Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim
Chapitre douze
Les Chapitres douze et treize traitent des lois relatives à la lecture publique de la Thora. Moïse institua une lecture publique de la Thora le chabbat, le lundi et le jeudi. Intégrée à l’office, cette lecture couvre chaque semaine une section de la Thora, de sorte que selon la coutume établie, toute la Thora soit lue en un an. Les jours de fête ou de Roch ‘Hodech, c’est un passage de circonstance qui est lu. La lecture est toujours partagée entre plusieurs personnes (le nombre dépend de l’importance du jour), successivement appelées à lire.
- Moïse notre maître a institué pour le peuple juif de lire la Thora en public le chabbat, le lundi et le jeudi, à la prière de cha’harit, afin que l’on ne reste pas trois jours sans entendre la Thora. Ezra a institué qu’on lise la Thora chaque chabbat à la prière de min’ha, du fait des commerçants qui ne peuvent assister à la lecture des lundi et jeudi. Il a également institué que trois personnes soient appelées à la lecture de la Thora les lundi et jeudi et qu’on ne lise pas moins de dix versets.
- Voici les jours où on lit la Thora en public : le chabbat, les jours de fête, jours de Roch ‘Hodech, jours de jeûne, à ‘Hanoucca, à Pourim et les lundi et jeudi de chaque semaine. On ne lit une Haftara dans les livres des Prophètes que le chabbat, les jours de Yom Tov et le 9 av.
- On ne peut pas lire la Thora publiquement en présence de moins de dix hommes adultes et libres. On ne lit pas moins de dix versets. Le verset Vaydaber –« D.ieu parla à Moïse en disant » – compte parmi les dix versets. Il doit y avoir au moins trois hommes qui sont appelés à lire. Celui qui lit ne doit pas commencer un nouveau paragraphe pour y lire moins de trois versets ni laisser moins de trois versets non lus à la fin d’un paragraphe. Il ne doit pas non plus lire moins de trois versets.
- Quand trois hommes lisent dix versets, deux d’entre eux en lisent trois chacun et l’un en lit quatre. Celui des trois qui lit quatre versets, qu’il soit le premier, le dernier ou l’intermédiaire, est digne d’éloges.
- Chacun des lecteurs ouvre le rouleau de la Thora, regarde l’endroit où il doit lire, puis dit : « Bénissez l’Éternel, Qui est béni ». Tout le monde répond : « Que soit béni l’Éternel, Qui est béni pour l’éternité ». Le lecteur récite alors la bénédiction : « Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a choisis d’entre tous les peuples et nous a donné Sa Thora. Béni sois-Tu, Éternel, Qui donne la Thora ». Tout le monde répond Amen. Puis, il lit jusqu’à ce qu’il termine sa lecture, il enroule le rouleau et récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a donné (Sa Thora) une Thora de vérité, et Qui a implanté en nous la vie éternelle. Béni sois-Tu, Éternel, Qui donne la Thora ».
- Celui qui lit la Thora n’a pas le droit de commencer la lecture tant que la communauté n’a pas fini de répondre Amen à sa bénédiction. S’il a fait une erreur, fut-ce dans la prononciation d’une seule lettre, on le fait reprendre depuis l’endroit de son erreur pour qu’il lise le mot correctement. Il ne doit pas y avoir deux personnes qui lisent la Thora en même temps, mais une seule. Si le lecteur perd la parole au milieu de la lecture, un autre le remplacera : il recommencera la lecture là où le premier avait commencé et récitera la bénédiction finale.
- Le lecteur n’a pas le droit de commencer à lire la Thora tant qu’il n’y a pas été invité par le membre le plus important de la communauté. Même le bedeau ou l’administrateur de la communauté ne peut pas lire de son propre chef sans y avoir été invité par la communauté ou par le membre le plus important. Et il faut qu’une autre personne se tienne debout avec le bedeau au moment où il lit, comme le bedeau le fait avec les autres lecteurs.
- Il est parfois donné au lecteur de sauter d’un endroit à un autre du texte quand il est question d’un même thème, par exemple du passage « Après la mort… » au passage « Au dixième jour » dans la section « Parle aux cohanim », à condition qu’il ne récite pas par cœur, car il est interdit de réciter fût-ce un seul mot sans le lire dans le texte. En sautant d’un passage à un autre, il ne doit pas provoquer une attente supérieure au temps nécessaire à l’interprète pour finir de traduire le verset lu.
- Dès que le lecteur a commencé à lire la Thora, il est interdit de parler, même d’un sujet de halakha. Tous doivent écouter, garder le silence et prêter attention à ce qu’il lit, comme il est dit : « Le peuple était tout oreilles pour entendre le livre de la Thora ». Il est interdit de sortir de la synagogue pendant que le lecteur lit la Thora. Mais il est permis de sortir entre deux montées à la Thora. Celui qui est toujours occupé à l’étude de la Thora et dont la Thora est la seule activité a le droit de continuer son étude pendant la lecture de la Thora.
- Depuis l’époque d’Ezra, on a pris l’usage qu’un interprète traduise aux fidèles ce que le lecteur lit dans la Thora, afin qu’ils comprennent le sens du texte. Le lecteur lit un verset uniquement, reste silencieux jusqu’à ce que l’interprète l’ait traduit, puis il lit un second verset. Le lecteur n’a pas le droit de lire plus d’un verset à la fois à l’interprète, de crainte que cela ne crée une confusion.
- Le lecteur n’a pas le droit d’élever la voix plus haut que l’interprète, et l’interprète ne doit pas élever la voix plus haut que le lecteur. L’interprète n’a pas le droit de traduire tant que le lecteur n’a pas terminé la lecture du verset. De même, le lecteur n’a pas le droit de commencer un autre verset tant que l’interprète n’a pas terminé la traduction du précédent. L’interprète ne doit s’appuyer ni sur un pilier ni sur une poutre ; mais il doit se tenir debout, empreint de peur et de crainte. Il ne doit pas traduire à partir d’un texte écrit, mais par cœur. Le lecteur n’a pas le droit d’aider l’interprète, afin que les gens ne disent pas : « la traduction est écrite dans la Thora ». Un homme plus modeste peut servir d’interprète pour la lecture de quelqu’un de plus grand, mais il ne sied pas à l’honneur du plus grand de servir d’interprète pour la lecture de quelqu’un de plus modeste. Il ne doit pas y avoir deux personnes qui traduisent en même temps, mais une seule lit et une seule traduit.
- Les versets de la Thora ne sont pas tous traduits en public. L’histoire de Reouven, la bénédiction des cohanim, l’épisode du veau d’or, depuis « Moïse parla à Aaron » jusqu’à « Moïse vit le peuple, etc. » ainsi qu’un autre verset, « l’Éternel frappa d’épidémie le peuple », sont lus mais ne sont pas traduits. Dans l’histoire d’Amnon, autrefois lue comme Haftara, le verset qui dit : « Amnon, fils de David » n’est ni lu, ni traduit.
- Celui qui lit la Haftara doit tout d’abord lire dans la Thora, ne serait-ce que trois versets. Il relit dans la Thora ce que le lecteur précédent a lu avant lui. Il ne doit pas lire la Haftara tant que le rouleau de la Thora n’a pas été enroulé. Enfin, il ne doit pas lire moins de 21 versets comme Haftara. Mais si le sujet de la Haftara se conclut en moins de 21 versets, il n’a pas besoin d’en ajouter d’autres. S’il a lu dix versets et que l’interprète les a traduits, c’est suffisant, même si le sujet n’est pas clos. Une seule personne lit la Haftara, mais il peut y avoir même deux interprètes. On peut sauter d’un sujet à un autre, mais non du livre d’un prophète à un autre, sauf pour les Douze Prophètes qui sont considérés tous ensemble comme un seul livre. Et ce, à condition de ne pas passer de la fin du livre au début. Quiconque passe d’un sujet à un autre ne doit pas provoquer une attente supérieure au temps nécessaire à l’interprète pour finir sa traduction.
- Celui qui lit la Haftara peut lire trois versets de suite à l’interprète et celui-ci traduit les trois successivement. Mais si les trois versets constituent trois paragraphes distincts, il les lira un à un à l’interprète.
- Celui qui lit la Haftara récite, au préalable, une bénédiction : « Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a choisi des prophètes, etc. ». Après la lecture, il récite quatre bénédictions : la première bénédiction est conclue par : « D.ieu fidèle dans toutes Ses paroles », la seconde par : « Qui bâtit Jérusalem », la troisième par : « Bouclier de David » et la quatrième par la mention de la sainteté du jour, identique à la conclusion de la bénédiction intermédiaire dans la prière de la Amida. De même, si Roch ‘Hodech tombe un chabbat, celui qui lit la Haftara mentionne Roch ‘Hodech dans cette bénédiction, comme il le fait dans la Amida.
- Combien de personnes lisent-elles la Thora ? Le chabbat, à la prière de cha’harit, sept personnes lisent. Le jour de Kippour, six. Les jours de Yom Tov, cinq. On ne peut pas diminuer le nombre de personnes qui lisent à ces occasions, mais on peut l’augmenter et ajouter d’autres lecteurs si l’on souhaite. Les jours de Roch ‘Hodech et de ‘Hol Hamoed, quatre personnes lisent. Le chabbat et le jour de Kippour à la prière de min’ha, les lundis et jeudis toute l’année, ‘Hanoucca et Pourim à la prière de cha’harit, les jours de jeûne à la prière de cha’harit et de min’ha, trois personnes lisent. On ne doit ni diminuer, ni augmenter le nombre de lecteurs.
- Une femme ne doit pas lire la Thora à un office communautaire, par respect pour la communauté. Un mineur qui sait lire et qui sait à Qui s’adressent les bénédictions peut compter au nombre des lecteurs. De même, celui qui lit la Haftara compte au nombre des lecteurs requis, car il lit aussi dans la Thora. Mais si l’officiant a fait une interruption par la récitation du Kaddich entre la lecture de celui qui conclut la Thora et la lecture de celui qui lit la Haftara, ce dernier n’est pas compté au nombre des lecteurs requis. S’il n’y a, au sein de la communauté, qu’un seul homme capable de lire la Thora, il monte et lit un passage, puis redescend et se rassoit à sa place. Après quoi, il revient et lit un second passage ; il en fait de même pour un troisième passage, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il termine le nombre de lectures de ce jour.
- Pour chacune de ces lectures de la Thora, un cohen lit en premier, suivi par un lévite, puis un israélite n’ayant ni le statut de cohen, ni celui de lévite. La coutume communément acceptée aujourd’hui est que même un cohen ignorant a priorité pour la lecture sur un grand sage qui a le statut d’israélite. Quiconque dépasse autrui en sagesse a priorité pour la lecture. Le dernier lecteur, qui enroule aussi le rouleau de la Thora, bénéficie d’une récompense équivalente à celle de tous les autres. C’est pourquoi, même le plus éminent au sein de la communauté peut monter en dernier pour conclure la lecture, malgré son rang de priorité.
- Lorsqu’il n’y a pas de cohen présent, un israélite est appelé à monter en premier. Dans ce cas, on ne doit pas appeler un lévite à monter après lui. Lorsqu’il n’y a pas de lévite présent, le cohen qui a lu en premier lit de nouveau en second à la place du lévite. Mais on n’appellera pas un autre cohen à lire en second, de crainte que les gens ne se disent que le premier cohen était disqualifié et que c’est pour cette raison que l’on a appelé un autre cohen à monter. De même, un lévite ne doit pas lire après un autre lévite, de crainte que les gens ne se disent que l’un des deux était disqualifié.
- À quel moment de la prière lit-on la Thora ? Chaque jour qui comporte une prière de moussaf, après avoir terminé la prière de la Amida de cha’harit, l’officiant dit le Kaddich et sort un rouleau de la Thora. Il appelle un à un des membres de la communauté qui montent et lisent la Thora. Quand ils ont terminé, il remet le rouleau de la Thora à sa place, puis il dit le Kaddich et l’on récite la prière de moussaf. Les jours qui comportent une Haftara et la prière de moussaf, on a coutume de dire le Kaddich avant que celui qui lit la Haftara ne monte à la Thora. Dans certaines communautés, cependant, on récite le Kaddich après la Haftara.
- À la prière de min’ha de chabbat et du jour de Kippour, après avoir terminé le psaume : « Louange, de David » et « l’ordre de la kedoucha » (Ouva letsione), l’officiant récite le Kaddich et sort un rouleau de la Thora. Des membres de la communauté montent et lisent la Thora. Puis, l’officiant remet le rouleau de la Thora à sa place et dit le Kaddich, et l’on récite la prière de la Amida de min’ha. Il en va de même pour les jours de jeûne : on lit la Thora à min’ha puis, l’officiant dit le Kaddich et l’on récite la prière de la Amida de min’ha. En revanche, les jours de Yom Tov, il n’est pas coutume de lire la Thora à min’ha.
- Un jour où l’on lit la Thora mais qui ne comporte pas de prière de moussaf, lorsque l’officiant termine la prière de la Amida de cha’harit, il récite le Kaddich et sort un rouleau de la Thora. On lit alors la Thora, puis l’officiant remet le rouleau de la Thora à sa place, récite le Kaddich, puis il dit le psaume : « Louange, de David » et « l’ordre de la kedoucha » comme on le fait chaque jour. Il récite ensuite à nouveau le Kaddich et tout le monde prend congé.
- On ne fait pas la lecture de la Thora à la synagogue dans des ‘Houmach, par respect pour la communauté. On ne roule pas le rouleau de la Thora d’un passage à un autre en public, en raison du dérangement causé à la collectivité, c’est-à-dire afin de ne pas importuner les fidèles, obligés de rester debout le temps que le rouleau de la Thora soit roulé. C’est pourquoi, s’il est nécessaire de lire deux sujets différents, on sort deux rouleaux de la Thora. Une même personne ne doit pas monter pour lire un même sujet dans deux rouleaux de la Thora, de crainte que les gens ne disent : « Le premier rouleau n’était pas valable, c’est pourquoi il lit dans le second ».
- Celui qui enroule le rouleau de la Thora d’une bande de tissu doit le faire par l’extérieur, c’est-à-dire qu’il doit tenir le rouleau de la Thora avec l’écriture face à lui, et enrouler la bande de tissu en commençant par la face arrière, extérieure, du rouleau ; et lorsqu’il finit d’enrouler la bande de tissu et resserre celle-ci, il doit le faire de l’intérieur, c’est-à-dire qu’il doit fixer celle-ci au niveau de la face intérieure du rouleau, contre l’écriture. Il faut disposer le rouleau de la Thora sur la couture, c’est-à-dire disposer la couture au centre, entre les deux colonnes, pour que le rouleau de la Thora ne se déchire pas lorsque l’on serre. Dans un endroit où le rouleau de la Thora est sorti après la lecture pour être emmené dans une autre pièce où il sera rangé, les fidèles n’ont pas le droit de sortir avant le rouleau de la Thora ; ils doivent l’accompagner et le suivre jusqu’à l’endroit où il est rangé.
