tefiline indiquent bien qu’il recherche les mitsvot et n’est pas de ceux qui négligent la prière.

 

  1. Celui qui prie avec la communauté ne doit pas prolonger excessivement sa prière. Mais en privé, il en a le droit. Ainsi, s’il désire réciter après sa prière même quelque chose d’aussi long que la confession du jour de Kippour, il peut le faire. De même, s’il désire intercaler dans chacune des bénédictions intermédiaires une requête en rapport avec la bénédiction, il peut le faire.

 

  1. Comment cela? S’il a dans son entourage un malade, il implore pour lui la miséricorde dans la bénédiction des malades, selon sa capacité à s’exprimer. S’il a besoin de subsistance, il ajoute supplications et requêtes dans la bénédiction relative à la prospérité de l’année. De cette manière, il peut ajouter des requêtes dans chacune des bénédictions intermédiaires. Ou bien, s’il désire demander tout ce dont il a besoin dans la bénédiction «Qui entend la prière», il peut le faire. Mais aucune requête ne doit être formulée dans les trois premières bénédictions ou dans les trois dernières.
  1. Il est interdit de goûter quoi que ce soit ou de faire un travail, dès l’aube, avant d’avoir prié cha’harit. De même, on ne se rendra pas de bon matin à la porte d’un ami pour le saluer avant la prière de cha’harit, et on ne prendra pas non plus la route avant d’avoir prié. En revanche, on peut goûter quelque chose et faire un travail avant la prière de moussaf ou de min’ha. Mais il ne faut pas prendre un repas juste à l’approche de l’heure de la prière de min’ha.

 

  1. Voici les activités qu’il est interdit de commencer lorsque l’heure de la «grande min’ha» arrive : on ne doit pas entrer aux bains, même si c’est seulement pour suer, avant d’avoir prié, de crainte que l’on soit étourdi par la chaleur et que l’on manque la prière ; on ne doit pas commencer à prendre ne serait-ce qu’une collation, de crainte que l’on soit entraîné à prolonger le repas et que l’on manque la prière ; on ne doit pas commencer une audience au tribunal pour le jugement d’une affaire, même s’il ne s’agit que de rendre la décision, de crainte que l’on trouve un argument remettant en cause cette décision et que le prolongement du procès entraîne l’omission de la prière ; on ne doit pas s’installer devant un coiffeur pour se faire couper les cheveux, même s’il ne s’agit que d’une coupe ordinaire, avant d’avoir prié, de crainte que les ciseaux ne se brisent et que l’heure de la prière ne passe le temps qu’il trouve d’autres ciseaux ; on ne doit pas non plus entrer à la tannerie à l’approche de l’heure de min’ha avant d’avoir prié, de crainte que l’on constate une détérioration des peaux et que l’on s’occupe de rectifier le problème, et que l’on manque ainsi à la prière. Si toutefois l’on a commencé l’une de ces activités et qu’il reste encore suffisamment de temps dans la journée pour prier, on n’a pas besoin de s’interrompre; on termine ce que l’on a commencé et on récite ensuite la prière de min’ha.

 

  1. À partir de quand considère-t-on que la coupe de cheveux a commencé? Dès que l’on a posé lelinge du coiffeur sur ses genoux et autour de son cou pour éviter que les cheveux ne tombent sur ses vêtements.  À partir de quand considère-t-on qu’une séance aux bains a commencé? Dès que l’on a retiré son linge de corps.  À partir de quand considère-t-on que le tanneur a commencé son activité à la tannerie? Dès qu’il a attaché son tablier entre ses épaules, comme le font les artisans. À partir de quand considère-t-on qu’un repas a commencé? En terre d’Israël, dès que l’on s’est lavé les mains. Et en Babylonie, dès que l’on a défait sa ceinture. À partir de quand considère-t-on qu’une audience au tribunal a commencé? Dès que les juges se recouvrent la tête de leur talit et siègent. S’ils siègent déjà depuis un précédent procès, l’audience débute dès que les parties commencent à plaider leurs causes.

 

  1. Bien que la prière d’arvit soit facultative, on ne doit pas, en revenant du travail, dire: «Je vais manger un peu, dormir un peu, et ensuite je prierai», de crainte que l’on ne soit pris par le sommeil et que l’on ne dorme ainsi toute la nuit. Au contraire, on doit tout d’abord prier arvit et ensuite on pourra manger et boire, ou dormir.  Il est permis de se couper les cheveux ou d’entrer aux bains à l’approche de l’heure de cha’harit. En effet, les Sages n’ont décrété ces interdictions qu’à l’approche de l’heure de min’ha car il est courant, pour la plupart des gens, de se rendre dans ces endroits au cours de la journée ; mais au petit matin, cela n’est pas courant, et les Sages n’ont donc pas décrété d’interdiction.

 

  1. Celui qui est occupé à l’étude de la Thora quand l’heure de la prière arrive doit s’interrompre pour prier. Mais si l’étude de la Thora est sa seule et unique activité et qu’il n’exerce aucun autre travail, dès lors qu’il est occupé à l’étude de la Thora à l’heure de la prière, il n’interrompt pas son étude pour prier, car la mitsva de l’étude de la Thora est plus grande que celle de la prière. Quiconque s’occupe des besoins communautaires est considéré comme une personne entièrement occupée à l’étude de la Thora et ne s’interrompt donc pas pour la prière.

 

  1. Un homme qui est en train de prier n’interrompra sa prière qu’en cas de danger de mort. Même si un roi d’Israël le salue, il ne répondra pas. Mais il peut s’interrompre pour répondre au salut d’un roi non juif, de crainte que ce dernier ne le tue. Si, pendant sa prière, il aperçoit un roi non juif ou un oppresseur qui se dirige vers lui, il écourtera sa prière, et ne dira que le début et la fin de chaque bénédiction. Mais s’il ne peut pas terminer sa prière, même abrégée, il s’interrompra.  De même, s’il voit des serpents ou des scorpions se diriger vers lui, la règle suivante est appliquée : s’ils sont parvenus près de lui et que, dans cette région, leur morsure/piqûre est mortelle, il s’interrompra et s’enfuira. Mais s’ils ne sont pas mortels, il ne s’interrompra pas.

 

  1. Les femmes, les esclaves cananéens et les mineurs sont astreints à la prière. Tout homme exempté de la récitation du Chema est également exempté de la prière. Par ailleurs, tous ceux qui accompagnent un mort sont exemptés de la prière, même s’ils ne sont pas nécessaires au transport de la civière mortuaire.

Chapitre sept : Les bénédictions complétant la prière. Ordre de la prière

La prière ne se cantonne pas aux requêtes formulées dans les dix-huit bénédictions de la Amida. D’autres bénédictions l’accompagnent : récitées dans le cadre de la prière ou indépendamment, elles ancrent la gratitude envers D.ieu dans le cœur de chacun.

  1. Lorsque les Sages de la Grande Assemblée instituèrent le texte de ces prières, ils instituèrent également d’autres bénédictions à réciter quotidiennement. Les voici: quand on se met au lit pour dormir la nuit, on récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui fait tomber les chaînes du sommeilsur mes yeux, plonge l’homme dans l’assoupissement et éclaire la pupille de l’œil. Que ce soit Ta volonté, Éternel mon D.ieu, de me sauver du mauvais penchant et d’une mésaventure. Que je ne sois effrayé ni par de mauvais rêves ni par de mauvaises pensées. Que ma couche soit parfaite devant Toi et que Tu m’en relèves pour la vie et la paix. Éclaire mes yeux de peur que je ne m’endorme pour la mort. Béni sois-Tu, Éternel, qui éclaire le monde entier par Sa gloire.»

 

  1. Puis on récite le premier paragraphe du Chema et on dort. (Cela s’applique même à celui qui dort avec son épouse). Et si l’on est pris par le sommeil, on récite ne serait-ce que le premier verset du Chema ou des versets de miséricorde, puis l’on dort.
  1. Lorsqu’on se réveille, après avoir fini de se reposer, on dit, alors que l’on est encore sur le lit, la bénédiction suivante : « Mon D.ieu, l’âme que Tu as placée en moi est pure. Tu l’as créée, Tu l’as formée, Tu l’as insufflée en moi et Tu la gardes au-dedans de moi. Tu es appelé à me la prendre et Tu me la restitueras dans le monde à venir. Tant que l’âme est en moi, je Te rends grâce, Éternel, mon D.ieu, Maître de toutes les actions. Béni sois-Tu, Éternel, qui rend les âmes aux dépouilles mortelles. »
  1. Lorsqu’on entend le chant du coq, on récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui donne au coq le discernement pour distinguer entre le jour et la nuit». Lorsqu’on s’habille, on dit la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui habille ceux qui sont nus». Lorsqu’on se couvre la tête d’une étoffe, on dit la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui couronne Israël de gloire». Lorsqu’on se passe les mains sur les yeux, on dit la bénédiction: «Qui ouvre les yeux des aveugles». Lorsqu’on s’assoit sur son lit, on dit la bénédiction: « Qui délivre les prisonniers ». Lorsqu’on descend du lit et qu’on pose ses pieds sur le sol, on dit la bénédiction: « Qui étend la terre sur les eaux». Lorsqu’on se lève, on dit la bénédiction: « Qui redresse ceux qui sont courbés». Lorsqu’on se lave les mains, on dit la bénédiction: « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné l’ablution des mains».  Lorsqu’on se lave le visage, on dit la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers,Qui ôte les chaînes du sommeil de mes yeux et la torpeur de mes paupières. Puisse être Ta volonté, Éternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères, de nous habituer aux commandements, et non à la transgression et à la faute. Rends-moi assujetti au bon penchant et que le mauvais penchant n’ait pas d’emprise sur moi. Renforce-moi dans Tes commandements et place ma part dans Ta Thora. Accorde-moi la grâce, la bonté et la miséricorde, à Tes yeux et aux yeux de tous ceux qui me voient, et prodigue-moi des bienfaits. Béni sois-Tu, Éternel, Qui prodigue des bienfaits».

 

  1. À chaque fois que l’on entre dans un lieu d’aisances, on dit avant d’entrer: «Soyez honorés, anges honorables, saints, serviteurs du Très-Haut. Aidez-moi, aidez-moi. Gardez-moi, gardez-moi. Attendez-moi le temps que j’entre et que je sorte, car telle est la nature des hommes». Une fois sorti, on dit la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a formé l’hommeavec sagesse, a créé en lui différents orifices et cavités. Il est révélé et connu de devant le trône de Ta gloire que si l’un d’entre eux se bouchait ou s’ouvrait, il serait impossible de subsister, fût-ce un instant. Béni sois-Tu, Éternel, Qui guérit toute chair et accomplit des merveilles».

 

  1. Lorsqu’on attache sa ceinture, on dit la bénédiction: «Qui ceint Israël avec force». Quand on met ses chaussures, on dit la bénédiction: «Qui a pourvu à tous mes besoins». Lorsqu’on sort de chez soi, on dit la bénédiction: «Qui prépare les pas de l’homme». On doit dire chaque jour les bénédictions suivantes: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui ne m’a pas fait non juif», «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui ne m’a pas fait femme», «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui ne m’a pas fait esclave».

 

  1. Ces dix-huit bénédictions n’ont pas d’ordre fixe: en fait, on dit chacune d’elles au moment où l’on se trouve dans la situation pour laquelle cette bénédiction fut instituée. Comment cela ? Qui attache sa ceinture alors qu’il est encore sur son lit dit la bénédiction: «Qui ceint Israël avec force». S’il entend le chant du coq, il dit la bénédiction: «Qui donne au coq le discernement». Mais si les circonstances prévues pour l’une de ces bénédictions ne se sont pas présentées, on ne la récite pas.

 

  1. Comment cela ? Si quelqu’un a passé la nuit sans ôter ses habits, il ne dit pas, lorsqu’il se lève, la bénédiction : « Qui habille ceux qui sont nus ». Si quelqu’un marche pieds nus, il ne dit pas la bénédiction: «Qui a pourvu à tous mes besoins». Les jours de Kippour et du 9 av, où il n’est pas permis de se laver, on ne dit pas la bénédictionde l’ablution des mains, ni la bénédiction : «Qui ôte les chaînes du sommeil» habituellement récitée lorsqu’on se lave le visage. Si quelqu’un ne s’est pas rendu aux toilettes, il ne récite pas la bénédiction: «Qui a formé l’homme» (Achère yatsar). Il en va de même pour les autres bénédictions parmi celles-ci qui doivent être récitées uniquement lorsqu’elles sont de circonstance.

 

  1. Dans la majorité de nos villes, les gens ont coutume de réciter toutes ces bénédictions l’une après l’autre à la synagogue, qu’ils soient astreints à chacune d’entre elles ou non: c’est là une erreur et il ne convient pas d’agir ainsi. On ne récitera une bénédiction que si l’on y est astreint.
  1. Celui qui se lève tôt pour étudier la Thora – la Thora écrite ou la Thora orale – avant de lire le Chema, doit tout d’abord se laver les mains, puis réciter trois bénédictions avant d’étudier. Ces trois bénédictions sont: (1) «Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a donné ordre quant aux paroles de la Thora»;(2) «Éternel notre D.ieu, rends agréables les paroles de Ta Thora dans notre bouche et dans les bouches de Ton peuple, toute la maison d’Israël. Et puissions-nous, nous, nos descendants, et les descendants de Ton peuple, connaître Ton Nom et étudier Ta Thora. Béni sois-Tu, Éternel, Qui donne la Thora »; (3) «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a choisis d’entre tous les peuples, et nous a donné Sa Thora. Béni sois-Tu, Éternel, Qui donne la Thora.»

 

  1. On a l’obligation de réciter chaque jour ces trois bénédictions et on doit lire ensuite quelques paroles de Thora. Les gens ont coutume de lire le passage biblique de la bénédiction des cohanim. Dans certains endroits, on lit le passage : «Ordonne aux enfants d’Israël». Dans d’autres, on lit les deux passages. On lit également des chapitres ou des lois de la Michna et des Baraïtot.
  1. Les Sages ont fait l’éloge de celui qui lit des cantiques du livre des Psaumes chaque jour, depuis le psaume : «Louange, de David» jusqu’à la fin du livre. L’usage s’est établi aussi de lire des versets avant et après la lecture de ces cantiques. Les Sages ont institué une bénédiction avant la lecture des cantiques, qui est: «Béni soit Celui Qui a dit» (Baroukh Chéamar) et une bénédiction après, qui est: «Que soit loué» (Yichtaba’h). Après cela, on récite les bénédictions du Chema et le Chema.

 

  1. En certains endroits, la coutume est de lire chaque jour, après la bénédiction de Yichtaba’h, le cantique de la mer Rouge, après quoi on récite les bénédictions du Chema. En d’autres endroits, on lit le cantiqueHaazinou. Certaines personnes lisent les deux cantiques. À cet égard, on suivra la coutume.
  1. On a l’obligation de réciter cent bénédictions chaque jour, en comptant la journée et la nuit. Quelles sont ces cent bénédictions? Il y a les 23 bénédictions que nous avons énumérées dans ce chapitre ; sept bénédictions qui précédent et suivent la récitation du Chema du matin et du soir, à savoir trois bénédictions le matin et quatre le soir. Lorsque l’on s’enveloppe des tsitsit, on récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de nous envelopper des tsitsit». Quand on revêt les tefiline, on récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de mettre les tefiline». Celles-ci, avec les trois prières quotidiennes, qui comptent chacune dix-huit bénédictions, font au total 86 bénédictions. Lorsqu’on prend les deux repas, celui du jour et celui du soir, on récite 14 bénédictions, sept à chaque repas : une bénédiction pour les ablutions des mains qui précèdent le repas (Nétilat Yadaïm), une bénédiction au début du repas (Hamotsi) et trois à la fin (Birkat Hamazone), une bénédiction avant de boire du vin et une après, ce qui fait bien sept bénédictions. Il y a donc au total cent bénédictions.

 

  1. À l’époque actuelle, depuis l’institution, dans la prière de la Amida, de la bénédiction relative à la disparition des hérétiques, et l’ajout, dans le Birkat Hamazone, de la bénédiction : «Qui est bon et fait le bien», il y a cinq bénédictions en plus.  Les chabbat et jours de Yom Tov – où la prière de la Amida est composée seulement de sept bénédictions – et de même les autres jours, si l’on n’a pas été astreint à toutes ces bénédictions, par exemple, si l’on n’a pas dormi toute la nuit durant, si l’on n’a pas défait sa ceinture, si l’on n’a pas eu besoin de se rendre aux toilettes ou dans tout cas semblable, ce qui fait des bénédictions en moins, il faut compléter les cent bénédictions en consommant des fruits.

 

  1. Comment cela? On mange un peu d’un légume, en récitant la bénédiction avant et après. Puis, on mange à nouveau de tel fruit, en récitant la bénédiction avant et après, et on compte ainsi toutes les bénédictions jusqu’à atteindre cent bénédictions chaque jour.
  1. Voici l’ordre des prières: le matin, on se lève tôt et on récite ces bénédictions. On lit les cantiques des psaumes en récitant la bénédiction qui précède (Baroukh Chéamar) et celle qui suit (Yichtaba’h). Puis, on récite le Chema avec les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent, mais en omettant la Kedoucha de la première bénédiction qui précède le Chema, car un particulier ne récite pas la Kedoucha sans la communauté. Quand on conclut la bénédiction qui fait suite au Chema par «Qui a délivré Israël», on se lève immédiatement, afin de juxtaposer la bénédiction de la délivrance à la prière, et on récite la prière de la Amida debout, comme nous l’avons expliqué. Quand on achève la prière, on s’assoit et on « tombe sur sa face», en adressant des supplications. On relève la tête et l’on adresse encore quelques supplications, tout en restant assis. Puis, on lit le psaume: «Louange, de David», et on adresse des supplications selon ses capacités, après quoi on prend congé pour vaquer à ses occupations.
  1. À la prière de min’ha, on commence par lire le psaume: «Louange, de David» assis. Puis, on se lève et on récite la Amida de min’ha. Une fois la Amida terminée, on « tombe sur sa face » et on adresse des supplications, puis on relève la tête, en adressant des supplications selon ses capacités. Puis, on prend congé pour retourner à ses occupations. À la prière du soir, on récite le Chema, avec les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent. On juxtapose la bénédiction de la délivrance à la Amida et on récite cette dernière debout. Lorsque l’on a terminé de prier, on s’assoit un peu puis on prend congé. Celui qui adresse des supplications après la prière d’arvit est digne de louanges. Bien que l’on récite la bénédiction «Fais-nous reposer» après la bénédiction «Qui a délivré Israël», cela n’est pas considéré comme une interruption entre la bénédiction de la délivrance et la prière de la Amida, car « Fais nous reposer » est considérée comme le prolongement de la précédente et les deux bénédictions sont comme une seule longue bénédiction.

Chapitre huit : La prière collective

Les deux chapitres qui suivent sont consacrés à la prière collective. Si la prière est un devoir individuel, la prière en communauté, toujours agréée par D.ieu, doit être privilégiée. Cette dernière requiert la présence d’un quorum de dix hommes adultes, dont l’un tient le rôle de « délégué de la communauté » (officiant). On étudie ici l’importance et les modalités d’application de cette prière.

  1. La prière collective est toujours entendue. Même s’il y a des pécheurs au sein de la communauté, le Saint Béni soit-Il ne dédaigne pas la prière collective. C’est pourquoi on doit s’associer à la communauté et ne pas prier individuellement à chaque fois que l’on a la possibilité de prier avec la communauté . Par ailleurs, on se rendra toujours le matin tôt et le soir à la synagogue pour prier, car ce n’est qu’à la synagogue que la prière est entendue à tout moment. Quiconque a une synagogue dans sa ville et n’y prie pas avec la communauté est appelé un «mauvais voisin».
  1. C’est une mitsva de courir pour se rendre à la synagogue, comme il est dit: «Tâchons de connaître, hâtons-nous de connaître l’Éternel». Et lorsqu’on quitte la synagogue, on ne part pas à grandes enjambées, mais pas à pas.  Lorsqu’on entre dans la synagogue, on parcourt une distance correspondant à la largeur de deux entrées avant de prier, afin d’accomplir les termes du verset: «en gardant les poteaux de Mes portes».

 

  1. La maison d’étude est de plus grande importance que la synagogue. D’éminents sages ne priaient qu’à l’endroit où ils étudiaient la Thora, malgré la présence de nombreuses synagogues dans leur ville. Il est donc préférable de prier à la maison d’étude, à condition que l’on y prie en communauté.
  1. En quoi consiste la prière collective ? L’un récite la prière de la Amida à voix haute et tous écoutent. Il faut pour cela au minimum dix hommes adultes et libres, l’officiant compris. Même si certains d’entre eux ont déjà prié et se sont rendus quittes de leur obligation, ils peuvent compléter le quorum requis de dix hommes, à condition que la majorité des dix n’aient pas encore prié. De même, la récitation de la Kedoucha, la lecture du rouleau de la Thora, avec les bénédictions qui la précèdent et qui la suivent, et la lecture du passage de la Haftara tiré des livres des Prophètes, ne peuvent avoir lieu qu’en présence d’un quorum de dix hommes.

 

  1. De même, la pratique qui consiste à ce que l’un récite publiquement les bénédictions qui précédent le Chema et les autres écoutent et répondent après lui Amen, ce qui s’appelle poress al Chema, n’est possible qu’en présence d’un quorum de dix hommes. De même, on ne récite le Kaddich qu’en présence d’un quorum de dix hommes, et les cohanim ne lèvent les mains pour prononcer la bénédiction sacerdotale qu’en présence d’un quorum de dix hommes, cohanim compris. En effet, tout quorum de dix juifs est désigné comme une «assemblée», comme il est dit au sujet des explorateurs: «Jusqu’à quand tolérerai-Je cette assemblée perverse, etc.»; or, ils étaient dix, car Josué et Calev en étaient exclus.

 

  1. Or, toute prière ou bénédiction avec sanctification du Nom Divin ne peut être prononcée qu’au milieu d’une « assemblée » de juifs, car il est dit: «Je serai sanctifié au milieu des enfants d’Israël». Concernant toutes ces prières et bénédictions qui requièrent un quorum de dix hommes, s’ils étaient dix pour commencer et que certains membres de l’assemblée sont partis au milieu – bien qu’ils n’y soient pas autorisés – ceux qui restent termineront.

 

  1. Il faut que tous les fidèles ainsi que l’officiant se trouvent dans un seul et même endroit. Dans le cas d’une petite cour qui s’est entièrement ouverte sur une grande cour, s’il y a neuf hommes dans la grande et un dans la petite, ils s’associent pour former un quorum de dix. Neuf dans la petite et un dans la grande, ils ne s’associent pas. De même, si les fidèles se trouvent dans la grande cour et l’officiant dans la petite, les fidèles se rendent quittes de leur obligation en écoutant la prière de l’officiant. Mais si les fidèles se trouvent dans la petite cour et l’officiant dans la grande, les fidèles ne se rendent pas quittes de leur obligation par l’officiant, car il est séparé d’eux et n’est pas ensemble avec eux en un seul et même endroit. En effet, étant donné que la grande cour dispose de murs de part et d’autre de la petite, elle est considérée comme isolée de la petite. En revanche, la petite cour n’est pas considérée comme isolée de la grande, elle est comme un coin de celle-ci, et c’est pourquoi un individu qui se trouve dans la petite cour s’associe au reste de la communauté qui se trouve dans la grande.

 

  1. De même, s’il y a des matières fécales dans la grande cour, il est interdit de prier et de réciter le Chema dans la petite. Mais si les matières fécales se trouvent dans la petite cour, il est permis de prier et de réciter le Chema dans la grande s’il n’y a pas de mauvaise odeur, parce qu’elle est isolée de la petite cour.
  1. L’officiant acquitte la communauté de son obligation. Comment cela ? Lorsqu’il récite la prière de la Amida et que les fidèles écoutent et répondent Amen après chaque bénédiction, c’est comme s’ils priaient eux-mêmes. Dans quel cas cela s’applique-t-il? Pour quelqu’un qui ne sait pas prier. Mais celui qui sait prier ne peut s’acquitter de son obligation que par sa propre prière.

 

  1. Dans quel cas dit-on que celui qui sait prier ne peut se rendre quitte que par sa propre prière? Tous les jours de l’année, sauf pour la prière de moussaf du jour de Roch Hachana et pour la prière de moussaf du jour de Kippour d’une année de Jubilé. Ces deux jours-là, l’officiant peut rendre quitte celui qui sait prier comme celui qui ne sait pas prier. La raison est que la prière de Moussaf en ces deux occasions est constituée de longues bénédictions, et la majorité de ceux qui les connaissent ne parviennent pas à s’y appliquer comme l’officiant. C’est pourquoi, ces deux jours-là, si un fidèle qui connaît la prière désire s’en remettre à la prière de l’officiant pour se rendre quitte de son obligation, il en a le droit.

 

  1. On ne nomme comme officiant de manière fixe que le plus grand de la communauté par sa sagesse et ses actions. S’il est âgé, c’est louable. On essaie de faire en sorte que l’officiant soit un homme qui a une voix agréable, habitué à la lecture des versets de la Bible. Celui qui n’a pas encore une pleine barbe, même s’il est un grand sage, ne doit pas être nommé officiant, par respect pour la communauté. Toutefois, un homme peut réciter publiquement les bénédictions du Chemadès qu’il a présenté les signes de puberté, à savoir deux poils pubiens, à treize ans révolus.

 

  1. De même, celui qui prononce mal, par exemple qui lit le alef comme un aïne ou le aïne comme un alef, ou quiconque ne parvient pas à prononcer les lettres convenablement, ne doit pas être désigné comme officiant. Un maître peut nommer l’un de ses disciples pour officier publiquement en sa présence, bien qu’il n’ait pas toutes les qualités mentionnées au § précédentUn aveugle peut réciter publiquement les bénédictions du Chemaet servir d’officiant. Mais celui qui a les épaules découvertes, bien qu’il puisse réciter publiquement les bénédictions du Chema, ne peut pas servir d’officiant tant qu’il n’est pas correctement enveloppé.

Chapitre neuf : La prière collective : son déroulement

  1. Tel est le déroulement de la prière communautaire: au début de la prière du matin, tous les fidèles sont assis et l’officiant prend place devant l’arche, debout au milieu des fidèles. Il commence par la récitation du Kaddich et tous répondent: «Amen, que Son grand Nom soit béni à jamais et pour l’éternité», de toutes leurs forces ; à la fin du Kaddich, ils répondent de nouveau Amen. Après quoi, l’officiant dit: «Bénissez l’Éternel, Qui est béni » et ils répondent: «Que soit béni l’Éternel, Qui est béni pour l’éternité». L’officiant commence alors la récitation des bénédictions du Chema, et les fidèles répondent Amen après chaque bénédiction. Chacun qui en est capable récite les bénédictions et le Chema en même temps que l’officiant jusqu’à la bénédiction: «Qui a délivré Israël».

 

  1. Tous se lèvent immédiatement après cette bénédiction et récitent la prière de la Amida à voix basse. Celui qui ne sait pas prier se lève et demeure silencieux pendant que l’officiant prie à voix basse avec les autres. Chaque fidèle de la communauté qui termine sa prière recule de trois pas et reste à cet endroit.
  1. Après avoir fait trois pas en arrière, l’officiant commence la récitation à voix haute de la Amida, depuis le début des bénédictions, pour acquitter celui qui n’a pas prié. Tous se tiennent debout, écoutent et répondent Amen après chaque bénédiction, aussi bien ceux qui ne se sont pas encore rendus quittes de leur obligation parce qu’ils n’ont pas prié que ceux qui se sont déjà rendus quittes en priant à voix basse.

 

  1. L’officiant récite la Kedoucha dans la troisième bénédiction. Dès que l’officiant parvient à la Kedoucha, chacun peut revenir à la place où il s’est tenu pendant sa Amida. Dès que l’officiant parvient à la bénédiction de reconnaissance, commençant par Modim, et qu’il se courbe, tous se courbent légèrement, sans excès, et disent: «Nous sommes reconnaissants envers Toi, Éternel, notre D.ieu et D.ieu de toute chair, notre Créateur, Créateur de toute existence, et nous adressons bénédictions et hommages à Ton grand et saint Nom, pour nous avoir fait vivre et exister. Veuille continuer à nous faire vivre et à nous être favorable, et rassembler nos exilés dans les cours de Ton sanctuaire, afin que nous puissions respecter Tes Lois, Te servir avec vérité et accomplir Ta volonté d’un cœur entier, car nous Te rendons grâce». Quiconque dit « Nous sommes reconnaissants », « Nous sommes reconnaissants » (Modim, Modim), deux fois, on le fait taire.

 

  1. Après avoir terminé toute la prière de la Amida à voix haute, il s’assoit et «tombe sur sa face» en s’inclinant légèrement, lui, ainsi que toute la communauté, et il adresse des supplications dans cette position. Puis, il redresse la tête, assis, ensemble avec le reste de la communauté, et adresse quelques supplications à voix haute en position assise. Puis, l’officiant se lève seul et dit le Kaddich une seconde fois et les fidèles répondent de la même manière que la première fois. Il dit alors: «Il est miséricordieux, etc.», puis le psaume : «Louange, de David etc.». L’officiant est debout et les fidèles sont assis, lisant avec lui. Après cela, il dit le texte d’Ouva letsion : «Et un libérateur viendra à Sion… Quant à Moi, voici… et Toi, Qui es saint… ils s’interpellent l’un l’autre et disent: Saint» et termine la Kedoucha. Les fidèles répondent: «Saint, Saint» trois fois et l’officiant répète la Kedoucha dans sa traduction araméenne. Il dit ensuite: «Un vent me souleva…» et lit la traduction de ce verset en araméen, puis il dit: «l’Éternel règnera pour l’éternité» et lit aussi la traduction en araméen afin que les gens comprennent.

 

  1. Ces versets susmentionnés qui précèdent et suivent la Kedoucha, avec leurs traductions respectives, sont appelés «l’ordre de la Kedoucha». L’officiant prononce ensuite des paroles de supplications et des versets de miséricorde, puis il récite le Kaddich. Tous répondent de manière habituelle et ils prennent congé.

 

  1. Quiconque dit, dans les supplications: «Puisse Celui Qui a eu pitié du nid de l’oiseau en ordonnant de ne pas prendre la mère sur les petits,avoir pitié de nous »ou «Puisse Celui qui a eu pitié en ordonnant de ne pas abattre un animal et son petit le même jour, avoir pitié de nous» ou une expression similaire, on le fait taire. Car ces commandements sont un décret de l’Écriture et non une expression de miséricorde. En effet, si ces commandements étaient déterminés par la miséricorde, D.ieu ne nous aurait pas du tout autorisé l’abattage des animaux. De même, on ne multipliera pas les qualificatifs du Nom de D.ieu, en disant par exemple: «D.ieu grand, puissant, redoutable, résistant, brave, fort» car l’homme n’a pas le pouvoir d’achever Son éloge. On dit seulement les louanges prononcées par Moïse notre maître, puisse son âme reposer en paix.

 

  1. À min’ha, l’officiant dit : «Heureux sont ceux qui résident dans Ta demeure, etc. Louange, de David, etc.». Il lit ce psaume alors que lui et les fidèles sont assis. Puis, l’officiant se lève et récite le Kaddich; les fidèles se lèvent après lui et répondent comme à leur habitude, et tous récitent ensuite la Amida à voix basse. Puis, l’officiant répète la prière de la Amida à voix haute, comme lors de la prière du matin, jusqu’à ce qu’il finisse toute la prière. Ils «tombent sur leur face» et l’officiant adresse des supplications puis relève la tête, ensemble avec les fidèles. Il adresse encore quelques supplications, assis, comme il l’a fait à la prière du matin. Puis il se lève et récite le Kaddich. Tous répondent comme à l’accoutumée et prennent ensuite congé pour vaquer à leurs occupations.

 

  1. À la prière du soir, tous les fidèles sont assis : l’officiant se lève et dit: «Il est miséricordieux…», « Bénissez l’Éternel, Qui est béni» et ils répondent: «Que soit béni l’Éternel, Qui est béni pour l’éternité». L’officiant commence à réciter le Chema avec ses bénédictions, après quoi il récite le Kaddich. Tous se lèvent ensuite et récitent la prière de la Amida à voix basse. Lorsqu’ils terminent, l’officiant récite le Kaddich et ils prennent congé. L’officiant ne répète pas la prière de la Amida à voix haute le soir, car la prière du soir n’est pas obligatoire. Aussi l’officiant ne doit-il pas prononcer les bénédictions de la Amida en vain. En effet, la répétition de la Amida fut instituée pour permettre à ceux qui ne savent pas prier de se rendre quittes de leur obligation ; or, personne n’a ici d’obligation pour être « rendu quitte » par la répétition de la prière de l’officiant.

 

  1. Les soirs de chabbat, après la récitation de la prière de la Amida à voix basse avec la communauté, l’officiant reprend la prière à voix haute. Toutefois, il ne prononce pas les sept bénédictions de la Amida de chabbat, mais une seule qui est un résumé des sept. Voici ce qu’il dit: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères, D.ieu d’Abraham, D.ieu d’Isaac et D.ieu de Jacob, D.ieu grand, puissant, et redoutable, D.ieu suprême, Qui crée dans Sa miséricorde les cieux et la terre. Bouclier de nos pères par Sa Parole, Il fait revivre les morts par Son verbe, Il est le D.ieu saint, auquel nul n’est comparable. Il fait observer le repos à Son peuple en Son saint chabbat, car c’est eux qu’Il a désirés et à qui Il a octroyé ce repos. Nous Le servirons avec crainte et peur et nous louerons Son Nom chaque jour, en permanence, en fonction des bénédictions de circonstance. D.ieu digne des remerciements, Maître de la paix, Qui sanctifie le chabbat et bénit le septième jour. Il apporte le repos dans la sainteté, à un peuple qui savoure le plaisir, en commémoration de la création. Notre D.ieu et D.ieu de nos pères, agrée notre repos, etc. Béni sois-Tu, Éternel, Qui sanctifie le chabbat.» Il récite ensuite le Kaddich et tout le monde prend congé.

 

  1. Pourquoi les Sages ont-ils institué cette répétition de la prière le soir de chabbat? Parce que la plupart des gens viennent faire la prière d’arvit à la synagogue les soirs de chabbat; et il est à craindre qu’une personne ayant tardé à venir et n’ayant pas fini sa prière reste seule à la synagogue et se mette en danger. C’est pourquoi, l’officiant reprend et récite un résumé de la prière à voix haute, afin que tout le monde reste jusqu’à ce que l’éventuel retardataire finisse sa prière et sorte avec les autres.
  1. C’est pourquoi, quand un jour de Yom Tov, de Kippour ou de Roch ‘Hodech tombe un chabbat, l’officiant qui prend place devant l’arche pour la prière d’arvit n’évoque pas la particularité du jour en question dans cette bénédiction. Il la conclut seulement par: «Qui sanctifie le chabbat», car cette bénédiction n’est pas requise par le jour en soi et fut instituée uniquement en raison du danger.
  1. Les chabbat et jours de Yom Tov, lorsque l’officiant termine la prière de cha’harit à voix haute, il récite le Kaddich. Ensuite, il lit le psaume : «Louange, de David, etc.» et récite à nouveau le Kaddich. Les fidèles récitent alors la prière de moussaf à voix basse, après quoi l’officiant répète celle-ci à voix haute, comme il l’a fait pour la Amida de cha’harit. Il récite un Kaddich après la prière de moussaf, puis les gens prennent congé.  On ne dit pas, comme les autres jours, la Kedoucha (Ouva letsione) et les supplications après la prière de cha’harit, mais avant la prière de min’ha. Comment cela? On lit à min’ha le psaume : «Louange, de David», puis on dit «l’ordre de la Kedoucha» (Ouva letsione) et des paroles de supplications. L’officiant dit alors le Kaddich et on récite la Amida de min’ha. Puis, l’officiant répète la prière de la Amida de min’ha à voix haute et il récite le Kaddich.

           

  1. Les jours de Roch ‘Hodech en semaine et de ‘Hol Hamoed, on récite «l’ordre de la Kedoucha» (Ouva letsione) avant la prière de moussaf. À l’issue de chabbat, on récite aussi «l’ordre de la Kedoucha» après la prière du soir et l’officiant dit le Kaddich. Puis, l’officiant récite la Havdala sur une coupe de vin.

Chapitre dix : Erreurs et doutes

Le chapitre dix étudie différentes situations d’erreur ou de doute, tant pour un particulier que pour un officiant. Dans certains cas, la prière doit être recommencée, dans d’autres, l’officiant doit être remplacé.

  1. Celui qui a récité la prière de la Amida sans la concentration requise doit recommencer celle-ci avec concentration. Mais s’il s’est concentré durant la première bénédiction, il n’a pas besoin de recommencer. Celui qui s’est trompé dans l’une des trois premières bénédictions de la Amida doit recommencer la Amida depuis le début. S’il s’est trompé dans l’une des trois dernières bénédictions, il reprend à la première d’entre elles, qui est la bénédiction relative à la restauration du service dans le Temple, commençant par Retsé. Et s’il s’est trompé dans l’une des bénédictions intermédiaires, il reprend au début de la bénédiction dans laquelle il s’est trompé et continue sa prière, dans l’ordre, jusqu’à la fin. De même, si l’officiant s’est trompé dans la répétition de la prière à voix haute, il se reprendra en suivant les mêmes règles.

 

  1. En revanche, si l’officiant a fait une erreur dans sa prière individuelle à voix basse, j’affirme qu’il ne doit pas réciter une seconde fois sa prière individuelle, à cause du dérangement qui serait alors causé à la communauté. Mais il s’en remet à la prière qu’il prononce à voix haute. Cela, à condition qu’il ne se soit pas trompé dans les trois premières bénédictions. En effet, s’il s’est trompé dans celles-ci, il reprend la Amida depuis le début, comme un particulier.
  1. Si l’officiant s’embrouille dans la répétition de la Amida et ne sait plus où reprendre même après avoir attendu un moment, un autre le remplacera.  Mais s’il s’est embrouillé lors de la bénédiction relative à la disparition des hérétiques, on n’attend pas: immédiatement, un autre prendra sa place, de crainte que de l’hérésie ne se soit immiscée en lui. Cela, à condition qu’il n’ait pas encore commencé cette bénédiction. Mais s’il l’a commencée, on l’attend un moment. Le second qui doit prendre sa place ne se fera pas prier à ce moment.

 

  1. À partir d’où le remplaçant doit-il reprendre? Du début de la bénédiction dans laquelle le premier s’est trompé, s’il s’est trompé dans l’une des bénédictions intermédiaires. Mais si l’officiant s’est trompé dans l’une des trois premières bénédictions, le second doit recommencer depuis le début. Et s’il s’est trompé dans l’une des trois dernières bénédictions, le second reprend à partir de la bénédiction relative à la restauration du service dans le Temple, commençant par Retsé.
  1. Celui qui dit: «Je ne descendrai pas devant l’arche, pour remplir le rôle d’officiant, parce que je porte des vêtements de couleur» ne devra pas non plus officier à cette prière avec des vêtements blancs. Celui qui dit: «Je ne descendrai pas devant l’arche parce que je porte des sandales», n’officiera pas non plus pieds nus.

 

  1. Celui qui a un doute quant à savoir s’il a déjà récité la prière de la Amida ou non ne doit pas la répéter, à moins de réciter cette nouvelle Amida à titre de prière volontaire et non à titre de prière obligatoire. En effet, un particulier peut réciter toute la journée des prières volontaires s’il le souhaite. Si quelqu’un, au milieu de la prière de la Amida, se souvient qu’il a déjà prié, il doit s’interrompre, fût-ce au milieu d’une bénédiction. Mais s’il s’agit de la prière de la Amida d’arvit, il ne s’interrompt pas, car initialement il n’a récité celle-ci qu’à titre de prière non obligatoire.

 

  1. Si l’on se trompe en récitant, un jour de chabbat, la prière de la Amida de la semaine, on n’est pas quitte. Si l’on se rend compte de cette erreur au milieu de la Amida, on termine la bénédiction commencée et on reprend la bénédiction de la Amida du chabbat. Dans quel cas cela s’applique-t-il? Pour les prières d’arvit, de cha’harit ou de min’ha. En revanche, en cas d’erreur similaire lors de la prière de moussaf, on doit s’interrompre, même au milieu d’une bénédiction, et reprendre la bénédiction de la Amida de moussaf. De même, si l’on a récité toute la Amida de la semaine en lieu et place de celle de moussaf, que ce soit un chabbat, un jour de fête ou de Roch ‘Hodech, on doit réciter à nouveau la Amida de moussaf.

 

  1. Si l’on s’est trompé en hiver en ne disant ni «Qui fait tomber la pluie», ni «Qui fait tomber la rosée», on doit recommencer la Amida au début. Mais si l’on a mentionné la rosée et non la pluie, on ne recommence pas. Si l’on s’est trompé en été en disant«Qui fait tomber la pluie», on doit recommencer la Amida depuis le début. Mais celui qui s’est trompé en ne mentionnant pas la rosée, on ne le fait pas recommencer: la rosée n’étant pas quelque chose qui s’arrête de tomber, elle ne nécessite pas une requête.

 

  1. Si l’on a oublié de formuler la requête pour la pluie dans la bénédiction relative à la prospérité de l’année et que l’on s’en souvient avant de prononcer la bénédiction « Qui écoute la prière», on doit formuler la requête pour la pluie dans la bénédiction « Qui écoute la prière». Mais si l’on s’en souvient après avoir récité la bénédiction « Qui écoute la prière», on doit reprendre à la bénédiction relative à la prospérité de l’année. Et si l’on ne s’en souvient qu’après avoir terminé toute la prière de la Amida, on doit recommencer depuis le début et réciter toute la Amida une seconde fois.

 

  1. Si l’on s’est trompé en ne mentionnant pasYaalé veyavo dans sa prière un jour de Roch ‘Hodech ou de ‘Hol Hamoed et que l’on s’en rend compte avant d’avoir terminé la Amida, on doit reprendre à la bénédiction relative à la restauration du service dans le Temple, commençant par Retsé, et mentionner Yaalé veyavo. Mais si l’on ne s’en rend compte qu’après avoir terminé la Amida, on doit recommencer la Amida au début. Toutefois, si l’on a l’habitude de dire des supplications après la Amida et que l’on se rend compte de l’omission de Yaalé veyavo après avoir fini la Amida, mais avant d’avoir levé les pieds pour reculer, on reprend à la bénédiction relative à la restauration du service dans le Temple (Retsé).

 

  1. Dans quel cas cela s’applique-t-il? Pour la Amida des jours de ‘Hol Hamoed ainsi que pour celle des prières de cha’harit ou min’ha de Roch ‘Hodech. Mais si l’on n’a pas mentionné ce passage lors de la prière d’arvit de Roch ‘Hodech, on ne se reprend pas.
  1. Dans tous les cas où il est dit qu’un particulier doit recommencer sa prière, l’officiant devra en faire de même s’il commet une erreur similaire en priant à voix haute. Exception faite pour la Amida de cha’harit de Roch ‘Hodech: si l’officiant s’est trompé et a fini la Amida à voix haute sans mentionner Yaalé veyavo, on ne le reprend pas, pour ne pas importuner la communauté. Car il doit encore réciter la prière de moussaf, où il fera référence à Roch ‘Hodech.
  1. Durant les dix jours depuis Roch Hachana jusqu’à Yom Kippour, celui qui s’est trompé et a conclu la troisième bénédiction par«le D.ieu saint» au lieu de conclure par « le Roi saint » doit recommencer la prière depuis le début. S’il s’est trompé durant cette période et a conclu la onzième bénédiction par«Roi Qui aime la droiture et la justice» au lieu de conclure par « le Roi de la justice » il doit recommencer depuis le début de la bénédiction et la conclure par «Le Roi de la justice», puis il continue de prier dans l’ordre. S’il ne s’en souvient qu’après avoir terminé la Amida entière, il doit reprendre celle-ci depuis le début. Cela s’applique aussi bien pour un particulier que pour l’officiant.

 

  1. Si l’on a par erreur omis de mentionner la Havdala dans la bénédiction«Qui accorde la connaissance » à l’issue du chabbat ou d’un jour de Yom Tov, on conclut la Amida et l’on n’a pas besoin de recommencer. De même, si l’on a omis de réciter le passage commençant par «Pour les miracles» (Al hanissim) lors de ‘Hanoucca ou de Pourim, ou le passage commençant par «Exauce-nous» (Anénou) dans la prière d’un jour de jeûne, on ne doit pas recommencer la Amida. Cela s’applique tant pour un particulier que pour l’officiant. Et lors d’un jour de jeûne, si l’on se souvient de l’omission du passage Anénou avant d’avoir levé les pieds pour reculer, on dit: «Exauce-nous, car Tu écoutes la prière, Tu rachètes et sauves à tout moment de malheur et de détresse. Que soient agréées les paroles de ma bouche, etc.»

 

  1. Celui qui a oublié de dire la prière de min’ha la veille de chabbat doit réciter deux fois la Amida d’arvit de chabbat. Il en va de même s’il a oublié min’ha la veille d’un jour de Yom TovS’il a oublié de réciter la prière de min’ha de chabbat ou d’un jour de Yom Tov, il récite à l’issue du jour deux fois la Amida d’arvit de la semaine. Il dit la Havdala dans la première prière, mais non dans la seconde. Toutefois, s’il a dit la Havdala dans les deux ou dans aucune d’entre elles, il a accompli son devoir. En revanche, s’il n’a pas dit la Havdala dans la première prière, mais dans la seconde, il doit prononcer une troisième prière à titre de compensation de min’ha. Car la première Amida ne lui est pas comptée, puisqu’elle a précédé la prière d’arvit. Quiconque enchaîne deux prières, même s’il s’agit des prières de cha’harit et moussaf, ne doit pas réciter l’une immédiatement après l’autre, mais il doit attendre entre chaque prière le temps nécessaire pour avoir l’esprit disposé.

 

  1. Il est interdit à une personne qui prie en communauté de devancer la communauté en récitant sa prière avant les autres fidèles. Celui qui entre à la synagogue et trouve la communauté en train de réciter la prière de la Amida à voix basse, s’il a la possibilité de commencer sa prière pour la terminer avant que l’officiant n’atteigne, dans sa répétition, la Kedoucha, il le fait. Sinon, il attend que l’officiant commence la répétition de la Amida à voix haute, et il commence sa prière avec lui, mot à mot, jusqu’à ce que l’officiant atteigne la Kedoucha. Il répond alors à la Kedoucha avec la communauté, puis récite le reste de la prière tout seul, à son rythme. S’il a commencé la Amida avant la répétition à voix haute de l’officiant et que ce dernier atteint la Kedoucha, il ne doit pas s’interrompre au milieu de sa Amida pour répondre à la Kedoucha avec la communauté. De même, au milieu de la prière de la Amida, il ne faut pas répondre «Amen, que Son grand Nom soit béni» lors du Kaddich, et inutile de dire qu’il ne faut pas répondre Amen aux autres bénédictions.

Chapitre onze : La synagogue

Après le thème de la prière communautaire, le Rambam s’intéresse au lieu qui lui est consacré, la synagogue. Sont abordées ici les lois relatives à la construction et à l’aménagement d’une synagogue ainsi qu’au caractère sacré de l’édifice et des éléments qui le composent. Enfin, on étudie la possibilité de détruire une synagogue en vue d’en construire une autre.

  1. Dans tout endroit où dix juifs vivent, il faut aménager un lieu où ils pourront se réunir pour la prière à chaque office. Ce lieu est appelé synagogue. Les habitants d’une ville peuvent s’obliger l’un l’autre mutuellement à participer à la construction d’une synagogue et à l’achat de rouleaux de la Thora, Prophètes et Hagiographes pour la communauté.

 

  1. Lorsqu’on construit une synagogue, c’est dans les hauteurs de la ville qu’on doit la construire, comme il est dit: «Elle appelle au sommet des rues bruyantes». Par ailleurs, on élève l’édifice de la synagogue de sorte qu’il soit plus haut que toutes les cours et les toits de la ville, ainsi qu’il est dit: «pour élever la demeure de notre D.ieu». Les entrées de la synagogue doivent être faites à l’est, à l’image du Tabernacle dont la porte était située du côté est, ainsi qu’il est dit : «Et ceux qui campent devant le Tabernacle, à l’est». On y construit le Heikhal, où est déposé un rouleau de la Thora. Ce Heikhal est construit du côté vers lequel on s’oriente pour prier dans cette ville, de sorte que les fidèles soient face au Heikhal lorsqu’ils se tiennent en prière.

 

  1. On place une estrade (bima) au centre de la synagogue, afin que celui qui lit la Thora ou prononce un sermon y monte et soit entendu par tous. Lorsqu’on place l’arche (téva) où se trouve un rouleau de la Thora, on la place au centre, de sorte que le dos de la téva se trouve face au Heikhal et le devant face aux fidèles.

 

  1. Comment les fidèles sont-ils assis à la synagogue? Les anciens sont assis en faisant face à la communauté et en tournant le dos au mur du Heikhal. Tous les fidèles sont assis en rangs, une rangée devant l’autre – la rangée de devant tournant le dos à la rangée située derrière elle– de sorte qu’ils font tous face au Heikhal, aux anciens et à l’arche. Lorsque l’officiant se tient debout pour la prière, il se tient debout sur le sol devant l’arche, le visage dirigé vers le Heikhal, comme les autres fidèles.

 

  1. Les synagogues et maisons d’étude doivent être traitées avec respect. Le sol est balayé et aspergé d’eau. Tous les juifs d’Espagne, du Maghreb, de Babylonie et d’Israël ont pris l’usage d’allumer des lanternes dans les synagogues, et d’y étendre sur le sol des nattes pour s’y asseoir. Dans les communautés d’Europe, on s’assoit sur des sièges.
  1. On ne doit pas se comporter avec légèreté –par exemple, en se livrant à la plaisanterie, à la frivolité, à des conversations futiles– dans les synagogues et les maisons d’étude. On ne doit pas y manger ou y boire. On ne doit pas y faire sa toilette, ni s’y promener. Il ne faut pas y entrer, en été, pour se protéger du soleil ou, en hiver, pour se mettre à l’abri de la pluie. Les Sages et leurs disciples ont le droit d’y manger et d’y boire en cas de difficulté.

 

  1. On ne doit pas y faire des comptes financiers, sauf lorsqu’il s’agit de comptes liés à une mitsva, par exemple le compte de l’argent collecté pour la charité, pour le rachat de prisonniers ou une autre cause semblable. On ne peut y célébrer une oraison funèbre que si celle-ci a un caractère public, comme celle où sont présents des grands sages de la ville, de sorte que tous les gens viennent se rassembler en leur honneur.

 

  1. On n’utilisera pas une synagogue ou une maison d’étude qui dispose de deux entrées comme raccourci, en entrant par l’une et en sortant par celle de l’autre côté, en vue de raccourcir sa route. Car il est interdit d’y entrer pour un autre but qu’une mitsva.
  1. Celui qui a besoin d’entrer à la synagogue pour appeler un enfant ou un ami doit, en entrant, dire un verset ou réciter un enseignement de la Loi orale avant d’appeler son ami, afin de ne pas y entrer pour son seul besoin. S’il ne connaît pas de verset ou d’enseignement oral, il dira à l’un des enfants: «Lis-moi le verset que tu es en train d’étudier» ou il restera un peu dans la synagogue avant de sortir, car le fait de rester à la synagogue fait partie des mitsvot, comme il est dit: «Heureux ceux qui demeurent dans Ta maison, etc.»
  1. Celui qui entre à la synagogue pour prier ou pour étudier a le droit de sortir par la porte opposée pour écourter sa route.  On a le droit d’entrer dans la synagogue avec son bâton, ses chaussures, son tricot de corps sans vêtement supérieur, et avec de la poussière sur les pieds. Si l’on a besoin de cracher, on peut cracher dans la synagogue.

 

  1. Les synagogues et les maisons d’étude qui sont en ruine conservent leur sainteté, comme il est dit: «Je désolerai vos sanctuaires»; ce qui signifie que même lorsqu’ils sont en état de désolation, ils gardent leur caractère sacré. Et de même que l’on doit témoigner du respect aux synagogues et aux maisons d’étude lorsqu’elles sont établies, de même doit-on leur témoigner du respect lorsqu’elles sont en ruine, si ce n’est qu’on n’est pas tenu de les balayer et de les asperger d’eauS’il y pousse des herbes, on peut les arracher, mais on ne les emporte pas : on les laisse à leur place, afin que les gens les voient, qu’ils en soient affectés et s’efforcent de reconstruire la synagogue ou la maison d’étude.

 

  1. On ne doit pas démolir une synagogue en vue d’en construire une autre à la même place ou à un autre endroit. On doit d’abord construire la nouvelle et ensuite la première pourra être démolie ; on ne doit pas commencer par démolir la première, de crainte qu’un cas de force majeure se présente et que la construction de la nouvelle n’ait finalement pas lieu. Cela s’applique même pour un seul mur de la synagogue : on construit le nouveau à côté de l’ancien, et seulement ensuite on détruit l’ancien.

 

  1. Dans quel cas cela s’applique-t-il? Lorsque les fondations de la synagogue ne sont pas en état de ruine et que les murs ne sont pas penchés au point de s’écrouler. En revanche, si les fondations sont en état de ruine ou si les murs sont penchés et menacent de s’écrouler, on démolit la synagogue immédiatement et on se met promptement à sa reconstruction, en travaillant jour et nuit, de crainte que le temps passe et que la synagogue reste en ruine.
  1. Il est permis de transformer une synagogue en maison d’étude. En revanche, il est interdit de transformer une maison d’étude en synagogue. En effet, la sainteté de la maison d’étude est supérieure à celle de la synagogue; or, on a pour règle que l’on peut augmenter dans la sainteté mais non diminuer. De même, les habitants d’une ville qui ont vendu une synagogue peuvent acheter avec l’argent de la vente une arche. S’ils ont vendu une arche, ils peuvent acheter avec l’argent de la vente des tissus ou un étui pour le rouleau de la Thora. S’ils ont vendu un tissu ou un étui pour le rouleau de la Thora, ils peuvent acheter avec cet argent des livres de Thora. S’ils ont vendu des livres de Thora, ils peuvent acheter avec l’argent de la vente un rouleau de la Thora.  En revanche, s’ils ont vendu un rouleau de la Thora, ils ne peuvent acheter avec l’argent de la vente qu’un autre rouleau de la Thora, car il n’y a pas de sainteté supérieure à celle du rouleau de la Thora. La même règle s’applique à l’argent restant après l’achat de l’objet de remplacement : cet argent ne pourra être utilisé que pour l’achat d’un objet de sainteté similaire ou supérieure.

 

  1. De même, si une communauté ayant collecté de l’argent pour construire une maison d’étude ou une synagogue, ou pour acheter une arche, un tissu ou un étui pour la Thora, ou un rouleau de la Thora, désire finalement changer la destination de tous les fonds collectés, elle ne peut le faire que dans la mesure où l’argent destiné initialement à un usage de moindre sainteté sera employé à l’achat de quelque chose qui relève d’une sainteté supérieure.  Mais lorsque la communauté a employé les fonds collectés conformément à la destination prévue et qu’il reste de l’argent, elle peut changer la destination de l’argent restant et l’employer pour tout ce qu’elle souhaite. De même, tous les objets de la synagogue ont le même statut de sainteté que la synagogue. Le rideau de l’arche sainte où sont déposés les rouleaux de la Thora est considéré du même degré de sainteté que les tissus des rouleaux de la Thora. Et s’il a été stipulé initialement que ces objets pourraient également servir à d’autres usages, leur statut est conforme à ce qui a été stipulé.

 

  1. Dans quel cas dit-on qu’il est permis de vendre une synagogue? Lorsqu’il s’agit d’une synagogue de village, qui n’a été construite que dans le seul intérêt des habitants du village, pour qu’ils disposent d’un lieu où prier. Si tous désirent la vendre, ils en ont le droit. En revanche, la synagogue d’une grande ville n’est pas la propriété privée des citadins : étant donné qu’elle a été construite dans l’intérêt de tous les gens du monde, c’est-à-dire afin que toute personne de passage dans la région puisse y prier, elle appartient à tout le peuple juif et ne peut jamais être vendue.

 

  1. Les habitants d’un village qui désirent vendre leur synagogue afin d’utiliser l’argent pour construire une autre synagogue ou pour acheter une arche ou un rouleau de la Thora, doivent stipuler avec l’acheteur la condition qu’il n’en soit fait ni un établissement de bains, ni une tannerie – c’est-à-dire un lieu où l’on travaille les peaux – ni un bain rituel ni une buanderie.Et si les sept notables de la ville, en présence des habitants, ont stipulé au moment de la vente que l’acheteur aurait le droit d’y faire toutes ces choses-là, cela est permis.

 

  1. De même, si les sept notables de la ville ont stipulé, en présence des habitants, que le surplus d’argent pourrait être utilisé à des fins profanes, cet argent pourra être utilisé à des fins profanes. Ainsi, lorsqu’ils reçoivent les fonds et les dépensent pour la construction d’une autre synagogue ou pour l’achat d’une arche, d’un tissu ou d’un étui pour le rouleau de la Thora, de livres de Thora ou d’un rouleau de la Thora, le surplus est profane, conformément à ce qui a été stipulé, et ils peuvent en disposer à leur guise.
  1. De même, si tous les habitants ou la majorité ont accepté l’autorité d’un homme en la matière, tout ce qu’il fait est valable. Il peut vendre la synagogue ou en faire don tout seul comme bon lui semble et stipuler les conditions qui lui paraissent bonnes.
  1. De même qu’il est permis aux notables de vendre une synagogue, de même il leur est permis d’en faire don. En effet, si ce don ne profitait pas à la communauté, les notables ne l’auraient pas fait. Mais ils ne peuvent ni donner leur synagogue en location ni la céder en gage d’un prêt. De même, lorsqu’une synagogue est détruite pour être reconstruite, il est permis de vendre, d’échanger ou de donner les briques, le bois et la terre de la synagogue détruite. Mais il est interdit de les prêter car la sainteté initiale n’en est ôtée que lorsqu’ils sont aliénés en échange d’une somme d’argent ou d’un profit, lequel est assimilé à de l’argent.

 

  1. La place de la ville, bien que les gens y prient les jours de jeûne et lors des Maamad, parce que la foule est alors grande et ne peut être contenue dans la synagogue, n’a aucune sainteté. En effet, ce rassemblement est occasionnel et cette place n’est pas un lieu fixe pour la prière. De même, les maisons et les cours où les gens se rassemblent pour la prière ne sont pas empreintes de sainteté, car elles ne sont pas affectées seulement à la prière, mais ne servent qu’occasionnellement, tout comme un homme prie dans sa propre maison.

Chapitre douze : La lecture publique de la Thora

Les Chapitres douze et treize traitent des lois relatives à la lecture publique de la Thora. Moïse institua une lecture publique de la Thora le chabbat, le lundi et le jeudi. Intégrée à l’office, cette lecture couvre chaque semaine une section de la Thora, de sorte que selon la coutume établie, toute la Thora soit lue en un an. Les jours de fête ou de Roch ‘Hodech, c’est un passage de circonstance qui est lu. La lecture est toujours partagée entre plusieurs personnes (le nombre dépend de l’importance du jour), successivement appelées à lire.

  1. Moïse notre maître a institué pour le peuple juif de lire la Thora en public le chabbat, le lundi et le jeudi, à la prière de cha’harit, afin que l’on ne reste pas trois jours sans entendre la Thora. Ezra a institué qu’on lise la Thora chaque chabbat à la prière de min’ha, du fait des commerçants qui ne peuvent assister à la lecture des lundi et jeudi. Il a également institué que trois personnes soient appelées à la lecture de la Thora les lundi et jeudi et qu’on ne lise pas moins de dix versets.

 

  1. Voici les jours où on lit la Thora en public: le chabbat, les jours de fête, jours de Roch ‘Hodech, jours de jeûne, à ‘Hanoucca, à Pourim et les lundi et jeudi de chaque semaine. On ne lit une Haftara dans les livres des Prophètes que le chabbat, les jours de Yom Tov et le 9 av.
  1. On ne peut pas lire la Thora publiquement en présence de moins de dix hommes adultes et libres. On ne lit pas moins de dix versets. Le verset Vaydaber « D.ieu parla à Moïse en disant » – compte parmi les dix versets.  Il doit y avoir au moins trois hommes qui sont appelés à lire. Celui qui lit ne doit pas commencer un nouveau paragraphe pour y lire moins de trois versets ni laisser moins de trois versets non lus à la fin d’un paragraphe. Il ne doit pas non plus lire moins de trois versets.

 

  1. Quand trois hommes lisent dix versets, deux d’entre eux en lisent trois chacun et l’un en lit quatre. Celui des trois qui lit quatre versets, qu’il soit le premier, le dernier ou l’intermédiaire, est digne d’éloges.
  1. Chacun des lecteurs ouvre le rouleau de la Thora, regarde l’endroit où il doit lire, puis dit: «Bénissez l’Éternel, Qui est béni ». Tout le monde répond: «Que soit béni l’Éternel, Qui est béni pour l’éternité ». Le lecteur récite alors la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a choisis d’entre tous les peuples et nous a donné Sa Thora. Béni sois-Tu, Éternel, Qui donne la Thora». Tout le monde répondAmen. Puis, il lit jusqu’à ce qu’il termine sa lecture, il enroule le rouleau et récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a donné (Sa Thora) une Thora de vérité, et Qui a implanté en nous la vie éternelle. Béni sois-Tu, Éternel, Qui donne la Thora».

 

  1. Celui qui lit la Thora n’a pas le droit de commencer la lecture tant que la communauté n’a pas fini de répondre Amen à sa bénédiction. S’il a fait une erreur, fut-ce dans la prononciation d’une seule lettre, on le fait reprendre depuis l’endroit de son erreur pour qu’il lise le mot correctement. Il ne doit pas y avoir deux personnes qui lisent la Thora en même temps, mais une seule. Si le lecteur perd la parole au milieu de la lecture, un autre le remplacera : il recommencera la lecture là où le premier avait commencé et récitera la bénédiction finale.

 

  1. Le lecteur n’a pas le droit de commencer à lire la Thora tant qu’il n’y a pas été invité par le membre le plus important de la communauté.  Même le bedeau ou l’administrateur de la communauté ne peut pas lire de son propre chef sans y avoir été invité par la communauté ou par le membre le plus important. Et il faut qu’une autre personne se tienne debout avec le bedeau au moment où il lit, commele bedeau le fait avec les autres lecteurs.

 

  1. Il est parfois donné au lecteur de sauter d’un endroit à un autre du texte quand il est question d’un même thème, par exemple du passage «Après la mort» au passage «Au dixième jour» dans la section «Parle aux cohanim», à condition qu’il ne récite pas par cœur, car il est interdit de réciter fût-ce un seul mot sans le lire dans le texte. En sautant d’un passage à un autre, il ne doit pas provoquer une attente supérieure au temps nécessaire à l’interprète pour finir de traduire le verset lu.
  1. Dès que le lecteur a commencé à lire la Thora, il est interdit de parler, même d’un sujet de halakha. Tous doivent écouter, garder le silence et prêter attention à ce qu’il lit, comme il est dit: «Le peuple était tout oreilles pour entendre le livre de la Thora». Il est interdit de sortir de la synagogue pendant que le lecteur lit la Thora. Mais il est permis de sortir entre deux montées à la Thora. Celui qui est toujours occupé à l’étude de la Thora et dont la Thora est la seule activité a le droit de continuer son étude pendant la lecture de la Thora.

 

  1. Depuis l’époque d’Ezra, on a pris l’usage qu’un interprète traduise aux fidèles ce que le lecteur lit dans la Thora, afin qu’ils comprennent le sens du texte. Le lecteur lit un verset uniquement, reste silencieux jusqu’à ce que l’interprète l’ait traduit, puis il lit un second verset. Le lecteur n’a pas le droit de lire plus d’un verset à la fois à l’interprète, de crainte que cela ne crée une confusion.

 

  1. Le lecteur n’a pas le droit d’élever la voix plus haut que l’interprète, et l’interprète ne doit pas élever la voix plus haut que le lecteur. L’interprète n’a pas le droit de traduire tant que le lecteur n’a pas terminé la lecture du verset. De même, le lecteur n’a pas le droit de commencer un autre verset tant que l’interprète n’a pas terminé la traduction du précédent. L’interprète ne doit s’appuyer ni sur un pilier ni sur une poutre; mais il doit se tenir debout, empreint de peur et de crainte. Il ne doit pas traduire à partir d’un texte écrit, mais par cœur. Le lecteur n’a pas le droit d’aider l’interprète, afin que les gens ne disent pas: «la traduction est écrite dans la Thora».  Un homme plus modeste peut servir d’interprète pour la lecture de quelqu’un de plus grand, mais il ne sied pas à l’honneur du plus grand de servir d’interprète pour la lecture de quelqu’un de plus modeste. Il ne doit pas y avoir deux personnes qui traduisent en même temps, mais une seule lit et une seule traduit.

 

  1. Les versets de la Thora ne sont pas tous traduits en public. L’histoire de Reouven, la bénédiction des cohanim, l’épisode du veau d’or, depuis «Moïse parla à Aaron» jusqu’à «Moïse vit le peuple, etc.» ainsi qu’un autre verset, «l’Éternel frappa d’épidémie le peuple», sont lus mais ne sont pas traduits. Dans l’histoire d’Amnon, autrefois lue comme Haftara, le verset qui dit: «Amnon, fils de David» n’est ni lu, ni traduit.
  1. Celui qui lit la Haftara doit tout d’abord lire dans la Thora, ne serait-ce que trois versets. Il relit dans la Thora ce que le lecteur précédent a lu avant lui. Il ne doit pas lire la Haftara tant que le rouleau de la Thora n’a pas été enroulé. Enfin, il ne doit pas lire moins de 21 versets comme Haftara. Mais si le sujet de la Haftara se conclut en moins de 21 versets, il n’a pas besoin d’en ajouter d’autres. S’il a lu dix versets et que l’interprète les a traduits, c’est suffisant, même si le sujet n’est pas clos.  Une seule personne lit la Haftara, mais il peut y avoir même deux interprètes. On peut sauter d’un sujet à un autre, mais non du livre d’un prophète à un autre, sauf pour les Douze Prophètes qui sont considérés tous ensemble comme un seul livre. Et ce, à condition de ne pas passer de la fin du livre au début. Quiconque passe d’un sujet à un autre ne doit pas provoquer une attente supérieure au temps nécessaire à l’interprète pour finir sa traduction.

 

  1. Celui qui lit la Haftara peut lire trois versets de suite à l’interprète et celui-ci traduit les trois successivement. Mais si les trois versets constituent trois paragraphes distincts, il les lira un à un à l’interprète.
  1. Celui qui lit la Haftara récite, au préalable, une bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a choisi des prophètes, etc.». Après la lecture, il récite quatre bénédictions : la première bénédiction est conclue par: «D.ieu fidèle dans toutes Ses paroles», la seconde par: «Qui bâtit Jérusalem», la troisième par: «Bouclier de David» et la quatrième par la mention de la sainteté du jour, identique à la conclusion de la bénédiction intermédiaire dans la prière de la Amida. De même, si Roch ‘Hodech tombe un chabbat, celui qui lit la Haftara mentionne Roch ‘Hodech dans cette bénédiction, comme il le fait dans la Amida.
  1. Combien de personnes lisent-elles la Thora? Le chabbat, à la prière de cha’harit, sept personnes lisent. Le jour de Kippour, six. Les jours de Yom Tov, cinq. On ne peut pas diminuer le nombre de personnes qui lisent à ces occasions, mais on peut l’augmenter et ajouter d’autres lecteurs si l’on souhaite. Les jours de Roch ‘Hodech et de ‘Hol Hamoed, quatre personnes lisent. Le chabbat et le jour de Kippour à la prière de min’ha, les lundis et jeudis toute l’année, ‘Hanoucca et Pourim à la prière de cha’harit, les jours de jeûne à la prière de cha’harit et de min’ha, trois personnes lisent. On ne doit ni diminuer, ni augmenter le nombre de lecteurs.

 

  1. Une femme ne doit pas lire la Thora à un office communautaire, par respect pour la communauté. Un mineur qui sait lire et qui sait à Qui s’adressent les bénédictions peut compter au nombre des lecteurs. De même, celui qui lit la Haftara compte au nombre des lecteurs requis, car il lit aussi dans la Thora. Mais si l’officiant a fait une interruption par la récitation du Kaddich entre la lecture de celui qui conclut la Thora et la lecture de celui qui lit la Haftara, ce dernier n’est pas compté au nombre des lecteurs requis. S’il n’y a, au sein de la communauté, qu’un seul homme capable de lire la Thora, il monte et lit un passage, puis redescend et se rassoit à sa place. Après quoi, il revient et lit un second passage ; il en fait de même pour un troisième passage, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il termine le nombre de lectures de ce jour.

 

  1. Pour chacune de ces lectures de la Thora, un cohen lit en premier, suivi par un lévite, puis un israélite n’ayant ni le statut de cohen, ni celui de lévite. La coutume communément acceptée aujourd’hui est que même un cohen ignorant a priorité pour la lecture sur un grand sage qui a le statut d’israélite. Quiconque dépasse autrui en sagesse a priorité pour la lecture. Le dernier lecteur, qui enroule aussi le rouleau de la Thora, bénéficie d’une récompense équivalente à celle de tous les autres. C’est pourquoi, même le plus éminent au sein de la communauté peut monter en dernier pour conclure la lecture, malgré son rang de priorité.

 

  1. Lorsqu’il n’y a pas de cohen présent, un israélite est appelé à monter en premier. Dans ce cas, on ne doit pas appeler un lévite à monter après lui.  Lorsqu’il n’y a pas de lévite présent, le cohen qui a lu en premier lit de nouveau en second à la place du lévite. Mais on n’appellera pas un autre cohen à lire en second, de crainte que les gens ne se disent que le premier cohen était disqualifié et que c’est pour cette raison que l’on a appelé un autre cohen à monter. De même, un lévite ne doit pas lire après un autre lévite, de crainte que les gens ne se disentquel’un des deux était disqualifié.

 

  1. À quel moment de la prière lit-on la Thora ? Chaque jour qui comporte une prière de moussaf, après avoir terminé la prière de la Amida de cha’harit, l’officiant dit le Kaddich et sort un rouleau de la Thora. Il appelle un à un des membres de la communauté qui montent et lisent la Thora. Quand ils ont terminé, il remet le rouleau de la Thora à sa place, puis il dit le Kaddich et l’on récite la prière de moussaf. Les jours qui comportent une Haftara et la prière de moussaf, on a coutume de dire le Kaddich avant que celui qui lit la Haftara ne monte à la Thora. Dans certaines communautés, cependant, on récite le Kaddich après la Haftara.

 

  1. À la prière de min’ha de chabbat et du jour de Kippour, après avoir terminé le psaume: «Louange, de David» et «l’ordre de la kedoucha» (Ouva letsione), l’officiant récite le Kaddich et sort un rouleau de la Thora. Des membres de la communauté montent et lisent la Thora. Puis, l’officiant remet le rouleau de la Thora à sa place et dit le Kaddich, et l’on récite la prière de la Amida de min’ha. Il en va de même pour les jours de jeûne: on lit la Thora à min’ha puis, l’officiant dit le Kaddich et l’on récite la prière de la Amida de min’ha. En revanche, les jours de Yom Tov, il n’est pas coutume de lire la Thora à min’ha.

 

  1. Un jour où l’on lit la Thora mais qui ne comporte pas de prière de moussaf, lorsque l’officiant termine la prière de la Amida de cha’harit, il récite le Kaddich et sort un rouleau de la Thora.On lit alors la Thora, puis l’officiant remet le rouleau de la Thora à sa place, récite le Kaddich, puis il dit le psaume : «Louange, de David» et «l’ordre de la kedoucha» comme on le fait chaque jour. Il récite ensuite à nouveau le Kaddich et tout le monde prend congé.
  1. On ne fait pas la lecture de la Thora à la synagogue dans des ‘Houmach, par respect pour la communauté.  On ne roule pas le rouleau de la Thora d’un passage à un autre en public, en raison du dérangement causé à la collectivité, c’est-à-dire afin de ne pas importuner les fidèles, obligés de rester debout le temps que le rouleau de la Thora soit roulé. C’est pourquoi, s’il est nécessaire de lire deux sujets différents, on sort deux rouleaux de la Thora. Une même personne ne doit pas monter pour lire un même sujet dans deux rouleaux de la Thora, de crainte que les gens ne disent:«Le premier rouleau n’était pas valable, c’est pourquoi il lit dans le second».

 

  1. Celui qui enroule le rouleau de la Thora d’une bande de tissu doit le faire par l’extérieur, c’est-à-dire qu’il doit tenir le rouleau de la Thora avec l’écriture face à lui, et enrouler la bande de tissu en commençant par la face arrière, extérieure, du rouleau; et lorsqu’il finit d’enrouler la bande de tissu et resserre celle-ci, il doit le faire de l’intérieur, c’est-à-dire qu’il doit fixer celle-ci au niveau de la face intérieure du rouleau, contre l’écriture. Il faut disposer le rouleau de la Thora sur la couture, c’est-à-dire disposer la couture au centre, entre les deux colonnes, pour que le rouleau de la Thora ne se déchire pas lorsque l’on serre. Dans un endroit où le rouleau de la Thora est sorti après la lecture pour être emmené dans une autre pièce où il sera rangé, les fidèles n’ont pas le droit de sortir avant le rouleau de la Thora; ils doivent l’accompagner et le suivre jusqu’à l’endroit où il est rangé.

Chapitre Treize : Répartition des lectures de la Thora toute l’année

Dans le cadre des lois relatives à la lecture publique de la Thora, le présent chapitre s’intéresse plus précisément à la répartition des sections de la Thora lues tout au long de l’année ainsi qu’aux passages lus en diverses occasions, telles que les jours de Yom Tov ou de Roch ‘Hodech.

  1. La coutume répandue au sein de l’ensemble du peuple juif est de conclure la lecture de la Thora en un an: on commence le chabbat qui suit la fête de Souccot, en lisant la section Beréchit. Le second chabbat, on lit la section «Voici l’histoire de Noé» (Noa’h). Le troisième chabbat, on lit : «Et l’Éternel dit à Avram» (Lekh lekha) et on continue de lire dans cet ordre de manière à terminer la Thora l’année suivante à la fête de Souccot, le jour de Sim’hat ThoraCertains concluent la Thora en trois ans, mais ce n’est pas une coutume répandue.
  1. Ezra a institué pour le peuple juif de lire les malédictions du Lévitique avant la fête de Chavouot et celles du Deutéronome avant Roch Hachana.  La coutume répandue est de lire la sectionBamidbar le chabbat qui précède Chavouot, la section Vaét’hanan le chabbat qui fait suite au neuf av, la section Atem Nitsavimle chabbat qui précède Roch Hachana et, lors d’une année ordinaire, la section «Ordonne à Aharon» (Tsav) le chabbat qui précède Pessa’h. C’est pourquoi, on lit, certains chabbat, deux sections à cha’harit. Par exemple, la section : «Lorsqu’une femme, ayant conçu» (Tazria) avec la section «Voici quelle sera la règle du lépreux» (Metsora). De même, la section «Si selon mes lois» (Be’houkotaï) avec «L’Éternel parla à Moïse au mont Sinaï» (Behar), et de même pour les autres cas semblables. Tout cela, afin de conclure la Thora en un an et que les sections mentionnées précédemment puissent être lues en temps voulu.

           

  1. C’est à l’endroit de la Thora où l’on a fini la lecture du chabbat, à cha’harit, que l’on reprend la lecture à min’ha, ainsi que le lundi, le jeudi et le chabbat suivant. Comment cela ? Par exemple, le premier chabbat après la fête de Souccot, on lit à cha’harit la section Beréchit. À min’ha, on litdix versets ou plus du début de la section suivante (Noa’h) : «Voici l’histoire de Noé», et de même le lundi et le jeudi qui suivent. De même, le chabbat suivant, à cha’harit, on recommence depuis le début de la section Noa’h : «Voici l’histoire de Noé» et on continue la lecture jusqu’à la fin de la Paracha. On procède de cette façon toute l’année durant. Chaque chabbat, on lit une Haftara tirée des Prophètes en rapport avec ce qui a été lu dans la Thora.
  1. Les jours de Roch ‘Hodech, le premier appelé lit trois versets du passage «Ordonne». Le deuxième relit le troisième verset lu par le premier, ainsi que les deux versets suivants, afin qu’il reste encore trois versets dans le paragraphe. Le troisième lit les trois versets laissés par le deuxième, ainsi que le passage«Et au jour du chabbat». Le quatrième lit le passage«Et lors de vos néoménies». Lorsque Roch ‘Hodech tombe un chabbat, on sort deux rouleaux de la Thora à la prière de cha’harit. Dans le premier, on lit la section hebdomadaire, et dans le second, le dernier appelé à la Thora lit le passage relatif à Roch ‘Hodech :«Et lors de vos néoménies». Celui qui est appelé à lire la Haftara lit dans la Thora le passage concernant Roch ‘Hodech et, comme Haftara, le passage contenant le verset: «Et ce sera constamment, à chaque néoménie». Roch ‘Hodech du mois d’av qui tombe un chabbat, on lit comme Haftara: «Vos néoménies et vos solennités, mon âme les abhorre». Lorsque Roch ‘Hodech tombe un dimanche, on lit comme Haftara, le chabbat de la veille : «Jonathan lui dit: C’est demain néoménie».
  1. Quiconque monte lire la Thora doit commencer et finir avec un thème positif. Mais concernant la section Haazinou, le premier lit jusqu’à «Souviens-toi des jours antiques». Le second commence à partir de «Souviens-toi des jours antiques» et lit jusqu’à «Il l’a fait monter». Le troisième commence à partir de «Il l’a fait monter» et lit jusqu’à «À cette vue, l’Éternel s’est indigné». Le quatrième commence à partir de «À cette vue, l’Éternel s’est indigné» et lit jusqu’à «S’ils étaient sages». Le cinquième commence à partir de «S’ils étaient sages» et lit jusqu’à «Oui, j’en lève la main au ciel». Le sixième commence à partir de «Oui, j’en lève la main au ciel» et lit jusqu’à la fin du cantique. Et pourquoi s’interrompt-on au milieu de sujets qui ont une connotation négative? Parce qu’il s’agit de remontrances, destinées à éveiller le peuple au repentir.
  1. Les huit derniers versets à la fin la Thora possèdent un caractère particulier, puisqu’ils peuvent être lus à la synagogue même en présence de moins de dix hommes. Bien que tous les versets soient partie intégrante de la Thora et aient été dit par Moïse qui les a rapportés de la bouche du Tout-Puissant, étant donné que ces huit versets laissent entendre qu’ils ont été dits après la mort de Moïse, ils ont un statut différent. C’est pourquoi, il est permis à un particulier de les lire avec la bénédiction qui précède et qui suit.
  1. On ne doit pas couper la lecture des malédictions du Lévitiquede manière à la répartir entre plusieurs lecteurs ; au contraire, une seule personne monte à la Thora pour les lire du début à la fin. Le lecteur commence par le verset qui précède et conclut par le verset qui suit pour commencer et finir de manière positive. Concernant les malédictions du Deutéronome, on peut, si on le souhaite, couper la lecture en deux en vue d’appeler une autre personne. Toutefois, les gens ont pris l’habitude de ne pas le faire ; ainsi, une seule personne monte à la Thora et les lit entièrement.
  1. On interrompt le cycle de lecture habituel lorsque des jours de fête ou le jour de Kippour tombent un chabbat, pour y lire le passage de la Thora ayant trait à la fête, et non la section hebdomadaire du chabbat. Moïse a institué qu’on lise à chaque fête le passage de circonstance. Il a également institué que l’on s’entretienne et que l’on discoure, lors de chaque fête, des sujets de circonstance. Que lit-on? À Pessa’h, on lit le passage qui se rapporte aux fêtes, dans le Lévitique. Les gens ont cependant pris l’habitude de lire le premier jour de Pessa’h le passage : «Choisissez et prenez pour vous» avec, comme Haftara, la description de Pessa’h à Guilgal. Le deuxième jour, on lit dans la Thora le passage : «un veau ou un agneau» avec, comme Haftara, la description du Pessa’h célébré par le roi Josias. Le troisième jour, on lit dans la Thora le passage : «Consacre-moi tout premier-né». Le quatrième jour, on lit : «Si tu prêtes de l’argent». Le cinquième jour, on lit «Taille toi-même». Le sixième jour, on lit : «Que les enfants d’Israël fassent Pessa’h au temps fixé». Le dernier jour de fête, c’est-à-dire le septième jour, on lit le passage : «Or, lorsque Pharaon eut renvoyé» jusqu’à la fin du cantique, jusqu’au verset «car Je suis l’Éternel qui te guéris» et, comme Haftara, «Et David prononça». Le huitième jour, on lit dans la Thora le passage: «Tout premier-né » et, comme Haftara : «Encore aujourd’hui».
  1. À Chavouot, on lit le passage commençant par «Sept semaines». Mais la coutume répandue est de lire, le premier jour de fête, le passage «Au troisième mois» avec, comme Haftara, la vision du char Céleste du prophète Ézéchiel et, le second jour, on lit le passage qui se rapporte aux fêtes: «Tout premier-né» avec, comme Haftara, un passage du livre de Habacuc.
  1. À Roch Hachana, on lit dans la Thora le passage «Au septième mois, le premier du mois». Mais la coutume répandue est de lire, le premier jour,le passage «Or l’Éternel s’était souvenu de Sarah» avec, comme Haftara,«À Ramataïm, était un homme» et, le second jour, on lit: «Et D.ieu éprouva Abraham» avec, comme Haftara, le passage qui se conclut par «Éphraïm est-il donc pour moi un fils chéri ? »
  1. Le jour de Kippour, à la prière de cha’harit, on litdans la Thora le passage «Après la mort» et, comme Haftara,«Car ainsi parle le Très-haut et Suprême». À la prière de min’ha, on lit le texte relatif aux unions illicites dans la section A’haré mot, afin que quiconque a trébuché dans l’une de ces fautes s’en souvienne, éprouve de la honte et se repente. Le troisième appelé lit la Thora et lit aussi comme Haftara le livre de Jonas.
  1. À Souccot, les deux premiers jours de fête, on lit le passage lié aux fêtes, qui est«un veau, un agneau ou un chevreau». Pour ce qui est de la Haftara, on lit le premier jour: «Voici venir un jour, de par l’Éternel» et, le second jour:«Et ils se réunirent auprès du roi Salomon». Le dernier jour de fête (Chemini Atséret), on lit le passage «Tout premier-né» et, comme Haftara:«Et ce fut, lorsque Salomon eut achevé». Le lendemain (Sim’hat Thora), on lit la section Vezot habrakha et, comme Haftara:«Salomon alla se placer». Certains lisent comme Haftara:«Et ce fut, après la mort de Moïse». Les autres jours de fête, on lit les passages ayant trait aux sacrifices de la fête.
  1. Comment cela? Chacun des jours de ‘Hol Hamoed, on lit deux passages. Par exemple, le troisième jour de Souccot qui est un jour de ‘Hol Hamoed, le cohen litle passage «Et le second jour», le lévite lit le passage «Et le troisième jour», et l’israélite lit de nouveau le passage «Et le troisième jour». Le quatrième appelé relit «Et le second jour» et «Et le troisième jour». De même, le quatrième jour de Souccot, second jour de ‘Hol Hamoed, on lit deux passages : «Et le troisième jour» et «Et le quatrième jour». On procède de cette manière chaque jour de ‘Hol Hamoed.
  1. Chaque jour de Yom Tov et, de même, le jour de Kippour et les sept jours de Pessa’h, on sort deux rouleaux de la Thora à la prière de cha’harit: on lit dans le premier les passages susmentionnés et dans le second le passage du livre des Nombres qui décrit le sacrifice du jour. C’est celui qui lit le passage de la Thora relatif au sacrifice qui lit la Haftara.
  1. Chaque jour où l’on sort deux ou trois rouleaux de la Thora, si on ne les sort pas ensemble, mais l’un après avoir remis l’autre à sa place, l’officiant récite le Kaddich après avoir remis le premier à sa place. Puis, il sort le second. Et après avoir remis le dernier, il récite à nouveau le Kaddich. Cependant, nous avons déjà expliqué que la coutume communément répandue est de toujours réciter le Kaddich après que le dernier appelé à la Thora a fini sa lecture, après quoi on procède à la lecture de la Haftara précédée par la lecture de quelques versets de la Thora.
  1. Lors d’un chabbat qui tombe durant les jours de ‘Hol Hamoed, qu’il s’agisse de Pessa’h ou de Souccot, on lit ce chabbat le passage «Considère que tu me dis». Le chabbat qui tombe pendant ‘Hol Hamoed de Pessa’h, on lit comme Haftara la vision d’Ézéchiel des ossements desséchés. Le chabbat qui tombe pendant ‘Hol Hamoed de Souccot, on lit comme Haftara: «Le jour où viendra Gog».
  1. À ‘Hanoucca, le premier jour, on lit la Thora depuis la bénédiction des cohanim jusqu’à la fin du passage décrivant le sacrifice offert le premier jour de l’inauguration de l’autel. Le second jour, on lit le passage décrivant le sacrifice offert par le chef de tribu le second jour de l’inauguration de l’autel, et ainsi de suite jusqu’au huitième jour. Le huitième jour, on lit la description de tous les autres sacrifices, jusqu’à la fin de la section. Le chabbat de ‘Hanoucca, on lit comme Haftara la vision des lampes du chandelier de Zacharie. S’il y a deux chabbat à ‘Hanoucca, on lit comme Haftara le premier chabbat la vision des lampes du chandelier de Zacharie et, le second, la description des lampes du chandelier de Salomon. C’est celui qui lit dans la Thora le sujet lié à ‘Hanoucca qui lit la Haftara dans les ProphètesÀ Pourim, on lit à cha’harit le passage «Et Amalek vint».
  1. Le jeûne du neuf av, on lit à cha’harit le passage :«Quand vous aurez engendré des enfants» et, comme Haftara, «Je vais en finir avec eux, dit l’Éternel». À min’ha, on litle passage «Et Moïse implora», comme les autres jours de jeûne.  Les autres jours de jeûne où nous jeûnons en souvenir des malheurs arrivés à nos pères, on lit ce même passage à cha’harit et à min’ha. Le premier lecteur litquatre versets du passage«Et Moïse implora»; le second et le troisième lisent depuis«Taille toi-même» jusqu’à «que j’accomplirai par toi». Lors des jours de jeûne décrétés par la communauté en raison des calamités comme la sécheresse, la peste ou ce qui est semblable, on lit les bénédictions et les malédictions de la section Be’houkotaï afin que les gens se repentent et que leur cœur s’humilie en les entendant.
  1. Durant les trois chabbat qui précèdent le neuf av, il est coutume de lire, comme Haftara, des textes de remontrances. Le premier chabbat, on lit, comme Haftara, le passage «Paroles de Jérémie». Le second chabbat, on lit comme Haftara: «Vision d’Isaïe» et, le troisième: «Ah, comment elle est devenue prostituée». Aussi, le chabbat qui suit le neuf av, on lit, comme Haftara:«Consolez, consolez mon peuple». C’est une coutume acceptée dans nos villes de lire des consolations d’Isaïe comme Haftara depuis le chabbat qui suit le 9 av jusqu’à Roch Hachana, et le chabbat entre Roch Hachana et Yom Kippour, on lit comme Haftara: «Reviens, Israël».
  1. Lorsque Roch ‘Hodech du mois d’adar tombe un chabbat, on lit, après la section hebdomadaire, le passage relatif au demi-sicle– Parachat Chekalim – et, comme Haftara, le passage à propos de Yehoyada le prêtre. De même, lorsque Roch ‘Hodech adar tombe un jour de semaine, même un vendredi, on lit le passage relatif au demi-sicle durant le chabbat précédent. Le second chabbat du mois, on lit le passage «Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek » – Parachat Zakhor – et, comme Haftara: «J’ai à demander compte de ce qu’a fait Amalek». Qu’entend-on par le second chabbat? C’est le chabbat qui précède la semaine durant laquelle tombe Pourim, même si Pourim tombe un vendredi. Le « troisième » chabbat, on lit le passage relatif à la vache rousse – Parachat Para – et, comme Haftara: «Et j’épancherai sur vous». Qu’entend-on par le « troisième » chabbat? C’est celui qui précède immédiatement le quatrième. Le « quatrième » chabbat, on litla Parachat Ha’hodech :«Ce mois-ci» et, comme Haftara:«Au premier mois, le premier du mois». Qu’entend-on par le quatrième chabbat? Tout chabbat qui précède la semaine dans laquelle tombe Roch ‘Hodech nissan, même si celui-ci tombe vendredi.
  1. Ainsi, ces quatre chabbat ne sont pas tous consécutifs : parfois, seuls le premier et le second – ou le second et le troisième – de ces quatre chabbat spéciaux sont séparés par un autre chabbat d’intervalle. Et parfois, il y a deux intervalles : entre le premier et le second et entre le second et le troisième. Mais entre le troisième et le quatrième chabbat, il n’y a jamais un autre chabbat d’intervalle.
  1. Chacun de ces quatre passages est lu par une seule personne dans un second rouleau de la Thora après la lecture de la section hebdomadaire du chabbat dans le rouleau sorti en premier. Lorsque Roch ‘Hodech adar tombe un chabbat et que de surcroît, la section hebdomadaire du chabbat est Tetsavé, six personnes lisent la section Tetsavé depuis le début : «Et toi, tu ordonneras» jusqu’àla fin ; puis, elles continuent le début de la section suivante, la section Ki Tissa, jusqu’au verset suivant, non inclus: «Tu feras une cuve de cuivre». Et le septième relit le passage relatif au demi-sicle, c’est-à-dire qu’il relit depuis le début de la section Ki Tissa jusqu’à «Tu feras une cuve de cuivre » non inclus. Si la section hebdomadaire est Ki Tissa même, six personnes lisent depuis le début de la section Ki Tissa jusqu’à la fin de cette section, là où débute la section suivante appelée Vayakhel et le septième relit, dans un second rouleau, le passage relatif au demi-sicle, c’est-à-dire qu’il relit depuis le début de la section Ki Tissa jusqu’à «Tu feras une cuve de cuivre».
  1. Quand Roch ‘Hodech adar tombe un chabbat, on sort trois rouleaux de la Thora. Dans le premier, on lit la section hebdomadaire. Dans le second, on lit le passage relatif à Roch ‘Hodech. Dans le troisième, on lit le passage relatif au demi-sicle au début de la section Ki Tissa. De même, quand Roch ‘Hodech nissan tombe un chabbat, on sort trois rouleaux de la Thora. Dans le premier, on lit la section hebdomadaire. Dans le second, on lit le passage relatif à Roch ‘Hodech, et dans le troisième, on lit la Parachat Ha’hodech:«Ce mois-ci».
  1. Quand Roch ‘Hodech tévet tombe un chabbat, on sort trois rouleaux de la Thora. Dans le premier, on lit la section hebdomadaire. Dans le second, on lit le passage relatif à Roch ‘Hodech. Dans le troisième, on lit le passage lu traditionnellement à ‘Hanoucca. Si Roch ‘Hodech tévet tombe au milieu de la semaine, trois personnes lisent le passage relatif à Roch ‘Hodech, et la quatrième le passage lu à ‘Hanoucca.
  1. Bien qu’un homme entende la totalité de la Thora lors des lectures communautaires du chabbat tout au long de l’année, il a l’obligation de lire lui-même, chaque semaine, la section hebdomadaire trois fois : deux fois le texte de la Thora et une fois la traduction araméenne d’Onkelos – un verset laissé sans traduction étant lu trois fois – de manière à conclure la lecture de l’ensemble des sections de la Thora avec la communauté.

Chapitre Quatorze : La bénédiction des cohanim

Après les lois relatives à la prière à proprement parler, les chapitres quatorze et quinze portent sur la bénédiction des cohanim, récitée aussi au cours de la prière. La Thora enjoint les cohanim de bénir le peuple : ils sont, en quelque sorte, le canal de la bénédiction divine.

Le texte de référence est le suivant (Nomb. 6, 22-27) : « L’Éternel parla à Moïse en ces termes : Parle ainsi à Aaron et à ses fils : Ainsi vous bénirez les enfants d’Israël ; vous leur direz : « Que l’Éternel te bénisse et te protège ! Que l’Éternel fasse rayonner Sa face vers toi et te soit bienveillant ! Que l’Éternel dirige Sa face vers toi et t’accorde la paix ! » Ils imposeront ainsi Mon Nom sur les enfants d’Israël, et Moi, Je les bénirai. »

Cette bénédiction est prononcée par les cohanim lors de la répétition de la Amida par l’officiant, juste après l’avant-dernière bénédiction, appelée bénédiction de « reconnaissance ». Elle était aussi récitée autrefois quotidiennement dans le Temple de Jérusalem et le Nom ineffable de D.ieu était alors prononcé (voir §§ 9-10). La bénédiction des cohanim est aussi appelée nessiat kapaïm (littéralement : « levée des paumes ») car c’est ainsi que les cohanim bénissent le peuple, en levant les mains.

  1. À cha’harit, à moussaf et à neïla, les cohanim lèvent les paumes pour bénir le peuple. En revanche, il n’y a pas de bénédiction des cohanim à min’ha. En effet, à l’heure de min’ha, tous les gens ont déjà pris leur repas. Il est donc à craindre que les cohanim aient bu du vin. Or, il est interdit à un cohen ivre de prononcer la bénédiction des cohanim. Même un jour de jeûne où le problème ne se pose pas, ils ne récitent pas la bénédiction des cohanim à la prière de min’ha: c’est là un décret pris pour que l’on n’en vienne pas à prononcer la bénédiction sacerdotale à la prière de min’ha quotidienne.

 

  1. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Les jours de jeûne où l’on récite les prières de min’ha ainsi que neïla, comme le jeûne de Kippour et les jeûnes communautaires décrétés à cause des malheurs qui frappent la communauté. En revanche, les jours de jeûne où l’on ne récite pas la prière de neïla, comme le 9 av et le 17 tamouz, étant donné que la prière de min’ha est récitée peu avant le coucher du soleil, elle ressemble à neïla et n’est pas confondue avec la prière de min’ha de tous les jours. C’est pourquoi, la bénédiction des cohanim y est récitée. Si un cohen a transgressé et est monté sur l’estrade durant la prière de min’ha de Kippour, étant donné que tout le monde sait qu’il n’y a pas d’ivresse en ce jour, il peut réciter la bénédiction des cohanim. On ne le fait pas descendre, à cause de la suspicion que cela éveillerait à son égard, c’est-à-dire pour que les gens ne disent pas: « Ils l’ont fait descendre parce qu’il était disqualifié en tant que cohen».

 

  1. Comment se déroule la bénédiction des cohanim hors du TempleAu moment où l’officiant arrive à la bénédiction relative à la restauration du service dans le Temple, lorsqu’il dit: Retsé, tous les cohanim présents dans la synagogue quittent leur place et ils avancent et montent sur l’estrade. Ils se tiennent debout, le visage face à l’arche, faisant dos aux fidèles, les doigts repliés dans leurs paumes, jusqu’à ce que l’officiant termine la seconde des trois bénédictions finales, appelée bénédiction de « reconnaissance ». Ils tournent alors leur visage vers les fidèles, étendent leurs doigts, lèvent les mains au niveau de leurs épaules et commencent d’eux-mêmes en disant le premier mot de la bénédiction des cohanim : Yevarékhekha (« Que l’Éternel te bénisse »). L’officiant leur dicte la suite de la bénédiction mot à mot et ils répondent en répétant après lui. En effet, il est écrit: «vous leur direz», ce qui signifie qu’ils doivent attendre jusqu’à ce qu’on leur dise le texte de la bénédiction. Lorsqu’ils terminent le premier verset, tout le monde répond Amen. L’officiant leur dicte alors le second verset mot à mot et ils répètent jusqu’à ce qu’ils terminent le second verset et tout le monde répond Amen. Et il en va de même pour le troisième verset.

 

  1. Une fois que les cohanim ont terminé de réciter les trois versets, l’officiant commence la dernière bénédiction de la prière, qui est: «Instaure la paix» (Sim Chalom). Les cohanim retournent leur visage vers l’arche et peuvent alors plier leurs doigts. Ils se tiennent sur l’estrade jusqu’à ce que l’officiant termine la bénédiction, puis ils retournent à leur place.
  1. L’officiant n’a pas le droit d’appeler«Cohanim!» tant que la communauté n’a pas fini de répondre Amen à la bénédiction de reconnaissance. Et les cohanim n’ont pas le droit de commencer la bénédiction : « Béni sois Tu… Qui nous a ordonné de bénir Son peuple Israël avec amour », tant que l’appel de l’officiant n’est pas fini. La communauté ne doit pas répondre Amen tant que les cohanim n’ont pas fini de prononcer la bénédiction. Et les cohanim ne doivent pas commencer la bénédiction qui suit tant que la communauté n’a pas fini de répondre Amen à la précédente L’officiant n’a pas le droit de se joindre aux autres fidèles pour répondre Amen à la bénédiction des cohanim de crainte qu’il ne s’embrouille et ne sache plus quelle bénédiction il doit dicter aux cohanim, le deuxième ou le troisième verset.

 

  1. Une fois qu’ils ont fini de réciter la bénédiction sacerdotale, les cohanim n’ont pas le droit de tourner le dos à la communauté tant que l’officiant n’a pas commencé Sim chalom. De même, ils n’ont pas le droit de quitter leur place sur l’estrade tant que l’officiant n’a pas terminé Sim chalom. Ils n’ont pas non plus le droit de replier leurs doigts avant d’avoir tourné le dos à la communauté. L’une des ordonnances de Rabban Yo’hanan ben Zakaï dispose que les cohanim ne montent pas sur l’estrade avec leurs chaussures, mais qu’ils s’y tiennent pieds nus.
  1. Lorsque les cohanim bénissent la communauté, ils ne doivent pas regarder les fidèles et distraire leur attention, mais leurs yeux doivent être orientés vers le sol, comme quelqu’un qui se tient en prière. Il n’est pas permis de regarder les cohanim au moment où ils bénissent la communauté, afin de ne pas distraire son attention. Les fidèles doivent tous se concentrer pour écouter la bénédiction, en orientant leur visage vers le visage des cohanim, sans toutefois les regarder.

 

  1. S’il y a un seul cohen qui bénit les fidèles, il commence de lui-même à bénir, sans que l’officiant n’appelle : « Cohanim ! ». Et l’officiant lui fait répéter la suite mot à mot, comme nous l’avons expliqué.  Si les cohanim sont deux ou plus, ils ne commencent pas à bénir avant d’avoir été appelés par l’officiant. Celui-ci leur dit: «Cohanim!», et les cohanim répondent et disent Yevarékhekha. Puis, l’officiant leur fait répéter la suite mot à mot selon l’ordre précédemment indiqué.

 

  1. Comment se déroule la bénédiction des cohanim dans le Temple? Les cohanim montent sur l’estrade après avoir achevé le service du sacrifice quotidien du matin. Ils lèvent leurs mains au-dessus de la tête, les doigts étendus, à l’exception du grand-prêtre qui ne doit pas lever les mains plus haut que la plaque frontale qu’il porte et sur laquelle est gravé le Nom de D.ieu. L’un des israélites présents leur fait répéter le texte des bénédictions mot à mot, comme ce que l’on fait hors du Temple, jusqu’à ce qu’ils terminent les trois versets.  Les gens ne répondent pas Amen après chaque verset; ces trois versets sont lus, au Temple, comme une seule bénédiction. Et lorsque les cohanim terminent, tout le monde répond: «Béni soit l’Éternel D.ieu, D.ieu d’Israël depuis ce monde jusqu’au monde futur».

 

  1. Les cohanim dans le Temple prononcent le Nom de D.ieu comme il s’écrit, c’est-à-dire le Nom YoudVav. C’est le «Nom explicite» auquel il est partout fait référence. Mais hors du Temple, les cohanim prononcent le Nom divin de la manière habituelle, à savoir AlefDalet-NounYoud, car ce n’est que dans le Temple que le Nom de D.ieu est prononcé comme il s’écrit.  Depuis la mort de Chimone le juste, les cohanim ont arrêté de bénir le peuple avec le Nom explicite de D.ieu, même dans le Temple, afin d’éviter qu’un homme indigne et inapte ne l’apprenne. Les Sages des premières générations n’enseignaient ce Nom à leurs disciples et à leurs fils, dignes, qu’une fois tous les sept ans: tout cela, par respect pour le Nom révéré et redoutable.

 

  1. Quel que soit l’endroit où elle est récitée, la bénédiction des cohanim n’est dite que dans la langue sainte, ainsi qu’il est dit : «Ainsi vous bénirez les enfants d’Israël». Telle est l’interprétation que les Sages ont reçue par tradition orale depuis Moïse notre maître, puisse son âme reposer en paix : «Ainsi vous bénirez», debout ; «Ainsi vous bénirez», en levant les mains ; «Ainsi vous bénirez», dans la langue sainte ; «Ainsi vous bénirez», face à face avec la communauté; «Ainsi vous bénirez», à haute voix ;«Ainsi vous bénirez», en prononçant le Nom explicite; cela, dans le Temple uniquement, comme nous l’avons expliqué.
  1. Quel que soit l’endroit où ils récitent la bénédiction, les cohanim n’ont pas le droit d’ajouter une bénédiction aux trois versets précédemment cités, comme par exemple: «Veuille l’Éternel, D.ieu de vos pères, vous rendre mille fois plus nombreux encore» ou autre verset semblable, que ce soit à voix haute ou à voix basse. En effet, il est dit: «vous n’y ajouterez rien». Chaque cohen dit, lorsqu’il quitte sa place pour monter sur l’estrade:«Qu’il soit Ta volonté, Éternel notre D.ieu, que cette bénédiction, par laquelle Tu nous as ordonné de bénir Ton peuple Israël, soit une bénédiction pleine et qu’elle ne soit pas entravée par des obstacles ou par la faute, de maintenant et à jamais».  Et avant de tourner le visage pour bénir le peuple, il récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a sanctifiés par la sainteté d’Aaron et nous a ordonné de bénir Son peuple Israël avec amour.» Puis, il tourne son visage vers la communauté et commence à bénir les fidèles. Lorsqu’il tourne le dos à la communauté après avoir terminé, il dit: «Nous avons fait ce que Tu as décrété sur nous, fais envers nous ce que Tu nous as promis: regarde de Ta sainte demeure, des cieux, et bénis Ton peuple Israël.»

 

  1. Lorsque les cohanim tournent leur visage vers les fidèles pour les bénir, et lorsqu’ils tournent le dos aux fidèles après les avoir bénis, ils doivent se tourner du côté droit, dans le sens des aiguilles d’une montre. Cela s’applique en tout lieu, aussi bien au Temple qu’en dehorsDe même, à chaque fois que l’on fait un tour, on le fera seulement du côté droit.

 

  1. Dans le Temple, on récite la bénédiction des cohanim une fois dans la journée, après le sacrifice quotidien du matin. Les cohanim viennent, se tiennent sur les marches menant au Oulam et récitent la bénédiction, comme nous l’avons expliqué. En revanche, hors du Temple, ils récitent la bénédiction après chaque prière de la journée, à l’exception dela prière de min’ha, comme nous l’avons expliqué. En tout lieu, on s’efforce d’avoir un israélite – qui n’est pas un cohen – pour faire répéter les bénédictions aux cohanim, ainsi qu’il est dit: «vous leur direz», ce qui implique que celui qui leur fait répéter les bénédictions n’est pas des leurs.

Chapitre quinze : Le cohen qui n’a pas le droit de réciter la bénédiction

Toujours dans le contexte des lois relatives à la bénédiction des cohanim, telles qu’exposées au chapitre précédent, ce chapitre s’arrête en particulier sur les facteurs qui empêchent un cohen – dont le statut est pourtant établi – de faire la bénédiction des cohanim.

  1. Six choses empêchent un cohen de réciter la bénédiction des cohanim: une prononciation défectueuse, les défauts physiques, la transgression, l’âge, le vin et l’impureté des mains. Une prononciation défectueuse: de quoi s’agit-il ? Ceux qui ne prononcent pas correctement les lettres, par exemple qui prononcent le alef comme un aïne et le aïne comme un alef ou encore qui prononcent le mot chibolette comme sibolette, ou autres défauts de prononciation semblables, ne peuvent pas réciter la bénédiction des cohanim. De même, ceux qui ont la bouche pesante et la langue embarrassée, de sorte qu’ils ne sont pas compris par tous, ne peuvent pas réciter la bénédiction des cohanim.

 

  1. Les défauts physiques: de quoi s’agit-il ? Un cohen qui présente des défauts physiques sur le visage, sur les mains ou sur les pieds, par exemple, qui a les doigts crochus ou tordus, c’est-à-dire courbés sur le côté, ou bien les mains recouvertes de taches blanches, ne récitera pas la bénédiction, car les gens fixent leur regard sur lui et sont donc distraits. Un cohen qui bave sur sa barbe lorsqu’il parle ou qui est borgne ne récitera pas la bénédiction. Mais si celui-ci ou celui-là est connu dans sa ville, de sorte que tous sont familiers avec lui, il a le droit de réciter la bénédiction, car les gens ne fixent pas leur regard sur lui puisqu’ils sont habitués à le voir. De même, un cohen qui a les mains tachées avec de l’indigo ou de la teinture rouge ne doit pas réciter la bénédiction des cohanim. Mais si la majorité des gens de la ville travaillent avec ce type de teinture, de sorte qu’il est courant pour eux de voir des mains tachées comme les siennes, il a le droit de prononcer la bénédiction, même s’il n’est pas connu, car les gens ne fixeront pas leur regard sur lui.

 

  1. La transgression : de quoi s’agit-il ? Un cohen qui a commis un homicide, (fût-ce involontaire,) ne devra pas réciter la bénédiction, même s’il s’est repenti. En effet il est dit: «Vos mains sont pleines de sang» et il est écrit au début de ce même verset: «Quand vous étendez les mains Je détourne de vous Mes regards». Un cohen qui a pratiqué l’idolâtrie, fût-ce sous la contrainte ou par erreur, ne pourra jamais réciter la bénédiction des cohanim, même s’il s’est repenti. Il est dit, en effet : «Toutefois, les cohanim des hauts-lieux ne devaient pas monter sur l’autel de l’Éternel, à Jérusalem». Or, la bénédiction des cohanim est considérée comme le service dans le Temple, ainsi qu’il est dit: «faire le service de D.ieu et donner la bénédiction en Son Nom». De même, si un cohen s’est converti à un culte idolâtre, bien qu’il soit revenu au judaïsme, il ne pourra plus jamais réciter la bénédiction des cohanim. Les autres transgressions n’empêchent pas un cohen de prononcer la bénédiction sacerdotale.

 

  1. L’âge: de quoi s’agit-il ? Un cohen dans son jeune âge ne peut pas réciter la bénédiction des cohanim tant que sa barbe ne s’est pas remplie. Le vin: de quoi s’agit-il? Un cohen ayant bu d’un trait un réviit de vin ne peut pas réciter la bénédiction des cohanim tant que l’effet du vin ne s’est pas dissipé, car la bénédiction est comparée au service dans le Temple, interdit au cohen sous l’effet de la boisson. S’il a bu un réviit de vin en deux fois, ou s’il a mélangé au vin un peu d’eau, il a le droit de réciter la bénédiction des cohanim. S’il a bu plus d’un réviit, bien que le vin fût coupé et qu’il l’ait bu en plusieurs fois, il ne doit pas réciter la bénédiction des cohanim tant que l’effet du vin ne s’est pas dissipé. Qu’est-ce qu’un réviit? La quantité de liquide contenue dans un récipient ayant pour dimensions deux doigts sur deux doigts et une hauteur de deux doigts et sept dixièmes de doigt, la référence pour le « doigt » étant la largeur du pouce. En effet, pour toutes les mesures ayant trait à la Thora, le doigt pris en référence est le pouce, appelé bohen yad.

 

  1. L’impureté des mains: de quoi s’agit-il? Un cohen qui ne s’est pas lavé les mains ne récitera pas la bénédiction des cohanim. Il doit se laver les mains jusqu’au poignet, comme le faisaient les cohanim dans le Temple pour se préparer au service, et ensuite il bénira le peuple, ainsi qu’il est dit: «Élevez vos mains dans la sainteté et bénissez l’Éternel». Un ‘halal ne doit pas réciter la bénédiction des cohanim, car il n’a pas le statut de cohen.

 

  1. Quand un cohen ne présente aucune de ces disqualifications, même s’il n’est ni sage, ni pointilleux dans l’accomplissement des commandements, ou même si les gens murmurent contre lui ou s’il manque de probité dans ses affaires, il récite la bénédiction des cohanim et on ne doit pas l’en empêcher ; car c’est un commandement qui incombe à tout cohen qui y est apte, et l’on ne dit pas au méchant : «Augmente ta perversité en t’abstenant de pratiquer les commandements».
  1. Ne t’étonne pas en disant: «Quelle sera l’utilité de la bénédiction de cet homme du commun?» Car le bénéfice de la bénédiction ne dépend pas des cohanim, mais du Saint Béni soit-Il, comme il est dit: «Ils imposeront Mon Nom sur les enfants d’Israël, et Moi, Je les bénirai». Les cohanim accomplissent le commandement qui leur a été prescrit, et le Saint Béni soit-Il, dans Sa miséricorde, bénit les juifs comme Il le désire.
  1. Les gens qui se trouvent derrière les cohanim ne sont pas inclus dans la bénédiction, mais ceux qui se tiennent à leurs côtés le sont. Y aurait-il une séparation – fût-ce une muraille de fer – entre les cohanim et ceux qui sont bénis, dès lors que leurs visages sont orientés face aux visages des cohanim, ils sont inclus dans la bénédiction.

 

  1. La bénédiction des cohanim ne peut être récitée qu’en présence de dix hommes, les cohanim étant inclus. Dans une synagogue où tous les fidèles sont des cohanim, tous récitent la bénédiction des cohanim. Mais qui bénissent-ils alors? Leurs frères israélites qui se trouvent au nord et leurs frères qui se trouvent au sud, à l’extérieur de la synagogue. Et qui répond Amen à leur bénédiction? Les femmes et les enfants. Dans cette assemblée composée exclusivement de cohanim, s’il reste dix cohanim en plus de ceux qui montent sur l’estrade, les dix répondent Amen et les autres récitent la bénédiction.

 

  1. Si l’officiant est lui-même le seul cohen de l’assemblée, il ne récitera pas la bénédiction des cohanim. Cependant, s’il est certain d’être capable de prononcer la bénédiction des cohanim et de reprendre sa prière sans confusion, il a le droit de la réciterSi l’assemblée ne compte aucun cohen, l’officiant dit, quand il atteint Sim Chalom dans la répétition de la Amida, là où doit normalement être intercalée la bénédiction des cohanim: «Notre D.ieu et D.ieu de nos pères, bénis-nous de la bénédiction triple écrite dans la Thora par Moïse Ton serviteur et dite par Aaron et ses fils, les cohanim, Ton peuple consacré, comme il est dit: «Que l’Éternel te bénisse et te protège. Que l’Éternel fasse rayonner Sa face vers toi et te soit bienveillant. Que l’Éternel dirige Sa face vers toi et te dispense la paix. Ils imposeront ainsi Mon Nom sur les enfants d’Israël et Je les bénirai.» À cette prière de l’officiant les fidèles ne répondent pas Amen. Après quoi, l’officiant commence la récitation de la dernière bénédiction, Sim Chalom.

 

  1. Si un cohen, après avoir récité la bénédiction des cohanim dans une synagogue, se rend dans une autre synagogue et trouve la communauté en prière mais n’ayant pas encore atteint la bénédiction des cohanim, il récite de nouveau la bénédiction pour eux. Il peut ainsi répéter celle-ci même plusieurs fois dans la journée. Un cohen qui n’a pas quitté sa place pour monter sur l’estrade au moment où l’officiant récitait la bénédiction de la Avoda, commençant par Retsé, ne peut pas monter après coup pour prononcer la bénédiction des cohanim durant cet office. Mais s’il a effectivement commencé à se déplacer pour monter sur l’estrade, même s’il n’atteint l’estrade qu’après la fin de la récitation de la bénédiction de la Avoda, il monte et récite la bénédiction des cohanim.

 

  1. Le cohen qui manque à son devoir et ne monte pas sur l’estrade pour réciter la bénédiction sacerdotale, bien qu’il manque à un seul commandement positif, est considéré comme s’il transgressait trois injonctions. Car il est dit: «Ainsi vous bénirez les enfants d’Israël», «Dis-leur», «Et ils imposeront Mon Nom». Un cohen qui ne bénit pas l’assemblée n’est pas béni. Et un cohen qui bénit l’assemblée est lui-même béni, comme il est dit: «Je bénirai celui qui te bénira».

 

Fin des lois relatives à la prière, avec l’aide de D.ieu.

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