Lois relatives aux bénédictions

Chapitre cinq

Ce chapitre traite du zimoun, « l’invitation ». Trois personnes ou plus ayant pris un repas ensemble sont tenues de s’inviter à réciter le Birkat Hamazone. Cette cérémonie est appelée « bénédiction du zimoun ». En présence d’un quorum de dix hommes, le nom de D.ieu devra y être mentionné. Sont étudiés ici le déroulement de cette bénédiction, les personnes concernées et les différents cas dans lesquels elle est récitée.

  1. Les femmes ainsi que les esclaves cananéens ont l’obligation de réciter les Actions de Grâce après le repas. Cependant, il y a doute si leur obligation relève de la Thora – étant donné que les Actions de Grâce après le repas ne sont pas rattachées à un temps fixe– ou non. C’est pourquoi, puisqu’il n’est pas certain que leur obligation relève de la Thora, ils ne peuvent pas acquitter des hommes adultes de leur devoir. En revanche, il n’existe aucun doute concernant la nature de l’obligation des mineurs : ils sont astreints aux Actions de Grâce par ordre rabbinique seulement, afin de leur inculquer l’accomplissement des commandements.
  1. Lorsque trois convives ont mangé du pain ensemble, ils sont tenus de réciter la bénédiction du zimoun avant les Actions de Grâce. En quoi consiste la bénédiction du zimoun? Si les convives sont au moins trois et moins que dix, l’un d’entre eux dit : «Bénissons-Le, Lui qui nous a nourris» et tous répondent: «Béni soit-Il, Lui qui nous a nourris et qui, par Sa bienveillance, nous a donné vie». Puis, celui qui invite les autres reprend en disant: «Béni soit-Il, Lui qui nous a nourris et qui, par Sa bienveillance, nous a donné vie».
  1. Puis, celui qui a invité les autres continue et dit les Actions de Grâce: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nourrit le monde entier par Sa bienveillance», jusqu’à la fin des quatre bénédictions des Actions de Grâce, et les autres répondent Amen après chaque bénédiction. 
  1. Si les convives sont au nombre de dix et au-delà, ils récitent le zimoun en mentionnant le Nom de D.ieu. Comment cela? Celui qui invite dit: «Bénissons notre D.ieu, Lui qui nous a nourris»et les autres répondent: «Béni soit notre D.ieu, Lui qui nous a nourris et qui, par Sa bienveillance, nous a donné vie». Puis celui qui invite reprend et dit: «Béni soit notre D.ieu, Lui qui nous a nourris et qui, par Sa bienveillance, nous a donné vie» et il commence les Actions de Grâce.
  1. Celui qui prend un repas dans la maison des nouveaux mariés, à partir du moment où les préparatifs pour le repas du mariage ont commencé, et jusqu’à trente jours après le mariage, récite dans le zimoun la bénédiction: «Bénissons Celui qui possède la joie dans Sa résidence, Lui qui nous a nourris», et les convives répondent «Béni soit Celui qui possède la joie dans Sa résidence, Lui qui nous a nourris». S’ils sont dix, il invite à la bénédiction en ces termes: «Bénissons notre D.ieu, qui possède la joie dans Sa résidence, Lui qui nous a nourris», et ils répondent: «Béni soit notre D.ieu qui possède la joie dans Sa résidence». De même, pour un repas ultérieur au mariage mais qui se tient en l’honneur du mariage, jusqu’à douze mois, on dit dans le zimoun la bénédiction «Béni Celui qui possède la joie dans Sa résidence».
  1. Tous sont tenus à la bénédiction du zimoun de la même manière qu’ils sont tenus aux Actions de Grâce: même des cohanim qui ont mangé les offrandes les plus saintes dans le parvis du Temple y sont tenus, bien qu’ils ne mangent pas pour être rassasiés, mais pour faire expiation. De même, si des cohanim et des israélites mangent ensemble, et que les cohanim mangent de la terouma alors que les israélites mangent de la nourriture non sainte, ils sont tout de même astreints au zimoun comme ils sont astreints aux Actions de Grâce.
  1. On n’associe pas des femmes, des esclaves cananéens ou des mineurs au zimoun pour compléter le quorum requis. Mais ils peuvent former un groupe entre eux pour procéder au zimoun. Un groupe ne devra toutefois pas être composé de femmes, d’esclaves cananéens et de mineurs ensemble, en raison du risque de débauche des esclaves avec les femmes ou les enfants. Mais les femmes pourront former un groupe entre elles, et de même les esclaves. Dans un cas comme dans l’autre, même lorsqu’ils sont dix, ils ne mentionneront pas le Nom de D.ieu dans le zimoun. Un androgyne peut être associé au zimoun avec d’autres personnes de son genre, mais non avec des femmes ni avec des hommes, car il fait l’objet d’un doute. Un toumtoum ne peut pas du tout être associé au zimoun, c’est-à-dire même pas avec un autre toumtoum. Un enfant qui sait à Qui les bénédictions sont adressées peut être associé pour le zimoun, même s’il a sept ou huit ans. Il s’associe aussi bien pour constituer le quorum de trois hommes qui permet la récitation du zimoun que pour constituer le quorum de dix hommes qui permet de mentionner le nom de D.ieu. Un gentil ne s’associe pas au zimoun. 
  1. Seule une personne ayant consommé un kazaït de pain ou plus peut être associée au quorum requis pour le zimoun. Si sept personnes ont mangé du pain et que trois autres ont consommé avec elles des légumes, de la saumure ou quelque chose de semblable, elles s’associent pour former un quorum de dix et réciter le zimoun avec mention du Nom de D.ieu, à condition que celui qui récite la bénédiction fasse partie de ceux qui ont mangé du pain. En revanche, six personnes ayant mangé du pain ne peuvent pas s’associer à quatre autres ayant mangé des légumes pour mentionner le Nom de D.ieu dans le zimoun; il faut pour cela que ceux qui ont mangé du pain représentent une nette majorité, soit au moins sept. Dans quel cas dit-on que l’on peut associer même une personne qui a mangé autre chose que du pain? Pour la récitation du zimoun à dix avec mention du Nom de D.ieu. Mais pour la récitation du zimoun à trois, il faut que chacun des trois ait mangé un kazaït de pain.
  1. Deux hommes ont mangé du pain et ont déjà fini de manger lorsqu’un troisième vient manger auprès d’eux. En pareil cas, si les deux premiers ne sont pas pleinement rassasiés, de sorte qu’il leur serait possible de manger ne serait-ce qu’un peu avec le troisième, quand bien même ils ne pourraient pas manger de pain mais simplement autre chose, il s’associe à eux. C’est le plus sage parmi les convives qui récite la bénédiction du zimoun pour tous, même s’il n’est venu qu’en dernier.
  1. Trois hommes ayant mangé ensemble n’ont pas le droit de se séparer et de réciter les Actions de Grâce séparément, sans le zimoun. Il en va de même pour quatre ou cinq hommes ayant mangé ensemble. Six ont le droit de se séparer et de réciter le zimoun en deux groupes distincts, et il en va de même jusqu’à ce qu’ils soient dix. À partir de dix et au-delà – jusqu’à ce qu’ils soient vingtils n’ont pas le droit de se séparer car ils doivent réciter le zimoun en mentionnant le Nom de D.ieu. En règle générale, les convives peuvent se séparer en groupes distincts lorsque chaque groupe est suffisamment nombreux pour pouvoir réciter la même formule de zimoun que celle qui serait récitée s’ils étaient tous ensemble.
  1. Trois hommes venus distinctement de trois groupes de trois personnes n’ont pas le droit de se dissocier. Si chacun d’entre eux a déjà participé au zimoun dans son groupe, ils ont le droit de se dissocier et ne sont pas astreints au zimoun dans leur nouveau groupe, étant donné qu’ils ont déjà été associés au zimoun dans leurs groupes initiaux. Trois hommes qui se sont assis ensemble pour manger du pain n’ont pas le droit de se séparer et sont tenus au zimoun, même si chacun d’eux mange de son propre pain et qu’ils ne partagent pas le même repas.
  1. Concernant deux groupes qui mangent dans une même maison: si une partie des membres de ces deux groupes se voient les uns les autres, ils peuvent s’associer pour faire un seul zimoun. Sinon, chaque groupe récitera le zimoun séparément. Et si le service est assuré par un domestique qui va et vient d’un groupe à l’autre, les membres des deux groupes s’associent pour le zimoun, même s’ils ne se voient pas du tout les uns les autres. Cela, à condition que les deux groupes entendent clairement les paroles de celui qui récite la bénédiction.
  1. Si trois hommes ont mangé ensemble et que l’un d’eux est sorti dans la rue, les deux autres l’appellent afin qu’il prête attention à ce qu’ils disent, c’est-à-dire afin qu’il prête attention à la récitation du zimoun. Ils l’associent au zimoun alors qu’il se trouve dans la rue et il remplit ainsi son obligation. Et quand il reviendra à l’endroit où il a mangé, il récitera les Actions de Grâce individuellement. Toutefois, lorsque dix convives ont mangé ensemble et que l’un d’eux est sorti dans la rue, ils ne peuvent pas l’associer pour réciter le zimoun avec mention du Nom de D.ieu, tant qu’il n’est pas revenu s’asseoir à sa place avec eux.
  1. Si l’un des trois convives qui ont mangé ensemble a devancé les autres et récité seul les Actions de Grâce sans le zimoun, les deux autres peuvent encore l’associer au zimoun et ainsi s’acquitter eux-mêmes de l’obligation du zimoun; mais lui ne remplit pas son devoir par ce zimoun, car il n’y a pas de zimoun rétroactif.
  1. Quand deux hommes mangent ensemble, chacun récite pour soi les Actions de Grâce. Et si seul l’un d’eux connaît les bénédictions des Actions de Grâce et que l’autre les ignore, celui qui les connaît récite les bénédictions à haute voix et le second répond Amen après chaque bénédiction et remplit ainsi son devoir. Un fils mineur religieusement peut réciter les Actions de Grâce pour son père, un esclave cananéen pour son maître, et une femme pour son mari, et ils – le père, le maitre ou le mari – remplissent ainsi leur devoir. Toutefois, les Sages ont dit: «Que la malédiction vienne sur celui qui ne cherche pas à s’instruire au point que sa femme et ses enfants doivent réciter pour lui les bénédictions ».
  1. Dans quel cas dit-on qu’un homme peut remplir son devoir de cette façon? S’il a mangé sans être rassasié. En effet,l’obligation qu’il a de réciter les Actions de Grâce ne relève alors que d’un ordre rabbinique. Aussi peut-il se rendre quitte de son obligation par un mineur, un esclave ou une femme. Mais s’il a mangé et est rassasié, si bien que l’obligation qu’il a de réciter les Actions de Grâce relève de la Thora, il ne peut pas en être acquitté par une femme, un mineur ou un esclave cananéen. Car quiconque est tenu à une obligation par la Thora ne peut en être acquitté par une autre personne que si celle-ci est tenue comme lui à cette même obligation par la Thora.
  1. Lorsque quelqu’un entre dans une maison et trouve un groupe de convives en train de réciter la bénédiction du zimoun, la règle est la suivante : s’il arrive au moment où celui qui récite la formule du zimoun dit: «Bénissons», il répond: «Il est béni et objet de bénédiction». Et s’il arrive au moment où les convives sont en train de répondre«Béni soit-Il, Lui qui nous a nourris», il répond Amen après eux.
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