Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim​

Chapitre trois

Ce chapitre traite des horaires des différentes prières ainsi que l’éventuelle compensation d’une prière manquée, lorsque l’une des trois prières quotidiennes a été omise.

  1. Pour accomplir convenablement son devoir, il faut commencer la prière de la Amida du matin au lever du soleil. Le temps règlementaire de cette prière s’étend toutefois jusqu’à la fin de la quatrième heure de la journée, soit le tiers de la journée. Si l’on a transgressé, volontairement ou par erreur, et que l’on a prié après la quatrième heure et avant la mi-journée, on s’est acquitté de l’obligation de prier, mais non de celle de prier en temps voulu. En effet, de même que la prière est un commandement de la Thora, dire celle-ci en temps voulu, selon les temps règlementaires fixés par les Sages et les Prophètes, est un commandement rabbinique.
  1. Nous avons déjà dit que l’heure de la prière de min’ha fut instituée par les Sages en fonction de l’heure du sacrifice quotidien de l’après-midi. Étant donné que le sacrifice quotidien de l’après-midi était offert chaque jour à neuf heures et demie, c’est-à-dire la moitié de la dixième heure, les Sages ont fixé le temps de la prière de min’ha à partir de neuf heures et demie. C’est ce que l’on appelle «la petite min’ha», « petite » car le délai pour la réciter est court. Cependant, puisque l’abattage du sacrifice quotidien de l’après-midi était avancé à six heures et demie – c’est-à-dire à la moitié de la septième heure – lorsque la veille de Pessa’h tombait un vendredi, les Sages ont énoncé pour règle que celui qui prie min’ha après six heures et demie est quitte de son devoir, même s’il est préférable d’attendre neuf heures et demie. Dès que cette heure arrive, commence le temps de l’obligation de la prière de min’ha. La prière de min’ha à partir de cette heure est ce que l’on appelle «la grande min’ha», en raison du délai plus long.
  1. Beaucoup ont pris l’habitude de réciter les deux, la «grande» et la «petite» prière de min’ha, en considérant l’une des deux comme facultative. À ce sujet, certains guéonim ont statué que seule la grande min’hadevrait être dite à titre de prière facultative. Ceci est logique, puisque la grande min’ha correspond à quelque chose qui n’avait pas lieu régulièrement, chaque jour. Cependant, si l’on a récité la prière de la «grandemin’ha » à titre d’obligation, on ne récitera la prière de la petite min’ha qu’à titre de prière facultative. 
  1. Tu apprends donc que l’horaire de la grande min’ha va de six heures et demie jusqu’à neuf heures et demie, et l’horaire de la petite min’ha va de neuf heures et demie jusqu’à ce qu’il reste une heure et quart de la journée. Et il est possible de prier min’ha jusqu’au coucher du soleil.
  1. Le temps de la prière de moussaf commence après la prière du matin, et s’étend jusqu’à la fin de la septième heure de la journée. Celui qui prie moussaf après la septième heure, bien qu’il soit coupable de négligence, a rempli son obligation, car le temps imparti à cette prière se prolonge toute la journée.
  1. Le temps de la prière d’arvit, bien qu’elle ne soit pas obligatoire, s’étend pour celui qui la récite, depuis le début de la nuit jusqu’à l’aube. La prière de neïla doit être commencée quand il fait encore jour de manière à finir celle-ci juste avant la nuit.
  1. Celui qui a récité une prière avant le temps prescrit n’a pas accompli son obligation et doit la réciter à nouveau en temps voulu. Toutefois, si en cas d’urgence, on a récité la prière du matin après l’aube, avant le lever du soleil, on est quitte. On peut réciter la prière d’arvit de la nuit de chabbat avant le coucher du soleil. De même, on peut réciter la prière d’arvit de la fin du chabbat durant le chabbat même ; la prière d’arvit étant facultative, on ne se montre pas pointilleux concernant son horaire. Cela, à condition de lire le Chema en temps voulu, après l’apparition des étoiles.
  1. Celui qui a laissé passer le temps de la prière et a omis de prier, en cas de manquement délibéré, n’a pas de réparation possible et ne peut pas compenser la prière manquée. Mais s’il a omis de prier par inadvertance ou parce qu’il s’est trouvé en proie à un empêchement ou à une préoccupation, il peut compenser la prière manquée par une prière supplémentaire qu’il récitera au moment de la prière suivante. Il récitera alors tout d’abord la prière de circonstance et ensuite la prière de compensation.
  1. Comment cela ? S’il a par erreur omis de prier cha’harit et que la mi-journée est passée, il récitera deux fois la Amida lors de la prière de min’ha: la première à titre de prière de min’ha et la seconde à titre de compensation de cha’harit. De même, s’il a par erreur omis de prier min’ha avant le coucher du soleil, il récitera deux fois la Amida lors de la prière d’arvit: la première à titre d’arvit et la seconde à titre de compensation de min’ha. S’il a par erreur omis de prier arvit avant l’aube, il récitera deux fois la Amida de cha’harit: la première en tant que cha’harit et la seconde, en tant que compensation d’arvit.
  1. Celui qui a, par erreur, omis la récitation de deux prières consécutives,ne peut compenser que la dernière prière. Comment cela ? S’il a, par erreur, omis la prière de cha’harit, puis celle de min’ha, il récitera deux fois la Amida lors de la prière d’arvit: la première à titre d’arvit et la seconde à titre de compensation de min’ha. Mais cha’harit ne pourra pas être compensée, parce que son temps de compensation est déjà passé. Il en va de même pour les autres prières.
  1. Si quelqu’un n’a pas prié moussaf avant la moitié de la septième heure, et a désormais deux prières à réciter, celle de min’ha et celle de moussaf, il récitera d’abord la prière de min’ha, puis celle de moussaf. Certains ont statué qu’il ne faut pas agir ainsi dans le cas d’une prière communautaire, pour que les gens n’en viennent pas à se tromper. 
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