Lois relatives aux bénédictions

Chapitre six

Le Chapitre six traite des lois relatives aux ablutions des mains. L’ablution des mains est requise en diverses occasions : le matin au lever, avant la prière, avant et après un repas. Ce chapitre s’arrête principalement sur les ablutions qui précèdent et qui suivent le repas. L’ablution doit se faire avec de l’eau, versée à l’aide d’un kéli, un récipient. Seront donc étudiés ici le procédé d’ablution des mains ainsi que les règles relatives aux récipients et à l’eau qu’il convient d’utiliser.

  1. Quiconque consomme du pain sur lequel on récite la bénédiction Hamotsi doit se laver les mains avant et après consommation. Même s’il s’agit de pain non consacré et même si ses mains ne sont pas souillées et qu’il n’a pas connaissance d’avoir touché une source d’impureté, il ne mangera pas avant de s’être lavé les deux mains. De même, il est nécessaire de se laver les mains avant de consommer tout aliment trempé dans un liquide.
  1. Quiconque se lave les mains, que ce soit pour manger, pour la lecture du Chema ou pour la prière, doit au préalable réciter la bénédiction: « Béni soit… qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné l’ablution des mains». Car l’ablution des mains est une injonction des Sages ; or la Thora nous a ordonné d’écouter les Sages, ainsi qu’il est dit: «selon la loi qu’ils t’enseigneront… tu feras…» En revanche, on ne récite pas de bénédiction pour les ablutions d’après le repas, parce qu’elles ne furent instituées que pour préserver d’un danger. Et c’est parce qu’elles furent instituées en raison du danger que l’on doit s’y montrer très attentif.
  1. L’ablution des mains entre un plat et l’autre est facultative: si l’on désire, on se lave les mains; sinon, on ne le fait pas. Il n’est pas nécessaire de se laver les mains, aussi bien avant qu’après la consommation de fruits non consacrés. Qui se lave les mains pour la consommation de fruits non consacrés fait même partie des orgueilleux. Celui qui a mesuré du sel doit ensuite se laver les mains, de crainte que ce sel ne contienne du sel de Sodome ou un sel de nature similaire et que par conséquent il ne se rende aveugle en se passant les mains sur les yeux. C’est la raison pour laquelle on est tenu de se laver les mains à la fin de tout repas, à cause du danger causé par le sel que l’on a touché lors du repas. Dans un camp militaire partant en guerre, les soldats sont dispensés de l’ablution des mains avant le repas parce qu’ils sont préoccupés par la guerre, mais ils sont tenus de se laver les mains après le repas, en raison du danger causé par le sel.
  1. Jusqu’où doit-on se laver les mains? Jusqu’au poignet. Quelle quantité d’eau faut-il verser? Un reviit pour deux mains. Tout ce qui constitue une séparation entre la peau et l’eau pour l’immersion du corps dans un bain rituel constitue de même une séparation pour l’ablution des mains. Toute substance qui peut servir à compléter la mesure des quarante séa d’eau requis pour un bain rituel (mikvé), peut aussi servir à compléter la mesure d’un reviit pour l’ablution des mains.
  1. Si une personne qui doit procéder aux ablutions des mains a plongé ses mains dans l’eau d’un mikvé, cela est suffisant et elle n’a rien besoin de plus. Mais si elle a plongé ses mains dans de l’eau qui n’est pas en quantité suffisante pour constituer un mikvé ou bien dans de l’eau qui a été puisée puis déversée dans un trou du sol, cela n’est d’aucun effet, car l’eau qui a été puisée ne purifie les mains qu’en étant versée sur les mains et non par immersion.
  1. Quiconque procède aux ablutions des mains doit prêter attention à quatre choses: (a) à l’eau elle-même, c’est à dire qu’elle ne soit pas impropre à l’ablution des mains; (b) à la mesure d’eau, c’est à dire qu’il y ait un reviit pour deux mains; (c) au récipient, c’est à dire que l’eau qui sert aux ablutions se trouve dans un récipient; (d) à celui qui verse l’eau, c’est à dire que l’eau vienne par la force de quelqu’un qui la verse.
  1. Condition (a) : il y a quatre facteurs qui rendent l’eau impropre pour les ablutions: le changement d’apparence, le fait d’avoir été laissée à découvert, l’utilisation pour un travail et l’altération qui empêcherait même un animal de boire. Comment cela? Si l’apparence de l’eau a changé, qu’elle se trouve contenue dans un récipient ou dans le sol, que ce changement d’apparence soit à une substance tombée à l’intérieur, ou à l’endroit où elle se trouve, elle est impropre pour les ablutions. De même, si elle a été laissée découverte d’une façon qui la rend interdite à la consommation, elle est impropre à l’ablution des mains.
  1. Toute eau qui a servi à un « travail » est considérée comme des eaux usées et est impropre à l’ablution des mains. Comment cela? Par exemple, de l’eau que l’on a puisée et dans laquelle on a lavé des ustensiles, trempé son pain, etc., qu’elle se trouve dans un récipient ou dans le sol, est impropre à l’ablution des mains. Mais si on y a rincé des ustensiles déjà lavés ou neufs, cela ne l’invalide pas. L’eau dans laquelle le boulanger trempe les miches de pain avant de les cuire, pour les humecter, est impropre ; mais celle dont il remplit ses paumes pour humecter la pâte lors du pétrissage, reste valable, car seule l’eau qui se trouve dans ses paumes est considérée comme ayant été utilisée pour un travail tandis que l’eau qui reste dans le récipient reste valable.
  1. Toute eau impropre à la consommation d’un chien, par exemple, l’eau amère, salée, trouble ou malodorante, au point qu’un chien n’en boirait pas, est impropre à l’ablution des mains lorsqu’elle est contenue dans un récipient; toutefois, si elle se trouve dans le sol, elle convient pour l’immersion des mains. On peut immerger les mains dans les eaux thermales de Tibériade, lorsque l’eau est encore à son endroit naturel. En revanche, si on prélève cette eau avec un récipient ou si on l’éloigne ailleurs au moyen d’un petit fossé, on ne peut utiliser cette eau ni pour les ablutions initiales, ni pour les ablutions finales, car elle ne convient pas à la consommation d’un animal.
  1. Condition (b) : une personne qui procède aux ablutions doit a priori verser l’eau sur ses mains petit à petit jusqu’à ce que soit versée la quantité requise. Si tout le reviit a été versé en une seule fois sur ses deux mains, c’est aussi valable. Quatre ou cinq individus peuvent se laver les mains en même temps d’une même eau versée d’un seul jet alors que leurs mains se trouvent l’une à côté de l’autre ou l’une au-dessus de l’autre, à condition qu’ils espacent leurs mains de sorte que l’eau puisse passer entre celles-ci et laver toute la surface de chaque main, et à condition que ce jet comprenne un reviit d’eau pour chacun d’eux.
  1. Condition (c) : on ne se lave pas les mains avec des parois de récipients brisés, ni avec le bas d’un ma’hats, grand contenant en terre cuite muni en son bas d’une sorte d’anse creuse, ni avec des morceaux de poterie, ni avec le couvercle d’une jarre. Si toutefois l’on a modifié le couvercle de sorte qu’il présente les critères requis pour les ablutions, on peut l’utiliser pour l’ablution des mains. De même, une outre que l’on a modifiée peut servir à l’ablution des mains. En revanche, un sac ou un panier que l’on a modifiés ne peuvent pas être utilisés pour l’ablution des mains. On ne peut pas prendre de l’eau dans ses paumes et la verser sur les mains d’autrui, car les paumes ne sont pas un récipient. Des récipients qui se sont brisés de telle sorte qu’ils ne sont plus sujets à l’impureté rituelle ne peuvent pas être utilisés pour l’ablution des mains, car ce ne sont que des débris d’ustensiles. 
  1. On peut procéder aux ablutions avec des récipients faits de n’importe quel type de matériau, même les récipients faits d’excréments d’animaux ou de terre non cuite, à condition qu’ils soient entiers. On ne peut pas utiliser pour l’ablution des mains un récipient qui n’a pas une capacité d’un reviit ni même un récipient qui a une telle capacité, mais dans lequel il n’y a pas un reviit d’eau.
  1. Condition (d) : toute personne est apte à verser l’eau sur les mains pour les ablutions, même un sourd-muet, un aliéné ou un mineur. S’il n’y a personne d’autre avec soi pour verser l’eau, on placera le récipient entre ses genoux eton se versera l’eau sur les deux mains en même temps à l’aide d’un mouvement des genoux, ou bien on inclinera le récipient de manière à ce que l’eau se déverse et l’on procèdera aux ablutions en plaçant ses mains sous le jet d’eau, ou bien encore on se lavera une main en versant dessus l’eau du récipient tenu par l’autre main, puis on versera l’eau sur la seconde à l’aide de la première. Un singe peut laver les mains d’un homme.
  1. Soit une pierre creuse – une auge – dans laquelle on verse l’eau que l’on a puisée au moyen d’un seau à la main, ou à l’aide d’une poulie, et l’eau s’écoule de cette auge par un canal pour alimenter les légumes ou les animaux. Si quelqu’un place ses mains dans l’auge de façon que l’eau passe sur celles-ci, son ablution n’est pas valable, parce qu’il n’y a pas de force agissante qui verse l’eau sur ses mains. Mais si les mains sont proches de l’endroit où le seau d’eau est déversé, de sorte que l’eau puisse être considérée comme passant sur ses mains par la force de l’homme qui la verse, l’ablution est valable.
  1. Celui qui a un doute concernant l’eau qu’il a utilisée pour l’ablution des mains, quant à savoir si elle avait servi à un travail ou non, s’il y avait la quantité requise ou non, qui a un doute quant à savoir si ses mains sont pures ou impures, ou qui a un doute quant à savoir s’il a procédé aux ablutions ou non, le statut douteux des mains est déclaré pur. Car la règle est que dans tout cas où il y a un doute concernant la pureté des mains, les mains sont considérées pures.

 

  1. Lors de l’ablution précédant le repas, il faut diriger les mains vers le haut après l’ablution, pour éviter que l’eau, après avoir dépassé le poignet, ne revienne vers la main, ce qui rendrait les mains impures. Pour les ablutions qui suivent le repas, il faut diriger les mains vers le bas, afin de débarrasser la main de tout l’effet du sel. Les ablutions initiales peuvent se faire au-dessus d’un récipient ou au-dessus du sol. Les ablutions finales se font uniquement au-dessus d’un récipient. Les ablutions initiales peuvent être faites aussi bien avec de l’eau chauffée par le feu qu’avec de l’eau froide, tandis que les ablutions finales ne peuvent pas être faites avec de l’eau chaude, dans le cas où elle serait chaude au point « que la main recule », parce qu’une telle eau n’enlève pas la saleté, puisqu’on ne peut pas se frotter les mains avec cette eau. Mais si l’eau est tiède, elle peut être utilisée pour les ablutions finales.
  1. Un homme peut se laver les mains le matin en stipulant que cette ablution servira pour la consommation de pain durant toute la journée, et il n’aura alors pas besoin de se laver les mains à chaque repas – à condition toutefois qu’il ne laisse à aucun moment son esprit se détourner de l’attention portée à la surveillance de ses mains. Mais s’il a laissé son esprit s’en détourner, il devra se laver les mains à chaque fois que cela est nécessaire. 
  1. Un homme peut s’envelopper les mains d’une serviette et manger de cette manière du pain ou un aliment trempé dans un liquide, bien qu’il ne se soit pas lavé les mains. Celui qui donne à manger à autrui n’a pas besoin de se laver les mains. En revanche, celui qui mange doit se laver les mains, même si une autre personne lui met la nourriture dans la bouche et que lui-même ne touche pas la nourriture. Il en est de même pour celui qui mange avec une cuillère, il doit se laver les mains.
  1. Il est interdit de donner à manger à quelqu’un qui ne s’est pas lavé les mains, même si on lui met la nourriture dans la bouche. Il est défendu de traiter avec légèreté l’ablution des mains. Les Sages ont formulé de nombreuses injonctions relatives à cette ablution et ont mis en garde à ce sujet. Même si l’on a de l’eau uniquement en quantité suffisante pour boire, on en utilisera une partie pour l’ablution des mains avant de manger et on boira ce qui reste.
  1. Il faut s’essuyer les mains après l’ablution avant de manger. Quiconque mange sans s’essuyer les mains est considéré comme s’il mangeait du pain impur. Et après s’être lavé les mains à la fin du repas, on doit les essuyer avant de réciter les Actions de Grâce. Les Actions de Grâce doivent immédiatement suivre les ablutions d’après le repas. Il ne faut pas s’interrompre entre les deux par autre chose ; il est même défendu de boire de l’eau après ces ablutions, tant que l’on n’a pas récité les Actions de Grâce.
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