Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim
Chapitre sept
La prière ne se cantonne pas aux requêtes formulées dans les dix-huit bénédictions de la Amida. D’autres bénédictions l’accompagnent : récitées dans le cadre de la prière ou indépendamment, elles ancrent la gratitude envers D.ieu dans le cœur de chacun.
- Lorsque les Sages de la Grande Assemblée instituèrent le texte de ces prières, ils instituèrent également d’autres bénédictions à réciter quotidiennement. Les voici : quand on se met au lit pour dormir la nuit, on récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui fait tomber les chaînes du sommeil sur mes yeux, plonge l’homme dans l’assoupissement et éclaire la pupille de l’œil. Que ce soit Ta volonté, Éternel mon D.ieu, de me sauver du mauvais penchant et d’une mésaventure. Que je ne sois effrayé ni par de mauvais rêves ni par de mauvaises pensées. Que ma couche soit parfaite devant Toi et que Tu m’en relèves pour la vie et la paix. Éclaire mes yeux de peur que je ne m’endorme pour la mort. Béni sois-Tu, Éternel, qui éclaire le monde entier par Sa gloire. »
- Puis on récite le premier paragraphe du Chema et on dort. (Cela s’applique même à celui qui dort avec son épouse). Et si l’on est pris par le sommeil, on récite ne serait-ce que le premier verset du Chema ou des versets de miséricorde, puis l’on dort.
- Lorsqu’on se réveille, après avoir fini de se reposer, on dit, alors que l’on est encore sur le lit, la bénédiction suivante : « Mon D.ieu, l’âme que Tu as placée en moi est pure. Tu l’as créée, Tu l’as formée, Tu l’as insufflée en moi et Tu la gardes au-dedans de moi. Tu es appelé à me la prendre et Tu me la restitueras dans le monde à venir. Tant que l’âme est en moi, je Te rends grâce, Éternel, mon D.ieu, Maître de toutes les actions. Béni sois-Tu, Éternel, qui rend les âmes aux dépouilles mortelles. »
- Lorsqu’on entend le chant du coq, on récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui donne au coq le discernement pour distinguer entre le jour et la nuit ». Lorsqu’on s’habille, on dit la bénédiction : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui habille ceux qui sont nus ». Lorsqu’on se couvre la tête d’une étoffe, on dit la bénédiction : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui couronne Israël de gloire ». Lorsqu’on se passe les mains sur les yeux, on dit la bénédiction : « Qui ouvre les yeux des aveugles ». Lorsqu’on s’assoit sur son lit, on dit la bénédiction : « Qui délivre les prisonniers ». Lorsqu’on descend du lit et qu’on pose ses pieds sur le sol, on dit la bénédiction : « Qui étend la terre sur les eaux ». Lorsqu’on se lève, on dit la bénédiction : « Qui redresse ceux qui sont courbés ». Lorsqu’on se lave les mains, on dit la bénédiction : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné l’ablution des mains ». Lorsqu’on se lave le visage, on dit la bénédiction : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui ôte les chaînes du sommeil de mes yeux et la torpeur de mes paupières. Puisse être Ta volonté, Éternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères, de nous habituer aux commandements, et non à la transgression et à la faute. Rends-moi assujetti au bon penchant et que le mauvais penchant n’ait pas d’emprise sur moi. Renforce-moi dans Tes commandements et place ma part dans Ta Thora. Accorde-moi la grâce, la bonté et la miséricorde, à Tes yeux et aux yeux de tous ceux qui me voient, et prodigue-moi des bienfaits. Béni sois-Tu, Éternel, Qui prodigue des bienfaits ».
- À chaque fois que l’on entre dans un lieu d’aisances, on dit avant d’entrer : « Soyez honorés, anges honorables, saints, serviteurs du Très-Haut. Aidez-moi, aidez-moi. Gardez-moi, gardez-moi. Attendez-moi le temps que j’entre et que je sorte, car telle est la nature des hommes ». Une fois sorti, on dit la bénédiction : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a formé l’homme avec sagesse, a créé en lui différents orifices et cavités. Il est révélé et connu de devant le trône de Ta gloire que si l’un d’entre eux se bouchait ou s’ouvrait, il serait impossible de subsister, fût-ce un instant. Béni sois-Tu, Éternel, Qui guérit toute chair et accomplit des merveilles ».
- Lorsqu’on attache sa ceinture, on dit la bénédiction : « Qui ceint Israël avec force ». Quand on met ses chaussures, on dit la bénédiction : « Qui a pourvu à tous mes besoins ». Lorsqu’on sort de chez soi, on dit la bénédiction : « Qui prépare les pas de l’homme ». On doit dire chaque jour les bénédictions suivantes : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui ne m’a pas fait non juif », « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui ne m’a pas fait femme », « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui ne m’a pas fait esclave ».
- Ces dix-huit bénédictions n’ont pas d’ordre fixe : en fait, on dit chacune d’elles au moment où l’on se trouve dans la situation pour laquelle cette bénédiction fut instituée. Comment cela ? Qui attache sa ceinture alors qu’il est encore sur son lit dit la bénédiction : « Qui ceint Israël avec force ». S’il entend le chant du coq, il dit la bénédiction : « Qui donne au coq le discernement ». Mais si les circonstances prévues pour l’une de ces bénédictions ne se sont pas présentées, on ne la récite pas.
- Comment cela ? Si quelqu’un a passé la nuit sans ôter ses habits, il ne dit pas, lorsqu’il se lève, la bénédiction : « Qui habille ceux qui sont nus ». Si quelqu’un marche pieds nus, il ne dit pas la bénédiction : « Qui a pourvu à tous mes besoins ». Les jours de Kippour et du 9 av, où il n’est pas permis de se laver, on ne dit pas la bénédiction de l’ablution des mains, ni la bénédiction : « Qui ôte les chaînes du sommeil… » habituellement récitée lorsqu’on se lave le visage. Si quelqu’un ne s’est pas rendu aux toilettes, il ne récite pas la bénédiction : « Qui a formé l’homme » (Achère yatsar). Il en va de même pour les autres bénédictions parmi celles-ci qui doivent être récitées uniquement lorsqu’elles sont de circonstance.
- Dans la majorité de nos villes, les gens ont coutume de réciter toutes ces bénédictions l’une après l’autre à la synagogue, qu’ils soient astreints à chacune d’entre elles ou non : c’est là une erreur et il ne convient pas d’agir ainsi. On ne récitera une bénédiction que si l’on y est astreint.
- Celui qui se lève tôt pour étudier la Thora – la Thora écrite ou la Thora orale – avant de lire le Chema, doit tout d’abord se laver les mains, puis réciter trois bénédictions avant d’étudier. Ces trois bénédictions sont : (1) « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a donné ordre quant aux paroles de la Thora » ; (2) « Éternel notre D.ieu, rends agréables les paroles de Ta Thora dans notre bouche et dans les bouches de Ton peuple, toute la maison d’Israël. Et puissions-nous, nous, nos descendants, et les descendants de Ton peuple, connaître Ton Nom et étudier Ta Thora. Béni sois-Tu, Éternel, Qui donne la Thora » ; (3) « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a choisis d’entre tous les peuples, et nous a donné Sa Thora. Béni sois-Tu, Éternel, Qui donne la Thora. »
- On a l’obligation de réciter chaque jour ces trois bénédictions et on doit lire ensuite quelques paroles de Thora. Les gens ont coutume de lire le passage biblique de la bénédiction des cohanim. Dans certains endroits, on lit le passage : « Ordonne aux enfants d’Israël ». Dans d’autres, on lit les deux passages. On lit également des chapitres ou des lois de la Michna et des Baraïtot.
- Les Sages ont fait l’éloge de celui qui lit des cantiques du livre des Psaumes chaque jour, depuis le psaume : « Louange, de David » jusqu’à la fin du livre. L’usage s’est établi aussi de lire des versets avant et après la lecture de ces cantiques. Les Sages ont institué une bénédiction avant la lecture des cantiques, qui est : « Béni soit Celui Qui a dit » (Baroukh Chéamar) et une bénédiction après, qui est : « Que soit loué » (Yichtaba’h). Après cela, on récite les bénédictions du Chema et le Chema.
- En certains endroits, la coutume est de lire chaque jour, après la bénédiction de Yichtaba’h, le cantique de la mer Rouge, après quoi on récite les bénédictions du Chema. En d’autres endroits, on lit le cantique Haazinou. Certaines personnes lisent les deux cantiques. À cet égard, on suivra la coutume.
- On a l’obligation de réciter cent bénédictions chaque jour, en comptant la journée et la nuit. Quelles sont ces cent bénédictions ? Il y a les 23 bénédictions que nous avons énumérées dans ce chapitre ; sept bénédictions qui précédent et suivent la récitation du Chema du matin et du soir, à savoir trois bénédictions le matin et quatre le soir. Lorsque l’on s’enveloppe des tsitsit, on récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de nous envelopper des tsitsit ». Quand on revêt les tefiline, on récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de mettre les tefiline ». Celles-ci, avec les trois prières quotidiennes, qui comptent chacune dix-huit bénédictions, font au total 86 bénédictions. Lorsqu’on prend les deux repas, celui du jour et celui du soir, on récite 14 bénédictions, sept à chaque repas : une bénédiction pour les ablutions des mains qui précèdent le repas (Nétilat Yadaïm), une bénédiction au début du repas (Hamotsi) et trois à la fin (Birkat Hamazone), une bénédiction avant de boire du vin et une après, ce qui fait bien sept bénédictions. Il y a donc au total cent bénédictions.
- À l’époque actuelle, depuis l’institution, dans la prière de la Amida, de la bénédiction relative à la disparition des hérétiques, et l’ajout, dans le Birkat Hamazone, de la bénédiction : « Qui est bon et fait le bien », il y a cinq bénédictions en plus. Les chabbat et jours de Yom Tov– où la prière de la Amida est composée seulement de sept bénédictions – et de même les autres jours, si l’on n’a pas été astreint à toutes ces bénédictions, par exemple, si l’on n’a pas dormi toute la nuit durant, si l’on n’a pas défait sa ceinture, si l’on n’a pas eu besoin de se rendre aux toilettes ou dans tout cas semblable, ce qui fait des bénédictions en moins, il faut compléter les cent bénédictions en consommant des fruits.
- Comment cela ? On mange un peu d’un légume, en récitant la bénédiction avant et après. Puis, on mange à nouveau de tel fruit, en récitant la bénédiction avant et après, et on compte ainsi toutes les bénédictions jusqu’à atteindre cent bénédictions chaque jour.
- Voici l’ordre des prières : le matin, on se lève tôt et on récite ces bénédictions. On lit les cantiques des psaumes en récitant la bénédiction qui précède (Baroukh Chéamar) et celle qui suit (Yichtaba’h). Puis, on récite le Chema avec les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent, mais en omettant la Kedoucha de la première bénédiction qui précède le Chema, car un particulier ne récite pas la Kedoucha sans la communauté. Quand on conclut la bénédiction qui fait suite au Chema par « Qui a délivré Israël », on se lève immédiatement, afin de juxtaposer la bénédiction de la délivrance à la prière, et on récite la prière de la Amida debout, comme nous l’avons expliqué. Quand on achève la prière, on s’assoit et on « tombe sur sa face», en adressant des supplications. On relève la tête et l’on adresse encore quelques supplications, tout en restant assis. Puis, on lit le psaume : « Louange, de David », et on adresse des supplications selon ses capacités, après quoi on prend congé pour vaquer à ses occupations.
- À la prière de min’ha, on commence par lire le psaume : « Louange, de David » assis. Puis, on se lève et on récite la Amida de min’ha. Une fois la Amida terminée, on « tombe sur sa face » et on adresse des supplications, puis on relève la tête, en adressant des supplications selon ses capacités. Puis, on prend congé pour retourner à ses occupations. À la prière du soir, on récite le Chema, avec les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent. On juxtapose la bénédiction de la délivrance à la Amida et on récite cette dernière debout. Lorsque l’on a terminé de prier, on s’assoit un peu puis on prend congé. Celui qui adresse des supplications après la prière d’arvit est digne de louanges. Bien que l’on récite la bénédiction « Fais-nous reposer » après la bénédiction « Qui a délivré Israël », cela n’est pas considéré comme une interruption entre la bénédiction de la délivrance et la prière de la Amida, car « Fais nous reposer » est considérée comme le prolongement de la précédente et les deux bénédictions sont comme une seule longue bénédiction.
