Lois relatives aux fondements de la Thora
Introduction
La prière, avec les mitsvot qui l’accompagnent, telles que les tsitsit et les tefiline, ont été étudiées dans les parties précédentes. Avec ce nouveau grand thème, il va être question d’autres bénédictions prononcées durant la journée, mais qui n’entrent pas dans le cadre de la prière. Comme le Rambam l’a montré tout au long de ce livre, le juif doit avoir son Créateur présent à l’esprit à chaque instant et en toute circonstance. Différentes bénédictions sont donc récitées dans des situations et pour des causes très diverses. De façon générale, ces bénédictions se répartissent en trois catégories :
* Les bénédictions qui accompagnent un profit, un plaisir que l’on tire de ce monde. « À l’Éternel appartient la terre et ce qui la remplit » disent les Psaumes (24, 1). Bénir D.ieu est donc de règle avant de profiter de la Création. Aussi, on dit une bénédiction avant et après la consommation d’un aliment. La Thora fait uniquement devoir de réciter les Actions de Grâce après un vrai repas, mais les Sages ont institué qu’une bénédiction soit récitée dans tous les cas. De même, des bénédictions sont dites avant de respirer une bonne odeur. Cette première catégorie de bénédictions fait l’objet des chapitres un à neuf. Les sept premiers chapitres sont consacrés aux règles relatives au repas (les quatre premiers à la bénédiction sur le pain et aux Actions de Grâce, le cinquième au zimoun – l’invitation mutuelle aux Actions de Grâce –, le sixième aux ablutions qui précèdent et qui suivent le repas, et le septième aux bons usages à respecter au cours du repas). Le chapitre huit est consacré aux autres bénédictions que l’on récite en dehors d’un repas, et enfin, le chapitre neuf aborde les bénédictions sur les senteurs.
* Les bénédictions récitées en louange et en remerciement à D.ieu, ou en requête pour le futur. Ainsi, on louera D.ieu à la vue des merveilles de la Création (tels l’océan, les comètes, le tonnerre…) ou devant un lieu de miracles, et on Le remerciera une fois sorti d’une situation périlleuse (comme après une maladie ou un voyage peu sûr). De même, on implorera Son aide pour répondre à des besoins aussi bien spirituels que matériels. Ces bénédictions sont étudiées au chapitre dix.
* Les bénédictions récitées avant l’accomplissement d’un commandement. Certes, chacune d’entre elles est abordée dans ce livre en même temps que le commandement qui lui correspond, mais il s’agira ici d’expliquer les règles générales qui les régissent et les différences de formulation. Elles sont abordées au chapitre onze.
On remarquera que, dans la formulation de ces bénédictions, on passe systématiquement, lorsque l’on s’adresse à D.ieu, de la seconde à la troisième personne : le texte commence à la deuxième personne (« Béni sois-Tu ») et continue à la troisième (« Qui a… »). Cette transition est expliquée ainsi par le Rachba dans un de ses responsa (V, 52) : l’existence de D.ieu est connue de tous et ne laisse pas place au doute. Cependant, Sa réalité est insondable. Pour traduire et nous faire prendre conscience de cette antinomie, les Sages ont établi une formule à la deuxième personne (comme si l’on s’adressait à quelqu’un que l’on connaît) immédiatement suivie d’un texte à la troisième personne destiné à dissiper toute erreur possible quant à une similitude avec quelque être que ce soit, à D.ieu ne plaise, comme pour dire que même s’Il est connu, Il échappe complètement à notre entendement.
