Lois relatives à l’étude de la Thora
Chapitre deux
Le présent chapitre porte sur le système éducatif qui doit impérativement être mis en place dans chaque ville d’Israël. Nous avons appris en effet au chapitre précédent que le devoir d’éducation de l’enfant incombe au père. Constatant que l’éducation des enfants n’était pas toujours assurée, les Sages firent évoluer le système éducatif et on institua finalement l’école dans chaque ville, dès l’âge de six ans. Le Talmud rapporte qu’en l’absence de l’homme à l’origine de cette institution, Yeochoua ben Gamla, la Thora aurait été oubliée
- On installe des instituteurs dans chaque ville et dans chaque district. Toute ville où il n’y a pas d’écoliers qui étudient la Thora, on excommunie ses habitants jusqu’à ce qu’ils installent des instituteurs. S’ils ne le font pas, on détruit la ville, car le monde ne subsiste que par le souffle des écoliers qui étudient la Thora.
- L’entrée des enfants à l’école pour leur instruction se fait à l’âge de six ou sept ans, selon la santé de l’enfant et sa constitution physique. Mais il n’entrera pas à l’école en dessous de l’âge de six ans. L’instituteur peut frapper les enfants pour leur inspirer la crainte, mais il ne doit pas les frapper comme un ennemi, avec cruauté. C’est pourquoi, il ne doit les frapper ni avec des verges ni avec des bâtons, mais avec une petite lanière. L’instituteur s’assoit et leur enseigne toute la journée ainsi qu’un e petite partie de la nuit, afin de les éduquer à étudier jour et nuit. Les enfants ne s’ interrompront pas, sauf les veilles de chabbat et veilles de fête, à la fin de la journée c’est-à-dire l’après-midi et les jours des fêtes. Le chabbat, on ne leur fait pas lire pour la première fois quelque chose qu’ils n’ont jamais étudié, mais ils peuvent réviser pour ce qu’ils ont déjà étudié une fois. L’étude des enfants ne doit jamais être interrompue, serait-ce pour la construction du Temple.
- L’instituteur qui abandonne les enfants et sort au moment où il doit étudier avec eux, ou qui fait un autre travail au moment où il étudie avec les enfants, ou qui fait preuve de relâchement dans leur instruction, est visé par le verset: « Maudit soit quiconque exécute avec mauvaise foi l’ouvrage de l’Éternel ». C’est pourquoi, il convient d’établir comme instituteur uniquement un homme animé de la crainte de D.ieu, capable de lire à un bon rythme avec les enfants et avec rigueur et précision.
- Un homme qui n’a pas de femme n’enseignera pas à de jeunes enfants, à cause des mères qui viennent à l’école pour accompagner leurs enfants. Et aucune femme n’enseignera à des enfants, à cause des pères qui viennent accompagner leurs enfants.
- Vingt-cinq enfants peuvent étudier auprès d’un seul instituteur. Au-delà de vingt-cinq, jusqu’à quarante enfants, on nomme un assistant pour l’aider dans l’instruction des enfants. S’ils sont plus de quarante, on désigne deux instituteurs pour eux.
- On peut emmener un enfant chez un autre instituteur plus compétent tant du point de vue du rythme que de la rigueur de son enseignement. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Lorsque les deux instituteurs se trouvent dans la même ville et qu’ils ne sont pas séparés par un fleuve. Mais s’ils habitent dans deux villes différentes ou des deux côtés d’un fleuve de sorte que la route pour se rendre chez le second oblige à passer d’une ville à l’autre ou bien d’un bord à l’autre du fleuve fût-ce dans la même ville, on n’emmènera pas l’enfant chez le second en raison du danger, sauf s’il y a au-dessus du fleuve une construction – c’est-à-dire un pont – solide qui ne risque pas de s’écrouler rapidement.
