Lois relatives à la récitation du Chema
Chapitre trois
Ce chapitre porte sur la propreté et la décence requises à l’endroit où l’on récite le Chema. Il est en effet défendu de prononcer des paroles de Thora dans un lieu souillé ou accueillant des personnes dévêtues, tels des bains. Les lois présentées dans ce chapitre s’appliquent donc aussi à la lecture de tout autre texte sacré.
- Celui qui récite le Chema doit au préalable se laver les mains avec de l’eau. Si l’heure de la récitation survient et qu’il ne trouve pas d’eau avant de réciter le Chema, il ne doit pas en retarder la récitation pour aller chercher de l’eau. Plutôt, il se nettoie les mains avec de la terre, avec un caillou, avec une poutre ou ce qui est semblable, et il récite le Chema.
- On ne peut réciter le Chema ni aux bains, ni dans des lieux d’aisances – même s’il ne s’y trouve pas de déjection – ni dans un cimetière, ni à côté d’un mort. Si l’on s’écarte de quatre coudées de la tombe ou du mort, il est permis de réciter le Chema. Quiconque a récité le Chema dans un endroit où cela est interdit, doit le réciter à nouveau.
- Il est permis de réciter le Chema devant des lieux d’aisances nouvellement préparés et non encore utilisés, mais pas à l’intérieur de ceux-ci. Il est permis de réciter le Chema à l’intérieur d’un nouvel établissement de bains, non encore utilisé. S’il y a deux pièces, dont l’une a été désignée par le propriétaire comme lieu d’aisances, et qu’il a dit à propos de la seconde : « Et celle-ci », il y a doute quant à savoir si la seconde est également désignée comme lieux d’aisances ou non. C’est pourquoi, on ne doit pas a priori y réciter le Chema. Cependant, si on y a récité le Chema, on est quitte. Mais si le propriétaire a dit à propos de la seconde : « Celle-ci aussi », toutes deux sont désignées pour servir de lieux d’aisances et on ne peut y réciter le Chema. Il est permis de réciter le Chema dans la cour d’un établissement de bains, qui est l’endroit où les gens se tiennent habillés.
- Ce n’est pas uniquement le Chema, mais tout propos de sainteté qu’il est interdit de prononcer aux bains ou dans des lieux d’aisances, même en une langue profane. Et ce n’est pas seulement le fait d’y prononcer une parole sainte qui est interdit : même penser en son cœur à des paroles de Thora dans des lieux d’aisances, aux bains ou dans un lieu souillé – c’est-à-dire un endroit où se trouvent des excréments ou de l’urine – est interdit.
- Il est permis d’exprimer des propos profanes en langue sacrée dans des lieux d’aisances. Il est de même permis d’y prononcer les désignations de D.ieu, telles que Miséricordieux, Gracieux, Fidèle et autres appellations semblables. En revanche, les noms spécifiques de D.ieu – c’est-à-dire les noms qu’il est interdit d’effacer – ne doivent pas être évoqués dans des lieux d’aisances ou dans des établissements de bains ayant déjà été utilisés. Toutefois, si l’occasion se présente, aux bains ou dans un lieu d’aisances, d’empêcher une personne de commettre une transgression, on doit le faire, même en langue sacrée et en tenant des propos sacrés.
- Il est interdit de réciter le Chema devant des excréments humains, devant des excréments de chiens ou de porcs lorsque des peaux y sont trempées ou devant tout excrément malodorant comme ceux-ci. Il est de même défendu de réciter le Chema devant de l’urine humaine. Mais l’on peut réciter le Chema devant de l’urine animale. Il n’est pas nécessaire de s’éloigner des excréments ni de l’urine d’un enfant incapable de consommer le volume d’un kazaït de pain dans le temps que mettrait un adulte pour en consommer un volume égal à trois œufs.
- Il est interdit de réciter le Chema devant un excrément même s’il est aussi sec qu’un objet en terre cuite. S’il est plus sec que de la terre cuite, au point de s’effriter quand on le jette, il est considéré comme de la poussière, et l’on pourra réciter le Chema à côté. Il est interdit de réciter le Chema devant de l’urine absorbée dans le sol, si celle-ci est encore suffisamment humide pour humecter la main qui la toucherait. Dans le cas contraire, c’est permis.
- À quelle distance faut-il s’éloigner des excréments ou de l’urine pour réciter le Chema ? À quatre coudées ; cela uniquement s’ils se trouvent derrière soi ou sur les côtés. Mais s’ils se trouvent en face de soi, on doit s’en éloigner jusqu’à ce qu’on ne les voie plus ; c’est uniquement alors que l’on pourra réciter le Chema.
- Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Lorsqu’on se trouve dans la même pièce et au même niveau que les souillures. Mais si les souillures sont situées à un endroit plus haut ou plus bas de dix tefa’him, on peut s’asseoir à côté de cet endroit et réciter le Chema, car l’on se trouve séparé des souillures du fait de la différence de niveau. Cela, à condition que l’on ne sente aucune mauvaise odeur. De même, si l’on retourne un récipient sur des excréments ou sur de l’urine, bien qu’on se trouve dans la même pièce que ces souillures, elles sont considérées comme enterrées et il est permis de réciter le Chema en leur présence.
- Si l’excrément se trouve de l’autre côté d’une séparation en verre, bien que l’on voie l’excrément derrière le verre, il est permis de réciter le Chema à côté. Si l’on a versé un reviit d’eau sur l’urine issue d’une seule miction, il est permis de réciter le Chema dans les quatre coudées de cette urine.
- Si un excrément se trouve dans un trou du sol, on peut se tenir debout, la sandale sur le trou, et réciter le Chema; cela, à condition que la sandale ne soit pas en contact avec l’excrément. Si l’on est face à un excrément minuscule comme une goutte, on peut le recouvrir d’un crachat épais et réciter le Chema. Si l’on a une tache d’excrément sur la peau ou les mains sales en sortant des lieux d’aisances, mais qu’aucune mauvaise odeur ne s’en dégage car cette salissure est infime ou sèche, il est permis de réciter le Chema, du fait de l’absence d’odeur. Mais si la souillure se trouve à sa place, au niveau de l’anus, bien qu’elle ne soit pas visible quand l’individu est debout, dès lors qu’elle est visible quand il est assis, il lui est interdit de réciter le Chema avant de s’être soigneusement nettoyé, parce que les matières y sont humides et dégagent une mauvaise odeur. Plusieurs gueonim ont statué qu’il est interdit de réciter le Chema les mains sales en sortant des lieux d’aisances. Il convient de s’y conformer.
- Quand la source d’une mauvaise odeur a une substance, tel un excrément qui dégage une mauvaise odeur, on doit s’en éloigner de quatre coudées pour réciter le Chema, si l’odeur disparaît à cette distance. Mais si elle subsiste, il faut s’éloigner jusqu’à l’endroit où il n’y a plus d’odeur. Si la source de cette odeur nauséabonde n’a pas de substance, comme dans le cas d’une personne qui a laissé échapper une flatulence, il faut s’éloigner jusqu’à l’endroit où l’odeur disparaît pour réciter le Chema. Il est défendu de réciter le Chema devant un vase de nuit servant à des excréments ou à de l’urine, même s’il ne contient rien et ne dégage pas de mauvaise odeur, parce qu’il est considéré comme des lieux d’aisances.
- Il est interdit de réciter le Chema face à des excréments en mouvement qui passent devant soi, par exemple flottant sur l’eau. Le groin d’un porc a lui aussi le statut d’excréments en mouvement. Il est défendu de réciter le Chema devant ceux-là, jusqu’à ce qu’ils se soit éloignés d’au moins quatre coudées sur le côté ou derrière soi.
- Si l’on rencontre un endroit souillé tout en lisant le Chema, on ne peut pas continuer à réciter en mettant la main sur la bouche ; mais il faut s’interrompre jusqu’à ce que l’on dépasse cet endroit. De même, si on laisse échapper une flatulence tout en lisant le Chema, on doit s’interrompre jusqu’à ce que l’odeur disparaisse, puis on continue la récitation. Il en va de même pour l’étude de la Thora. Pour les flatulences d’autrui, bien que l’on doive s’interrompre dans la récitation du Chema, on ne s’interrompt pas dans l’étude de la Thora.
- Si l’on s’apprête à réciter le Chema dans une maison, mais l’on a un doute quant à l’éventuelle présence d’excréments ou d’urine, on a le droit de réciter le Chema sans examiner les lieux préalablement. Si l’on s’apprête à réciter le Chema dans un dépotoir, mais l’on a un doute quant à l’éventuelle présence d’excréments, on ne doit pas le faire avant d’avoir examiné l’endroit, parce qu’un dépotoir est un endroit où la présence de souillures est présumée. En revanche, lorsque le doute porte seulement sur la présence d’urine, il est permis de réciter le Chema, même dans un dépotoir.
- De même qu’il est défendu de réciter le Chema devant des matières fécales ou de l’urine sans s’en éloigner, de même est-il défendu de réciter le Chema devant une personne dont la nudité est exposée, fût-ce un gentil ou un enfant, sans en détourner son visage. Cela s’applique même si la personne dont la nudité est exposée se trouve derrière une séparation en verre : dès lors que l’on voit la nudité, il est interdit de réciter le Chema sans détourner son visage. Tout le corps d’une femme est considéré comme nudité. C’est pourquoi, on ne doit pas observer le corps d’une femme, même celui de sa propre femme, en lisant le Chema ; si un téfa’h d’une partie normalement couverte de son corps est découvert, on ne récitera pas le Chema devant.
- De même qu’il est défendu de réciter le Chema devant la nudité d’autrui, de même est-il défendu de réciter le Chema devant sa propre nudité : on ne récitera pas le Chema nu, avant d’avoir couvert sa nudité. Si l’on porte un vêtement en tissu, peau ou sac, ceint au niveau de la taille, ce qui recouvre la nudité, bien que le reste du corps au-dessus de la taille soit dénudé, il est permis de réciter le Chema, à condition que le talon ne soit pas en contact avec la nudité. Si l’on dort nu sous un drap, il faudra appliquer le drap sur son corps en dessous du cœur pour réciter le Chema. Mais plaquer le drap sur son corps au niveau du cou ne sera pas suffisant pour réciter le Chema, car le cœur « verrait » alors la nudité et cela reviendrait à réciter le Chema sans être ceint d’un vêtement couvrant la nudité.
- Lorsque deux personnes dorment sans leurs habits sous un même drap, aucune d’elles n’a le droit de réciter le Chema, même si elle applique le drap en dessous de son cœur, à moins que le drap ne fasse séparation entre elles, de sorte que leurs corps ne se touchent pas au niveau de la taille et en dessous. Mais si un homme dort avec son épouse, avec ses enfants ou autres jeunes membres de sa maisonnée, leur corps est considéré comme le sien, et il n’est pas affecté du contact avec eux. C’est pourquoi, même si son corps est en contact avec eux, il tourne sa face, applique la couverture en dessous de son cœur et récite le Chema.
- Jusqu’à quel âge les enfants sont-ils considérés comme jeunes dans ce contexte ? Le garçon, jusqu’à douze ans et un jour, et la fille onze ans et un jour, dans le cas où leur morphologie est semblable à celle d’un adulte, selon l’expression du verset : « tes seins se sont affermis et tes poils ont poussé » c’est-à-dire qu’ils ont présenté des signes de puberté. Passé cet âge, on ne doit pas réciter le Chema avec eux sans qu’un drap ne fasse séparation. Mais s’ils ne sont pas encore dans la situation décrite par le verset : « tes seins se sont affermis et tes poils ont poussé », on peut réciter le Chema en étant en contact avec eux sans avoir besoin d’une séparation, jusqu’à ce que le garçon ait treize ans et un jour et la fille douze ans et un jour.
