Lois relatives à ce qu’il est interdit d’offrir sur l’autel
Introduction
« Écoute Israël, l’Éternel est notre D.ieu, l’Éternel est un. Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. Que les paroles que je t’adresse aujourd’hui soient sur ton cœur. Tu les enseigneras à tes enfants, et tu en parleras assis dans ta maison, en marchant sur le chemin, à ton coucher et à ton lever. Tu les attacheras en signe sur ta main et elles seront en fronteau entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et à tes portes » (Deut. 6, 4-9).
« Et ce sera, si vous écoutez bien mes commandements que je vous ordonne aujourd’hui, d’aimer l’Éternel votre D.ieu et de le servir de tout votre cœur et de toute votre âme, Je donnerai la pluie de votre terre en son temps, averse d’automne et ondée de printemps, et tu récolteras ton blé, ton vin et ton huile. Je donnerai l’herbe dans ton champ pour ton bétail, tu mangeras et tu seras rassasié. Gardez-vous de laisser séduire votre cœur, de vous écarter et de servir d’autres dieux, de vous prosterner devant eux. La colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous, il fermerait les cieux, il n’y aurait plus de pluie et la terre ne donnerait plus sa récolte, et vous disparaîtriez bientôt du bon pays que l’Éternel vous donne. Mettez ces paroles, que je vous énonce, dans votre cœur et dans votre âme, attachez-les comme signe à votre main, et qu’elles soient en fronteau entre vos yeux. Vous les enseignerez à vos fils, pour vous en entretenir assis dans ta maison, marchant sur le chemin, en te couchant et en te levant. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes, afin que se multiplient vos jours et ceux de vos enfants sur la terre que l’Éternel a juré à vos pères de leur donner, comme les jours des cieux sur la terre » (Deut. 11, 13-21).
« L’Éternel parla à Moïse en disant : « Parle aux enfants d’Israël, et dis-leur de se faire des franges aux coins de leurs vêtements, dans toutes les générations, et d’ajouter à la frange du coin un cordon d’azur. Cela formera pour vous des franges, vous les verrez et vous vous rappellerez tous les commandements de l’Éternel, afin que vous les exécutiez et ne vous égariez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, qui vous entraînent à l’infidélité. Afin que vous vous rappeliez et vous accomplissiez tous Mes commandements, et vous serez saints pour votre D.ieu. Je suis l’Éternel votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte pour devenir votre D.ieu, Je suis l’Éternel votre D.ieu » (Nomb. 15, 37-41).
Ces trois passages bibliques forment ce qu’on appelle le Chema Israël (ou tout simplement le Chema). Récité deux fois par jours, selon les termes du verset (Deut. 6, 7) : « à ton coucher et à ton lever », le Chema est une profession de foi par laquelle sont affirmées l’unité de D.ieu ainsi que Son unicité et l’acceptation de Sa royauté.
L’affirmation de l’unité divine dans le premier verset du Chema est suivie par une injonction relative à l’amour de D.ieu. Le texte commande en effet d’aimer D.ieu « de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir ». À la question : « comment l’amour peut-il être prescrit ? », Rabbi DovBer de Mezeritch répond que l’injonction porte en fait sur la réflexion, la méditation sur la grandeur et l’unité divines, lesquelles nécessairement conduisent à l’amour. C’est donc bien la connaissance qui conduit à l’amour. Cette corrélation entre connaissance et amour a déjà été établie par Maïmonide au début de son premier livre, le Livre de la connaissance (Hilkhot Yessodei Hathora ch. 2 § 2 ; ch. 4 § 12). Elle a aussi été réaffirmée à sa conclusion (Hilkhot Techouva ch. 10 § 6) : « On ne peut aimer D.ieu que par la connaissance que l’on a de Lui : l’amour sera à la mesure de la connaissance ». Ainsi le lien est-il fait entre Livre de la Connaissance et Livre de l’Amour.
Cet amour va jusqu’au Kidouch Hachem, la sanctification du Nom de D.ieu par le sacrifice de soi. Le Talmud (Berakhot 61b) relate le récit de l’un de ses plus grands maîtres, Rabbi Akiva, torturé par les romains, qui rendit son dernier soupir tout en récitant le Chema. La Tradition prescrit d’ailleurs de réaffirmer sa foi en lisant le premier verset du Chema à l’article de la mort.
Le second paragraphe du Chema porte quant à lui sur l’observance de l’ensemble des commandements de la Thora. Selon Berakhot 13a, si les paragraphes du Chema sont récités dans cet ordre, c’est pour que l’acceptation du joug de la Royauté divine (dans le premier paragraphe) précède l’acceptation du joug des commandements (dans le second).
Ce premier grand thème est composé de quatre chapitres : le premier est consacré à la lecture du Chema proprement dite (définition des passages à lire et des bénédictions qui précèdent et suivent la lecture, horaires de lecture), le deuxième à l’attention requise pour la lecture, le troisième, aux lieux impropres à cette lecture, et le dernier aux personnes dispensées de cette obligation.
