Lois relatives aux tefiline, à la mezouza, et au rouleau de la Thora

Chapitre sept

Troisième et dernière section de ce thème, les lois du rouleau de la Thora s’étendent sur quatre chapitres. Le Chapitre sept traite d’abord de l’obligation qui incombe à chacun d’écrire un rouleau de la Thora et des règles spécifiques à l’écriture d’un rouleau de la Thora.

  1. C’est un commandement positif incombant à tout homme juif que d’écrire pour soi un rouleau de la Thora, comme il est dit : « Et maintenant, écrivez pour vous ce cantique », c’est-à-dire écrivez pour vous la Thora qui contient ce cantique, puisque l’on ne doit pas écrire des passages isolés de la Thora. Même si l’on a reçu un rouleau de la Thora en héritage de ses aïeux, on a le devoir d’en écrire un personnellement. Si on l’écrit de sa propre main, c’est comme si on l’avait reçu sur le mont Sinaï. Si l’on ne sait pas écrire, on demandera à une autre personne de l’écrire pour soi. Quiconque corrige dans un rouleau de la Thora ne serait-ce qu’une seule lettre, le rendant ainsi valide, est considéré comme s’il l’avait écrit entièrement.
  1. Le roi est enjoint d’écrire un autre rouleau de la Thora pour lui-même, en tant que roi, en plus du rouleau qu’il possédait avant d’être roi, comme il est dit : « Alors, lorsqu’il siègera sur son trône royal, il écrira pour lui» L’exactitude de ce rouleau est vérifiée en le comparant au rouleau de la Thora du parvis du Temple, sous l’autorité du grand Sanhédrin. Le rouleau de la Thora qu’il possédait avant d’être roi, il le place dans la salle des dépôts royaux ; et celui qu’il a écrit ou qui a été écrit pour lui après qu’il est devenu roi, doit être toujours avec lui. Quand il part en guerre, le rouleau de la Thora est avec lui. Quand il rentre, le rouleau de la Thora l’accompagne. Lorsqu’il siège en jugement, le rouleau de la Thora est avec lui. Lorsqu’il se met à table, il est en face de lui. Comme il est dit : « il restera avec lui, et il devra le lire tous les jours de sa vie. »
  1. S’il n’avait pas de rouleau de la Thora avant de devenir roi, il doit écrire pour lui deux rouleaux de la Thora après son accession au trône : l’un qu’il dépose dans sa salle des trésors, et l’autre qui est toujours avec lui. Il ne doit pas le quitter, excepté la nuit ou encore lorsqu’il entre aux bains ou dans un lieu d’aisances, ou qu’il s’allonge sur son lit pour dormir.
  1. Un rouleau de la Thora écrit sur un parchemin non ligné, ou écrit en partie sur un gvil et en partie sur un klaf, est invalide. Plutôt, il doit être écrit soit entièrement sur un gvil, soit entièrement sur un klaf. Comment écrit-on un rouleau de la Thora ? Il faut écrire de manière appliquée et très élégante, en laissant entre chaque mot un intervalle équivalant à une petite lettre, entre chaque lettre l’épaisseur d’un cheveu, et entre chaque ligne un intervalle équivalent à une ligne. Chaque ligne doit avoir une longueur de trente lettres, suffisante pour écrire le mot lemichpe’hotékhem trois fois ; telle sera la largeur de chaque colonne. On ne fera ni de ligne plus courte que cela, afin que la colonne n’apparaisse pas comme une missive, ni plus longue, afin que les yeux du lecteur n’errent pas au milieu du texte, ne sachant plus où il en est.
  1. Il ne faut pas réduire la taille de l’écriture en vue de laisser l’intervalle adéquat entre un passage et un autre. S’il arrive qu’on doive écrire un mot de cinq lettres en fin de ligne et qu’il n’y ait pas assez de place, il ne faut pas écrire deux lettres dans la colonne et trois hors de la colonne, c’est-à-dire dans la marge, mais on écrira trois lettres dans la colonne et deux hors de celle-ci. S’il ne reste pas suffisamment de place dans la ligne pour écrire trois lettres, on laisse un blanc et on continue au début de la ligne suivante.
  1. S’il arrive qu’on doive écrire un mot de deux lettres après avoir terminé une ligne, il ne faut pas l’écrire entre les colonnes, dans la marge, mais au début d’une nouvelle ligne. S’il arrive qu’on doive écrire un mot de dix lettres – ou moins ou plus – au milieu d’une ligne, et qu’il ne reste pas suffisamment de place dans la ligne pour écrire tout le mot dans la colonne, la règle suivante est appliquée : si on peut écrire la moitié du mot à l’intérieur de la colonne et l’autre moitié à l’extérieur dans la marge, on le fait. Sinon, on laisse un blanc et on continue à écrire au début de la ligne suivante.
  1. Entre chacun des cinq livres de la Thora, il faut laisser un espace de quatre lignes vides, sans écriture, ni moins ni plus, et commencer le livre suivant au début de la cinquième ligne. Il faut terminer la Thora au milieu de la ligne, à la fin de la colonne. Si l’on s’aperçoit, compte tenu du texte qu’il reste à écrire, qu’il restera plusieurs lignes vides dans la colonne, on écoutera les lignes, c’est-à-dire qu’on écrira des lignes plus courtes en commençant au début d’une ligne sans la terminer, de sorte que les derniers mots de la Thora : leeinei kol Israël figurent au milieu de la ligne à la fin de la dernière colonne.
  1. Il faut être attentif à respecter les lettres qui doivent être plus grandes ou plus petites, les lettres pointées, c’est-à-dire qui portent des points au-dessus d’elles, les lettres ayant une forme différente de l’ordinaire, comme les qui sont enroulés et les lettres qui sont tordues, conformément à la tradition maintenue par les scribes. Il faut prêter attention aux couronnes des lettres (taguine) et à leur nombre. Certaines lettres ont une seule couronne, d’autres en ont sept. Toutes les couronnes ont la forme d’un zaïn et sont fines comme un cheveu.
  1. Toutes ces dispositions n’ont été dites que pour la meilleure façon d’accomplir la mitsva. Toutefois, si le scribe ne n’est pas conformé à la méthode ici exposée, qu’il n’a pas été pointilleux concernant les couronnes – mais a écrit toutes les lettres correctement –, qu’il a écrit des lignes trop rapprochées ou trop espacées ou qu’il a fait des lignes plus longues ou plus courtes que la taille indiquée, dès lors qu’il n’a pas collé une lettre à une autre et qu’il n’a ni omis, ni ajouté une lettre, ni altéré la forme d’une lettre, ni fait aucune modification entre passages « ouverts » et « fermés », le rouleau de la Thora est valide.
  1. Il y a d’autres règles qui ne sont pas mentionnées dans le Talmud, mais que les scribes observent, par tradition. Ces règles sont les suivantes: (a) le nombre des lignes de chaque colonne ne doit être ni inférieur à quarante-huit, ni supérieur à soixante. (b) Entre chaque passage, il doit y avoir un intervalle équivalent aux neuf lettres acher acher acher. (c) Il faut que les cinq lignes au-dessus du cantique de la Mer Rouge commencent par les mots habaïm, vayabacha, Hachem, met, bemitsraïm et que les cinq lignes en dessous du cantique commencent par les mots vatika’h, a’hareiha, souss, vayétséou, vayavoou. (d) Il faut que les six lignes au-dessus du cantique Haazinou commencent par les mots véaïda, a’harei, hadérekh, bea’harit, léhakhisso, kehal, et que les cinq lignes en dessous de ce cantique commencent par les mots vayavo, lédaber, acher, hazot, acher.
  1. Toutes ces règles ont pour objet de permettre l’accomplissement de la mitsva de la meilleure façon. Des écarts quant à celles-ci n’invalident pas le rouleau de la Thora. En revanche, si l’on a écrit à la forme défective un mot qui doit être écrit à la forme pleine ou à la forme pleine un mot qui devait être écrit à la forme défective, ou bien si l’on a écrit un mot tel qu’il doit être lu alors que c’est un autre mot qui est écrit dans le rouleau de la Thora – par exemple, si l’on a écrit yichkavéna à la place de yichgaléna, ou ouvate’horim à la place de ouva’apolim, ou ce qui est semblable – ou si l’on a écrit à la forme « fermée » un passage « ouvert » ou à la forme « ouverte » un passage « fermé », ou si l’on a écrit le cantique de la mer ou le cantique Haazinou comme le reste du texte sans espaces au milieu des lignes, ou un passage ordinaire comme un cantique avec des espaces au milieu des lignes, c’est invalide. Un tel rouleau n’a aucunement la sainteté d’un rouleau de la Thora, mais est considéré comme un ‘houmach utilisé pour l’instruction des enfants.
  1. Un rouleau de la Thora dont on n’a pas corrigé les erreurs ne doit pas être conservé plus de trente jours ; il doit être corrigé ou enterré. Un rouleau de la Thora dans lequel figurent trois erreurs dans chaque colonne doit être rectifié. S’il y en a quatre ou plus dans chaque colonne, il doit être enterré. Si la majorité des lettres du rouleau de la Thora sont écrites correctement, mais qu’il reste des erreurs sur des lettres, de sorte que l’on trouve quatre fautes dans chaque colonne, tant qu’il reste ne serait-ce qu’une seule colonne ne comportant pas quatre erreurs, le rouleau sera rectifié.
  1. Dans quel cas dit-on qu’un rouleau de la Thora avec quatre fautes sur chaque colonne doit être enterré? Lorsqu’il s’agit de mots à la forme pleine qui ont été écrits à la forme défective, de sorte que la correction consiste à insérer les lettres omises entre les lignes. Mais dans le cas où ce qui devait être écrit à la forme défective aurait été écrit à la forme pleine, même s’il y a plusieurs erreurs dans chaque colonne, on peut les rectifier, car il s’agit simplement de gratter les lettres en trop et non d’insérer des lettres manquantes.
  1. Il est permis d’écrire chacun des cinq livres de la Thora dans un rouleau distinct, mais ils n’auront pas la sainteté d’un rouleau de la Thora. En revanche, on n’écrira pas un rouleau séparé comprenant uniquement quelques passages. On ne doit pas écrire un tel rouleau même pour l’instruction d’un enfant. Toutefois, si l’on a l’intention de le compléter par la suite et d’écrire le ‘houmach en entier, cela est permis. Si l’on écrit un tel rouleau comprenant uniquement quelques passages, avec trois mots par ligne, c’est permis.
  1. Il est permis de mettre ensemble Thora, Prophètes et Hagiographes en un seul rouleau, en laissant un espace de quatre lignes entre chaque livre de la Thora, un espace de trois lignes entre chaque livre des prophètes, un espace de trois lignes entre chaque livre des douze petits prophètes, de sorte que si l’on désire couper et séparer un livre du reste, on peut le faire. Voici l’ordre des Prophètes : Josué, Juges, Samuel, Rois, Jérémie, Ézéchiel, Isaïe et les douze petits prophètes. Voici l’ordre des Hagiographes : Ruth, Psaumes, Job, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des cantiques, Lamentations, Daniel, Esther, Ezra, Chroniques.
  1. Tous les textes saints ne doivent être écrits que sur une surface lignée, même s’ils sont écrits sur du papier. Il est permis d’écrire trois mots sans ligne. Plus de trois mots, cela est défendu. Ce rouleau qui comprend Thora, Prophètes et Hagiographes, n’a pas la même sainteté qu’un rouleau de la Thora, et est considéré comme l’un des cinq livres de la Thora (‘houmach). En effet, un rouleau qui comprend plus que les cinq livres de la Thora, appartient à la même catégorie qu’un rouleau qui comprend moins que les cinq livres, c’est-à-dire qu’il est similaire à un rouleau qui ne comprend qu’un seul des cinq livres de la Thora.
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