Lois relatives à la Maison d’élection

Chapitre quatre

Le chapitre quatre décrit l’édifice du Heikhal. Situé dans l’enceinte du parvis, c’est le lieu le plus saint du Temple, qui comprend trois espaces distincts : l’Oulam (vestibule), le Kodech (Saint) et le Kodech Hakodachim (le Saint des saints) où se trouve l’arche de l’Alliance avec les Tables de la loi. On trouvera ici les dimensions de l’édifice ainsi qu’une description des espaces qui le composent et de son architecture.

Il est important de rappeler que le mot Heikhal, que l’on utilise ici pour désigner tout le bâtiment que l’on voit de l’extérieur, y compris l’Oulam, désigne parfois aussi uniquement l’édifice qui se trouve à l’intérieur et qui comprend le Kodech et le Saint des saints (avec tous les murs qui sont autour). Pour parler de l’entrée de l’entrée de l’édifice extérieur, on parle alors de l’entrée de l’Oulam. Afin de bien faire la distinction entre ces deux acceptions, lorsqu’il est question uniquement de l’édifice intérieur, nous l’avons signalé dans le commentaire.

Il est aussi important de souligner que la description de l’édifice du Heikhal qui est donnée par le Rambam diffère sensiblement de celle Rachi, que l’on voit couramment dans les maquettes ou dessins du Temple. Cela concerne aussi bien la structure extérieure qu’intérieure (à savoir toute la structure autour du Kodech et du Saint des saints).

  1. Il y avait une pierre dans le Saint des saints, du côté ouest, sur laquelle était posée l’arche de l’Alliance. Devant l’arche étaient posés l’urne de manne et le bâton d’Aaron. Lorsque Salomon édifia le Temple, il savait qu’il serait un jour détruit, et il construisit un endroit pour y dissimuler l’arche, sous le Temple, dans de profonds labyrinthes. C’est le roi Josias qui, peu avant la destruction du premier Temple, ordonna aux cohanim de la cacher dans l’endroit construit par Salomon, ainsi qu’il est écrit : « Il dit aux lévites qui enseignent à tout Israël, consacrés à D.ieu : « Déposez l’arche sainte à l’endroit préparé par Salomon fils de David, roi d’Israël ; vous ne la porterez plus sur l’épaule ; et maintenant, servez l’Éternel votre D.ieu, etc. ». Avec l’arche furent cachés aussi le bâton d’Aaron, l’urne de manne et l’huile d’onction. Tous ces objets ne furent pas rétablis dans le Second Temple. De même, les Ourim veToumim d’alors – c’est-à-dire les pierres du pectoral porté par le grand-prêtre – ne répondaient plus par l’entremise de l’inspiration divine et on ne posait plus de question à travers elles, ainsi qu’il est dit au début de la période du second Temple: « jusqu’au rétablissement du prêtre portant les Ourim veToumim». Les pierres du pectoral n’étaient confectionnées à l’époque du second Temple que pour compléter les huit vêtements du grand-prêtre afin qu’il ne lui en manque aucun, ce qui l’aurait disqualifié mais, en tout état de cause, la parole divine ne pouvait plus être interrogée à travers elle.
  2. Dans le premier Temple, un mur d’une coudée d’épaisseur séparait le Kodech du Saint des saints. Lors de la construction du deuxième Temple, les sages de l’époque eurent un doute si l’épaisseur d’une coudée du mur faisait partie des dimensions du Kodech ou si elle faisait partie des dimensions du Saint des saints. C’est pourquoi ils firent un espace d’une longueur de vingt coudées entières pour le Saint des saints, et un espace d’une longueur de quarante coudées entières pour le Kodech, en laissant un espace vide d’une coudée supplémentaire entre le Kodech et le Saint des saints. Ils ne bâtirent pas de mur dans cet espace supplémentaire dans le second Temple, mais ils firent à la place deux rideaux, l’un du côté du Saint des saints et l’autre du côté du Kodech, distants d’une coudée, correspondant à l’épaisseur du mur qu’il y avait dans le premier Temple. En revanche, dans le premier Temple, où un mur séparait le Kodech du Saint des saints, il n’y avait qu’un seul rideau, qui recouvrait l’entrée du Saint des saints, ainsi qu’il est écrit : « Le rideau fera pour vous séparation ».
  3. Le Heikhal que construisirent les exilés à leur retour de Babylonie, lors de la construction du second Temple, faisait cent coudées sur cent coudées avec une hauteur de cent coudées. Voici comment était décomposée sa hauteur : ils construisirent une partie de six coudées de hauteur, entièrement pleine, formant comme une base sur laquelle le Heikhal était construit. La hauteur des murs du Heikhal était de quarante coudées. Au-dessus des murs reposaient deux plafonds séparés par un espace vide. Le premier plafond était fait de poutres ornées de moulures : l’épaisseur du plafond décoré était d’une coudée. Au-dessus du plafond décoré il y avaitun espace vide de deux coudées pour permettre l’écoulement des eaux provenant du toit supérieur en cas de fuite, et cet espace vide était appelé beit dilpa. Au-dessus de ce beit dilpa il y avait un plafond fait de poutres dont l’épaisseur était d’une coudée, puis au-dessus une chape, couche de chaux et de pierre, d’une coudée d’épaisseur. Au-dessus du Heikhal était construit un étage supérieur dont les murs faisaient quarante coudées de hauteur. Celui-ci était recouvert par un plafond décoré d’une coudée d’épaisseur, séparé par un vide de deux coudées (beit dilpa) d’un autre plafond d’une coudée d’épaisseur, couvert d’une chape d’une coudée d’épaisseur. La hauteur du parapet au-dessus de la chape était de trois coudées ; une lame de fer d’une coudée, acérée comme une épée, surmontait le parapet pour empêcher les oiseaux de s’y poser ; c’est ce qu’on appelait kalé orev (« chasse corbeau »). Le tout mesurait donc cent coudées de haut.
  4. D’ouest en est, la mesure du Heikhal était decent coudées, comptées ainsi : il y avait du côté ouest du Heikhalquatre murs successifs, séparés par trois espaces vides. Du mur ouest du Heikhal au premier mur intérieur, cinq coudées ; du deuxième au troisième mur, six coudées ; du troisième au quatrième mur, six coudées, chacune des mesures indiquées comprenant l’épaisseur du mur avec l’espace vide entre les deux murs. La longueur du Saint des saints était de vingt coudées. L’espace entre les deux rideaux séparant le Kodech du Saint des saints, une coudée. La longueur du Kodech, quarante coudées. L’épaisseur du mur Est où se trouvait la porte d’entrée du Kodech, six coudées. L’Oulam, onze coudées ; et l’épaisseur du mur de l’Oulam, cinq coudées. Soit en tout cent coudées.
  5. Du nord au sud, la mesure du Heikhal était de cent coudées, comptées ainsi : l’épaisseur du mur de l’Oulam, cinq coudées ; du mur de l’Oulam jusqu’au mur extérieur du Kodech, dix coudées ; les murs du Kodech étaient constitués, de chaque côté, de six parois successives séparées par cinq espaces vides ; de la plus extérieure à la suivante, cinq coudées ; entre la deuxième et la troisième, trois coudées ; de la troisième à la quatrième, cinq coudées ; entre la quatrième et la cinquième, six coudées ; et de la cinquième à la paroi la plus intérieure, six coudées ; soit quarante coudées de part et d’autre du Kodech ; la largeur interne du Kodech était de vingt coudées, ce qui fait au total cent coudées.
  6. Le pichpach est une petite porte. L’édifice intérieur du Heikhal avait deux petites portes d’accès, de part et d’autre de la grande porte située au milieu, l’une au nord et l’autre au sud. Celle du sud ne fut jamais empruntée, et c’est à son propos qu’Ézéchiel dit : « cette porte restera fermée et ne devra pas être ouverte ». C’est par celle du nord que l’on entrait, et le cohen avançait entre les deux parois du couloir sur lequel elle donnait jusqu’à ce qu’il arrive à un endroit ouvert à sa gauche sur le Kodech. C’est par là qu’il accédait au Heikhal – c’est-à-dire au Kodech et il marchait ensuite jusqu’à la grande porte et l’ouvrait.
  7. La grande porte était large de dix coudées et haute de vingt coudées. Elle avait quatre battants : deux à l’intérieur et deux à l’extérieur. Les battants extérieurs s’ouvraient vers l’intérieur, recouvrant l’épaisseur du mur. Les battants intérieurs s’ouvraient vers l’intérieur même du Heikhal – c’est-à-dire du Kodech et se rabattaient contre le mur.
  8. L’entrée de l’Oulam était haute de quarante coudées, large de vingt, et ne comportait pas de portes. Cinq poutres de bois décorées surplombaient l’entrée. La poutre inférieure débordait d’une coudée de part et d’autre de la largeur de l’entrée, et chacune des cinq dépassait celle du dessous d’une coudée de chaque côté. La cinquième poutre mesurait donc trente coudées de large. Une rangée de pierres se trouvait entre chaque poutre.
  9. Le Heikhal était large à l’avant, du côté de l’entrée, et légèrement plus étroit à l’arrière, comme la forme d’un lion plus large à l’avant qu’à l’arrière. Des plates-formes en saillie sur la façade extérieure du « mur de la rampe » (kotel hamessiba) faisaient le tour de tout l’édifice intérieur du Heikhal. La plate-forme inférieure faisait cinq coudées de large et était recouverte par un autre élément en saillie qui était en pierre et faisait six coudées de large; la plate-forme du milieu, de six coudées de large, était recouverte par une bande de pierre de sept coudées de large; et la plate-forme supérieure faisait sept coudées de large, ainsi qu’il est dit : « et la plate-forme inférieure, etc. ». Ces trois plate-forme en saillie entouraient l’édifice de ses trois côtés. De même, tout autour de l’Oulam, sur la façade extérieure de l’édifice, du bas jusqu’en haut, il y avait une coudée lisse puis un bandeau en saillie de trois coudées de haut, une coudée lisse puis un bandeau en saillie de trois coudées de haut, et ainsi de suite jusqu’en haut. Ces reliefs entouraient les murs de l’Oulam. La hauteur de ces bandeaux était de trois coudées avec une coudée entre chaque bandeau ; le bandeau supérieur faisait quant à lui quatre coudées de haut.
  10. Tous les espaces vides entre les différentes parois de l’édifice intérieur du Heikhal s’appellent des « compartiments ». Il y avait donc, autour du Sanctuaire, cinq « compartiments » au nord, cinq au sud et trois à l’ouest. De plus, il y avait, de chaque côté, trois étages superposés, ce qui faisait au total quinze compartiments au sud – cinq à chaque étage –, quinze compartiments au nord et huit compartiments à l’ouest, à savoir trois en dessous, trois au-dessus, et deux au-dessus des trois. Les trois étages de compartiments à l’ouest étaient au même niveau que ceux des côtés nord et sud. Il y avait donc au total 38 compartiments.
  11. Chaque compartiment avait trois ouvertures : l’une sur le compartiment de droite, l’une sur le compartiment de gauche et l’une sur le compartiment du dessus. Dans le compartiment situé au nord-est du Heikhal, à l’étage du milieu, il y avait cinq ouvertures : une sur le compartiment de droite, une sur le compartiment du dessus, une sur la rampe (messiba), une vers le compartiment où se trouvait la petite porte (pichpach), et une vers le Heikhal.
  12. Une rampe (messiba) montait en allant du coin nord-est au coin nord-ouest ; c’est par cette rampe que l’on accédait au toit des compartiments. On montait sur la rampe située au coin nord-est en se dirigeant vers l’ouest ; on longeait ainsi toute la face nord du Heikhal, jusqu’à ce qu’on arrive au coin nord-ouest. De là, on se tournait vers le sud et on longeait la face ouest, jusqu’à ce qu’on arrive au coin sud-ouest. De là, on se tournait vers l’est et on longeait la face sud, jusqu’à ce qu’on atteigne l’entrée de l’étage supérieur du Heikhal, car cette entrée se trouvait sur le côté sud, au coin sud-est.
  13. À l’entrée de l’étage supérieur du Heikhal se trouvaient deux mâts en cèdre avec des barreaux, comme les barreaux d’une échelle, qui permettaient de monter jusqu’au toit de l’étage supérieur. À l’étage supérieur, des extrémités de poutres en bois faisaient séparation entre le plafond du Kodech et le plafond du Saint des saints. Il y avait des trappes dans le sol de l’étage supérieur qui s’ouvraient sur le Saint des saints et par lesquelles on faisait descendre les ouvriers chargés de faire des réparations sur les murs du Saint des saints dans des nacelles fermées de trois côtés ; cela, afin que leurs yeux ne puissent pas se régaler de la beauté du Saint des saints. Une fois par an, juste avant la fête de Pessa’h, on enduisait de chaux les murs extérieurs du Heikhal.
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