Lois relatives à la récitation du Chema
Chapitre un
Le premier chapitre définit la mitsva de la récitation du Chema. Il détermine les passages de la Thora concernés, les horaires de récitation et les bénédictions qui l’accompagnent, soir et matin.
- On récite le Chema deux fois chaque jour, le soir et le matin, ainsi qu’il est dit : « à ton coucher et à ton lever » – c’est-à-dire à l’heure où les gens sont habituellement couchés, à savoir la nuit, et à l’heure où les gens ont l’habitude de se lever, à savoir le jour.
- Que récite-t-on ? Trois passages, qui sont Chema, Vehaya im chamoa et Vayomer. On récite le passage Chema en premier, car s’y trouve le devoir de reconnaître l’unité de D.ieu, de L’aimer et d’étudier Sa Thora ; c’est là le principe fondamental dont tout dépend. Après le passage Chema, on récite le passage Vehaya im chamoa qui comprend une injonction relative à l’observance de tous les autres commandements, puis le passage des tsitsit, c’est-à-dire Vayomer qui comprend, lui aussi, une injonction relative au souvenir de tous les commandements.
- Bien que le commandement des tsitsit ne s’applique pas la nuit, on récite le passage Vayomer la nuit parce qu’il comprend également le souvenir de la sortie d’Égypte ; or, nous avons le devoir d’évoquer la sortie d’Égypte le jour et la nuit, ainsi qu’il est dit : « pour que tu te souviennes du jour où tu es sorti d’Égypte, tous les jours de ta vie ». La récitation de ces trois passages dans cet ordre est ce qu’on appelle la « récitation du Chema ».
- Celui qui récite le Chema, lorsqu’il termine le premier verset, doit dire à voix basse : « Béni soit le Nom de la gloire de Son règne à tout jamais ». Puis, il reprend la récitation du premier passage normalement : « Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu, etc. » jusqu’à la fin. Pourquoi récite-t-on le Chema de cette façon, en incluant la phrase : « Béni soit… » ? Nous avons une tradition selon laquelle lorsque Jacob notre père rassembla ses enfants en Égypte, à l’heure de sa mort, il les exhorta et les encouragea au sujet de l’unité de D.ieu et de la voie de D.ieu suivie par Abraham son grand-père et Isaac son père. Il les questionna ainsi : « Mes fils ! Peut-être se trouve-t-il une défaillance parmi vous ; peut-être l’un d’entre vous ne me suit-il pas en ce qui concerne l’unité de D.ieu ? », dans le même esprit que ce que nous dit Moïse : « Peut-être y a-t-il parmi vous un homme ou une femme… dont le cœur se détourne aujourd’hui de l’Éternel notre D.ieu ? » Tous ses enfants répondirent alors : « Écoute, Israël, l’Éternel est notre D.ieu, l’Éternel est Un », c’est à dire « Écoute-nous, ô notre père, Israël, l’Éternel est notre D.ieu, l’Éternel est Un ». Jacob l’ancien s’exclama : « Béni soit le Nom de la gloire de Son règne à tout jamais ». C’est pourquoi, tous les juifs ont adopté l’usage qui consiste à prononcer la louange exprimée par Israël l’ancien, après ce premier verset.
- Celui qui récite le Chema doit prononcer des bénédictions avant et après sa récitation. Le jour, deux bénédictions avant et une après ; et la nuit, deux bénédictions avant et deux après.
- La première bénédiction qui précède la récitation du Chema le jour est : « Celui qui forme la lumière et crée l’obscurité, etc. » et la seconde bénédiction : « Tu nous as aimés d’un amour éternel ». La bénédiction qui suit le Chema est : « Vrai et établi ». La nuit, la première bénédiction qui précède le Chema est : « Celui qui amène les soirées etc. » et la seconde : « Tu as aimé d’un amour éternel la maison d’Israël, Ton peuple ». La première bénédiction qui suit le Chema est : « Vérité et foi », et la seconde : « Fais que nous nous couchions ».
- La première bénédiction qui précède le Chema, le jour comme la nuit, est introduite et conclue par la formule Baroukh (« Béni sois-Tu… »). Quant aux autres bénédictions du Chema, chacune d’entre elles est conclue par Baroukh, mais elles ne sont pas introduites par Baroukh. Ces bénédictions, ainsi que les autres bénédictions familières à tous les juifs, furent instituées par Ezra le scribe et son tribunal, les « membres de la Grande Assemblée ». Personne n’est en droit de les écourter, ni de les allonger. Là où ils instituèrent de conclure par la formule Baroukh, il n’est pas permis d’omettre cette formule, et là où ils instituèrent de ne pas conclure par Baroukh, il n’est pas permis de conclure ainsi. Là où ils instituèrent de ne pas commencer par Baroukh, il n’est pas permis de commencer ainsi. Là où ils instituèrent de commencer par Baroukh, il n’est pas permis d’omettre cette formule. En règle générale, quiconque s’écarte de la formulation instituée par les Sages pour les bénédictions est dans l’erreur et doit réciter de nouveau la bénédiction en question comme il se doit. Quiconque n’a pas récité la bénédiction « Vrai et établi » le matin ou « Vérité et foi… » le soir n’a pas rempli son devoir.
- Si l’on a récité la seconde bénédiction avant la première, que ce soit le jour ou la nuit, qu’il s’agisse des bénédictions qui précèdent ou qui suivent le Chema, on a rempli son obligation, car il n’y a pas d’ordre absolu dans les bénédictions. Dans l’office du matin, si l’on a commencé par « Celui qui forme la lumière » et conclu par « Celui qui amène les soirées », on n’est pas quitte. Si toutefois l’on a commencé par « Celui qui amène les soirées » et conclu par « Celui qui forme la lumière », on est quitte. Dans l’office du soir, si l’on a commencé par « Celui qui amène les soirées » et conclu par « Celui qui forme la lumière », on n’est pas quitte. Toutefois, si l’on a commencé par « Celui qui forme la lumière » et conclu par « Celui qui amène les soirées », on est quitte, car toutes les bénédictions sont déterminées par leur conclusion.
- Quel est le temps propre à la récitation du Chema du soir ? La mitsva peut être accomplie depuis la sortie des étoiles jusqu’à la moitié de la nuit. Si l’on a transgressé cette règle en dépassant la moitié de la nuit, mais récité le Chema avant l’aube, on a tout de même rempli son obligation. En effet, les Sages n’ont dit de réciter le Chema avant la moitié de la nuit qu’en vue d’éloigner l’homme d’une faute par négligence.
- Celui qui tarde et récite le Chema du soir après l’aube, avant le lever du soleil, n’est pas quitte de son obligation, à moins qu’il n’ait été dans un cas de force majeure ; par exemple s’il était ivre ou malade, ou dans une situation similaire. Celui qui, se trouvant dans un cas de force majeure, récite le Chema à ce moment, entre l’aube et le lever du soleil, ne récitera pas la bénédiction « Fais que nous nous couchions ».
- Et quel est le temps propre à la récitation du Chema du jour ? La mitsva est de commencer à réciter le Chema peu avant le lever du soleil de manière à conclure la dernière bénédiction avec le lever du soleil. Ce temps pour la récitation correspond environ à un dixième d’heure avant que le soleil ne se lève. Si l’on s’est attardé et que l’on a récité le Chema après le lever du soleil, on a tout de même rempli son obligation, car le temps du Chema se prolonge jusqu’à la fin de la troisième heure de la journée pour celui qui aurait transgressé et se serait attardé.
- Celui qui a devancé l’heure et récité le Chema du matin peu après l’aube, bien qu’il ait terminé sa récitation avant le lever du soleil, est quitte de son obligation. En cas de difficulté, par exemple si l’on doit prendre tôt la route, on peut réciter le Chema à partir de l’aube.
- Celui qui récite le Chema après les trois premières heures de la journée, même s’il a été dans un cas de force majeure, n’a pas rempli l’obligation de réciter le Chema en son temps ; il est considéré comme lisant simplement un passage de la Thora. Il peut réciter les bénédictions qui précèdent et suivent le Chema à tout moment de la journée, même si l’on a retardé la récitation après les trois premières heures.
