Lois relatives aux accessoires du Temple et à ceux qui y servent

Chapitre sept

En plus de ceux qui ont pour fonction de faire le service sacerdotal dans le Temple, on y trouve aussi quinze « préposés ». Chaque préposé a une fonction de responsabilité : d’autres personnes sont placées sous son autorité et il doit veiller à la bonne organisation et au bon déroulement de la tâche dont il a la charge. Ces quinze charges sont décrites tout au long de ce chapitre.

  1. Il y avait quinze préposés dans le Temple. On nomme toujours le même nombreet il y a un unique préposé à chacune de ces quinze tâches : 1/ sur les temps 2/ sur la fermeture des portes 3/ sur les gardes 4/ sur les chantres 5/ sur les cymbales, ainsi que les autres instruments de musique 6/ sur les tirages au sort 7/ sur les paires d’oiseaux 8/ sur les jetons 9/ sur les libations 10/ sur les malades 11/ sur l’eau 12/ sur la confection des pains de propositions 13/ sur la confection de l’encens 14/ sur la confection des rideaux 15/ sur la confection des vêtements de prêtrise.
  2. Chacun de ces préposés a beaucoup d’hommes sous son autorité pour assurer la réalisation de la tâche dont il est responsable. Celui qui est préposé aux temps, lui et ses hommes surveillent les temps règlementaires, de sorte que, dès qu’arrive l’heure d’offrir le sacrifice, lui-même ou l’un de ses hommes proclame : « Levez-vous, cohanim, pour le service, lévites pour chanter sur la tribune, et israélites pour vous tenir présents (maamad). Et dès que sa voix est entendue, chacun se met à son poste.
  3. Celui qui est préposé à la fermeture des portes, c’est sur son ordre qu’on ferme les portes du parvis le soir et sur son ordre qu’on lesouvre le matin. Et ceux qui sonnent chaque jour de la trompette ne le font qu’avec son autorisation ; chaque jour, ils sonnent trois sonneries au moment de l’ouverture des portes : Tekia, Teroua et Tekia.
  4. Celui qui est préposé sur les gardes est celui qu’on appelle « l’intendant du Mont du Temple ». Il fait une ronde chaque nuit pour inspecter les lévites qui montent la garde des portes du Temple et s’assurer qu’ils sont bien réveillés. À chaque fois qu’un lévites’était endormi à son poste de garde, il le frappait de son bâton et pouvait aller jusqu’à brûler son vêtement.
  5. Celui qui est préposé sur les chantres choisit chaque jour les chantres qui se tiennent debout sur la tribune pour chanter. Et c’est sur son ordre que l’on sonne des trompettes lors des libations qui accompagnent lessacrifices. Il ne doit pas y avoir moins de vingt et une sonneries chaque jour dans le Temple : trois sonneries au moment de l’ouverture des portes, neuf au moment du sacrifice quotidien (tamid) du matin et neuf au moment du sacrifice quotidien de l’après-midi. Et le jour où il y a un sacrifice supplémentaire (moussaf), on ajoute neuf sonneries au moment de l’offrande supplémentaire. Si un jour de Roch ‘Hodech ou de Yom Tov tombe un chabbat ou si Roch Hachana tombe un chabbat – de sorte qu’il y a trois offrandes supplémentaires de moussaf – on ne sonne pas pour chaque offrande de moussaf séparément, mais on sonne neuf sonneries seulement pour l’ensemble des deux ou trois offrandes de moussaf.
  6. Le vendredi, on ajoute six sonneries: trois afin que les gens cessent leurs activités, et trois pour faire séparation entre le sacré et le profane.Les jours de fête de pèlerinage, on ajoute trois sonneries lors de l’ouverture de la porte d’en bas, à savoir la porte de la cour des femmes, et trois sonneries lors de l’ouverture de la porte d’en haut, porte de Nikanor. Pourquoi l’appelle-t-on « porte d’en haut » ? Parce qu’elle est située au-dessus de la cour des femmes. De même, on sonne trois sonneries supplémentaires à l’occasion du remplissage de leau que l’on offre en libation durant les sept jours de la fête de Souccot. Mais le chabbat, on ne sonne pas à l’occasion du remplissage. Et de même, on sonne trois sonneries sur l’autel au moment où l’eau était offerte en libation. Tous ceux qui sonnent au moment de l’offrande des sacrifices dépendent du préposé sur les chantres et sont sous son autorité. Et toutes ces sonneries sont effectuées avec des trompettes.
  7. Celui qui est préposé aux cymbales est celui qui dispose tous les musiciens avec leurs instruments pour accompagner le chant des lévites, comme nous l’avons expliqué.
  8. Celui qui est préposé aux tirages au sort est celui qui procède au tirage au sort chaque jour pour répartir les tâches entre les cohanim, de sorte que chacun accomplisse la tâche qui lui est échue par le tirage au sort. On tirait quatre fois au sort chaque jour. Dans les lois relatives aux offrandes quotidiennes, j’expliquerai comment on procédait pour le tirage au sort.
  9. Celui qui est préposé aux paires d’oiseaux convient avec les trésoriers du Temple qu’il vendra les paires d’oiseaux pour les besoins des sacrifices aux prix de tant de paires pour un séla. Quiconque a l’obligation d’offrir en sacrifice des tourterelles ou des jeunes pigeons apporte aux trésoriers du Temple la somme due, et le préposé fournit les paires d’oiseaux demandées aux intéressés. Et le soir, le préposé fait le compte du nombre d’oiseaux qu’il a fournis avec les trésoriers et ils lui en payent le prix. Tous les trente jours, les trésoriers fixent le prix avec lui. Si le prix des paires d’oiseaux baisse ensuite par rapport au prix convenu, le préposé devra les fournir au Temple au prix bas actuel; mais si les prix augmentent, il devra les fournir au prix convenu initialement, car le trésor du Temple est en position d’avantage dans les transactions commerciales. De même, si une paire d’oiseaux se trouve être impropre au sacrifice ou si elle devient impropre avant d’être offerte, le préposé devra en fournir une autre à la place.
  10. Celui qui est préposé aux jetons reçoit l’argent des libations de ceux qui doivent apporter des libations et il leur donne des jetons. Et celui qui est préposé aux libations est celui qui vend les libations aux intéressés en échange des jetons qu’ils lui remettent.
  11. Comment cela ? Il y avait quatre sortes de jetons dans le Temple. Sur l’un, il était inscrit : « veau ». Sur le second, il était inscrit : « mâle ». Sur le troisième, il était inscrit : « chevreau ». Et sur le quatrième, il était inscrit : « pécheur ».
  12. Quiconque apporte ses offrandes au Temple donne l’argent des libations au préposé des jetons et celui-ci lui donne des jetons suivant le nombre de ses offrandes. Si ce dernier est un metsora riche, le préposé lui donne un jeton sur lequel figure la mention : « pécheur ». L’intéressé va ensuite avec les jetons qu’il a dans sa main auprès du préposé aux libations et ce dernier lui donne le vin et la farine pour des libations correspondant au nombre de jetons et à la mention qui y est inscrite. Le soir, le préposé aux libations et le préposé aux jetons viennent l’un auprès de l’autre; le premier présente les jetons qu’il a reçus et reçoit du second la somme d’argent correspondante. S’il reste de l’argent en plus entre les mains du préposé aux jetons après le compte, cet argent revient au Temple. Et s’il manque de l’argent par rapport aux libations fournies en fonction du nombre de jetons reçus, le préposé aux jetons paiera de sa poche. Si une personne perd son jeton, on attend jusqu’au soir, lorsque le préposé aux jetons et le préposé aux libations font les comptes : s’ils trouvent un surplus d’argent strictement équivalent au jeton déclaré perdu, on donne à celui qui a perdu son jeton les libations. Dans le cas contraire, on ne lui donne rien. Les détails relatifs au jour sont inscrits sur le jeton à cause des trompeurs qui chercheraient à garder chez eux les jetons le temps que le prix des libations augmente
  13. Tous les trente jours, les trésoriers fixent le prix du vin et de la fine fleur de farine avec le préposé aux libations. Si entre-temps le prix du vin et de la farine nécessaires aux libations augmente, le préposé devra fournir les libations au prix convenu initialement. Si le prix baisse, il devra fournir les libations au prix bas. Le gain que fait le trésor du Temple grâce à la variation à la baisse desprix est appelé « le surplus des libations » : on se sert de l’argent ainsi obtenu, pour acheter des animaux qui seront offerts en holocaustes comme « dessert » pour l’autel. On n’offre pas comme « dessert » sur l’autel des oiseaux en holocaustes car il n’y a pas d’offrandes communautaires faites avec des oiseaux.
  14. Étant donné que les cohanim se tiennent constamment pieds nus sur le sol du parvis, qu’ils consomment beaucoup de viande et ne portent pour vêtements au cours du service qu’une seule tunique, ils souffrent de maux intestinaux. C’est la raison pour laquelle on nomme un préposé pour les examiner et soigner tous leurs maux : il s’occupe en permanence des soins des cohanim, lui et les hommes placés sous son autorité.
  15. On nomme aussi un préposé qui a pour fonction de creuser des citernes et des rigoles assurant l’approvisionnement en eauet de réparer les citernes publiques, afin qu’il y ait toujours de l’eau à disposition à Jérusalem pour chacun de ses habitants et pour tous les pèlerins qui y montent à l’occasion des fêtes de pèlerinage. On nomme un préposé sur tous les artisans qui font les pains de proposition, c’est lui qui organise tout le travail. On nomme aussi un préposé sur tous les artisans de l’encens et c’est lui qui organise le travail.
  16. Le préposé aux rideaux est responsable de ceux qui tissent les rideaux et ceux qui font les broderies au cours du tissage, de sorte que les rideaux soient prêts pour l’entrée du Heikhal et pour les portes. Ils faisaient chaque année deux rideaux pour faire une séparation entre le Kodech et le Saint des Saints. Les fils des rideaux étaient faits de six fils tordus ensemble et il y en avait de quatre sortes : du lin, de la laine azur, de la laine rouge, de la laine cramoisie, chacun de ces fils étant constitué de six fils, ce qui fait au total vingt-quatre fils. L’épaisseur du rideau était d’un téfa’h, et il était tissé au moyen de soixante-douze lisses ; sa longueur était de quarante coudées et sa largeur de vingt coudées.
  17. Il y avait treize rideaux dans le second Temple : sept sur les sept portes du parvis, un à l’entrée de l’Oulam, un à l’entrée du Heikhal et deux pour le Saint des Saints, pour faire séparation entre celui-ci et le Kodech, et deux autres rideaux situésau même endroit à l’étage supérieur pour séparer entre l’étage supérieur du Kodech et l’étage supérieur du Saint des Saints
  18. Si l’un des rideaux du Temple devient impur par un contact avec une impureté du premier degré, on l’immerge au mikvé à l’intérieur du parvis et on le remet immédiatement à sa place, car il n’est pas nécessaire d’attendre la tombée de la nuit pour l’achèvement de sa purification. Si un rideau devient impur par un contact avec une source principale d’impureté (av hatouma), on l’immerge au mikvé à l’extérieur du parvis et on l’étend dans le ‘Heil pour le faire sécher. Il est interdit de l’introduire tout de suite dans le parvis, parce qu’il faut attendre la tombée de la nuit pour que s’achève son processus de purification. Et s’il est neuf, on l’étend au-dessus d’un banc construit sur le Mont du Temple afin que les gens puissent observer la beauté de l’ouvrage.
  19. Tous les ustensiles dans le Temple étaient en double et en triple exemplaires, de sorte que si les uns devenaient impurs, on apportait les seconds à la place.
  20. Celui qui est préposé à la confection des vêtements des cohanim s’occupe de la préparation des vêtements des cohanim ordinaires et des vêtements du grand-prêtre ainsi que du tissage des vêtements, et c’est sous son autorité que tout est fait. Il disposait d’une loge dans le Temple.
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