Lois relatives aux bénédictions

Il s’agit d’un unique commandement positif, celui de bénir le grand et saint Nom de D.ieu après un repas. Ce commandement est exposé dans les chapitres ci-après.

La prière, avec les mitsvot qui l’accompagnent, telles que les tsitsit et les tefiline, ont été étudiées dans les parties précédentes. Avec ce nouveau grand thème, il va être question d’autres bénédictions prononcées durant la journée, mais qui n’entrent pas dans le cadre de la prière. Comme le Rambam l’a montré tout au long de ce livre, le juif doit avoir son Créateur présent à l’esprit à chaque instant et en toute circonstance. Différentes bénédictions sont donc récitées dans des situations et pour des causes très diverses. De façon générale, ces bénédictions se répartissent en trois catégories :

Les bénédictions qui accompagnent un profit, un plaisir que l’on tire de ce monde. « À l’Éternel appartient la terre et ce qui la remplit » disent les Psaumes (24, 1). Bénir D.ieu est donc de règle avant de profiter de la Création. Aussi, on dit une bénédiction avant et après la consommation d’un aliment. La Thora fait uniquement devoir de réciter les Actions de Grâce après un vrai repas, mais les Sages ont institué qu’une bénédiction soit récitée dans tous les cas. De même, des bénédictions sont dites avant de respirer une bonne odeur. Cette première catégorie de bénédictions fait l’objet des chapitres un à neuf. Les sept premiers chapitres sont consacrés aux règles relatives au repas (les quatre premiers à la bénédiction sur le pain et aux Actions de Grâce, le cinquième au zimoun – l’invitation mutuelle aux Actions de Grâce –, le sixième aux ablutions qui précèdent et qui suivent le repas, et le septième aux bons usages à respecter au cours du repas). Le chapitre huit est consacré aux autres bénédictions que l’on récite en dehors d’un repas, et enfin, le chapitre neuf aborde les bénédictions sur les senteurs.

* Les bénédictions récitées en louange et en remerciement à D.ieu, ou en requête pour le futur. Ainsi, on louera D.ieu à la vue des merveilles de la Création (tels l’océan, les comètes, le tonnerre…) ou devant un lieu de miracles, et on Le remerciera une fois sorti d’une situation périlleuse (comme après une maladie ou un voyage peu sûr). De même, on implorera Son aide pour répondre à des besoins aussi bien spirituels que matériels. Ces bénédictions sont étudiées au chapitre dix.

* Les bénédictions récitées avant l’accomplissement d’un commandement. Certes, chacune d’entre elles est abordée dans ce livre en même temps que le commandement qui lui correspond, mais il s’agira ici d’expliquer les règles générales qui les régissent et les différences de formulation. Elles sont abordées au chapitre onze.

On remarquera que, dans la formulation de ces bénédictions, on passe systématiquement, lorsque l’on s’adresse à D.ieu, de la seconde à la troisième personne : le texte commence à la deuxième personne (« Béni sois-Tu ») et continue à la troisième (« Qui a… »). Cette transition est expliquée ainsi par le Rachba dans un de ses responsa (V, 52) : l’existence de D.ieu est connue de tous et ne laisse pas place au doute. Cependant, Sa réalité est insondable. Pour traduire et nous faire prendre conscience de cette antinomie, les Sages ont établi une formule à la deuxième personne (comme si l’on s’adressait à quelqu’un que l’on connaît) immédiatement suivie d’un texte à la troisième personne destiné à dissiper toute erreur possible quant à une similitude avec quelque être que ce soit, à D.ieu ne plaise, comme pour dire que même s’Il est connu, Il échappe complètement à notre entendement.

Chapitre un : Règles générales concernant les bénédictions

Ce chapitre présente des règles générales concernant les bénédictions. On est tenu par la Thora de remercier D.ieu après avoir mangé du pain, lorsque l’on est rassasié et, par ordre rabbinique, à chaque fois que l’on tire profit d’un aliment. Deux autres catégories de bénédictions instituées par les Sages sont aussi définies (§ 1-5) ainsi que les lois relatives à la récitation des bénédictions, c’est-à-dire les conditions requises et la manière de les réciter (§ 6-9). Enfin, sont exposées, d’une part, la possibilité de se rendre quitte de son devoir en entendant la bénédiction récitée par une autre personne et, d’autre part, l’obligation de répondre Amen quand on entend une bénédiction.

  1. C’est un commandement positif de la Thora que de bénir D.ieu après la consommation de nourriture, comme il est dit: «Tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras l’Éternel ton D.ieu.» La loi biblique impose de bénir D.ieu seulement lorsque l’on est rassasié, ainsi qu’il est dit: «Tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras». Mais par ordre rabbinique, on doit bénir D.ieu, même après la consommation d’un simple kazaït.
  2. Par ordre rabbinique aussi, on doit réciter une bénédiction sur tout aliment avant d’en profiter. Même si l’on a l’intention de manger ou de boire une infime quantité, on doit réciter une bénédiction avant d’en profiter. De même, si l’on est amené à sentir une odeur agréable, on doit réciter une bénédiction avant d’en profiter. Quiconque profite d’un aliment ou d’un parfum agréable sans réciter de bénédiction est considéré comme ayant profité de manière illicite d’une chose consacrée à D.ieu. De même, par ordre rabbinique, on doit réciter une bénédiction après avoir mangé ou bu de tout aliment ou boisson, pourvu que la quantité de liquide bu soit d’au moins un reviit et celle des aliments consommés d’au moins un kazaït. Goûter un aliment pour vérifier sa saveur ne requiert aucune bénédiction avant ni après, tant que l’on en goûte moins qu’un reviit.
  1. De même que l’on récite une bénédiction lorsque l’on tire un profit physique, on récite une bénédiction lorsqu’on est sur le point d’accomplir tout commandement. De plus, les Sages ont institué de nombreuses bénédictions récitées en louange et en remerciement ou à titre de requête, afin que l’on se souvienne constamment du Créateur, même quand il n’y a ni profit physique ni accomplissement d’un commandement.

 

  1. Il y a donc trois sortes de bénédictions: 1) les bénédictions récitées lorsque l’on tire un profit, 2) les bénédictions précédant l’accomplissement d’un commandement et 3) les bénédictions de reconnaissance, récitées en louange et en remerciement, ou en requête, pour constamment se souvenir du Créateur et Le craindre.
  1. Le texte de toutes les bénédictions fut institué par Ezra et son tribunal. Il ne convient pas de les modifier, d’ajouter ou de soustraire quoi que ce soit à l’une d’entre elles. Quiconque change l’énoncé des bénédictions fixé par les Sages est dans l’erreur.  Une bénédiction où ne sont pas mentionnés le Nom de D.ieu et Sa Royauté n’est pas considérée comme une bénédiction, sauf dans le cas d’une bénédiction qui fait immédiatement suite à une autre bénédiction.

 

  1. Les bénédictions peuvent toutes être prononcées en n’importe quelle langue, à condition que la formule corresponde à celle que les Sages ont instituée. Si l’on a toutefois changé l’énoncé d’une bénédiction, dès lors que l’on a mentionné le Nom et la Royauté de D.ieu ainsi que l’objet de la bénédiction, même en langue étrangère, on est quitte.
  1. Il faut prononcer toutes les bénédictions d’un ton perceptible à son oreille. Si on ne l’a pas fait, on est tout de même quitte, que l’on ait prononcé la bénédiction sans l’avoir entendue ou qu’on l’ait récitée mentalement sans même prononcer les mots.
  1. On ne doit pas s’interrompre, entre une bénédiction et le profit ou l’acte de la mitsva qui s’y rapporte, par des paroles portant sur autre chose. Si l’on a marqué une telle interruption, on devra réciter une seconde fois la bénédiction. Mais si l’on s’est interrompu en tenant des propos en rapport avec l’objet de la bénédiction, on n’aura pas besoin de la réciter à nouveau. Comment cela? Par exemple, si, après avoir dit la bénédiction sur le pain, avant d’en manger, on a dit: «Apportez le sel», «Apportez le plat», «Donnez à manger à untel», «Donnez de la nourriture à l’animal», ou autres propos similaires en lien avec le repas, on n’aura pas besoin de dire la bénédiction une seconde fois. Il en va de même pour tout cas semblable.

 

  1. Toutes les bénédictions peuvent être prononcées par une personne en état d’impureté rituelle, qu’il s’agisse d’une impureté dont elle peut se défaire le jour même en s’immergeant au mikvé, ou d’une impureté dont elle ne peut pas se défaire le jour même. Il est interdit de prononcer une bénédiction en étant nu, tant que la nudité n’est pas couverte. Dans quel cas l’a-t-on dit ? Pour un homme. Une femme, en revanche, peut réciter une bénédiction en étant assise par terre de façon que ses parties intimes adhèrent au sol et soient ainsi totalement dissimulées.

 

  1. Concernant toutes les bénédictions, on a pour règle qu’une personne qui a déjà récité une bénédiction et s’est rendue quitte de son devoir peut tout de même prononcer cette bénédiction une seconde fois pour d’autres qui n’ont pas encore accompli leur devoir, afin de les en acquitter. Les bénédictions récitées pour un profit qui n’est pas lié à l’accomplissement d’un commandement font exception : une telle bénédiction ne peut être récitée pour d’autres que si la personne qui la récite tire profit avec eux de la chose à laquelle la bénédiction se rapporte. En revanche, quand il s’agit d’une bénédiction pour un profit qui est lié à l’accomplissement d’un commandement,comme la bénédiction Hamotsi sur la matsa consommée les soirs du séder de Pessa’h ou la bénédiction Haguéfène sur le vin du Kidouch, on peut la réciter pour d’autres,qui peuvent alors manger ou boire même si celui qui a récité la bénédiction ne mange pas avec eux.
  1. Quiconque entend une bénédiction prononcée par quelqu’un d’autre, du début à la fin, avec l’intention de s’acquitter de son devoir, en est quitte même s’il n’a pas répondu AmenCelui qui répond Amen après une bénédiction prononcée par une autre personne est considéré comme s’il l’avait lui-même récitée, à condition que celui qui l’a prononcée y soit astreintSi celui qui récite la bénédiction est astreint à celle-ci par ordre rabbinique alors que celui qui répond est astreint à cette bénédiction par la Thora, celui qui répond n’est pas quitte de son obligation. Il faut que la bénédiction à laquelle il répond ou la bénédiction qu’il écoute soit prononcée par quelqu’un qui, comme lui, y est astreint par la Thora.

 

  1. Lorsque plusieurs convives sont convenus de se réunir pour manger du pain ou boire du vin ensemble, si l’un d’eux a récité la bénédiction et tous les autres ont répondu Amen, ils ont le droit de manger et de boire sans avoir besoin de réciter chacun sa propre bénédiction. Mais s’ils n’avaient pas formé le dessein de manger ensemble et chacun est venu de lui-même, même s’ils partagent le même pain, chacun doit réciter sa propre bénédiction. Dans quel cas cela s’applique-t-il? Pour le pain et le vin seulement. En revanche, pour les autres aliments et boissons, il n’est pas nécessaire qu’ils s’accoudent, c’est-à-dire qu’ils fixent leur repas ensemble, pour qu’ils puissent s’acquitter les uns les autres. Plutôt, si l’un d’eux a récité la bénédiction et que tous ont répondu Amen, ils peuvent manger et boire, bien qu’ils n’aient pas eu l’intention de prendre un repas en commun.

 

  1. Quiconque entend un autre juif réciter l’une des bénédictions, quelle qu’elle soit, est tenu de répondre Amen, même s’il n’a pas entendu la bénédiction tout entière du début à la fin, et même s’il n’est pas astreint à cette bénédiction. Mais si celui qui prononce la bénédiction est (un gentil,) un hérétique, un cuthéen, un enfant qui apprend les bénédictions, ou un adulte qui modifie l’énoncé de la bénédiction, on n’y répondra pas Amen.
  1. Celui qui répond Amen veillera à ne prononcer ni un Amen ‘hatoufa, ni un Amen « coupé », ni un Amen court, ni un Amen long, mais un Amen moyen. Il n’élèvera pas la voix plus que celui qui prononce la bénédiction. Toute personne qui n’a pas entendu la récitation d’une bénédiction ne pourra pas répondre Amen avec les autres s’il s’agit d’une bénédiction qu’elle a le devoir de réciter et dont elle souhaite se rendre quitte.
  1. Quiconque récite une bénédiction inutilement prononce le Nom de D.ieu en vain et est considéré comme quelqu’un qui jure en vain; il est interdit de répondre Amen à une telle bénédictionOn enseigne aux enfants les bénédictions telles qu’elles sont formulées avec le Nom et la Royauté de D.ieu: bien qu’ils les récitent en vain pendant l’étude, cela est permis. On n’y répondra cependant pas Amen ; qui répond Amen à leur bénédiction ne se rend pas quitte de son devoir s’il était tenu de prononcer la bénédiction à laquelle il a répondu Amen.

 

  1. Il est méprisable de répondre Amen après chacune des bénédictions que l’on prononce soi-même. Il est cependant louable de répondre Amen à sa propre bénédiction lorsque celle-ci conclut une série de bénédictions « finales». Par exemple, après la bénédiction «Qui bâtit Jérusalem» dans les Actions de Grâce d’après le repas, bénédiction qui conclut les trois bénédictions du Birkat Hamazone, ou après la dernière bénédiction du Chema du soir, et de même à la fin de toute bénédiction qui conclut une série de bénédictions finales, on répondra Amen à sa propre bénédiction.
  1. Pourquoi dit-on Amen après avoir récité la bénédiction «Qui bâtit Jérusalem» alors qu’elle est suivie de la bénédiction «Qui est bon et fait le bien» et n’est donc pas la conclusion des Actions de Grâce ? Parce que cette dernière bénédiction a été instituée à l’époque des Sages de la Michna et c’est comme si elle venait en supplément, la conclusion de l’essentiel des bénédictions des Actions de Grâce d’après le repas est donc la bénédiction «Qui bâtit Jérusalem». Et pourquoi ne répondrait-on pas Amen après la bénédiction Ahavat olam, la seconde bénédiction du Chema ? Parce qu’elle est la conclusion des bénédictions qui précèdent le Chema et il ne faut donc pas faire d’interruption entre celles-ci et la lecture du Chema. Il en va de même pour les autres cas de bénédictions qui précèdent un accomplissement, comme les bénédictions récitées avant la lecture de la meguila ou avant l’allumage des lumières de ‘Hanoucca: on ne répond pas Amen après ses propres bénédictions afin de ne pas marquer d’interruption entre la bénédiction et l’accomplissement qui s’y rapporte.

 

  1. Pourquoi ne pas répondre Amen après sa propre bénédiction quand on récite la bénédiction qui fait suite à la consommation de fruits ou autres bénédictions similaires ? Parce qu’il s’agit d’une seule bénédiction. Or, on ne répond Amen après sa propre bénédiction que lorsqu’il s’agit d’une bénédiction finale précédée par une ou plusieurs autres bénédictions –par exemple, les bénédictions du roi, les bénédictions du grand-prêtre et autres bénédictions similaires– le fait de dire Amen marque alors la conclusion de ses bénédictions.
  1. Quiconque consomme de la nourriture interdite, que ce soit délibérément ou par inadvertance, ne doit réciter aucune bénédiction avant, ni après. Comment cela? Par exemple, si quelqu’un a consommé un produit tévél – même tévél par ordre rabbinique – ou de la première dîme dont les téroumot n’ont pas été prélevées, ou de la seconde dîme, ou un aliment consacré au Temple n’ayant pas été racheté conformément à la loi, il ne récite aucune bénédiction sur cette nourritureIl va sans dire qu’il en est de même s’il a consommé de la viande d’un animal nevéla ou tréfa, ou a bu du yaïn nesekh ou ce qui est semblable.

 

  1. En revanche, s’il a consommé un produit demaï, bien que l’autorisation de consommer du demaï ne soit accordée qu’aux pauvres ; ou s’il a consommé de la première dîme dont seule la part due au cohen par le lévite a été prélevée, mais non la proportion de la part normalement due au cohen par le propriétaire initial – sous réserve que le lévite ait reçu sa part en avance, lorsque les graines étaient encore dans les épis, de sorte que la récolte n’était pas encore soumise à l’obligation de prélever la terouma; ou s’il a consommé de la seconde dîme ou un aliment consacré qui ont été rachetés, bien que le cinquième en sus n’ait pas été versé, dans tous ces cas, il récitera les bénédictions précédant et suivant la consommation. Et il en va de même pour tout cas semblable.

Chapitre deux : Birkat Hamazone : Actions de Grâce après le repas

Ce chapitre porte sur le Birkat Hamazone, les Actions de Grâce d’après le repas. Ici est présenté l’ordre des bénédictions qui le composent ainsi que ce qu’il faut mentionner dans chacune d’elles. Certains passages sont aussi ajoutés lors d’occasions particulières – comme le chabbat, les fêtes, les Roch ‘Hodech – ou en fonction des circonstances, lorsque par exemple le repas se déroule dans une maison de jeunes mariés.

  1. L’ordre des bénédictions des Actions de Grâce d’après le repas est le suivant: la première est la bénédiction de remerciement pour la subsistance, la seconde est la bénédiction de remerciement pour la terre d’Israël, la troisième est la bénédiction qui conclut par : «Qui bâtit Jérusalem», la quatrième est : «Qui est bon et fait le bien». La première bénédiction fut composée par Moïse notre maître, la seconde par Josué, la troisième par le roi David et son fils, le roi Salomon, et la quatrième par les Sages de la Michna.

 

  1. Les ouvriers qui mangent leur pain au cours de leur temps de travail pour leur employeur, ne récitent pas de bénédiction avant leur repas et ne récitent que deux bénédictions après leur repas, afin de ne pas négliger le travail de l’employeur. La première bénédiction est récitée normalement. La seconde bénédiction inclut aussi la troisième, c’est-à-dire qu’elle commence par le début de la bénédiction de remerciement pour la terre, inclut «Qui bâtit Jérusalem»et se conclut par la fin de la bénédiction de remerciement pour la terre d’Israël. Si toutefois les ouvriers ne travaillent que pour leur repas, c’est-à-dire qu’ils sont seulement nourris en échange de leur travail et ne reçoivent aucune autre rémunération, ou si le maître de maison est attablé avec eux, ils récitent les quatre bénédictions des Actions de Grâce normalement, comme toute autre personne.
  1. Il faut formuler des remerciements au début et à la fin de la bénédiction qui a trait à la terre d’Israël, et conclure celle-ci par «Béni sois-Tu, Éternel, pour la terre et pour la nourriture». Celui qui n’a pas dit, dans la bénédiction de remerciement pour la terre, la formule : «Une terre délicieuse, bonne et large» n’est pas quitte de son obligationIl faut de plus y évoquer l’alliance que D.ieu a établie avec Avraham, ainsi que la Thora. Et il faut faire précéder la mention de l’alliance à celle de la Thora. Car cette alliance, mentionnée dans la bénédiction relative à la terre, est l’alliance de la circoncision ; or, treize alliances furent scellées en rapport avec la circoncision, alors que seules trois alliances furent scellées pour la Thora tout entière, ainsi qu’il est dit: «Voici les paroles de l’alliance… à part l’alliance qu’Il a contractée avec vous à ‘Horev», «Vous vous tenez tous debout aujourd’hui… pour entrer dans l’alliance…».

 

  1. On commence la troisième bénédiction par«Aie pitié, Éternel notre D.ieu, de nous et d’Israël Ton peuple, de Jérusalem Ta ville, et de Sion la demeure de Ta Gloire» ou par «Console-nous, Éternel notre D.ieu par Jérusalem Ta ville» et on conclut par «Qui bâtit Jérusalem» ou par «Qui console Son peuple Israël par la construction de Jérusalem». C’est pourquoi cette bénédiction est appelée « consolation ». Quiconque n’a pas mentionné la royauté de la maison de David dans cette bénédiction n’est pas quitte de son obligation, parce que la royauté de la maison de David est le thème de la bénédiction, dans la mesure où il n’y aura de parfaite consolation qu’avec la restauration de la royauté de la Maison de David.

 

  1. Les chabbat et les jours de fête (Yom Tov), on commence et on conclut la troisième bénédiction par la consolation, en mentionnant la sainteté du jour au milieu. Comment cela? On commence par«Console-nous, Éternel notre D.ieu, par Sion Ta ville» ou par «Aie pitié, Éternel notre D.ieu, d’Israël Ton peuple et de Jérusalem Ta ville» et on conclut par«Qui console Son peuple Israël par la construction de Jérusalem» ou par«Qui bâtit Jérusalem». Le chabbat, on intercale dans cette bénédiction le paragraphe suivant (Retsé): «Notre D.ieu et D.ieu de nos pères, veuille nous raffermir par l’observance de Tes commandements et par le commandement du septième jour, ce jour grand et saint. Car ce jour est grand et saint devant Toi, durant lequel on s’abstient de toute activité et l’on se repose avec amour, conformément à Ta Volonté. Par Ta Volonté, Éternel notre D.ieu, accorde-nous la tranquillité, qu’il n’y ait ni détresse, ni malheur, ni peine ni soupir, le jour de notre repos.»  Les jours de Yom Tov, on y intercale le paragraphe Yaalé veyavo . De même, les jours de Roch ‘Hodech et de demi-fête (‘Hol Hamoed), on intercale Yaalé veyavo au milieu de la troisième bénédiction.

 

  1. À ‘Hanouca et à Pourim, on ajoute, au milieu de la deuxième bénédiction, qui est la bénédiction de remerciement pour la terre d’Israël, le texte Al hanissim, comme on le fait dans la prière. Lorsqu’un jour de Yom Tov ou de Roch ‘Hodech tombe un chabbat, on mentionne, dans la troisième bénédiction, d’abord le passage lié au chabbat, à savoir Retsé véha’halitsénou et ensuite le passage lié au Yom Tov ou à Roch ‘Hodech, à savoir Yaalé veyavoDe même, lorsque Roch ‘Hodech du mois de tévét tombe un chabbat, on mentionne Al hanissim dans la deuxième bénédiction qui est la bénédiction de remerciement pour la terre, et Retsé véha’halitsénou et Yaalé veyavo dans la troisième bénédiction, qui est celle de la consolation.

 

  1. La royauté de D.ieu doit être évoquée à trois reprises dans la quatrième bénédiction. Quand un invité récite les Actions de Grâce chez son hôte, il ajoute une bénédiction pour ce dernier. Que dit-il? Que ce soit la Volonté de D.ieu que mon hôte n’ait ni de honte en ce monde, ni de disgrâce dans le monde futur…» ; il peut faire des ajouts à cette bénédiction pour son hôte et s’y étendre à sa guise.

 

  1. Lorsqu’on récite les Actions de Grâce dans la demeure d’un endeuillé, on dit le texte suivant dans la quatrième bénédiction: «Roi vivant, Qui est Bon et fait le bien, D.ieu de vérité, Juge de vérité, Qui juge avec justice, Qui gouverne son monde en agissant selon Sa volonté; nous sommes Son peuple et Ses serviteurs et pour tout nous nous devons d’être reconnaissants envers Lui et de Le bénir ». Celui qui récite les Actions de Grâce formule alors, à son gré, une prière de consolation à l’intention de l’endeuillé, puis il conclut : Hara’hamane
  1. Dans la maison des nouveaux mariés, on récite la « bénédiction des mariés » après les quatre bénédictions du Birkat Hamazon, à chaque repas que l’on y prend. Cette bénédiction des mariés ne peut être récitée ni par un esclave cananéen, ni par un mineur. Pendant combien de jours, à compter du mariage, récite-t-on cette bénédiction? S’il s’agit d’un veuf qui a épousé une veuve, on récite cette bénédiction uniquement le premier jour. S’il s’agit d’un célibataire qui a épousé une veuve, ou d’un veuf qui a épousé une femme vierge, on récite cette bénédiction durant les sept jours de festin qui suivent le mariage.

 

  1. Cette bénédiction que l’on ajoute aux Actions de Grâce après le repas dans la maison des mariés est la dernière des sept bénédictions nuptiales. Dans quel cas dit-on que l’on ajoute seulement la dernière des sept bénédictions ? Lorsque les convives étaient eux-mêmes présents au mariage et y ont entendu les bénédictions. Mais s’il y a à table d’autres invités qui n’ont pas entendu les bénédictions lors de la cérémonie du mariage, on récite pour eux, après les Actions de Grâce, les sept bénédictions nuptiales comme au moment du mariage ; à condition qu’un quorum de dix hommes adultes soit présent, en comptant le marié.

 

  1. Voici les sept bénédictions: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a tout créé pour Sa gloire.» «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a créé l’homme.» «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a façonné l’homme à Son image, lui a donné Son apparence, et Qui de cet homme a fait pour lui un édifice éternel. Béni sois-Tu, Éternel, Qui a créé l’homme.» «Que Jérusalem la femme stérile se réjouisse et soit en liesse, lorsque ses enfants s’y rassemblent, avec joie. Béni sois-Tu, Éternel, Qui réjouit Sion par ses enfants.» «Accorde une joie intense aux amis qui s’aiment, comme Tu as réjoui jadis Ta créature dans le jardin d’Eden. Béni sois-Tu, Éternel, Qui réjouit le marié et la mariée.» «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a créé la joie et l’allégresse, le marié et la mariée, la gaieté, le chant, le plaisir et la réjouissance, l’amour, la fraternité, la paix et l’amitié. Éternel, notre D.ieu, fais que l’on entende promptement, dans les cités de Judée et dans les rues de Jérusalem, la voix de la joie et la voix de l’allégresse, la voix du marié et la voix de la mariée, la voix de l’exultation des mariés sous leur dais nuptial et des jeunes gens, à leurs banquets chantants. Béni sois-Tu, Éternel, Qui réjouit le marié avec la mariée.»
  1. Si l’on a oublié, un jour de chabbat ou de Yom Tov, de mentionner la sainteté du jour dans la troisième bénédiction des Actions de Grâce, la règle suivante est appliquée : si l’on s’en souvient avant de commencer la quatrième bénédiction, le chabbat, on dit: «Béni sois-Tu Éternel Qui a donné le repos à Son peuple Israël, en signe et en alliance sainte, Béni sois-Tu, Éternel Qui sanctifie le chabbat.» Un jour de Yom Tov, on dit: «Béni sois Qui a donné des jours de fête à Son peuple Israël pour la joie et l’allégresse. Béni sois-Tu, Éternel, Qui sanctifie Israël et les temps.» Puis, on commence la quatrième bénédiction et on termine les Actions de Grâce. Mais si l’on se rend compte de cette omission après avoir commencé la quatrième bénédiction, on s’arrête et on recommence au début des Actions de Grâce, c’est-à-dire depuis la bénédiction pour la subsistance.
  1. Si l’on a oublié, un jour de Roch ‘Hodech, de dire dans la troisième bénédiction des Actions de Grâce le passage Yaalé veyavo, et que l’on s’en souvient avant de commencer la quatrième bénédiction, on dit: «Béni… Qui a donné des néoménies à Son peuple Israël en souvenir» sans conclure cette bénédiction par « Béni sois-Tu… ». Puis, on commence la quatrième bénédiction et on termine les Actions de Grâce. Mais si l’on se souvient de l’omission de Yaalé veyavo après avoir commencé la quatrième bénédiction, on continue celle-ci et on ne recommence pas les Actions de Grâce. Il en va de même si l’on a oublié de dire le passage Yaalé veyavo un jour de ‘Hol Hamoed. A ‘Hanouca et à Pourim, si l’on a oublié de mentionner le caractère spécial du jour dans les Actions de Grâce, on ne se reprend pas.
  1. Si quelqu’un oublie de réciter les Actions de Grâce après avoir mangé et se rend compte de son omission avant que la nourriture ne soit digérée, il devra les réciter. Une fois la nourriture digérée, il ne pourra plus réciter les Actions de Grâce.  De même, s’il a un trou de mémoire et ne sait plus s’il a ou non récité les Actions de Grâce après le repas, il doit les réciter tant que la nourriture n’a pas encore été digérée.

Chapitre trois : Les cinq sortes de céréales

Ce chapitre traite des différentes sortes de céréales dont l’utilisation pour la confection du pain oblige à réciter la bénédiction Hamotsi avant consommation et les Actions de Grâce en conclusion. Sont abordées également les notions d’aliments principal et accessoire quant aux bénédictions.

  1. Cinq espèces de céréales sont concernées par les lois qui suivent : le blé, l’orge, le cousmine, le chibolet choual et le chifone. Le cousmine est une espèce de blé, le chibolet choual et le chifone sont des espèces d’orgeCes cinq espèces, quand elles sont à l’état d’épis, sont ce qu’on appelle partout tevoua (céréales). Une fois qu’elles ont été battues et vannées, on obtient ce qu’on appelle dagane (grain). Quand elles sont moulues, pétries et cuites au four, on obtient ce qu’on appelle du pain. Le mot pain sans complément désigne partout le pain fait de l’une de ces cinq espèces.
  1. Celui qui mange du pain est tenu de réciter au préalable la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a fait sortir le pain de la terre» et après consommation, quatre bénédictions, c’est-à-dire les Actions de GrâceQui mange du grain bouilli tel quel, entier avec son enveloppe, récite au préalable la bénédiction Boré peri haadama («Qui a créé le fruit de la terre») et après consommation, la bénédiction Boré nefachotQui mange de la farine telle quelle récite au préalable la bénédiction Chéhakol et après consommation, la bénédiction Boré nefachot.
  1. Pour de la farine de l’une des cinq sortes de céréales qui a été bouillie et mélangée à de l’eau ou à d’autres liquides, la règle suivante est appliquée : si le mélange est suffisamment épais pour pouvoir être mangé et mâché, on récite au préalable la bénédiction Boré miné mezonot et ensuite la bénédiction Al hami’hya. Mais si le mélange est fluide au point qu’il peut se boire, on récite au préalable la bénédiction Chéhakol et après consommation, la bénédiction Boré nefachot.
  1. On récite la bénédiction Boré miné mezonot sur un plat fait à base de farine de l’une des cinq sortes de céréales cuite dans une casserole, qu’elle ait été cuite seule ou mélangée avec d’autres ingrédients comme c’est le cas pour des pâtes et ce qui est semblable. Et de même sur un plat fait de grains concassés ou simplement débarrassés de leur enveloppe par pilage, puis cuits dans une casserole –comme rifot, guéresse hakarmel et ce qui est semblable – tous ces plats étant désignés comme maassé kedéra (« céréales cuites dans une casserole »)De même, pour tout mets auquel l’une des cinq espèces a été mélangée, qu’elle ait été mélangée sous forme de farine ou de pain, on récite au préalable la bénédiction Boré miné mezonot.
  1. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Lorsque l’espèce mélangée est importante pour la personne et non accessoire. En revanche, si l’une des cinq espèces de céréales a été mélangée au mets de façon accessoire, on ne récite que la bénédiction sur l’aliment essentiel et on est ainsi dispensé de réciter une bénédiction sur l’aliment accessoire. En effet, c’est là une règle générale concernant les bénédictions: dans tout cas où un aliment principal est accompagné d’un aliment accessoire, on récite la bénédiction sur l’aliment principal et on est ainsi dispensé de la bénédiction sur l’aliment accessoire, que l’aliment accessoire ait été mélangé ou non avec le principal.
  1. Quel est le cas d’un aliment accessoire mélangé à un aliment principal? Par exemple, pour un navet ou un chou que l’on a cuit avec de la farine de l’une des cinq espèces afin de lier et épaissir la préparation, on ne récite pas la bénédiction Boré miné mezonot mais la bénédiction Boré peri haadama, car le navet ou le chou est l’aliment principal alors que la farine n’est qu’accessoire. En effet, toute substance mélangée uniquement pour donner de la consistance, de l’odeur ou de la couleur au mets, est considérée comme accessoire. Mais si elle est mélangée pour donner du goût au mélange, elle est considérée comme principale. C’est pourquoi, sur des douceurs élaborées à base de miel que l’on a cuit en ajoutant de l’amidon de blé pour épaissir le mélange, on ne récite pas la bénédictionBoré miné mezonot, puisque le miel est l’élément principal.
  1. Quel est le cas d’un aliment accessoire non mélangé à l’aliment principal? Si l’on doit manger du poisson salé et qu’on l’accompagne de pain afin de ne pas avoir la gorge ou la langue irrités par le sel, on récitera la bénédiction sur le poisson salé et cela dispensera de réciter une bénédiction sur le pain, car celui-ci est alors accessoire. Il en va de même pour tout cas similaire.
  1. Pour du pain que l’on a coupé en morceaux et que l’on a (a) cuit dans une casserole ou (b) trempé dans une soupe, telle est la règle : dans le second cas, celui des morceaux de pain trempés dans la soupe, si les morceaux ont le volume d’au moins un kazaït, ou même s’ils n’ont pas le volume d’un kazaït, mais que l’on peut reconnaître que c’est du pain, leur aspect n’ayant pas changé, on considère que les morceaux conservent leur statut de pain et, par conséquent, on récite la bénédictionHamotsi. Dans le premier cas, celui des morceaux de pain cuits, si les morceaux n’ont pas le volume d’un kazaït ou si l’aspect du pain a disparu du fait de la cuisson, on considère qu’ils n’ont plus le statut de pain et on récite la bénédictionBoré miné mezonot.
  1. Sur une pâte cuite dans le sol à la façon des bédouins, on récite la bénédiction Boré miné mezonot, parce qu’elle n’a pas l’aspect du pain. Mais si l’on fixe son repas sur cette pâte, on récite la bénédictionHamotsiDe même, pour une pâte pétrie avec du miel, de l’huile ou du lait, ou pétrie avec de l’eau, mais mélangée à diverses épices qui, cuite au four, a pour nom pat habaa bekissanine, bien que cette pâte cuite soit considérée comme du pain au regard de l’obligation de prélever la ‘Halla, on récite sur cette pâte la bénédictionBoré miné mezonot. Si toutefois l’on fixe son repas sur cette pâte, on récite la bénédictionHamotsi.
  1. Pour le riz cuit ou le pain à base de riz, on récite initialement la bénédictionBoré miné mezonot, et après consommation, la bénédiction Boré nefachot, à condition que le riz ne soit mélangé avec rien d’autre. En revanche, pour le pain à base de millet ou d’espèces de légumineuses, on récite initialement la bénédiction Chéhakol et, après consommation, la bénédiction Boré nefachot.
  1. Pour tout aliment sur lequel on récite initialement la bénédiction Hamotsi, on récite après consommation les Actions de Grâce normalement, avec les quatre bénédictionsEt pour tout aliment sur lequel on récite initialement la bénédiction Boré miné mezonot, on récite après consommation une bénédiction qui est un abrégé des trois bénédictions des Actions de Grâce. Seul le riz fait exception.
  1. Dans quel cas dit-on que l’on récite une bénédiction après avoir mangé? Lorsque l’on a mangé au moins la quantité d’un kazaït. En revanche, si la quantité de nourriture consommée, qu’il s’agisse de pain ou d’un autre aliment, est inférieure à un kazaït ou si la quantité de boisson consommée, qu’il s’agisse de vin ou d’une autre boisson, est inférieure à un reviit, on récite au préalable la bénédiction appropriée pour l’aliment ou la boisson en question, mais on ne récite aucune bénédiction après consommation.
  1. Voici le texte de la bénédiction qui est un abrégé des trois bénédictions des Actions de Grâce: «Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, pour la subsistance et la nourriture, pour la terre délicieuse, bonne et large que Tu as bien voulu donner en héritage à nos ancêtres. Aie pitié, Éternel notre D.ieu, d’Israël, Ton peuple, de Jérusalem, Ta cité, de Sion, la demeure de Ta gloire, conduis-nous vers elle, réjouis-nous dans sa reconstruction et nous Te bénirons pour elle dans la sainteté et la pureté. Béni sois-Tu, Éternel, pour la terre et pour la subsistance». Les jours de chabbat et de Yom Tov, on inclut dans cette bénédiction une référence à la sainteté du jour,  dans les Actions de Grâce après le repas.

Chapitre quatre : Continuité du repas, au regard des bénédictions

Ce chapitre traite de l’obligation de réciter le Birkat Hamazone à l’endroit même où l’on a pris son repas, ainsi que des lois relatives aux interruptions au cours d’un repas. Une interruption significative impose de réciter le Birkat Hamazone. Si l’on souhaite ensuite poursuivre son repas, on devra à nouveau réciter la bénédiction sur le pain. Un changement d’endroit, par exemple, est considéré comme une interruption. La décision de mettre fin au repas est aussi considérée comme une interruption. Pour conclure, il est question des bénédictions à réciter pour les aliments servis au cours d’un repas.

  1. Celui qui récite les Actions de Grâce ou une bénédiction qui est un abrégé des trois bénédictions des Actions de Grâce, doit le faire à l’endroit où il a mangé. S’il a mangé en marchant, il s’assoit à l’endroit où il a fini de manger et prononce les bénédictions. S’il a mangé debout, il s’assoit où il se trouve, et prononce les bénédictions.  Si quelqu’un a, par oubli, quitté sa place sans réciter les Actions de Grâce après le repas et se rend compte de son omission avant que la digestion ne soit achevée, il récite les Actions de Grâce à l’endroit où il s’en souvient. Mais s’il a délibérément quitté sa place sans réciter les Actions de Grâce, il doit revenir à sa place pour réciter les Actions de Grâce ; toutefois, s’il a récité les Actions de Grâce à l’endroit où il s’en est souvenu, il est quitte de son obligation. De même, s’il a récité les bénédictions debout ou en marchant, il est quitte de son obligation. A priori, les Actions de Grâce et « la bénédiction qui est un abrégé des trois » doivent être récitées uniquement assis et à l’endroit où l’on a mangé.
  1. Lorsqu’un doute survient et que l’on ne sait plus si l’on a dit ou non la bénédiction Hamotsi, on ne la dira pas, parce qu’elle n’est pas prescrite par la Thora. Si l’on a oublié de dire la bénédiction Hamotsi, la règle suivante est appliquée : si l’on s’en rend compte avant d’avoir terminé son repas, on la prononcera à ce moment. Mais si l’on s’en rend compte après avoir terminé son repas, on ne la prononcera pas.
  1. Il était en train de manger dans une maison, a interrompu son repas et s’est rendu dans une autre maison ; ou il était en train de manger, son ami l’a appelé pour parler avec lui et il est sorti au-delà du seuil de la maison, après quoi, dans les deux cas, l’intéressé est revenu à sa place. Dès lors qu’il a changé d’endroit au milieu de son repas, il doit réciter les Actions de Grâce pour ce qu’il a déjà mangé et prononcer à nouveau la bénédiction Hamotsi avant de finir son repas.
  1. Si des convives réunis pour manger ensemble sont sortis à la rencontre d’un marié ou d’une mariée, la règle suivante est appliquée : s’ils ont laissé quelqu’un à table, comme par exemple une personne âgée ou malade, ils peuvent finir leur repas quand ils reviennent à leur place sans qu’ils aient besoin de prononcer à nouveau la bénédiction d’avant le repas. Mais s’ils ne laissent personne à table, ils doivent, avant de sortir, dire la bénédiction finale, à savoir les Actions de Grâce ; et quand ils reviennent, il leur faut réciter la bénédiction initiale avant de reprendre leur repas.
  1. Il en est de même s’ils étaient attablés ensemble pour boire ou pour manger des fruits. En effet, quiconque change d’endroit est considéré comme ayant interrompu son repas, c’est pourquoi il doit prononcer la bénédiction finale avant de changer de lieu pour ce qu’il a déjà mangé, et prononcer à nouveau la bénédiction initiale à son retour pour ce qu’il a encore besoin de manger. Celui qui change de place d’un coin à l’autre d’une même pièce n’a pas besoin de réciter à nouveau la bénédiction car cela n’est pas considéré comme une interruptionS’il a commencé à manger à l’est d’un figuier et qu’il vient ensuite à l’ouest de celui-ci pour continuer son repas ou sa collation, il doit de nouveau dire la bénédiction initiale avant de continuer à manger.
  1. Dire la bénédiction sur le pain dispense de dire la bénédiction sur tous les accompagnements – les différentes sortes de plats cuisinés, de fruits ou ce qui est semblable – qui se mangent avec le pain. À l’inverse, dire la bénédiction sur les accompagnements ne dispense pas de dire la bénédiction sur le pain. La bénédiction dite sur un plat de céréales cuites dispense de dire la bénédiction sur un autre plat cuisiné. Mais la bénédiction dite sur l’autre plat cuisiné ne dispense pas de dire la bénédiction sur le plat de céréales cuites.
  1. Celui qui avait décidé de mettre fin à son repas et de ne plus manger ou boire et qui change d’avis et souhaite encore manger ou boire, même s’il n’a pas changé d’endroit, doit de nouveau réciter la bénédiction initiale. Mais s’il n’avait pas pris la décision de mettre fin à son repas, et que son intention était au contraire de continuer par la suite à manger ou à boire, il n’a pas besoin de réciter à nouveau la bénédiction qui précède la consommation, quand bien même il se serait interrompu la journée entière.
  1. Des convives étaient en train de boire du vin à la fin de leur repas et ont dit: «Venez, récitons les Actions de Grâce d’après le repas» ou «Venez, procédons au Kidouch». La loi dispose qu’il leur est interdit de continuer à boire tant qu’ils n’ont pas récité les Actions de Grâce ou procédé au Kidouch suivant le cas. S’ils veulent boire encore du vin avant de dire les Actions de Grâce ou de procéder au Kidouch, bien qu’ils n’en aient pas le droit, ils doivent dire à nouveau la bénédiction Boré peri haguéfène avant de boire.  Mais si des convives, buvant du vin à la fin du repas de chabbat et n’ayant pas fini à l’heure de la fin du chabbat, ont dit: «Venez, procédons à la Havdala», ils n’ont pas besoin de prononcer à nouveau la bénédiction initiale sur le vin s’ils désirent continuer à boire.
  1. Si des convives sont attablés ensemble pour boire du vin et qu’une autre sorte de vin leur est apportée, par exemple, s’ils boivent du vin rouge et qu’on leur apporte du vin noir ou s’ils boivent du vieux vin et qu’on leur apporte du vin nouveau, ils n’ont pas besoin de dire une seconde fois la bénédiction sur le vin. Mais ils disent la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui est bon et fait le bien».
  1. On ne doit pas réciter une bénédiction sur un aliment ou sur une boisson, quels qu’ils soient, tant qu’ils n’ont pas été présentés devant soi. Si l’on a malgré tout dit la bénédiction et qu’uniquement ensuite l’aliment ou la boisson ont été apportés, on devra dire la bénédiction à nouveau. Si quelqu’un a pris en main un aliment et a récité la bénédiction, puis que l’aliment est tombé de sa main et a été brûlé ou emporté par un fleuve, il en prendra un autre et dira une seconde fois la bénédiction, bien qu’il s’agisse du même type d’aliment. Et il dira : «Béni soit le nom de Son règne glorieux à jamais» à la suite de la première bénédiction récitée sur l’aliment disparu, afin que le Nom de D.ieu n’ait pas été prononcé en vainQuelqu’un qui se tient au bord d’un cours d’eau peut réciter la bénédiction sur l’eau et boire, bien que l’eau qu’il boit ne soit pas celle qui se trouvait devant lui au moment de la bénédiction, car telle a été initialement son intention.
  1. Les aliments servis au cours du repas et qui font partie intégrante du repas, ne requièrent une bénédiction ni avant ni après consommation: la bénédiction Hamotsi récitée sur le pain au début du repas et les Actions de Grâce à la suite du repas dispensent de réciter toute autre bénédiction sur ceux-ci, car ils sont tous accessoires au repas. Des aliments servis au cours du repas, mais qui ne font pas partie intégrante du repas, requièrent une bénédiction avant consommation, mais pas après. Les aliments servis après le repas, c’est-à-dire après que l’on a complètement fini de manger du pain, requièrent une bénédiction avant et après consommation, qu’ils appartiennent au repas ou non.
  1. Lors des repas de chabbat et de Yom Tov, et de même, lors d’un repas pris après une saignée, à la sortie des bains ou à d’autres occasions similaires, où le vin est un élément central du repas, si l’on récite la bénédiction sur le vin avant le repas, cela dispense de réciter la bénédiction sur le vin que l’on boit après avoir fini son repas, avant les Actions de Grâce. Mais les autres jours, il faut à nouveau réciter la bénédiction initiale pour le vin qui est bu après le repas. Lorsque du vin est servi au milieu du repas, les convives récitent chacun pour soi la bénédiction sur le vin au lieu que l’un d’entre eux la dise pour tous, car leur gosier n’est pas libre pour qu’ils répondent Amen. Et cette bénédiction ne dispense pas de réciter la bénédiction sur le vin qui est bu après le repas.

Chapitre cinq : Bénédiction du zimoun

Ce chapitre traite du zimoun, « l’invitation ». Trois personnes ou plus ayant pris un repas ensemble sont tenues de s’inviter à réciter le Birkat Hamazone. Cette cérémonie est appelée « bénédiction du zimoun ». En présence d’un quorum de dix hommes, le nom de D.ieu devra y être mentionné. Sont étudiés ici le déroulement de cette bénédiction, les personnes concernées et les différents cas dans lesquels elle est récitée.

  1. Les femmes ainsi que les esclaves cananéens ont l’obligation de réciter les Actions de Grâce après le repas. Cependant, il y a doute si leur obligation relève de la Thora – étant donné que les Actions de Grâce après le repas ne sont pas rattachées à un temps fixe– ou non. C’est pourquoi, puisqu’il n’est pas certain que leur obligation relève de la Thora, ils ne peuvent pas acquitter des hommes adultes de leur devoir.  En revanche, il n’existe aucun doute concernant la nature de l’obligation des mineurs : ils sont astreints aux Actions de Grâce par ordre rabbinique seulement, afin de leur inculquer l’accomplissement des commandements.

 

  1. Lorsque trois convives ont mangé du pain ensemble, ils sont tenus de réciter la bénédiction du zimoun avant les Actions de Grâce. En quoi consiste la bénédiction du zimoun? Si les convives sont au moins trois et moins que dix, l’un d’entre eux dit : «Bénissons-Le, Lui qui nous a nourris» et tous répondent: «Béni soit-Il, Lui qui nous a nourris et qui, par Sa bienveillance, nous a donné vie». Puis, celui qui invite les autres reprend en disant: «Béni soit-Il, Lui qui nous a nourris et qui, par Sa bienveillance, nous a donné vie».

 

  1. Puis, celui qui a invité les autres continue et dit les Actions de Grâce: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nourrit le monde entier par Sa bienveillance», jusqu’à la fin des quatre bénédictions des Actions de Grâce, et les autres répondent Amen après chaque bénédiction.
  1. Si les convives sont au nombre de dix et au-delà, ils récitent le zimoun en mentionnant le Nom de D.ieu. Comment cela? Celui qui invite dit: «Bénissons notre D.ieu, Lui qui nous a nourris»et les autres répondent: «Béni soit notre D.ieu, Lui qui nous a nourris et qui, par Sa bienveillance, nous a donné vie». Puis celui qui invite reprend et dit: «Béni soit notre D.ieu, Lui qui nous a nourris et qui, par Sa bienveillance, nous a donné vie» et il commence les Actions de Grâce.

 

  1. Celui qui prend un repas dans la maison des nouveaux mariés, à partir du moment où les préparatifs pour le repas du mariage ont commencé, et jusqu’à trente jours après le mariage, récite dans le zimoun la bénédiction: «Bénissons Celui qui possède la joie dans Sa résidence, Lui qui nous a nourris», et les convives répondent «Béni soit Celui qui possède la joie dans Sa résidence, Lui qui nous a nourris». S’ils sont dix, il invite à la bénédiction en ces termes: «Bénissons notre D.ieu, qui possède la joie dans Sa résidence, Lui qui nous a nourris», et ils répondent: «Béni soit notre D.ieu qui possède la joie dans Sa résidence».  De même, pour un repas ultérieur au mariage mais qui se tient en l’honneur du mariage, jusqu’à douze mois, on dit dans le zimoun la bénédiction «Béni Celui qui possède la joie dans Sa résidence ».

 

  1. Tous sont tenus à la bénédiction du zimoun de la même manière qu’ils sont tenus aux Actions de Grâce: même des cohanim qui ont mangé les offrandes les plus saintes dans le parvis du Temple y sont tenus, bien qu’ils ne mangent pas pour être rassasiés, mais pour faire expiation. De même, si des cohanim et des israélites mangent ensemble, et que les cohanim mangent de la terouma alors que les israélites mangent de la nourriture non sainte, ils sont tout de même astreints au zimoun comme ils sont astreints aux Actions de Grâce.

 

  1. On n’associe pas des femmes, des esclaves cananéens ou des mineurs au zimoun pour compléter le quorum requis. Mais ils peuvent former un groupe entre eux pour procéder au zimoun. Un groupe ne devra toutefois pas être composé de femmes, d’esclaves cananéens et de mineurs ensemble, en raison du risque de débauche des esclaves avec les femmes ou les enfants. Mais les femmes pourront former un groupe entre elles, et de même les esclaves. Dans un cas comme dans l’autre, même lorsqu’ils sont dix, ils ne mentionneront pas le Nom de D.ieu dans le zimounUn androgyne peut être associé au zimoun avec d’autres personnes de son genre, mais non avec des femmes ni avec des hommes, car il fait l’objet d’un doute. Un toumtoum ne peut pas du tout être associé au zimoun, c’est-à-dire même pas avec un autre toumtoum. Un enfant qui sait à Qui les bénédictions sont adressées peut être associé pour le zimoun, même s’il a sept ou huit ans. Il s’associe aussi bien pour constituer le quorum de trois hommes qui permet la récitation du zimoun que pour constituer le quorum de dix hommes qui permet de mentionner le nom de D.ieu. Un gentil ne s’associe pas au zimoun.

 

  1. Seule une personne ayant consommé un kazaït de pain ou plus peut être associée au quorum requis pour le zimoun. Si sept personnes ont mangé du pain et que trois autres ont consommé avec elles des légumes, de la saumure ou quelque chose de semblable, elles s’associent pour former un quorum de dix et réciter le zimoun avec mention du Nom de D.ieu, à condition que celui qui récite la bénédiction fasse partie de ceux qui ont mangé du pain. En revanche, six personnes ayant mangé du pain ne peuvent pas s’associer à quatre autres ayant mangé des légumes pour mentionner le Nom de D.ieu dans le zimoun ; il faut pour cela que ceux qui ont mangé du pain représentent une nette majorité, soit au moins sept. Dans quel cas dit-on que l’on peut associer même une personne qui a mangé autre chose que du pain? Pour la récitation du zimoun à dix avec mention du Nom de D.ieu. Mais pour la récitation du zimoun à trois, il faut que chacun des trois ait mangé un kazaït de pain.

 

  1. Deux hommes ont mangé du pain et ont déjà fini de manger lorsqu’un troisième vient manger auprès d’eux. En pareil cas, si les deux premiers ne sont pas pleinement rassasiés, de sorte qu’il leur serait possible de manger ne serait-ce qu’un peu avec le troisième, quand bien même ils ne pourraient pas manger de pain mais simplement autre chose, il s’associe à euxC’est le plus sage parmi les convives qui récite la bénédiction du zimoun pour tous, même s’il n’est venu qu’en dernier.

 

  1. Trois hommes ayant mangé ensemble n’ont pas le droit de se séparer et de réciter les Actions de Grâce séparément, sans le zimoun. Il en va de même pour quatre ou cinq hommes ayant mangé ensemble. Six ont le droit de se séparer et de réciter le zimoun en deux groupes distincts, et il en va de même jusqu’à ce qu’ils soient dix. À partir de dix et au-delà – jusqu’à ce qu’ils soient vingtils n’ont pas le droit de se séparer car ils doivent réciter le zimoun en mentionnant le Nom de D.ieu. En règle générale, les convives peuvent se séparer en groupes distincts lorsque chaque groupe est suffisamment nombreux pour pouvoir réciter la même formule de zimoun que celle qui serait récitée s’ils étaient tous ensemble.

 

  1. Trois hommes venus distinctement de trois groupes de trois personnes n’ont pas le droit de se dissocier. Si chacun d’entre eux a déjà participé au zimoun dans son groupe, ils ont le droit de se dissocier et ne sont pas astreints au zimoun dans leur nouveau groupe, étant donné qu’ils ont déjà été associés au zimoun dans leurs groupes initiauxTrois hommes qui se sont assis ensemble pour manger du pain n’ont pas le droit de se séparer et sont tenus au zimoun, même si chacun d’eux mange de son propre pain et qu’ils ne partagent pas le même repas.

 

  1. Concernant deux groupes qui mangent dans une même maison: si une partie des membres de ces deux groupes se voient les uns les autres, ils peuvent s’associer pour faire un seul zimoun. Sinon, chaque groupe récitera le zimoun séparément.  Et si le service est assuré par un domestique qui va et vient d’un groupe à l’autre, les membres des deux groupes s’associent pour le zimoun, même s’ils ne se voient pas du tout les uns les autres. Cela, à condition que les deux groupes entendent clairement les paroles de celui qui récite la bénédiction.

 

  1. Si trois hommes ont mangé ensemble et que l’un d’eux est sorti dans la rue, les deux autres l’appellent afin qu’il prête attention à ce qu’ils disent, c’est-à-dire afin qu’il prête attention à la récitation du zimoun. Ils l’associent au zimoun alors qu’il se trouve dans la rue et il remplit ainsi son obligation. Et quand il reviendra à l’endroit où il a mangé, il récitera les Actions de Grâce individuellement. Toutefois, lorsque dix convives ont mangé ensemble et que l’un d’eux est sorti dans la rue, ils ne peuvent pas l’associer pour réciter le zimoun avec mention du Nom de D.ieu, tant qu’il n’est pas revenu s’asseoir à sa place avec eux.

 

  1. Si l’un des trois convives qui ont mangé ensemble a devancé les autres et récité seul les Actions de Grâce sans le zimoun, les deux autres peuvent encore l’associer au zimoun et ainsi s’acquitter eux-mêmes de l’obligation du zimoun; mais lui ne remplit pas son devoir par ce zimoun, car il n’y a pas de zimoun rétroactif.
  1. Quand deux hommes mangent ensemble, chacun récite pour soi les Actions de Grâce. Et si seul l’un d’eux connaît les bénédictions des Actions de Grâce et que l’autre les ignore, celui qui les connaît récite les bénédictions à haute voix et le second répond Amen après chaque bénédiction et remplit ainsi son devoir. Un fils mineur religieusement peut réciter les Actions de Grâce pour son père, un esclave cananéen pour son maître, et une femme pour son mari, et ils – le père, le maitre ou le mari – remplissent ainsi leur devoir. Toutefois, les Sages ont dit: «Que la malédiction vienne sur celui qui ne cherche pas à s’instruire au point que sa femme et ses enfants doivent réciter pour lui les bénédictions ».

 

  1. Dans quel cas dit-on qu’un homme peut remplir son devoir de cette façon? S’il a mangé sans être rassasié. En effet,l’obligation qu’il a de réciter les Actions de Grâce ne relève alors que d’un ordre rabbinique. Aussi peut-il se rendre quitte de son obligation par un mineur, un esclave ou une femme. Mais s’il a mangé et est rassasié, si bien que l’obligation qu’il a de réciter les Actions de Grâce relève de la Thora, il ne peut pas en être acquitté par une femme, un mineur ou un esclave cananéen. Car quiconque est tenu à une obligation par la Thora ne peut en être acquitté par une autre personne que si celle-ci est tenue comme lui à cette même obligation par la Thora.

 

  1. Lorsque quelqu’un entre dans une maison et trouve un groupe de convives en train de réciter la bénédiction du zimoun, la règle est la suivante : s’il arrive au moment où celui qui récite la formule du zimoun dit: «Bénissons», il répond: «Il est béni et objet de bénédiction». Et s’il arrive au moment où les convives sont en train de répondre«Béni soit-Il, Lui qui nous a nourris», il répond Amen après eux.

Chapitre six : Netilat Yadaïm : ablution des mains avant le repas

Le Chapitre six traite des lois relatives aux ablutions des mains. L’ablution des mains est requise en diverses occasions : le matin au lever, avant la prière, avant et après un repas. Ce chapitre s’arrête principalement sur les ablutions qui précèdent et qui suivent le repas. L’ablution doit se faire avec de l’eau, versée à l’aide d’un kéli, un récipient. Seront donc étudiés ici le procédé d’ablution des mains ainsi que les règles relatives aux récipients et à l’eau qu’il convient d’utiliser.

  1. Quiconque consomme du pain sur lequel on récite la bénédiction Hamotsi doit se laver les mains avant et après consommation. Même s’il s’agit de pain non consacré et même si ses mains ne sont pas souillées et qu’il n’a pas connaissance d’avoir touché une source d’impureté, il ne mangera pas avant de s’être lavé les deux mains.De même, il est nécessaire de se laver les mains avant de consommer tout aliment trempé dans un liquide.
  1. Quiconque se lave les mains, que ce soit pour manger, pour la lecture du Chema ou pour la prière, doit au préalable réciter la bénédiction: « Béni soit… qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné l’ablution des mains». Car l’ablution des mains est une injonction des Sages ; or la Thora nous a ordonné d’écouter les Sages, ainsi qu’il est dit: «selon la loi qu’ils t’enseigneront… tu feras…»  En revanche, on ne récite pas de bénédiction pour les ablutions d’après le repas, parce qu’elles ne furent instituées que pour préserver d’un danger. Et c’est parce qu’elles furent instituées en raison du danger que l’on doit s’y montrer très attentif.

 

  1. L’ablution des mains entre un plat et l’autre est facultative: si l’on désire, on se lave les mains; sinon, on ne le fait pas.  Il n’est pas nécessaire de se laver les mains, aussi bien avant qu’après la consommation de fruits non consacrés. Qui se lave les mains pour la consommation de fruits non consacrés fait même partie des orgueilleux. Celui qui a mesuré du sel doit ensuite se laver les mains, de crainte que ce sel ne contienne du sel de Sodome ou un sel de nature similaire et que par conséquent il ne se rende aveugle en se passant les mains sur les yeux. C’est la raison pour laquelle on est tenu de se laver les mains à la fin de tout repas, à cause du danger causé par le sel que l’on a touché lors du repas. Dans un camp militaire partant en guerre, les soldats sont dispensés de l’ablution des mains avant le repas parce qu’ils sont préoccupés par la guerre, mais ils sont tenus de se laver les mains après le repas, en raison du danger causé par le sel.

 

  1. Jusqu’où doit-on se laver les mains? Jusqu’au poignet. Quelle quantité d’eau faut-il verser? Un reviit pour deux mains. Tout ce qui constitue une séparation entre la peau et l’eau pour l’immersion du corps dans un bain rituel constitue de même une séparation pour l’ablution des mains. Toute substance qui peut servir à compléter la mesure des quarante séa d’eau requis pour un bain rituel (mikvé), peut aussi servir à compléter la mesure d’un reviit pour l’ablution des mains.
  1. Si une personne qui doit procéder aux ablutions des mains a plongé ses mains dans l’eau d’un mikvé, cela est suffisant et elle n’a rien besoin de plus. Mais si elle a plongé ses mains dans de l’eau qui n’est pas en quantité suffisante pour constituer un mikvé ou bien dans de l’eau qui a été puisée puis déversée dans un trou du sol, cela n’est d’aucun effet, car l’eau qui a été puisée ne purifie les mains qu’en étant versée sur les mains et non par immersion.

 

  1. Quiconque procède aux ablutions des mains doit prêter attention à quatre choses:

            (a) à l’eau elle-même, c’est à dire qu’elle ne soit pas impropre à l’ablution des mains;

            (b) à la mesure d’eau, c’est à dire qu’il y ait un reviit pour deux mains;

            (c) au récipient, c’est à dire que l’eau qui sert aux ablutions se trouve dans un récipient;

            (d) à celui qui verse l’eau, c’est à dire que l’eau vienne par la force de quelqu’un qui la verse.

 

  1. Condition (a) : il y a quatre facteurs qui rendent l’eau impropre pour les ablutions: le changement d’apparence, le fait d’avoir été laissée à découvert, l’utilisation pour un travail et l’altération qui empêcherait même un animal de boire. Comment cela? Si l’apparence de l’eau a changé, qu’elle se trouve contenue dans un récipient ou dans le sol, que ce changement d’apparence soit à une substance tombée à l’intérieur, ou à l’endroit où elle se trouve, elle est impropre pour les ablutions. De même, si elle a été laissée découverte d’une façon qui la rend interdite à la consommation, elle est impropre à l’ablution des mains.

 

  1. Toute eau qui a servi à un « travail » est considérée comme des eaux usées et est impropre à l’ablution des mains.  Comment cela? Par exemple, de l’eau que l’on a puisée et dans laquelle on a lavé des ustensiles, trempé son pain, etc., qu’elle se trouve dans un récipient ou dans le sol, est impropre à l’ablution des mains. Mais si on y a rincé des ustensiles déjà lavés ou neufs, cela ne l’invalide pas.  L’eau dans laquelle le boulanger trempe les miches de pain avant de les cuire, pour les humecter, est impropre ; mais celle dont il remplit ses paumes pour humecter la pâte lors du pétrissage, reste valable, car seule l’eau qui se trouve dans ses paumes est considérée comme ayant été utilisée pour un travail tandis que l’eau qui reste dans le récipient reste valable.

 

  1. Toute eau impropre à la consommation d’un chien, par exemple, l’eau amère, salée, trouble ou malodorante, au point qu’un chien n’en boirait pas, est impropre à l’ablution des mains lorsqu’elle est contenue dans un récipient; toutefois, si elle se trouve dans le sol, elle convient pour l’immersion des mainsOn peut immerger les mains dans les eaux thermales de Tibériade, lorsque l’eau est encore à son endroit naturel. En revanche, si on prélève cette eau avec un récipient ou si on l’éloigne ailleurs au moyen d’un petit fossé, on ne peut utiliser cette eau ni pour les ablutions initiales, ni pour les ablutions finales, car elle ne convient pas à la consommation d’un animal.

 

  1. Condition (b) : une personne qui procède aux ablutions doit a priori verser l’eau sur ses mains petit à petit jusqu’à ce que soit versée la quantité requise. Si tout le reviit a été versé en une seule fois sur ses deux mains, c’est aussi valable. Quatre ou cinq individus peuvent se laver les mains en même temps d’une même eau versée d’un seul jet alors que leurs mains se trouvent l’une à côté de l’autre ou l’une au-dessus de l’autre, à condition qu’ils espacent leurs mains de sorte que l’eau puisse passer entre celles-ci et laver toute la surface de chaque main, et à condition que ce jet comprenne un reviit d’eau pour chacun d’eux.

 

  1. Condition (c) : on ne se lave pas les mains avec des parois de récipients brisés, ni avec le bas d’un ma’hats, grand contenant en terre cuite muni en son bas d’une sorte d’anse creuse, ni avec des morceaux de poterie, ni avec le couvercle d’une jarre. Si toutefois l’on a modifié le couvercle de sorte qu’il présente les critères requis pour les ablutions, on peut l’utiliser pour l’ablution des mains. De même, une outre que l’on a modifiée peut servir à l’ablution des mains. En revanche, un sac ou un panier que l’on a modifiés ne peuvent pas être utilisés pour l’ablution des mains. On ne peut pas prendre de l’eau dans ses paumes et la verser sur les mains d’autrui, car les paumes ne sont pas un récipient. Des récipients qui se sont brisés de telle sorte qu’ils ne sont plus sujets à l’impureté rituelle ne peuvent pas être utilisés pour l’ablution des mains, car ce ne sont que des débris d’ustensiles.

 

  1. On peut procéder aux ablutions avec des récipients faits de n’importe quel type de matériau, même les récipients faits d’excréments d’animaux ou de terre non cuite, à condition qu’ils soient entiers. On ne peut pas utiliser pour l’ablution des mains un récipient qui n’a pas une capacité d’un reviit ni même un récipient qui a une telle capacité, mais dans lequel il n’y a pas un reviit d’eau.

 

  1. Condition (d) : toute personne est apte à verser l’eau sur les mains pour les ablutions, même un sourd-muet, un aliéné ou un mineur. S’il n’y a personne d’autre avec soi pour verser l’eau, on placera le récipient entre ses genoux eton se versera l’eau sur les deux mains en même temps à l’aide d’un mouvement des genoux, ou bien on inclinera le récipient de manière à ce que l’eau se déverse et l’on procèdera aux ablutions en plaçant ses mains sous le jet d’eau, ou bien encore on se lavera une main en versant dessus l’eau du récipient tenu par l’autre main, puis on versera l’eau sur la seconde à l’aide de la première. Un singe peut laver les mains d’un homme.

 

  1. Soit une pierre creuse – une auge – dans laquelle on verse l’eau que l’on a puisée au moyen d’un seau à la main, ou à l’aide d’une poulie, et l’eau s’écoule de cette auge par un canal pour alimenter les légumes ou les animaux. Si quelqu’un place ses mains dans l’auge de façon que l’eau passe sur celles-ci, son ablution n’est pas valable, parce qu’il n’y a pas de force agissante qui verse l’eau sur ses mains. Mais si les mains sont proches de l’endroit où le seau d’eau est déversé, de sorte que l’eau puisse être considérée comme passant sur ses mains par la force de l’homme qui la verse, l’ablution est valable.
  1. Celui qui a un doute concernant l’eau qu’il a utilisée pour l’ablution des mains, quant à savoir si elle avait servi à un travail ou non, s’il y avait la quantité requise ou non, qui a un doute quant à savoir si ses mains sont pures ou impures, ou qui a un doute quant à savoir s’il a procédé aux ablutions ou non, le statut douteux des mains est déclaré pur. Car la règle est que dans tout cas où il y a un doute concernant la pureté des mains, les mains sont considérées pures.
  1. Lors de l’ablution précédant le repas, il faut diriger les mains vers le haut après l’ablution, pour éviter que l’eau, après avoir dépassé le poignet, ne revienne vers la main, ce qui rendrait les mains impures. Pour les ablutions qui suivent le repas, il faut diriger les mains vers le bas, afin de débarrasser la main de tout l’effet du sel. Les ablutions initiales peuvent se faire au-dessus d’un récipient ou au-dessus du sol. Les ablutions finales se font uniquement au-dessus d’un récipient. Les ablutions initiales peuvent être faites aussi bien avec de l’eau chauffée par le feu qu’avec de l’eau froide, tandis que les ablutions finales ne peuvent pas être faites avec de l’eau chaude, dans le cas où elle serait chaude au point « que la main recule », parce qu’une telle eau n’enlève pas la saleté, puisqu’on ne peut pas se frotter les mains avec cette eau. Mais si l’eau est tiède, elle peut être utilisée pour les ablutions finales.

 

  1. Un homme peut se laver les mains le matin en stipulant que cette ablution servira pour la consommation de pain durant toute la journée, et il n’aura alors pas besoin de se laver les mains à chaque repas – à condition toutefois qu’il ne laisse à aucun moment son esprit se détourner de l’attention portée à la surveillance de ses mains. Mais s’il a laissé son esprit s’en détourner, il devra se laver les mains à chaque fois que cela est nécessaire.
  1. Un homme peut s’envelopper les mains d’une serviette et manger de cette manière du pain ou un aliment trempé dans un liquide, bien qu’il ne se soit pas lavé les mains. Celui qui donne à manger à autrui n’a pas besoin de se laver les mains. En revanche, celui qui mange doit se laver les mains, même si une autre personne lui met la nourriture dans la bouche et que lui-même ne touche pas la nourriture. Il en est de même pour celui qui mange avec une cuillère, il doit se laver les mains.

 

  1. Il est interdit de donner à manger à quelqu’un qui ne s’est pas lavé les mains, même si on lui met la nourriture dans la bouche.  Il est défendu de traiter avec légèreté l’ablution des mains. Les Sages ont formulé de nombreuses injonctions relatives à cette ablution et ont mis en garde à ce sujet. Même si l’on a de l’eau uniquement en quantité suffisante pour boire, on en utilisera une partie pour l’ablution des mains avant de manger et on boira ce qui reste.

 

  1. Il faut s’essuyer les mains après l’ablution avant de manger. Quiconque mange sans s’essuyer les mains est considéré comme s’il mangeait du pain impur. Et après s’être lavé les mains à la fin du repas, on doit les essuyer avant de réciter les Actions de Grâce. Les Actions de Grâce doivent immédiatement suivre les ablutions d’après le repas. Il ne faut pas s’interrompre entre les deux par autre chose ; il est même défendu de boire de l’eau après ces ablutions, tant que l’on n’a pas récité les Actions de Grâce.

Chapitre sept : Usages de bienséance au cours du repas

Pour clore le thème des lois relatives au repas, ce chapitre présente divers usages, des règles de convenance à observer au cours du repas. On va ainsi s’intéresser à l’ordre de priorité entre les convives pour les ablutions des mains d’avant et d’après le repas, pour se servir du pain, etc. Nombreuses sont également les exigences de bienséance auxquelles il faut se plier dans un repas en commun.

  1. Les Sages d’Israël observent de nombreux usages lors du repas, qui sont tous des règles de savoir-vivre. Les voici: quand les convives se mettent à table, le plus éminent d’entre eux procède à l’ablution des mains en premier. Puis, ils entrent dans la pièce et s’assoient en s’accoudant sur des lits. Le plus éminent s’accoude en premier et celui qui est son second en sagesse s’accoude sur un lit plus bas que lui. S’ils sont trois convives qui mangent sur trois lits, le plus éminent s’accoude en premier, celui qui est son second en sagesse s’accoude sur un lit plus haut que lui, et le troisième sur un lit plus bas que lui.
  1. L’hôte récite la bénédictionHamotsi, termine la bénédiction puis coupe le pain.  L’invité récite les Actions de Grâce, de sorte qu’il prononce une bénédiction spéciale pour bénir son hôte. Si tous les convives sont maîtres de maison ayant organisé ensemble le repas, le plus éminent d’entre eux coupe le pain et c’est lui aussi qui récite les Actions de Grâce après le repas.

 

  1. Celui qui récite la bénédiction et coupe le pain n’a pas le droit de le faire tant que l’on n’a pas apporté du sel ou un autre accompagnement devant chacun des convives, à moins que ceux-ci n’aient l’intention de consommer le paintout seul. Il ne coupera ni un petit morceau, parce qu’il donnerait l’impression d’être avare, ni un morceau plus gros que le volume d’un œuf, parce qu’il donnerait l’impression d’être un glouton. Le chabbat, il pourra couper un gros morceau. Il ne coupera le pain qu’à un endroit où il est bien cuit.
  1. La meilleure façon de faire consiste à entamer un pain entier. S’il y a un pain d’orge qui est entier et un morceau de pain de blé, on met le morceau sous le pain entier et on tranche les deux ensemble, afin d’entamer à la fois le pain de blé, considéré plus important et le pain entier. Le chabbat et les jours de Yom Tov, on est tenu de couper le pain en récitant la bénédiction sur deux pains : on prend les deux dans la main et on coupe l’un d’eux.

 

  1. Celui qui coupe le pain place un morceau devant chacun des convives, et chacun d’eux prend à la main son morceau posé sur la table. Il ne met pas le pain directement dans la main de l’un d’eux, sauf si celui-ci est endeuillé. C’est celui qui coupe le pain qui tend la main le premier pour manger. Les convives ne sont pas autorisés à goûter le pain avant celui qui récite la bénédiction. Et ce dernier n’a pas le droit de goûter le pain avant que la plupart des convives aient fini de répondre Amen à sa bénédiction. Si celui qui coupe le pain veut faire honneur à son maître, ou à une personne plus érudite que lui, et le laisser tendre la main pour se servir avant lui, il en a le droit.

 

  1. Lorsque deux convives partagent un même plat, ils s’attendent l’un l’autre, de sorte que si l’un d’eux ne s’est pas encore attablé ou s’est interrompu, l’autre l’attend pour manger. Mais trois n’ont pas besoin d’en faire autant. Si deux d’entre eux ont terminé de manger, le troisième s’interrompt avec eux pour répondre au zimoun. Mais si seul l’un d’eux a terminé, les deux autres ne sont pas tenus de s’interrompre pour lui; ils peuvent continuer à manger jusqu’à ce qu’ils finissent. On ne parle pas pendant le repas, pour ne pas se mettre en danger en raison d’un risque de fausse-route alimentaire. C’est pourquoi, si du vin est présenté au cours du repas, chacun des convives doit réciter la bénédiction pour lui-même uniquement ; en effet, si l’un récitait la bénédiction pour les autres, celui qui répondrait Amen tout en avalant se mettrait en dangerOn ne doit pas non plus fixer son regard sur une personne qui en train de manger ou sur sa part de nourriture, pour ne pas lui faire honte.

 

  1. Le domestique qui sert les convives ne mange pas avec eux. C’est toutefois se montrer sensible que de lui mettre à la bouche un morceau de chaque mets, afin d’apaiser son esprit. Lorsqu’on lui donne du vin, il doit réciter la bénédiction sur chaque coupe qu’on lui donne, parce qu’il ne boit pas à sa guise, mais selon le bon gré des convives.

 

  1. Lorsque l’un des convives sort au milieu d’un repas pour uriner, il se lave la main qui a été en contact avec l’urine et revient à table. S’il est resté longtemps à l’extérieur en parlant avec un ami, il doit se laver les deux mains avant de retourner à table. Si les convives sont attablés ensemble pour boire, après avoir fini leur repas, il retourne à sa place et se lave les mains sur place, après quoi il tourne le visage vers les convives. Pourquoi se lave-t-il dans ce cas les mains à sa place? De crainte que les autres ne le soupçonnent de ne pas s’être lavé les mains, car il n’y a plus de repas.

 

  1. On ne pose pas de la viande crue sur du pain, on ne passe pas une coupe pleine au-dessus du pain, on ne fait pas tenir une assiette avec du pain, et on ne lance pas du pain. On ne lance pas non plus des morceaux de viande ou de poisson, ni des aliments qui n’ont pas d’écorce, comme les mûres noires, les raisins et les figues parce qu’ils deviennent répugnants en tombant. Il est permis de faire couler le vin dans des tuyaux en signe de prospérité dans les maisons des mariés. On peut jeter devant eux des grains grillés et des noix en été, mais non en hiver, parce qu’ils deviennent répugnants à cause de la boueOn ne se lave pas les mains avec du vin, qu’il soit pur ou coupé. De même, on ne doit pas gâcher les autres aliments ou boissons de façon méprisable et dédaigneuse.

 

  1. Il est interdit aux invités de prendre de la nourriture posée devant eux et de la mettre dans la main du fils ou de la fille de l’hôte. En effet, il y a lieu de craindre que ce dernier ne se trouve dans l’embarras, n’ayant rien d’autre que ce qu’il a apporté devant eux, que les enfants ont pris. On ne doit pas envoyer à autrui une jarre de vin avec de l’huile flottant à sa surface même si on l’avertit. En effet, il est à craindre qu’une personne envoie à une autre un tonneau rempli entièrement de vin avec de l’huile à sa surface, sans l’avertir et que cette dernière, pensant que c’est de l’huile – alors que l’huile est uniquement à la surface – convie des invités et se trouve dans l’embarras. De même, toutes les pratiques similaires, susceptibles de mettre dans l’embarras l’hôte, sont interdites.

 

  1. Une fois que les convives ont fini de manger, on retire la table et on balaie l’endroit où ils ont mangé, après quoi ils se lavent les mains pour les ablutions finales. Le balayage est nécessaire de crainte qu’il ne reste des miettes de pain d’un volume d’un kazaït, sur lesquelles il est interdit de marcher ou de se laver les mains. En revanche, il est permis de détruire intentionnellement les miettes d’un volume de moins d’un kazaït.

           

  1. Quand l’eau est présentée aux convives pour les ablutions finales, celui qui récite les Actions de Grâce se lave les mains en premier, afin d’éviter que le plus distingué d’entre eux ne reste assis les mains sales en attendant qu’un autre se lave les mains. Les autres convives se lavent ensuite les mains l’un après l’autre. Ils ne se font pas honneurl’un à l’autre en se donnant priorité, car on ne fait pas honneur à autrui en lui donnant priorité pour se laver les mains sales ou en lui cédant le passage sur les ponts ou sur les routes ; le respect s’impose uniquement devant une porte digne d’une mezouza et au moment d’entrer seulement, et non à la sortie.
  1. Une fois qu’ils ont fini de se laver les mains, qu’ils se sont essuyé les mains et ont récité les Actions de Grâce, quand on apporte devant eux les encens, c’est celui qui a récité les Actions de Grâce qui récite la bénédiction sur les encens et tous répondent Amen.
  1. S’il y a du vin et que l’on souhaite réciter les Actions de Grâce avec du vin, on apporte une coupe contenant un reviit de vin ou plus, ainsi que des parfums. Celui qui récite les Actions de Grâce prend le vin dans la main droite, les parfums dans la main gauche, et il récite les Actions de Grâce. Puis, il récite la bénédiction sur le vin et enfin, la bénédiction sur les parfums. Si les parfums sont une huile parfumée ou quelque chose de semblable, il essuie l’huile de ses mains sur la tête du domestique ou bien, si ce dernier est un érudit, il essuie ses mains sur un mur, cela, afin qu’il ne sorte pas parfumé dans la rue.

 

  1. Bien que le vin ne soit pas indispensable pour les Actions de Grâce, si l’on récite la bénédiction sur le vin selon l’usage que nous avons évoqué, voici comment il faut procéder : il faut laver la coupe à l’intérieur et la rincer à l’extérieur, et la remplir de vin pur non coupé d’eau. Et lorsqu’on arrive à la bénédiction relative à la terre d’Israël, avant de commencer celle-ci, on ajoute un peu d’eau pour que le vin soit agréable à boire. On ne parle pas en présence de la coupe des Actions de Grâce, durant tout le temps de la récitation des Actions de Grâce par celui qui tient dans sa main la coupe de vin; tous se taisent jusqu’à ce que soient terminées les Actions de Grâce et la bénédiction sur le vin, et qu’ils aient bu.

Chapitre huit : Bénédictions sur les fruits et autres aliments

Après avoir longuement exposé les lois relatives au repas, dans ce chapitre, le Rambam s’intéresse aux bénédictions relatives aux fruits et légumes, ainsi qu’aux autres produits issus de la terre ou non. On va donc distinguer différentes catégories d’aliments et leurs bénédictions respectives. On étudiera également les règles de priorité entre les bénédictions et les conditions pour qu’une bénédiction prononcée sur un aliment dispense de réciter à nouveau la bénédiction sur un autre aliment. Enfin, on s’arrêtera sur la bénédiction finale à réciter après la consommation de plusieurs sortes d’aliments.

  1. Pour tous les fruits de l’arbre, on récite, avant d’en consommer, la bénédiction: «Qui crée le fruit de l’arbre», et après consommation, la bénédiction Boré nefachot, à l’exception des cinq espèces de fruits mentionnées dans la Thora, que sont les raisins, les figues, les grenades, les olives et les dattes, après la consommation desquelles on récite une bénédiction qui est un abrégé des trois bénédictions du Birkat HamazonePour les fruits de la terre et les verdures, on récite au préalable la bénédiction: «Qui a créé le fruit de la terre» et à la fin, la bénédiction Boré nefachotPour les aliments qui ne sont pas des produits de la terre, comme la viande, le fromage, le poisson, les œufs, l’eau, le lait, le miel d’abeille et ce qui est semblable, on récite au préalable la bénédictionChéhakol et après consommation, la bénédiction Boré nefachot.  Boire de l’eau quand ce n’est pas pour étancher sa soif par exemple, pour avaler un aliment coincé dans la gorge ou dans un autre but ne requiert de bénédiction ni avant, ni après.

 

  1. Celui qui presse des fruits et en extrait le jus récite avant de le boire la bénédictionChéhakol et après consommation la bénédiction Boré nefachot ; les raisins et les olives forment une exception à la règle. En effet, sur le vin, on récite au préalable la bénédiction: «Qui a créé le fruit de la vigne» et après consommation, une bénédiction qui est un abrégé des trois bénédictions des Actions de Grâce. Sur l’huile, on récite au préalable la bénédiction «Qui a créé le fruit de l’arbre». Dans quel cas cela s’applique-t-il? Si l’on a mal à la gorge et que l’on boit l’huile mélangée avec du bouillon de légumes ou ce qui est semblable, de sorte que l’on tire un réel profit en la buvant. Mais si l’on boit l’huile toute seule ou si l’on n’a pas mal à la gorge, on récite la bénédiction Chéhakol, car on ne tire pas de profit particulier du goût de l’huile.
  1. Si des fruits ou des légumes, normalement consommés crus, sont cuits oubouillis, on récite avant de les consommer la bénédiction Chéhakol et après, la bénédiction Boré nefachot. Si on consomme crus des légumes normalement consommés bouillis, commele chou ou le navet, on récite au préalable la bénédiction Chéhakol et après, la bénédiction Boré nefachot. Si on les consomme cuits ou bouillis, on récite au préalable la bénédiction: «Qui a créé le fruit de la terre», et ensuite, la bénédiction Boré nefachot. Sur des fruits qui se consomment crus ou cuits indifféremment, qu’on les consomme crus ou cuits, on récite avant de les consommer la bénédiction appropriée, c’est-à-dire que si ce sont des fruits de l’arbre, on récite la bénédiction:«Qui a créé le fruit de l’arbre». Et s’il s’agit de fruits de la terre ou de légumes, on récite la bénédiction: «Qui a créé le fruit de la terre».

 

  1. Sur l’eau du bouillon de légumes que l’on a l’habitude de consommer bouillis, on récite la bénédiction: «Qui a créé le fruit de la terre», à condition que l’on ait bouilli les légumes en vue de boire l’eau du bouillon, car l’eau du bouillon de légumes est considérée comme les légumes bouillis là où il est d’usage de la boire.  Sur le miel de dattes, on récite au préalable la bénédiction Chéhakol. Mais sur des dattes écrasées à la main dont on a retiré le noyau et dont on a fait une sorte de pâte, on récite au préalable la bénédiction: «Qui a créé le fruit de l’arbre», et ensuite, la bénédiction « qui est un abrégé des trois ».

 

  1. Sur les cannes à sucre que l’on presse et dont on cuit le jus jusqu’à ce qu’il se cristallise et ressemble à du sel, la quasi-totalité des guéonim sont d’avis que l’on récite, sur le sucre ainsi extrait, la bénédiction: «Qui a créé le fruit de la terre», et certains d’entre eux sont d’avis que l’on récite la bénédiction : «Qui a créé le fruit de l’arbre». De même, les guéonim sont d’avis que celui qui suce ces cannes afin d’en extraire le jus sucré doit réciter la bénédiction: «Qui a créé le fruit de la terre». Quant à moi, je dis que cela n’est pas un fruit, de sorte que la bénédiction à réciter lorsqu’on mastique la canne à sucre n’est autre que chéhakol. Et quand bien même la canne à sucre devrait être considérée comme un fruit et que l’on doive réciter la bénédiction « Qui a créé le fruit de l’arbre », le miel, c’est-à-dire le jus de ces cannes à sucre, transformé par la cuisson sur le feu pour devenir du sucre, ne saurait avoir plus d’importance que le miel de dattes, qui n’a pas été transformé par le feu, et sur lequel on récite tout de même la bénédiction Chéhakol.

 

  1. Sur le cœur de palmier, c’est-à-dire la partie supérieure du palmier qui est comme du bois blanc, on récite au préalable la bénédictionChéhakolSur les kafrissin de câprier, on récite la bénédiction: «Qui a créé le fruit de la terre», car ce n’est pas le fruit principal du câprier. Sur les baies du câprier, ayant la forme de petites dattes fines, qui sont le fruit principal du câprier, on récite la bénédiction: «Qui a créé le fruit de l’arbre».

 

  1. Sur le poivre et le gingembre, lorsqu’ils sont frais, on récite la bénédiction: «Qui a créé le fruit de la terre». Mais secs, ils ne requièrent de bénédiction ni avant leur consommation, ni après, car ce sont des épices et non des aliments. De même, les aliments et les liquides qui ne sont pas aptes à la consommation ne requièrent ni bénédiction initiale, ni finale.

 

  1. Sur du pain qui a quelque peu moisi, du vin aigri ou un mets gâté mais qui peuvent encore être consommés, et de même sur des fruits tombés de l’arbre lorsqu’ils sont immatures, de la bière, du vinaigre, des sauterelles d’une espèce permise, du sel, des truffes ou des champignons, on récite avant consommation la bénédictionChéhakol. Pour toute chose sur laquelle on récite initialement la bénédiction Chéhakol, la bénédiction finale estBoré nefachot. Tout ce qui requiert une bénédiction finale requiert aussi une bénédiction initiale.

 

  1. Quand on verse trois mesures d’eau sur de la lie de vin et que l’on obtient quatre mesures de liquide, la bénédiction pour cette boisson est « Qui a créé le fruit de la vigne » puisqu’elle est considérée comme du vin dilué. Mais si l’on obtient moins de quatre mesures de boisson pour trois mesures d’eau versées, la bénédiction à réciter avant d’en consommer est Chéakol, bien que la boisson ait le goût du vin.
  1. Si l’on a récité la bénédiction«Qui a créé le fruit de la terre» sur des fruits d’un arbre, on est quitte. En revanche, si l’on a récité la bénédiction : «Qui a créé le fruit de l’arbre» sur des fruits de la terre, on n’est pas quitte. Pour tous les aliments, même le pain et le vin, si l’on a récité la bénédiction Chéhakol, on est quitte.

 

  1. Si quelqu’un a pris une coupe de bière dans la main et a commencé à réciter la bénédiction avec l’intention de dire Chéhakol, mais a dit par erreur «Qui a créé le fruit de la vigne», on ne lui fait pas répéter la bénédiction.  De même, si quelqu’un qui a devant lui des fruits de la terre a commencé la bénédiction avec l’intention de dire «Qui a créé le fruit de la terre», mais a dit, par erreur, «Qui a créé le fruit de l’arbre», on ne lui fait pas répéter la bénédiction. De même, si quelqu’un qui a devant lui un mets à base de l’une des cinq céréales a commencé à réciter la bénédiction avec l’intention de dire Boré miné mezonot, mais a dit par erreur Hamotsi, il est quitte. En effet, au moment où il a mentionné le Nom et la Royauté de D.ieu, ce qui constitue l’essentiel de la bénédiction, il avait l’intention de réciter la bénédiction appropriée pour le type d’aliment en question. Par conséquent, dans la mesure où il n’y a pas eu d’erreur dans l’essentiel de la bénédiction, il est quitte et on ne le fait pas recommencer bien qu’il se soit trompé dans la conclusion.

 

  1. Concernant toutes ces bénédictions, si quelqu’un a un doute et ne sait plus s’il a récité ou non une certaine bénédiction, il ne la répètera pas, qu’il s’agisse d’une bénédiction initiale ou finale, car elles sont d’ordre rabbinique. Si l’on a, par oubli, mis un aliment en bouche sans réciter de bénédiction, la règle suivante est appliquée : s’il s’agit d’un liquide, on l’avale et on récite ensuite la bénédiction. S’il s’agit de fruits qui deviennent répugnants si on les recrache, comme les mûres ou les raisins, on les repousse d’un côté de la bouche et on récite la bénédiction avant de les avaler. Et si ce sont des aliments qui ne deviennent pas répugnants quand on les recrache, comme les fèves ou les pois chiches, on les recrache, afin de réciter la bénédiction en ayant la bouche vide, puis on les mange.

 

  1. Quand on a devant soi plusieurs sortes d’aliments de même bénédiction, on récite la bénédiction sur l’un d’eux et l’on est ainsi exempté de réciter une bénédiction pour le reste. Si la bénédiction n’est pas la même pour tous les aliments, on récite pour chacun d’eux la bénédiction appropriée. On donne priorité à l’aliment que l’on souhaite consommer en premier. Si l’on n’a pas de préférence et qu’il y a sur la table l’une des sept espèces qui font l’éloge de la terre d’Israël, on récite d’abord la bénédiction sur celle-ci. Entre les sept espèces elles-mêmes, la priorité est fixée de la manière suivante : celle qui est mentionné en premier dans le verset biblique a priorité pour la bénédiction. Les sept espèces sont celles qui sont mentionnées dans le verset : «Une terre de blé, d’orge, de vignes, de figues et de grenades, une terre d’olives à huile et de miel», le miel en question étant le miel de dattes. Les dattes ont priorité sur les raisins, car les dattes sont mentionnées en seconde position par rapport au mot «terre» mentionné la seconde fois dans le verset alors que les raisins sont mentionnés en troisième position par rapport au mot «terre» mentionné la première fois.

 

  1. La bénédiction « qui est un abrégé des trois » récitée après consommation de l’une des cinq espèces de fruits ou après consommation de vin est la même que celle qui est récitée après consommation de l’une des cinq espèces de céréales, si ce n’est que pour les fruits, on dit: «Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, pour l’arbre et pour le fruit de l’arbre, pour le produit du champ, pour la terre agréable…» et pour le vin, on dit: «pour la vigne et pour le fruit de la vigne » et l’on conclut pour toutes deux par : «Béni sois-Tu, Éternel, pour la terre et pour les fruits». En terre d’Israël, on conclut: «pour la terre et pour ses fruits». Certains ajoutent, dans la « bénédiction qui est un abrégé des trois », avant la conclusion, la phrase «car Tu es un D.ieu bon et qui fait le bien», ce qui est un abrégé de la quatrième bénédiction des Actions de Grâce. D’autres disent qu’une quatrième bénédiction ne fut instituée que dans les Actions de Grâce.

 

  1. Si on a bu du vin, mangé des dattes et mangé un mets à base d’une des cinq espèces de céréales, on récite l’unique bénédiction finale suivante: «Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, pour la subsistance et pour la nourriture, pour la vigne et le fruit de la vigne, pour l’arbre et le fruit de l’arbre, pour le produit du champ, pour la terre agréable, etc.» et l’on conclut cette bénédiction par «Béni sois-Tu, Éternel pour la terre, pour la subsistance et pour les fruits».
  1. En revanche, si l’on a mangé de la viande et bu du vin, on récite à la fin une bénédiction pour chacun, à savoir Boré nefachot pour la consommation de la viande, et la bénédiction qui est un abrégé des trois pour la consommation du vinAurait-on mangé des figues ou des raisins qui font partie des « sept espèces », ainsi que des pommes, des poires ou d’autres fruits semblables qui ne font pas partie des « sept espèces », on récite ensuite la bénédiction « qui est un abrégé des trois » et celle-ci inclut tout, c’est-à-dire même les fruits comme les pommes et les poires qui ne font pas partie des « sept espèces », car ce sont tous des fruits de l’arbre. Il en va de même pour tout cas semblable.

Chapitre neuf : Bénédictions sur les senteurs

Ce chapitre, qui clôture le thème des bénédictions liées à un profit, aborde un autre type de profit, le plaisir lié à des senteurs. Ce plaisir aussi appelle une bénédiction. Comme pour les bénédictions liées à la consommation d’un aliment, il existe différents types d’aromates et donc différentes bénédictions, et certaines bénédictions ont une portée plus générale que d’autres. De même, une bénédiction récitée sur un parfum peut servir pour un autre. Puis le chapitre termine par les différents cas (on en compte trois) où il ne faut pas réciter de bénédiction sur un parfum (§ 7-9).

  1. De même qu’il est interdit de tirer profit d’un aliment ou d’une boisson avant de réciter une bénédiction, de même, il est interdit de tirer profit d’une bonne odeur avant de réciter une bénédiction. Quelle bénédiction récite-t-on pour une bonne odeur? Si la chose qui exhale l’odeur agréable est un arbre ou une espèce d’arbre, on récite la bénédiction: «Qui a créé des arbres aromatiques». Si c’est une herbe ou une espèce d’herbe, on récite la bénédiction: «Qui a créé des herbes aromatiques». Si cette senteur ne provient ni d’un arbre, ni de la terre, comme le musc, issu d’un animal, on récite la bénédiction: «Qui a créé différentes sortes de parfums». Et s’il s’agit d’un fruit comestible, comme un cédrat ou une pomme, on récite la bénédiction: «Qui a donné une bonne odeur aux fruits». Pour toutes les espèces de senteur, si l’on a récité la bénédiction «Qui a créé différentes sortes de parfums» et non la bénédiction spécifique, on est tout de même quitte.

 

  1. On ne récite pas de bénédiction sur un encens avant que la fumée ne s’élève. Quelle bénédiction récite-t-on? Si la substance qui est brûlée et qui dégage cette odeur est issue d’un arbre, on récite la bénédiction: «Qui a créé des arbres aromatiques». S’il s’agit d’une herbe, on récite la bénédiction: «Qui a créé des herbes aromatiques». Et si elle est d’origine animale ou ce qui est semblable, on récite la bénédiction: «Qui a créé différentes sortes de parfums».
  1. Sur l’huile de baumier ou ce qui est semblable, on récite la bénédiction: « Qui a créé de l’huile agréable ». Mais sur l’huile d’olives que l’on a pressées ou broyées jusqu’à ce que s’en dégage une bonne odeur, on récite la bénédiction : « Qui a créé des arbres aromatiques ». Sur de l’huile aromatisée à l’aide de diverses sortes d’épices, comme l’huile d’onction, on récite la bénédiction : « Qui a créé différentes sortes de parfums ». Quand on apporte à quelqu’un de l’huile d’olive et une branche de myrte, il récite la bénédiction uniquement sur le myrte et est ainsi exempté de réciter la bénédiction sur l’huile, car la bénédiction est la même pour les deux, à savoir: «Qui a créé des arbres aromatiques».

 

  1. S’il a devant lui un parfum qui est issu d’un arbre et un autre qui est issu d’une herbe, la bénédiction récitée pour l’un d’eux n’exempte pas de réciter la bénédiction pour l’autre. Par conséquent,il récite une bénédiction sur chacun distinctement. Quand on apporte à quelqu’un après le repas du vin à boire et de l’huile à sentir, il prend le vin dans la main droite et l’huile dans la main gauche. Il récite d’abord la bénédiction sur le vinet le boit. Puis, il récite la bénédiction sur l’huile et la sent, après quoi il essuie l’huile de ses mains sur la tête du domestique ou bien, si ce dernier est un érudit, il essuie ses mains sur un mur.

 

  1. Sur une substance aromatique qui fait l’objet d’un doute quant à savoir si elle est issue d’un arbre ou du sol, on récite la bénédiction: «Qui a créé différentes sortes de parfums». De même, sur un parfum élaboré par un parfumeur à partir d’un mélange de plusieurs espèces, on récite la bénédiction: «Qui a créé différentes sortes de parfums». Quand on entre dans une parfumerie où se trouvent de nombreuses sortes de parfums, on récite la bénédiction: «Qui a créé différentes sortes de parfum». Si l’on y reste toute la journée, on ne récite qu’une seule fois la bénédiction. Mais si on entre et on sort à plusieurs reprises, on récite à chaque fois la bénédiction.

 

  1. Sur le lis blanc et sur le nard, on récite la bénédiction: « Qui a créé des arbres aromatiques ». Sur le narcisse des jardins, on récite la bénédiction : « Qui a créé des arbres aromatiques » ; sur le narcisse sauvage, on récite la bénédiction : « Qui a créé des herbes aromatiques ». Sur la rose, l’eau de rose, l’oliban, le mastic et ce qui est semblable, on récite la bénédiction : « Qui a créé des arbres aromatiques ».
  1. Il y a trois sortes de senteurs pour lesquelles on ne récite pas de bénédiction. Ce sont: (a) un parfum qu’il est interdit de sentir, (b) un parfum destiné à éliminer une mauvaise odeur, (c) un parfum qui n’est pas fait pour être lui-même senti.
  1. Comment cela ? (a) On ne récite pas de bénédiction sur des parfums utilisés pour l’idolâtrie ; de même, un homme ne récitera pas de bénédiction sur les parfums utilisés par une femme qui lui est interdite au titre d’erva, car il est défendu de sentir ces parfums.

            (b) On ne récite pas de bénédiction sur les parfums placés près d’un mort, les parfums placés dans les lieux d’aisances et l’huile destinée à éliminer la saleté et la mauvaise odeur des mains, car ils sont destinés à éliminer la mauvaise odeur.

            (c) On ne récite pas de bénédiction sur l’encens brûlé pour parfumer les ustensiles et les vêtements, car l’encens n’a pas été confectionné pour être lui-même senti. De même, celui qui sent des vêtements parfumés ne récite pas de bénédiction, car la substance aromatique n’est pas présente: il n’y a qu’une odeur sans substance.

 

  1. On ne récite pas de bénédiction sur les parfums d’un festin de gentils car un tel festin est généralement organisé pour un culte idolâtre.  Si, en marchant à l’extérieur de la ville, on sent une bonne odeur dont on ignore l’origine, la règle suivante est appliquée : si la ville comprend une majorité de gentils, on ne récite pas de bénédiction. Et s’il y a une majorité de juifs, on récite une bénédiction.  Si une senteur pour laquelle on doit réciter une bénédiction est mêlée à une senteur pour laquelle on ne récite pas de bénédiction, c’est en fonction de la senteur présente en majorité que l’on déterminera si une bénédiction doit être dite ou non.

Chapitre dix : Bénédictions de louange et de remerciement

Le Rambam s’intéresse maintenant à ce qu’il a défini comme la seconde catégorie de bénédictions, les bénédictions de louange et de remerciement. Il convient d’exprimer sa gratitude envers D.ieu à chaque occasion, heureuse ou malheureuse. De même, on implorera la miséricorde divine devant un danger ou toute autre difficulté.

  1. Beaucoup d’autres bénédictions et d’autres textes qui ne sont ni introduits, ni conclus par la formule Baroukh ont été institués par les Sages en louange et en remerciement au Saint Béni soit-Il, comme les bénédictions de la prière que nous avons déjà exposées. Voici les bénédictions de louange et de remerciement: celui qui construit une nouvelle maison, achète de nouveaux objets ou vêtements, qu’il en ait déjà des semblables ou non, récite la bénédiction «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a donné vie, nous a maintenus et nous a fait parvenir à ce moment» (Chéhé’héyanou).
  1. De même, celui qui revoit un ami après un intervalle de trente jours récite la bénédiction Chéhé’héyanou. S’il le revoit après un intervalle de douze mois, il récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel qui fait revivre les morts.» Celui qui voit un fruit qui se renouvelle annuellement récite, la première fois qu’il le voit pour la nouvelle saison, la bénédictionChéhé’héyanou.
  1. En apprenant une bonne nouvelle, on récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui est bon et fait le bien». En apprenant une mauvaise nouvelle, on récite la bénédiction: «Béni… le juge de vérité». On a le devoir de bénir D.ieu de bon gré pour un évènement malheureux, tout comme l’on bénit D.ieu avec joie pour un heureux évènement, ainsi qu’il est dit: «Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu… de tout ton pouvoir»; cet amour abondant qui nous est prescrit par le verset exige que même dans la douleur, on remercie et on loue D.ieu avec joie.
  1. Lorsque quelqu’un connaît un évènement heureux ou qu’il apprend une bonne nouvelle, bien que les circonstances montrent que ce bienfait présent lui causera finalement du tort, il récite la bénédiction «Qui est bon et fait le bien». De même, s’il connaît un évènement malheureux ou s’il apprend une mauvaise nouvelle, bien que les circonstances indiquent qu’il en résultera finalement un bienfait, il récite la bénédiction: «Béni… juge de vérité», car la bénédiction n’est pas récitée sur les conséquences futures, mais sur ce qui s’est passé maintenant.
  1. À la suite de pluies abondantes, celui qui possède un champ récite la bénédiction Chéhé’héyanou. S’il possède le champ en commun avec une autre personne, il récite la bénédiction «Qui est bon et fait le bien». Quelqu’un qui n’a pas de champ dit la bénédiction suivante: «Nous sommes reconnaissants envers toi, Éternel notre D.ieu, pour chaque goutte que Tu as fait descendre pour nous, et même si notre bouche était remplie… de chants comme la mer… nous ne suffirions pas à Te remercier» jusqu’à «eux-mêmes remercieront, loueront, et béniront Ton Nom, notre Roi. Béni sois-Tu, Éternel, D.ieu digne de la multitude des remerciements, D.ieu digne de louanges».
  1. Quand récite-t-on la bénédiction pour la pluie? Dès que l’eau s’accumule sur le sol et que la pluie continue provoque l’apparition de bulles à la surface des flaques d’eau formées si bien que ces bulles se rejoignent l’une l’autre.
  1. Telle est la règle concernant celui à qui l’on annonce la mort de son père : s’il a des frères héritiers comme lui, il récite tout d’abord la bénédiction: « le juge de vérité», puis la bénédiction : «Qui est bon et fait le bien». S’il n’a pas de frère, il dit comme seconde bénédiction Chéhé’héyanou .  En résumé, pour tout bienfait qui est commun à soi et à quelqu’un d’autre, on récite la bénédiction:«Qui est bon et fait le bien»; et pour un bienfait exclusivement personnel, on récite la bénédiction Chéhé’héyanou.
  1. Quatre personnes doivent exprimer leur reconnaissance envers D.ieu: un malade qui a guéri, un prisonnier qui a été libéré de prison, celui qui est parti en mer lorsqu’il rejoint la terre ferme, et celui qui a fait un trajet par la route lorsqu’il parvient dans un lieu habité.  Ils doivent remercier D.ieu en présence de dix juifs, dont deux sages, comme il est dit: «Qu’ils l’exaltent dans l’assemblée du peuple, le Louent dans le conseil des anciens.» Comment remercie-t-on, et quelle bénédiction récite-t-on? On se tient au milieu de l’assemblée et on dit la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers,qui dispense des bienfaits aux coupables, qui m’a dispensé tout le bien»,et tous ceux qui entendent répondent: «Que Celui qui t’a dispensé le bien te dispense le bien à jamais».
  1. Celui qui voit un endroit où des miracles ont eu lieu pour le peuple juif, comme la Mer rouge,les gués du Jourdain, dit: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a fait des miracles pour nos pères à cet endroit.» Il en va de même pour tout endroit où des miracles ont eu lieu pour la collectivité, c’est-à-dire pour la majorité du peuple juif. En revanche, dans un endroit où un miracle a eu lieu pour un particulier, la personne concernée, son fils, et le fils de son fils récitent la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui m’a fait un miracle en cet endroit» ou «Qui a fait un miracle à mes pères à cet endroit». Celui qui voit la fosse aux lions où Daniel fut jeté ou la fournaise ardente (où furent jetés ‘Hanania, Michael et Azaria) récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a fait un miracle pour les justes à cet endroit.» Celui qui voit un endroit où l’on pratique l’idolâtrie récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui est patient envers ceux qui transgressent Sa volonté.» Devant un endroit d’où l’idolâtrie a été éradiquée, si c’est en terre d’Israël, on récite la bénédiction: «Qui a déraciné l’idolâtrie de notre pays»; et si c’est en diaspora, on récite la bénédiction :«Qui a déraciné l’idolâtrie de cet endroit». Dans les deux cas, on prononce ensuite la formule suivante : «De même que Tu as déraciné l’idolâtrie de cet endroit, ainsi, déracine-la de tous les endroits, et ramène le cœur de ceux qui servent les idoles à Ton service».
  1. Celui qui voit des maisons juives habitées récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui consolide la borne de la veuve». Si elles sont en état de ruine, il récite la bénédiction: « Béni le juge de vérité».Celui qui voit des tombes juives récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui vous a créés avec justice, vous a jugés avec justice, vous a entretenus avec justice, et vous a fait mourir avec justice; Il vous relèvera avec justice pour la vie du monde futur. Béni sois-Tu, Éternel, Qui fait revivre les morts».
  1. Celui qui voit six cent mille personnes en même temps, si ce sont des idolâtres, dit: «Elle va être confondue, votre mère; celle qui vous a donné le jour va connaître la rougeur de la honte. Tel sera le sort de ces nations: l’abandon, la ruine, la solitude». Si ce sont des juifs, en terre d’Israël, il dit: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, le Sage qui connaît les secrets». Celui qui voit des sages parmi les nations dit: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a donné de Sa sagesse à des êtres de chair et de sang». S’il voit des sages juifs, il dit la bénédiction: «Béni… Qui a donné de Sa sagesse à ceux qui Le craignent». S’il voit des rois juifs, il dit: «Qui a donné de Son honneur (et de Sa puissance) à ceux qui Le craignent.» S’il voit des rois non juifs, il récite la bénédiction: «Qui a donné de Son honneur à des êtres de chair et de sang».
  1. Celui qui voit une personne qui a la peau inhabituellement noire ou toute personne dont l’apparence faciale ou la conformation des membres est inhabituelle, récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui diversifie les créatures.» Celui qui voit un aveugle ou un amputé, un individu qui estfrappé d’ulcères, couvert de points ou atteint d’une difformité semblable, récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, le juge de vérité.» Et s’il s’agit d’une tare congénitale, on récite en les voyant la bénédiction «Qui change l’aspect des créatures». Qui voit un éléphant, un singe ou un hibou, récite la bénédiction «Béni… Qui diversifie les créatures».
  1. Qui voit de belles créatures particulièrement bien formées ou de beaux arbres, récite la bénédiction: «Béni… qui a de telles choses dans Son monde». Qui se rend dans les champs ou les jardins durant le mois de Nissan et voit des arbres florissants munis de bourgeons récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Qui n’a laissé aucun manque dans Son monde et y a créé de bonnes créatures et des arbres bons et beaux afin d’en faire profiter les hommes.»
  1. En présence de chacun des phénomènes suivants: les vents qui soufflent en forte tempête, tels ouragans et tornades, les éclairs, le tonnerre, les grondements entendus dans la terre lors de séismes, semblables au grondement de grosses meules, la lumière dans le ciel qui donne l’impression d’étoiles tombant et filant à grande vitesse d’un endroit à un autre, ce que l’on appelle étoiles filantes, ou comme des étoiles ayant une queue, les comètes, on récite la bénédiction: «Béni dont la force et la puissance emplissent le monde» ou, si l’on souhaite, la bénédiction «Qui accomplit l’œuvre de la création».
  1. À la vue des montagnes, des collines, des mers, des déserts ou des fleuves après trente jours sans les avoir vus, on récite la bénédiction«Qui accomplit l’œuvre de la création». Qui voit la grande mer à intervalles de trente jours ou plus, récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a créé la grande mer.»
  1. Qui voit l’arc-en-ciel récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Qui se souvient de l’alliance, est fidèle dans Son alliance, et tient Sa parole.» Qui voit la nouvelle lune récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui, par Sa parole, a créé les cieux et, par le souffle de Sa bouche, toutes leurs armées. Loi et temps Il leur a fixés, afin qu’ils ne modifient pas leur tâche. Ils sont heureux et joyeux d’accomplir la volonté de leur Créateur; travailleurs fidèles dont le travail est juste. Et à la lune Il a dit de se régénérer, couronne de beauté pour ceux qui sont soutenus par D.ieu depuis le ventre maternel et qui sont amenés à se régénérer comme elle et à glorifier leur Créateur pour la gloire de Son règne et pour tout ce qu’Il a créé. Béni sois-Tu, Éternel, Qui régénère les mois.»
  1. Il faut réciter cette bénédiction debout. Car quiconque récite la bénédiction sur la nouvelle lune en temps voulu est considéré comme s’il avait accueilli la Présence divine.  Si l’on n’a pas récité la bénédiction la première nuit, on peut la réciter jusqu’au seizième jour après la nouvelle lune, qui est le moment où la lune est pleine.
  1. Lorsque l’équinoxe du printemps a lieu au début de la nuit de mardi à mercredi, au début du cycle de vingt-huit ans, celui qui voit le soleil le mercredi matin récite la bénédiction: «Béni Qui accomplit l’œuvre de la création». De même, lorsque la lune revient au début de son cycle, c’est-à-dire qu’elle revient au début de la constellation du bélier, au début du mois, et qu’elle n’est inclinée ni vers le nord, ni vers le sud. De même, lorsque chacune des cinq planètes, à savoir Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, revient au début de la constellation du bélier et qu’elle n’est inclinée ni vers le nord, ni vers le sud. De même à tout moment où la constellation du bélier apparaît montant du côté Est. En présence de chacun de ces phénomènes astronomiques on récite la bénédiction: «Qui accomplit l’œuvre de la création».
  1. Qui voit des maisons d’idolâtres dit: «L’Éternel démolira la maison des orgueilleux». Seraient-elles détruites, il dit: «D.ieu des vindictes, Éternel, D.ieu des vindictes, apparais! ». Quand on voit des tombes de païens, on dit: «Elle va être totalement confondue, votre mère…».
  1. Qui entre aux bains dit: «Qu’il Te plaise, Éternel mon D.ieu, de me faire entrer en paix et sortir en paix; sauve-moi de ce péril et de ce qui est semblable dans le futur». Lorsqu’il sort, il dit: «Je Te suis reconnaissant, Éternel mon D.ieu, de m’avoir sauvé du feu.»
  1. Qui va subir une saignée dit: «Qu’il te plaise, Éternel mon D.ieu, que cette activité soit un remède pour moi, car Tu es un médecin gracieux ». Lorsqu’il a fini, il dit: « Béni sois-Tu, Éternel, Qui guérit les malades.»
  1. Qui va mesurer son tas de blé dans la grange dit: «Qu’il te plaise, Éternel mon D.ieu, d’envoyer la bénédiction dans l’œuvre de mes mains». Quand il commence à mesurer, il dit: «Béni soit Celui qui dispense la bénédiction sur ce tas.» Mais s’il a d’abord mesuré et ensuite imploré la pitié de D.ieu, c’est une prière vaine. En règle générale, quiconque implore D.ieu pour un évènement passé, sa prière est vaine.
  1. Qui entre dans la maison d’étude dit: «Qu’il te plaise, Éternel mon D.ieu, que je ne trébuche passur une question de loi, que je ne déclare ni impur ce qui est pur, ni pur ce qui est impur, ni interdit ce qui est permis, ni permis ce qui est interdit, que je ne trébuche pas sur une question de loi et que mes collègues se rient de moi, et que mes collègues ne trébuchent pas et que je me rie d’eux.»
  1. Quand il sort de la maison d’étude, il dit: «Je suis reconnaissant envers Toi, Éternel mon D.ieu, de m’avoir donné part parmi ceux qui siègent à la maison d’étude et non parmi ceux qui sont assis aux coins de rue. Je me lève tôt et ils se lèvent tôt: je me lève tôt pour les paroles de la Thora et eux se lèvent tôt pour des futilités. Je peine et ils peinent: je peine pour les paroles de la Thora et suis récompensé tandis qu’eux peinent et ne sont pas récompensés. Je cours et ils courent: je cours vers la vie du monde futur, et ils courent vers le puits de la destruction.»
  1. Qui entre dans une ville forte dit: «Qu’il Te plaise, Éternel mon D.ieu, de me faire entrer en paix dans cette ville». S’il y est entré en paix, il dit: «Je Te remercie, Éternel mon D.ieu, de m’avoir fait entrer en paix.» Quand il s’apprête à partir, il dit: «Qu’il Te plaise, Éternel mon D.ieu, de me faire sortir de cette ville en paix.» S’il en est sorti en paix, il dit: «Je Te remercie, Éternel, mon D.ieu, de m’avoir fait sortir de cette ville en paix. Tout comme Tu m’as fait sortir en paix, ainsi, conduis-moi en paix, guide mes pas en paix, soutiens-moi pour être en paix, et sauve-moi de la main de tout ennemi et de toute personne embusquée sur la route.»
  1. En règle générale, on doit toujours implorer D.ieu en demandant pitié pour le futur, et Le remercier pour ce qui est passé, avec des remerciements et des louanges chacun selon ses capacités. Qui abonde continuellement dans les louanges et les remerciements pour D.ieu est digne d’éloges.

Chapitre onze : Bénédictions pour les mitsvot

Ce chapitre, qui conclut les lois relatives aux bénédictions, en aborde la troisième et dernière catégorie : les bénédictions liées à l’accomplissement d’un commandement. En règle générale (sauf exception, cf. § 7), la bénédiction précède l’accomplissement du commandement. Par ailleurs, la formulation de ces bénédictions varie selon que le commandement est une obligation absolue ou une obligation qui dépend elle-même de certaines circonstances particulières ; elle varie aussi selon que l’on accomplit le commandement pour soi-même ou pour le compte d’autrui. Enfin, ce qui relève de la coutume n’en requiert pas.

  1. Toutes les bénédictions sont introduites par la formule BaroukhBéni sois-Tu ») et conclues par Baroukh, à l’exception des cas suivants : (1) la dernière bénédiction qui suit la lecture du Chema, (2) une bénédiction qui fait suite à une autre, (3) la bénédiction sur des fruits ou autre bénédiction semblable que l’on récite avant de tirer profit de ce monde, (4) les bénédictions qui précèdent l’accomplissement des commandements et (5) les bénédictions mentionnées au chapitre précédent qui sont des louanges et des remerciements à D.ieu. Certaines d’entre elles sont introduites mais non conclues par Baroukh, d’autres sont conclues mais non introduites par BaroukhSeul un petit nombre des bénédictions récitées pour l’accomplissement d’un commandement échappent à la règle et sont introduites et conclues par Baroukh : c’est le cas des bénédictions sur le rouleau de la Thora ; et de même, parmi celles qui sont des louanges et des remerciements à D.ieu, la bénédiction récitée par celui qui voit des tombes juives est introduite et conclue par Baroukh . Mais les autres bénédictions récitées avant l’accomplissement d’un commandement sont toutes introduites par Baroukh, sans être conclues par Baroukh.

           

  1. Il y a certains commandements positifs que l’on doit s’efforcer d’accomplir à tout prix, comme mettre les tefiline, habiter dans une soucca lors de la fête de Souccot, accomplir le commandement du loulav lors de cette fête et entendre le chofar à Roch Hachana. Ces commandements sont définis comme une «obligation absolue», car ils incombent à l’homme de façon inconditionnelle. D’autres préceptes ne sont pas une obligation absolue et ressemblent de ce point de vue à quelque chose de facultatif. C’est le cas par exemple du devoir de fixer une mezouza aux portes d’une maison et de construire un parapet sur le toit, dans la mesure où l’on n’est pas obligé d’habiter dans une maison qui requiert une mezouza afin d’y mettre une mezouza. En effet, celui qui le souhaite peut résider toute sa vie dans une tente ou dans un bateau, lesquels ne requièrent pas de mezouza. De même, on n’est pas tenu de construire une maison afin d’y ériger un parapet.  On récite une bénédiction avant l’accomplissement de tout commandement positif qui concerne la relation entre l’homme et D.ieu, aussi bien pour un commandement qui est une obligation absolue que pour celui qui ne l’est pas.

 

  1. De même, avant l’accomplissement de tous les commandements d’ordre rabbinique, tant ceux qui sont une obligation absolue – comme la lecture de la meguila, l’allumage des lumières du chabbat ou l’allumage des lumières de ‘Hanoucca – que ceux qui ne le sont pas, comme le érouv et l’ablution des mains avant le repas – il faut dire la bénédiction: «Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de faire». D.ieu nous a-t-Il donc donné l’ordre d’accomplir ces commandements, dont l’origine est rabbinique? Dans la Thora, où il est écrit: «ce qu’ils te diront, tu feras». Le sens de la bénédiction est donc le suivant:«Qui nous a sanctifiés par Ses commandements, par lesquels Il nous a enjoints d’écouter ceux – c’est-à-dire les Sages – qui nous ont ordonné d’allumer les lumières de ‘Hanouca ou «de lire la meguila», et de même pour toutes les autres injonctions rabbiniques.

 

  1. Pourquoi ne récite-t-on pas de bénédiction pour les ablutions des mains après le repas? Parce que les Sages n’ont imposé cette ablution qu’en raison du danger. Et on ne récite pas de bénédiction pour les mesures instituées en raison d’un danger. À quoi cela ressemble-t-il? À celui qui filtre l’eau avant de boire la nuit, à cause du danger de la présence d’une éventuelle sangsue, il ne récite pas la bénédiction: «Qui nous a ordonné de filtrer l’eau». Il en va de même pour tout cas semblable.

 

  1. Lorsque quelqu’un accomplit un commandement sans avoir au préalable récité la bénédiction : s’il s’agit d’un commandement dont l’accomplissement se prolonge encore, il récitera alors la bénédiction. Mais s’il s’agit d’un accomplissement qui est déjà passé, il ne récite pas la bénédiction. Comment cela ? S’il s’est enveloppé des tsitsit, qu’il a revêtu les tefiline ou qu’il a pris place dans la soucca sans réciter de bénédiction préalable, il récite, après avoir revêtu les tsitsit, la bénédiction: «Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de nous envelopper des tsitsit»; de même, après avoir revêtu les tefiline, il récite la bénédiction: «de mettre les tefiline»; et après avoir pris place dans la soucca, il récite la bénédiction : «de résider dans la soucca». Il en va de même pour tout cas semblable où l’action se prolonge encore.

 

  1. En revanche, s’il a abattu rituellement un animal sans réciter la bénédiction, il ne récitera pas, après l’abattage rituel, la bénédiction«Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a prescrit l’abattage rituel». De même, s’il a recouvert le sang d’un animal sauvage ou d’un oiseau sans réciter la bénédiction ou s’il a prélevé la terouma ou les dîmes ou s’est immergé dans un bain rituel sans réciter la bénédiction, il ne récite pas de bénédiction après coup. Il en va de même pour tout cas semblable.

 

  1. Il n’y a qu’une seule mitsva concernant laquelle la bénédiction est récitée après l’accomplissement: l’immersion du converti. Car il ne peut pas direavant de s’immerger : «Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné», puisqu’il n’est pas sanctifié et n’est pas enjoint d’observer les commandements tant qu’il ne s’est pas immergé. C’est pourquoi, il récite la bénédiction pour l’immersion après celle-ci, car il était initialement exclu et inapte à réciter la bénédiction.
  1. On récite la bénédiction au moment de. n revanche, une étape suivi d’un, on ne récite la bénédictionau moment où l’on Comment cela ? Celui qui construit une soucca, qui prépare un loulav, qui fabrique un chofar, qui noue des tsitsit sur un vêtement, ou qui écrit des tefiline ou une mezouza ne récite pas, au moment de la , la bénédiction : «Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de faire une soucca »ou « un loulav » ou « d’écrire des tefiline», parce que cette est suivie d’une autre obligation. Quand récite-t-il la bénédiction? Lorsqu’il s’installe dans la soucca, lorsqu’il secoue le loulav, lorsqu’il entend le son du chofar, lorsqu’il s’enveloppe des tsitsit, lorsqu’il met les tefiline ou lorsqu’il fixe la mezouza. En revanche, s’il érige un parapet, il récite, au moment de la construction, la bénédiction: «Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de faire un parapet». Il en va de même pour tout cas similaire.

 

  1. Pour (a) tout commandement dont l’accomplissement est périodique, comme le commandement d’écouter le son du chofar, de résider dans la soucca, de prendre le loulav, de lire la meguila, d’allumer les lumières de ‘Hanoucca; (b)de même, pour tout commandement qui s’accomplit avec un objet dont on a la propriété, comme les tsitsit, les tefiline, la mezouza et le parapet; (c)de même, pour un commandement dont l’accomplissement n’est pas fréquent et ne se présente pas à tout moment, ressemblant par cela à un commandement périodique, tels la circoncision de son fils et le rachat de son fils premier-né, pour tous ceux-là, on récite au moment de la réalisation de la mitsva la bénédiction de Chéhé’héyanou (« Qui nous a donné vie, nous a maintenus et nous a fait parvenir à ce moment »). Si l’on n’a pas récité la bénédiction de Chéhé’héyanou pour la soucca, le loulav ou ce qui est semblable au moment de la réalisation, on la récite au moment où l’on remplit son obligation. Il en va de même pour tout cas semblable.

 

  1. Que l’on accomplisse un commandement pour s’acquitter soi-même ou pour acquitter autrui de son obligation, on récite avant l’accomplissement: «Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de faire». En revanche, la bénédiction de Chéhé’héyanou n’est récitée que lorsque l’on accomplit un commandement pour s’acquitter soi-même. Lorsque l’accomplissement de plusieurs commandements se présente, on ne récite pas une bénédiction globale: «Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné les commandements», mais on récite la bénédiction appropriée pour chaque commandement distinctement.

 

  1. À chaque fois que l’on accomplit une mitsva pour s’acquitter soi-même de son devoir, qu’il s’agisse d’une obligation absolue qui incombe à la personne en toute circonstance ou non, on récite la bénédiction : «Qui nous a ordonné de faire telle chose». Si on l’accomplit pour acquitter d’autres personnes, on récite la bénédiction : «Qui nous a prescrit tel accomplissement».
  1. Comment cela ? Quand on met les tefiline, on récite la bénédiction: «Qui nous a ordonné de mettre les tefiline». Quand on s’enveloppe des tsitsit, on récite la bénédiction: «Qui nous a ordonné de nous envelopper des tsitsit». Quand on s’assoit dans la soucca, on récite la bénédiction: «Qui nous a ordonné de résider dans la soucca». De même, on récite les bénédictions: «Qui nous a ordonné d’allumer la lampe du chabbat» et «Qui nous a ordonné de réciter entièrement le hallel». De même, quand on fixe une mezouza à sa propre maison, on récite la bénédiction: «Qui nous a ordonné de fixer une mezouza». Quand on construit un parapet sur son propre toit, on récite la bénédiction: «Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de faire un parapet». Quand on prélève la terouma pour soi-même, c’est-à-dire sur ses propres produits, on récite comme bénédiction: «Qui nous a ordonné de prélever la terouma». Celui qui circoncit son fils récite la bénédiction: «Qui nous a ordonné de circoncire son fils». Celui qui fait l’abattage de son offrande de Pessa’h ou de son offrande festive (‘Haguiga) récite comme bénédiction: «Qui nous a ordonné de faire l’abattage».
  1. En revanche, si l’on fixe une mezouza pour autrui, on récite la bénédiction: «Qui nous a prescrit la fixation d’une mezouza». Si l’on construit pour d’autres un parapet, on récite la bénédiction: «Qui nous a prescrit la construction d’un parapet». Si l’on prélève la terouma sur les produits de quelqu’un d’autre, on récite la bénédiction: «Qui nous a prescrit le prélèvement de la terouma». Si l’on circoncit le fils d’un autre, on récite la bénédiction: «Qui nous a prescrit la circoncision». Il en va de même pour tout cas semblable.
  1. Quand on accomplit une mitsva à la fois pour s’acquitter soi-même de son devoir et pour acquitter autrui, si cette mitsva n’est pas une obligation absolue au sens du § 2, on récite la bénédiction: «Qui nous a prescrit tel accomplissement». C’est pourquoi, on récite la bénédiction : «Qui nous a prescrit la mitsva de l’érouv». Mais s’il s’agit d’une obligation et que l’on a l’intention d’acquitter quelqu’un d’autre en même temps que soi, on récite la bénédiction: «Qui nous a ordonné de faire». C’est pourquoi, on récite la bénédiction: «Qui nous a ordonné d’écouter le son du chofar».

 

  1. Celui qui a pris en main le loulav avant de prononcer la bénédiction récitera comme bénédiction: «Qui nous a prescrit la prise du loulav». Car en effet, dès lors qu’il a soulevé le loulav, il a rempli son obligation. En revanche, s’il récite la bénédiction avant de le prendre, il dit: «Qui nous a ordonné de prendre le loulav», comme l’on récite la bénédiction «de résider dans la soucca». Tu apprends de là que celui qui récite une bénédiction après le début de l’accomplissement d’un commandement récite la bénédiction: «Qui nous a prescrit tel accomplissement». Mais pour l’ablution des mains et la che’hita, étant donné que ces commandements concernent des choses facultatives, même si on abat pour soi-même un animal, on récite comme bénédiction: «Qui nous a prescrit l’abattage rituel» et« le recouvrement du sang», et de même, quand on procède aux ablutions des mains pour prendre un repas, on récite la bénédiction «Qui nous a prescrit l’ablution des mains».  On récite, de même, la bénédiction: «Qui nous a prescrit l’élimination du ‘hamets», que l’on fasse la recherche du ‘hamets pour soi-même ou pour autrui, car le commandement d’éliminer le ‘hamets a déjà été accompli depuis le moment où l’on s’est résolu à annuler le ‘hamets, avant même que l’on recherche le ‘hamets, comme il sera expliqué à l’endroit voulu.

 

  1. On ne récite pas de bénédiction pour tout ce qui relève d’une coutume, quand bien même il s’agirait d’une coutume qui tire son origine des prophètes – comme le fait de prendre une branche de saule le septième jour de la fête de Souccot – et a fortiori une coutume qui tire son origine des Sages – comme la lecture du Hallel lors des Roch ‘Hodech et des demi-fêtes (‘Hol Hamoed) de Pessa’h. De même, dans tout cas où il y a doute si une bénédiction est requise ou non, on accomplit l’action sans prononcer de bénédiction. Il faut toujours prendre garde de ne pas prononcer une bénédiction qui n’est pas nécessaire et multiplier les bénédictions nécessaires. Et ainsi, le roi David a dit: «Chaque jour, je Te bénirai.»

 

Fin des lois relatives aux bénédictions

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