Lois relatives à la récitation du Chema

Chapitre quatre

Certaines personnes sont dispensées de la récitation du Chema : il s’agit soit de celles qui ne sont pas tenues à cette obligation par la Thora, soit de celles qui, pour diverses raisons, sont incapables d’y prêter l’attention requise.

  1. Les femmes, les esclaves cananéens et les enfants sont dispensés de la récitation du Chema. Toutefois, on apprend aux enfants à réciter le Chema en temps voulu et à réciter les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent, afin de les initier aux commandements. Celui qui est préoccupé et anxieux concernant l’accomplissement d’une mitsva est dispensé de tous les commandements, y compris de la récitation du Chema. C’est pourquoi, un jeune marié qui a épousé une femme vierge est dispensé de réciter le Chema jusqu’à ce qu’il ait des rapports avec elle. En effet, son esprit n’est pas tranquille, car il est préoccupé par la possibilité qu’il ne trouve pas chez elle les signes de virginité. Et s’il a attendu jusqu’à samedi soir sans avoir eu de rapports avec elle, il est tenu de réciter le Chema à partir de samedi soir. En effet, son esprit s’est apaisé et il a désormais plus de familiarité avec elle, bien qu’ils n’aient pas eu de rapports.
  1. En revanche, celui qui épouse une femme qui n’est pas vierge, bien qu’il soit occupé à une mitsva, a l’obligation de réciter le Chema, étant donné qu’il n’y a pas de question qui trouble son esprit. Et il en va de même pour tout cas semblable.
  1. Celui qui vient de perdre un proche parent dont il a l’obligation de porter le deuil, est dispensé de la récitation du Chema jusqu’à l’enterrement, parce qu’il n’a pas l’esprit tranquille pour réciter le Chema. Celui qui veille un mort, bien que le défunt ne soit pas son proche parent, est dispensé de la récitation du Chema. Mais s’ils sont deux à le veiller, l’un veille pendant que l’autre se retire à un autre endroit pour réciter le Chema. Puis, il reprend la veille pendant que l’autre s’esquive à son tour pour réciter le Chema. De même, celui qui creuse une tombe pour un mort est dispensé de réciter le Chema.
  1. On n’enlève pas le corps du défunt pour procéder à son enterrement à l’approche de l’heure du Chema, à moins qu’il ne s’agisse d’un grand homme. Mais si l’on a commencé à emmener le corps, et que l’heure de la récitation arrive alors que l’on accompagne le défunt, tous ceux qui sont nécessaires à la civière mortuaire, à savoir ceux qui portent la civière mortuaire, leurs remplaçants et les remplaçants des remplaçants, qu’ils soient devant ou derrière la civière, sont dispensés de réciter le Chema. Les autres personnes du cortège funèbre, qui ne sont pas nécessaires à la civière sont, quant à elles, tenues de réciter le Chema.
  1. Concernant ceux qui assistent à l’oraison funèbre en l’honneur du défunt lorsque l’heure du Chema survient, la règle suivante est appliquée : si le corps est étendu devant eux, ils doivent un à un s’absenter pour réciter le Chema et revenir à l’oraison funèbre. Mais si le corps n’est pas étendu devant eux, tout le monde récite le Chema et l’endeuillé reste assis silencieux puisqu’il n’est pas tenu de réciter le Chema tant qu’il n’a pas enterré son défunt.
  1. Une fois que l’enterrement a eu lieu, lorsque les endeuillés s’en retournent du cimetière pour recevoir les consolations et tout le monde les suit depuis l’endroit de la tombe jusqu’à l’endroit où l’on forme une haie autour d’eux pour les consolations, durant cet intervalle, si les participants ont la possibilité de commencer et de terminer ne serait-ce que le premier verset du Chema avant d’atteindre la haie, ils commenceront le Chema. Sinon, ils ne commenceront pas, mais consoleront d’abord les endeuillés et, après avoir pris congé d’eux, ils réciteront le Chema. Concernant ceux qui se trouvent dans la haie autour des endeuillés lorsque survient l’heure de la récitation, s’ils sont dans la rangée intérieure, qui voit le visage des endeuillés, ils sont dispensés de réciter le Chema. Mais s’ils sont dans une rangée extérieure, étant donné qu’ils ne voient pas le visage des endeuillés, ils sont tenus de réciter le Chema sur place.
  1. Quiconque est dispensé de la récitation du Chema peut tout de même le réciter s’il désire être plus strict envers lui-même, à condition toutefois qu’il ait l’esprit tranquille. Mais si cette personne dispensée de la récitation du Chema est anxieuse, elle n’a pas le droit de le réciter tant que son esprit n’est pas apaisé.
  1. Tous les hommes en état d’impureté rituelle sont astreints à la récitation du Chema : ils peuvent réciter les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent en état d’impureté même s’il est possible pour eux de se purifier le jour même. C’est le cas par exemple de celui qui a touché le cadavre d’un des huit rampants mentionnés dans la Thora ou qui a touché une femme nidda, une femme zava, la couche sur laquelle elles se sont étendues ou autres cas semblables. Ezra et son tribunal ont institué qu’un homme ayant eu une émission de matière séminale ne soit pas autorisé à prononcer des paroles de Thora tant qu’il ne s’est pas immergé dans un bain rituel. Ils l’ont ainsi distingué des autres personnes impures. Cependant, cette ordonnance ne fut pas acceptée par l’ensemble du peuple juif, la majeure partie de la communauté juive n’ayant pas la capacité de s’y tenir, aussi fut-elle automatiquement annulée. Tous les juifs ont adopté l’usage de lire la Thora et de réciter le Chema même en cas d’impureté due à une émission de matière séminale, parce que les paroles de la Thora ne contractent pas l’impureté et restent pures éternellement, ainsi qu’il est dit: «Est-ce que Ma parole ne ressemble pas au feu, dit l’Éternel»; comme le feu ne contracte pas l’impureté, ainsi les paroles de la Thora ne contractent pas l’impureté.

Fin des lois relatives à la récitation du Chema.

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