Lois relatives aux premiers-nés

Chapitre sept

Comment l’animal de la dîme est-il prélevé du troupeau ? Les animaux sont réunis dans un enclos muni d’une petite porte et ils passent sous la houlette du berger. Le dixième est marqué de peinture rouge. Comme il sera expliqué, il y a trois moments dans l’année fixés pour le prélèvement de la dîme des animaux.

  1. Si un homme a dix agneaux et en a séparé un sur dix arbitrairement à titre de dîme ou s’il a cent agneaux et en a pris dix au titre de dîme, ceux-là n’ont pas le statut de dîme. Comment procède-t-on pour prélever la dîme ? On réunit tous les agneaux ou tous les veaux dans un enclos auquel on fait une petite porte afin qu’ils ne puissent pas sortir par deux. On place les mères des agneaux à l’extérieur et elles poussent des cris, afin que les agneaux entendent leur voix et sortent de l’enclos à leur rencontre, car il est dit  : « tout ce qui passera sous le bâton » et on apprend de là qu’il faut qu’il passe de lui-même et non qu’on le fasse sortir à la main. Et lorsqu’ils sortent de l’enclos l’un après l’autre par la porte, on commence à les compter avec le bâton  : un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf ; et celui qui sort en dixième, que ce soit un mâle ou une femelle, qu’il soit sans défaut ou atteint d’un défaut, on le marque de peinture rouge  et l’on déclare : « celui-ci est maasser ». Si on n’a pas marqué le dixième de peinture rouge ou même si l’on n’a pas compté les animaux à l’aide d’un bâton  ou si on a compté les animaux alors qu’ils étaient couchés ou debout et non en train de sortir de l’enclos, l’animal compté comme dixième a tout de même le statut de dîme ; dès lors qu’on les a comptés par groupes de dix et qu’on a sanctifié le dixième, il a le statut de dîme.
  1. Il n’est pas nécessaire de réunir tous les animaux nés en sa possession dans un seul enclos, mais l’on peut réunir chaque troupeau séparément. Si un homme a cinq agneaux à Jérusalem et cinq à Acco, ils ne s’additionnent pas pour constituer un seul troupeau et tous sont dispensés de la dîme. Quelle est la distance maximale entre les agneaux pour qu’ils s’additionnent et constituent un seul troupeau? Seize milles .
  2. S’il y a trois troupeaux distants l’un de l’autre de seize milles , les trois s’additionnent. Comment cela ? S’il y a neuf animaux d’un côté, neuf de l’autre et un au milieu, les trois troupeaux entreront dans un enclos pour le prélèvement de la dîme.
  3. On ne prend pas des animaux du menu bétail pour la dîme du gros bétail, ni des animaux du gros bétail pour la dîme du menu bétail . Mais on peut prendre des moutons pour la dîme des chèvres ou des chèvres pour la dîme des moutons, car il est dit : « toute la dîme du gros bétail et du menu bétail », ce qui indique que tout le menu bétail – à savoir moutons et chèvres – est considéré comme une seule espèce au regard de la dîme. Tous deux – moutons et chèvres – sont en effet désignés par le terme «  » dans la Thora  et sont considérés à cet égard comme une seule espèce.
  4. On ne prend pas des animaux nés dans le courant de l’année pour la dîme de ceux qui sont nés une autre année , de même que, pour les produits de la terre, on ne prend pas des produits de la nouvelle récolte pour la dîme de l’ancienne, ni des produits de l’ancienne récolte pour la nouvelle, ainsi qu’il est dit : « ce qui est produit dans le champ d’année en année ». Il me semble toutefois  que si l’on a prélevé la dîme des animaux d’une année sur l’autre, l’animal désigné est tout de même considéré comme un animal de la dîme, en raison du caractère de gravité lié à la sainteté des animaux consacrés, la Thora n’ayant pas explicitement exigé que la dîme des animaux soit prélevée sur des animaux de la même année.
  1. Tous les animaux nés du premier tichri jusqu’au vingt-neuf elloul s’associent et l’on prélève la dîme des uns sur les autres. Mais cinq agneaux nés le vingt-neuf elloul et cinq le lendemain, le premier tichri, ne s’associent pas car le 1er tichri marque le début de la nouvelle annéeSi des femelles nées dans le courant de l’année ont elles-mêmes donné naissance à des petits au cours de cette année, la mère et son petit entrent ensemble dans l’enclos pour le prélèvement de la dîme.
  1. Les agneaux nouvellement nés et dont la dîme n’a pas été prélevée ne sont pas comme des produits tével dont il est interdit de manger tant que les prélèvements n’ont pas été effectués, ainsi que nous l’avons expliqué à l’endroit voulu . Au contraire, il est permis de vendre ou d’abattre tous les agneaux que l’on souhaite jusqu’au prélèvement de la dîme ; et lorsque la dîme sera prélevée, l’animal de la dîme sera sanctifié et devra être mangé conformément à la loi , comme nous l’avons expliqué .
  2. Les Sages ont fixé trois dates dans l’année pour le prélèvement de la dîme des animaux. Dès que l’une de ces dates arrive, il est interdit de vendre ou d’abattre un animal avant d’avoir prélevé la dîme. Et si on a transgressé et abattu un animal, il est tout de même autorisé à la consommationTelles sont les trois dates : le quinzième jour avant Pessa’h, le quinzième jour avant Chavouot, et le quinzième jour avant Souccot. Chacune de ces dates est appelée : « grange  pour la dîme des animaux ». Ainsi, les dates désignées comme « granges pour la dîme des animaux » sont le dernier jour du mois d’adar, le trente-cinquième jour du compte de l’omer , et le dernier jour du mois d’elloul . Et pourquoi les Sages ont-ils fixé la date des « granges » ces jours-là ? Afin que les animaux soient disponibles pour les pèlerins qui se rendent à Jérusalem à l’occasion des trois fêtes de pèlerinage . En effet, bien qu’il soit permis de vendre des animaux avant le prélèvement de la dîme, comme nous l’avons expliqué , les marchands de bétail s’abstenaient de vendre leurs animaux avant d’avoir prélevé la dîme et accompli ainsi la mitsva .
  1. Il a réuni tout le menu bétail ou le gros bétail nouvellement né dans l’enclos en vue d’en prélever la dîme ; il a commencé à les compter un à un au fur et à mesure qu’ils sortaient par la porte et à sanctifier chaque dixième animal sorti, jusqu’à ce qu’il soit resté moins de dix animaux dans l’enclos . En pareil cas, il laisse les animaux restants pour la prochaine « grange », c’est-à-dire la prochaine date de prélèvement prévue : ils s’associent à ceux qui vont naître par la suite et l’on prélèvera la dîme de tous lors d’une même « grange ». Et bien qu’il sache dès le départ, lorsqu’il introduit tous les animaux nouvellement nés dans l’enclos, qu’il y aura un nombre restant , il a l’obligation de faire entrer tous les animaux dans l’enclos, et ceux qui restent resteront.
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