Lois relatives à la Maison d’élection

Chapitre huit

Ce dernier chapitre conclut par la mitsva de monter la garde au Temple durant la nuit. C’est là une injonction de la Thora de faire honneur au Temple où réside la Présence Divine en en détachant jamais notre esprit. La garde est confiée aux cohanim et aux lévites. C’est ainsi que chaque nuit, vingt-quatre groupes montaient la garde.

  1. C’est un commandement positif de monter la garde du Temple, bien que l’on ne craigne ni ennemi ni brigands. Car on n’y monte pas la garde pour protéger les objets du Temple contre le vol, mais uniquement pour faire honneur au lieu : la splendeur d’un palais entouré de gardes ne ressemble pas à celle d’un palais non gardé.
  2. La mitsva consiste à monter cette garde toute la nuit. Les gardiens sont les cohanim et les lévites, ainsi qu’il est dit à Aaron: « Toi et tes enfants avec toi, vous serez devant la Tente du Témoignage », ce qui veut dire que c’est vous qui en assurerez la garde. Voilà qu’il est dit juste après : « et ils monteront la garde de la Tente d’Assignation ». Il est dit aussi : « ceux qui campaient à l’avant, devant la Tente d’Assignation à l’est, étaient Moïse, Aaron et ses fils, chargés de la garde du Sanctuaire ».
  3. S’ils ont omis de garder le Temple, ils ont transgressé un commandement négatif, car il est dit: « vous observerez la garde du Sanctuaire ». Le terme « observer » exprime un commandement négatif. Tu apprends donc que le fait d’y monter la garde constitue un commandement positif et que le fait de manquer à cette garde constitue la transgression d’un commandement négatif.
  4. La mitsva de garder le Temple consiste à ce que les cohanim montent la garde à l’intérieur et les lévites à l’extérieur. Vingt-quatre groupes y montaient la garde chaque nuit, toujours, en vingt-quatre endroits : les cohanim en trois endroits et les lévites en vingt et un endroits.
  5. Où montaient-ils la garde ? Les cohanim montaient la garde dans la salle d’Avtinas, dans la salle des rayons et dans la salle du feu. La salle d’Avtinas et la salle des rayons étaient des salles surélevées qui dominaient les portes du parvis, et ce sont les jeunes cohanim qui montaient la garde à ces endroits. La salle du feu était un grand pavillon avec un dôme, entourée à l’intérieur de gradins de pierre ; ce sont les anciens parmi les cohanim de la famille destinée à servir dans le Temple en ce jour au matin, qui y dormaient, et ce sont eux qui détenaient les clés du parvis.
  6. Les cohanim montant la garde ne dormaient pas avec leurs habits de prêtrise ; ils les pliaient et les posaient près de leur tête. Ils revêtaient leurs propres habits et s’allongeaient à même le sol, à la façon de tous les gardiens de cours royales, qui peuvent dormir sur le sol, mais ne dorment pas dans un lit.
  7. Si l’un d’eux était sujet à une pollution nocturne, ce qui le rendait impur et lui interdisait de rester sur le mont du Temple, il empruntait le couloir souterrain – car les souterrains s’ouvrant sur le mont du Temple n’avaient pas été sanctifiés – et allait s’immerger dans le mivké, puis il revenait s’asseoir parmi ses frères cohanim dans la salle du feu. Lorsqu’on ouvrait les portes au matin, il sortait du Temple et s’en allait chez lui.
  8. Où les lévites montaient-ils la garde ? Aux cinq portes du mont du Temple et à ses quatre coins, à l’intérieur de ses murs; aux quatre coins du parvis, à l’extérieur de ses murs (car il est interdit de s’asseoir dans le parvis), et devant cinq portes du parvis, à l’extérieur. Le parvis avait au total sept portes, mais les lévites n’avaient pas besoin de monter la garde devant les deux dernières, car les cohanim y montaient déjà la garde devant celles-ci, à savoir la porte du feu et la porte des rayons. Cela fait dix-huit endroits gardés par les lévites.
  9. De plus, les lévites montaient la garde à la loge des sacrifices, à la loge du rideau et derrière le Saint des saints.
  10. On nommait un préposé chargé de veiller sur toutes les gardes, appelé « intendant du mont du Temple ». Il inspectait chaque garde, toute la nuit durant, avec des torches de feu allumées devant lui. À chaque fois qu’un garde ne se levait pas, en lui disant : « Paix sur toi, intendant du Temple », c’était signe qu’il dormait et l’intendant du Temple le frappait de son bâton. Il avait même le droit de mettre le feu à son vêtement, au point qu’on disait dans Jérusalem : « Quel est ce bruit dans le parvis ? Ce sont les cris d’un lévite que l’on frappe et dont on brûle les vêtements parce qu’il s’est endormi pendant sa garde ! ».
  11. Au matin, peu avant l’aube, le préposé du Temple, c’est-à-dire le préposé aux tirages au sort pour la répartition des tâches du service, venait frapper à la portepour appeler les cohanim de la salle du feu et ils lui ouvraient. Il prenait les clés et ouvrait la petite porte d’accès au parvis depuis la salle du feu et y entrait suivi des cohanim de la salle du feu, qui s’étaient préalablement immergés dans le mikvé et avaient revêtus les vêtements de prêtrise. Ils portaient deux torches et se répartissaient en deux groupes : l’un marchait vers l’est et l’autre vers l’ouest, et ils faisaient le tour de tout le parvis en l’inspectant pour vérifier que tous les objets du service étaient à leur place, jusqu’à ce que les deux groupes parviennent devant la « loge de ceux qui préparent les ‘havitine». Arrivés là les uns et les autres, ils se disaient les uns aux autres : « En ordre ; tout est en ordre ». Puis ils nommaient parmi eux ceux qui allaient préparent les ‘havitine afin qu’ils commencent à préparer les ‘havitine.
  12. C’est ainsi qu’on procédait chaque nuit pour inspecter le parvis, excepté les nuits de chabbat, où l’on n’avait pas de torche en main, et l’on procédait à l’inspection à la lueur des lampes qui y étaient allumées depuis la veille.
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