Lois relatives aux accessoires du Temple et à ceux qui y servent

Chapitre huit

Les trois chapitres qui suivent portent sur les vêtements sacerdotaux, c’est-à-dire les vêtements portés spécifiquement par les cohanim pour le service. Le présent chapitre présente les différentes sortes de vêtements de prêtrise ainsi que quelques règles générales concernant l’usage de ces vêtements. Il décrit en détails les quatre vêtements communs à l’ensemble des cohanim : la tunique, le caleçon, la ceinture et la tiare.

  1. Il y a trois sortes de vêtements de prêtrise : les vêtements du cohen ordinaire, les vêtements d’or du grand-prêtre et les vêtements blancs du grand-prêtre, spécifiques au jour de Kippour. Un cohen ordinaire porte quatre habits : une tunique, un caleçon, un turban et une ceinture. Les quatre sont en lin blanc et leurs fils sont faits de six fils tordus ensemble ; seule la ceinture est aussi brodée avec de la laine.
  2. Les vêtements en or sont les vêtements du grand-prêtre. Il y a huit vêtements : les quatre vêtements de chaque cohen et quatre autres, qui sont : la robe, l’éphod, le pectoral (‘hochen) et la plaque frontale (tsits). La ceinture du grand-prêtre est un ouvrage de broderie ; sa confection (ne) ressemble (pas) à celle de la ceinture du cohen ordinaire. La tiare dont parle la Thora au sujet d’Aaron correspond au turban mentionné à propos de ses fils, les autres cohanim, si ce n’est que le grand-prêtre l’enroule autour de sa tête à la manière de quelqu’un qui bande un membre fracturé, alors que ses enfants, c’est-à-dire les autres cohanim, l’enroulent comme un couvre-chef ; c’est la raison pour laquelle il est appelé turban (migba’at)
  3. Les « vêtements blancs » sont quatre vêtements que le grand-prêtre porte pour le service spécifique au jour de Kippour : une tunique, un caleçon, une ceinture et une tiare. Les quatre sont blancs et les fils sont faits de six fils tordus ensemble, ils sont uniquement en lin. Le grand-prêtre avait deux tuniques différentes l’une de l’autre le jour de Kippour : une qu’il revêtait pour le service du matin et une qu’il revêtait pour le service de l’après-midi, et les deux ensemble étaient achetées au prix de trente mané, sur les fonds du trésor du Temple. Si le cohen désirait débourser une somme plus importante, pour acheter des vêtements encore plus fins, il pouvait le faire à ses frais. Il devait alors tout d’abord consacrer la somme d’argent à ajouter, en en faisant don à la communauté, et pouvait ensuite l’utiliser pour l’achat dela tunique.
  4. La mitsva consiste à ce que les vêtements de prêtrise soient neufs, beaux, et relâchés, pendant jusqu’aux pieds, selon la taille de celui qui les porte, comme les vêtements des nobles, ainsi qu’il est dit : « en signe d’honneur et de majesté ». Si le cohen a servi avec des vêtements salis, déchirés, trop longs par rapport à sa taille de sorte qu’ils trainent sur le sol ou trop petits, ou s’il a servi tout en ayant relevé ses vêtements à l’aide de la ceinture, son service est disqualifié. S’il a servi avec des vêtements usés ou avec des vêtements trop longs mais qu’il a relevés à l’aide de la ceinture de sorte qu’ils soient à sa taille, son service est valable.
  5. Lorsque l’un des vêtements sacerdotaux d’un cohen devient sale, on ne le nettoie pas et on ne le lave pas, mais on le laisse pour en faire des mèches, et le cohen revêt de nouveaux vêtements. Lorsque les vêtements du grand-prêtre deviennent usés, on les enfouit et on n’en fait aucun autre usage ; quant aux vêtements blancs avec lesquels il a servi le jour de Kippour, il ne sert jamais une seconde fois en les portant. Ils sont enfouis à l’endroit où il les retire, comme il est dit : « et il les déposera là », et il est interdit d’en tirer profit.
  6. Lorsque les caleçons et les ceintures des cohanim ordinaires devenaient usés, ils en faisaient des mèches qu’ils allumaient dans le Temple pendant Sim’hat Beth Hachovéa; et lorsque leurs tuniques devenaient usées, ils en faisaient des mèches pour la Menora allumée « en permanence ».
  7. Les vêtements des cohanim doivent tous provenir impérativement des fonds communautaires. Si un particulier fait don sur ses propres deniers de l’un des vêtements de prêtrise, il en transfère d’abord la propriétéà la communauté pour l’usage du Temple et le vêtement peut alors être utilisé pour le service. Et de même, tous les ustensiles sacerdotaux et le bois pour le bûcher qu’un particulier a remis à la communauté sont valables. Il en va de même s’agissant de tous les sacrifices communautaires : si un particulier en fait don de son propre argent, ils sont valables, à condition qu’il en ait transféré la propriété à la communauté.
  8. On faisait de nombreux ensembles de vêtements pour les cohanim ordinaires. Et il y avait 96 fenêtres dans le Temple pour poser les habits, quatre fenêtres pour chaque « garde », et le nom de chaque garde était inscrit sur les fenêtres et toutes étaient fermées. Lorsque les hommes de la garde entraient pour faire le service durant leur semaine, ils ouvraient leurs fenêtres durant tous les jours de leur semaine et ils prenaient leurs habits. Et lorsqu’ils partaient, une fois leur semaine terminée, ils remettaient leurs habits dans leurs fenêtres et ils les fermaient.
  9. Et pourquoi avait-on fait quatre fenêtres pour chaque garde ? Pour que les différents types d’habits ne soient pas mélangés, mais que tous les caleçons soient posés dans une seule fenêtre sur laquelle il était inscrit : « caleçons ». De même, les ceintures étaient poséesdans une seule fenêtre sur laquelle il était inscrit : « ceintures ». Et de même, tous les turbans étaient posés dans une seule fenêtre sur laquelle il était inscrit : « turbans » et toutes les tuniques étaient posées dans une seule fenêtre sur laquelle il était inscrit : « tuniques ».
  10. Le grand-prêtre dépose les vêtements en or dans sa loge lorsqu’il ne les porte pas, à savoir la nuit ou au moment où il sort du Temple.
  11. Il est permis de tirer profit des vêtements de prêtrise. C’est pourquoi le cohen peut les porter durant le jour de son service même à un moment où il ne sert pas. Seule la ceinture fait exception, parce qu’elle est faite d’un mélange lin/laine (chaatnez).
  12. Il est donc interdit à un cohen ordinaire de porter la ceinture, si ce n’est au moment où il sert. (12) Les cohanim ne portent pour le service que des vêtements faits de laine et/ou de lin, c’est-à-dire qu’ils sont faits uniquement de laine, de lin ou des deux, mais d’aucune autre matière.
  13. Partout où la Thora emploie le motchech ou bad, il s’agit de lin, appelé aussi bouts. Et partout où la Thora parle de tekhélet (azur), il s’agit de la laine qui est teinte d’une couleur du ciel qui est un bleu mélangé avec du blanc, c’est-à-dire bleu azur. Argamane désigne la laine colorée en rouge. Et tolaat chani (cramoisi) désigne la laine colorée par des grains rouges.
  14. À chaque fois que la Thora parle de faire un vêtement de chech ou de « chech retors », il faut que chaque fil soit fait de six fils tordus ensemble. Et lorsque la Thora dit de faire un vêtement de bad, s’il est fait d’un seul fil, c’est valable ; mais la meilleure manière d’accomplir la mitsva est que chaque fil soit fait de six fils tordus ensemble. Et quand il est dit : « retors » seulement sans le mot chech, il faut que le fil soit fait de huit fils tordus ensemble.
  15. À chaque fois qu’il est dit dans la Thora : « œuvre de brodeur », cela veut dire que les figures représentées sur le tissu seront visibles d’un côté seulement,sur la face du tissu. Et l’expression « œuvre d’artiste » signifie que la figure sera visible des deux côtés, de devant et de derrière.
  16. Comment fait-on les vêtements ? La tunique, aussi bien celle du grand-prêtre que celle d’un cohen ordinaire, est faite sous forme de mailles, c’est-à-dire tissée de manière à former des alvéoles, comme un réticulum, comme ce que font les tisserands pour les vêtements durs et épais. Et la manche est tissée séparément et on la rattache à la tunique en lacousant à l’aiguille.
  17. La longueur de la tunique est telle qu’elle arrive légèrement au-dessus du talon. La manche va jusqu’à la paume de la main et sa largeur est égale à la largeur de la main du cohen.
  18. Les caleçons, aussi bien ceux du grand-prêtre que ceux du cohen ordinaire, vont des reins jusqu’aux cuisses, c’est-à-dire depuisle dessus du nombril, proche du cœur, jusqu’à la fin de la cuisse, c’est-à-dire le genou. Ils sont munis de cordons pour être resserrés et n’ont ni repli à l’arrière, ni poche pour les parties intimes, mais ils entourent le cohen au niveau de la taille, comme une bourse.
  19. La longueur de la tiare du grand-prêtre et du turban du cohen ordinaire est de seize coudées. La largeur de la ceinture est d’environ trois doigts et sa longueur de trente-deux coudées ; le cohen l’entoure en faisant des tours superposés jusqu’à l’enrouler complètement, puis il l’attache. Les vêtements de prêtrise ne sont pas faits à l’aiguille, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas faits de plusieurs pièces d’étoffe cousues ensemble, mais comme un ouvrage de tisserand, tissé de bout en bout, dans sa forme et dans sa taille, ainsi qu’il est dit : « œuvre de tisserand ».
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