Lois relatives à ceux auxquels l’expiation manque
Chapitre deux
Les chapitres 2 et 3 s’intéressent au statut du zav, l’homme atteint de « flux ». On définit tout d’abord la nature de ce flux. Bien que la Thora parle pour l’homme et pour la femme de « flux » et qu’un terme identique soit employé concernant les deux, la nature du flux en question n’a strictement rien à voir. Le flux concernant la femme est un écoulement sanguin hors de la période menstruelle. Pour l’homme, il s’agit d’une forme de gonorrhée, un flux séminal, mais qui est dû à une affection des organes génitaux. Comme la femme zava, le zav est rituellement impur et doit, au terme de sa période d’impureté, apporter des offrandes.
- Le flux (zov) dont parle la Thora concernant un homme est un écoulement de matière séminale dû à une affection des organes du corps où elle est secrétée. Ce flux n’est pas émis lors d’une érection comme la matière séminale ordinaire, et son émission n’entraîne ni désir, ni satisfaction. Mais elle s’écoule comme l’eau d’une pâte d’orge, pâle comme le blanc d’un œuf pourri, tandis que la matière séminale est blanche et visqueuse, comme le blanc d’un œuf non pourri.
- Si un homme est sujet à un écoulement qui entraîne normalement un statut d’impureté au titre de zav , mais que cet écoulement est dû à une maladie qui touche tout son corps ou à un stimulus extérieur, il ne contracte pas l’impureté en tant que zav. En effet, il est dit : « un écoulement de sa chair », c’est quand cet écoulement est dû à sa chair qu’il est impur et non quand il est dû à autre chose. De là, les Sages ont dit que l’on examine l’homme atteint de flux de sept façons, c’est-à-dire qu’on examine si l’une des sept choses suivantes a pu être la cause du flux : ce qu’il a mangé, ce qu’il a bu, le port d’une charge, un saut, une maladie, un regard concupiscent ou une songerie impudique. Comment cela ? On examine s’il a mangé excessivement ou bu abondamment, ou s’il a mangé ou bu des aliments ou des boissons susceptibles de provoquer une perte de matière séminale, ou s’il a porté une lourde charge, ou s’il a fait un saut d’un endroit à un autre – y compris s’il a reçu un coup dans le dos – ou s’il était malade, ou s’il a vu une femme et l’a désirée charnellement, ou s’il a songé aux rapports charnels, bien qu’il n’ait pas songé à des rapports charnels avec une femme définie. Si l’une de ces choses s’est produite au préalable et qu’il a été atteint d’un écoulement de zov, on attribue l’écoulement à l’activité physique ou psychique qui l’a précédé et celui-ci ne le rend pas impur au titre de zav.
- Celui qui a eu une émission séminale ordinaire ne contracte pas l’impureté au titre de zav par un écoulement de zov au cours des vingt-quatre heures qui suivent, car on considère que l’écoulement de zov résulte de l’émission séminale. Et de même, en cas de regard concupiscent ou de songerie impudique, on attribue à ce regard ou à cette pensée l’écoulement de zov qui suit dans les vingt-quatre heures. Mais pour ce qui est des aliments et des boissons qu’il a consommés, un saut qu’il a fait ou une charge qu’il a portée, on attribue à ceux-là un écoulement de zov ultérieur tant qu’il souffre de l’excès de nourriture consommée ou de l’effort fourni.
- Celui qui s’est circoncis et qui a ensuite eu un écoulement de zov, qu’il s’agisse d’un non-Juif ou d’un Juif, on attribue son écoulement de zov ultérieur à la circoncision tant qu’il souffre de l’opération. Un non-Juif qui a eu une émission séminale juste avant de se convertir peut contracter l’impureté au titre de zav immédiatement après sa conversion et on n’attribue pas l’écoulement de zov à l’émission séminale qu’il a eu dans les vingt-quatre heures précédentes. Un mineur, on n’attribue son écoulement de zov ni à un regard concupiscent, ni à une pensée impudique, parce qu’un mineur n’a pas de regard concupiscent ou de pensée impudique susceptibles de provoquer un écoulement de zov. C’est pourquoi, on examine à son égard cinq éléments seulement au lieu de sept.
- De même que l’on attribue la zov d’un mineur à sa maladie lorsqu’il est malade, de même on l’attribue à la maladie de sa mère si sa mère l’allaite ou s’il est encore à un âge où il a besoin de sa mère. (5) Dans quel cas dit-on que l’on examine un homme atteint de flux de ces différentes manières en vue de déterminer son statut d’impureté ? Dans le cas d’un second écoulement de zov, lequel confère l’impureté au titre de zav, comme il va être expliqué. En revanche, les circonstances relatives au premier écoulement n’ont pas d’incidence quant à son statut d’impureté : même si celui-ci est advenu en raison d’une cause extérieure, si le second résulte de « sa chair » et non d’une cause extérieure, l’individu devient impur au titre de zav. Néanmoins, on l’examine tout de même en ce qui concerne le premier écoulement, en vue de compter trois écoulements et qu’il soit redevable d’un sacrifice. Lorsqu’il a un troisième écoulement, on ne l’examine pas concernant celui-ci ; mais même si cet écoulement résulte d’une cause extérieure, dès lors qu’il est déjà sujet à l’impureté puisque les écoulements qui l’ont rendu zav étaient dus à sa chair, il sera tenu à un sacrifice.
- Celui qui a eu un seul écoulement de zov est impur au même titre que celui qui a une émission séminale . S’il a deux écoulements, il devient impur au titre de zav ; désormais il doit compter sept jours de pureté et s’immerger le septième jour dans de l’eau vive d’une source , mais n’est pas redevable d’un sacrifice. S’il a trois écoulements, il est un zav à part entière et est redevable d’un sacrifice. Le sacrifice est la seule différence entre le zav qui a eu deux écoulements et celui qui a eu trois écoulements. Toutes ces règles relèvent de la tradition orale reçue de la bouche de Moïse au Sinaï.
- Qu’il ait été sujet au cours d’un même moment à deux ou même à trois écoulements l’un après l’autre , ou qu’il ait eu un écoulement chaque jour, un jour après l’autre, il est impur au titre de zav. En effet, l’Écriture a fait dépendre le statut de la femme zava du nombre de jours, ainsi qu’il est dit : « Si le flux sanguin d’une femme a lieu pendant plusieurs jours », mais elle n’a pas fait dépendre le statut du zav du nombre de jours mais seulement du nombre d’écoulements.
- En revanche, si un jour entier fait séparation entre deux écoulements de zov, ils ne s’additionnent pas. Comment cela ? S’il a eu un premier écoulement le chabbat et un second écoulement le lundi, ces écoulements ne s’additionnent pas et il n’est pas impur au titre de zav. De même, s’il a eu un second écoulement le dimanche et un troisième écoulement le mardi, il n’est pas redevable d’un sacrifice, car ce troisième écoulement ne s’additionne pas aux deux premiers, puisqu’il y a eu un jour de séparation entre eux. En revanche, s’il a eu un écoulement durant la journée et un écoulement la nuit qui suit, ces deux écoulements s’additionnent, et il est inutile de dire que s’il a eu un écoulement la nuit et un second écoulement durant la journée qui suit, ces deux écoulements s’additionnent . De même, s’il a eu trois écoulements trois nuits consécutives, ils s’additionnent.
- L’écoulement de zov n’a pas de mesure. Même s’il a eu un écoulement infime, il est impur, ainsi qu’il est dit : « ou que sa chair se bouche » ; quoi que ce soit qui est visible sur sa chair c’est-à-dire sur son membre le rend impur .
- Si l’écoulement de zov a continué pendant un certain temps sans s’arrêter, on applique la règle suivante : s’il y a eu depuis le début jusqu’à la fin de l’écoulement, un laps de temps suffisant pour s’immerger au mikvé et s’essuyer ou plus, on considère cet écoulement comme deux écoulements, étant donné qu’il est aussi long que deux écoulements. Et si l’écoulement n’a pas duré aussi longtemps, même s’il s’est interrompu et a repris au milieu, il s’agit là d’un seul écoulement. Il en est de même si un seul écoulement dure le temps de trois écoulements, c’est-à-dire qu’il y a du début à la fin de l’écoulement un laps de temps suffisant pour s’immerger deux fois et s’essuyer deux fois, ce long écoulement est considéré comme trois écoulements et l’individu doit apporter un sacrifice.
- S’il a eu un premier écoulement, durant la journée, puis une interruption d’un laps de temps suffisant pour s’immerger et s’essuyer, et ensuite deux autres écoulements ou un écoulement aussi long que deux ; ou s’il a eu deux écoulements ou un écoulement aussi long que deux, puis une interruption d’un laps de temps suffisant pour s’immerger et s’essuyer, et ensuite un autre écoulement, dans les deux cas, c’est un zav à part entière et il doit apporter un sacrifice.
- S’il a eu un écoulement qui s’est étendu partiellement sur la fin de journée et partiellement sur le début de la nuit, bien qu’il n’ait pas été aussi long que deux écoulements, c’est un écoulement qui compte comme deux écoulements, parce que les jours divisent l’écoulement en deux. C’est pourquoi, si un homme a eu un écoulement au cours du crépuscule (beine hachemachot) – laps de temps qui fait l’objet de doute quant à savoir s’il fait partie du jour ou de la nuit – il y a doute s’il est impur en tant que zav.
- S’il a eu un écoulement durant la journée et un écoulement durant le crépuscule qui suit, son statut d’impureté en tant que zav est certain mais il y a doute quant à savoir s’il a l’obligation d’apporter un sacrifice . Par conséquent, il apportera un sacrifice et celui-ci ne sera pas consommé.
- S’il a eu un écoulement durant le crépuscule du vendredi soir à l’entrée du chabbat et un second écoulement durant le crépuscule de samedi soir à l’issue du chabbat, il y a doute quant à savoir s’il est impur en tant que zav et il y a doute quant à savoir s’il a l’obligation d’apporter un sacrifice . Il y a doute quant à savoir s’il est impur en tant que zav, car peut-être que le premier écoulement a eu lieu vendredi quand il faisait encore jour et le second a eu lieu à l’issue du chabbat la nuit, de sorte que le jour entier du chabbat a fait séparation entre ces deux écoulements et il ne serait donc pas du tout impur en tant que zav. Mais d’un autre côté, il y a doute quant à savoir s’il a l’obligation d’apporter un sacrifice, car peut-être que l’un des deux écoulements s’est étendu partiellement sur la journée et sur la nuit, ce qui compte comme deux écoulements : il aurait donc souffert de trois écoulements, ce qui entraîne l’obligation d’apporter un sacrifice. C’est pourquoi, il apportera un sacrifice et celui-ci ne sera pas consommé.
