Lois relatives aux tefiline, à la mezouza, et au rouleau de la Thora
Chapitre cinq
Deuxième section du présent thème, les lois relatives à la mezouza font l’objet des deux chapitres qui suivent, les chapitres cinq et six. Le chapitre cinq traite des lois concernant l’objet même de la mezouza, c’est-à-dire l’écriture du parchemin et la fixation de la mezouza sur le montant de la porte. Les lois relatives à la confection du parchemin ont quant à elles déjà été abordées au premier chapitre.
- Comment écrit-on une mezouza ? On écrit les deux passages, qui sont Chema et Vehaya im chamoa, en une seule colonne sur une seule feuille de parchemin, en laissant en bas et en haut une marge correspondant environ à la moitié de la largeur d’un ongle. Si on l’a écrite sur deux ou trois colonnes l’une à côté de l’autre, sur une seule feuille de parchemin, elle est valable, pourvu qu’on ne l’écrive ni en forme de queue avec des lignes qui se rétrécissent du haut vers le bas, ni en forme de rond, ni en forme de tente avec des lignes qui s’élargissent du haut vers le bas. Si elle a été écrite sous l’une de ces formes, elle est invalide. Si elle n’a pas été écrite dans l’ordre, comme par exemple si le scribe a écrit le passage Vehaya im chamoa avant le passage Chema, la mezouza est invalide. Si une mezouza a été écrite sur deux feuilles de parchemin, bien qu’elles aient été cousues ensemble, la mezouza est invalide. Un rouleau de la Thora devenu usé ou des tefiline devenues usées ne peuvent pas servir à faire une mezouza. On ne peut pas non plus écrire une mezouza sur les marges d’un rouleau de la Thora, car on ne rabaisse pas un objet de mitsva d’un degré supérieur de sainteté à un degré inférieur.
- Il faut a priori marquer la séparation entre les passages Chema et Vehaya im chamoa par un espace « fermé », c’est-à-dire en commençant ce dernier passage au milieu d’une ligne, précédé d’un espace vide dans cette même ligne. Néanmoins, si l’on a marqué la séparation par un espace « ouvert », c’est-à-dire en commençant le second passage au début d’une ligne, précédé d’un espace vide dans la ligne précédente, c’est valable, puisque ces deux passages ne sont pas juxtaposés dans la Thora. Il faut prêter attention à ajouter les couronnes qui surmontent certaines lettres. Voici les couronnes que l’on fait dans une mezouza:
- Dans le premier passage, il y a sept lettres surmontées chacune de trois couronnes en forme de zaïne. Ce sont : le chine et le aïne de Chema, le noun de nafchekha, les deux zaïne de mezouzot et les deux têt de totafot. Dans le second passage, il y a six lettres surmontées chacune de trois couronnes en forme de zaïne. Ce sont : le guimel de deganekha, les deux zaïne de mezouzot, les deux têt de totafot et le tsadé de haarets. Si l’on n’a pas fait les couronnes ou si l’on a ajouté ou omis des couronnes, cela n’invalide pas la mezouza. En revanche, si l’on a écrit la mezouza sur un parchemin non ligné ou sans respecter l’orthographe des mots à la forme pleine ou défective, ou si l’on a ajouté ne serait-ce qu’une seule lettre à l’intérieur de la mezouza, la mezouza est invalide.
- C’est une coutume acceptée d’écrire au dos de la mezouza, face à l’espace vide entre les deux passages, le Nom divin Cha-daï. Et cela ne nuit pas à la validité de la mezouza, puisque cet ajout est fait sur la face extérieure et non intérieure de la mezouza. En revanche, ceux qui inscrivent à l’intérieur de la mezouza des noms d’anges, des Noms saints de D.ieu, un verset, ou des signes, font partie de ceux qui n’ont pas de part au monde futur. En effet, ces sots ne se contentent pas d’invalider la mitsva, ils transforment de surcroît une grande mitsva qui est l’expression de l’unité du Nom du Saint Béni soit-Il, de l’amour et du service qui Lui sont dus, en un simple talisman servant de porte-bonheur. Ainsi s’imaginent-ils dans leur cœur stupide que cette chose a un pouvoir bénéfique au regard des vanités du monde.
- Il convient d’écrire les deux derniers mots de la mezouza, qui sont al haarets, tout seuls sur la dernière ligne, soit au début, soit au milieu de celle-ci. Tous les scribes ont pris l’usage d’écrire la mezouza sur vingt-deux lignes, et les mots al haarets au début de la dernière ligne. Et voici les lettres par lesquelles débutent chacune des lignes, dans l’ordre : Chema, Hachem, hadevarim, levanékha, ouvechokhbekha, bein, vehaya, metsavé, bekhol, yoré, essev, pen, vehichta’havitem, hachamaïm, vaavadtem, vessamtem, otam, otam, vadérekh, ouvicharekha, acher, al haarets.
- Lorsque l’on plie une mezouza, on l’enroule de la fin de la ligne à son début, c’est-à-dire de la gauche vers la droite, de sorte que lorsqu’on la déroule pour lire, on lise du début de la ligne vers la fin. Après l’avoir enroulée, on l’insère dans un tube de roseau, de bois ou de tout autre matériau, puis on la fixe au montant de la porte avec un clou, ou bien on ménage une cavité dans le montant de la porte, où l’on insère la mezouza.
- Avant de la fixer au montant de la porte, on récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a sanctifiés par Ses commandements, et nous a ordonné de fixer la mezouza ». Aucune bénédiction n’est prononcée lors de l’écriture de la mezouza, car c’est en la fixant qu’on accomplit la mitsva.
- Si l’on a suspendu la mezouza au niveau du montant en l’insérant dans un bâton, elle n’est pas valable, car non fixée. L’aurait-on placée sur le mur derrière la porte et non sur le montant, c’est comme si l’on n’avait rien fait. Si l’on a creusé le montant de l’entrée et introduit la mezouza comme une bâcle, c’est-à-dire allongée horizontalement, à l’instar de la traverse insérée dans les anneaux des planches du tabernacle, elle n’est pas valable. Si on l’a placée verticalement dans un creux du montant, mais à une profondeur d’un téfa’h, elle n’est pas valable. Si l’on a coupé un roseau, que l’on y a introduit une mezouza, puis que l’on a assemblé ce roseau à d’autres, en faisant du tout un montant de porte, cela est invalide, car la fixation de la mezouza a précédé la fabrication du montant de porte.
- La mezouza d’un particulier doit être vérifiée deux fois en sept ans, et celle d’une collectivité deux fois en cinquante ans. Une vérification s’impose de crainte qu’une lettre ne se soit rompue ou effacée. En effet, étant donné que la mezouza est fixée à un mur, il est possible qu’elle moisisse du fait de l’humidité.
- Tout le monde est astreint au commandement de la mezouza, même les femmes et les esclaves cananéens. On éduque les mineurs à faire une mezouza aux portes de leurs maisons. Celui qui loue une maison en dehors de la terre d’Israël ou qui demeure dans une auberge en terre d’Israël est dispensé de fixer à sa porte une mezouza durant trente jours. En revanche, celui qui loue une maison en terre d’Israël est tenu d’y fixer une mezouza immédiatement.
- Quand on loue une habitation à autrui, c’est au locataire qu’il incombe d’apporter la mezouza et de la fixer, même s’il doit payer pour cela, car le précepte de la mezouza est une obligation qui incombe à l’occupant et non une obligation qui se rattache à la structure. Lorsque le locataire libère les lieux, il ne doit pas, à son départ, retirer la mezouza. Mais si le propriétaire est un non juif, le locataire juif enlèvera la mezouza en partant.
