Lois relatives aux célébrations de pèlerinage
Chapitre trois
Le Hakhel est le rassemblement de tout le peuple d’Israël, hommes, femmes et enfants, une fois tous les sept ans, à l’issue de la septième année, la chemita. Le rassemblement a lieu lors de la fête de Souccot, dans le Temple. Il a pour but de raffermir la foi d’Israël. On y entend des passages de la Thora lus par le roi de manière à revivre l’expérience du don de la Thora sur le mont Sinaï.
- C’est un commandement positif de rassembler tout le peuple juif, hommes, femmes et enfants, à l’issue de chaque septième année (chemita), lors du pèlerinage de la fête de Souccot, et de lire à leurs oreilles des passages de la Thora qui les encouragent à appliquer les commandements et qui les raffermissent dans la foi de vérité, ainsi qu’il est dit : « à la fin de sept années, au temps de l’année de chemita, lors de la fête de Souccot, quand tout Israël vient paraître devant D.ieu, etc. Rassemble le peuple entier, hommes, femmes et enfants et le converti qui est dans tes portes, etc. »
- Quiconque est dispensé de paraître au Temple, lors des fêtes de pèlerinage , est dispensé de la mitsva du rassemblement, à l’exception des femmes, des enfants et des incirconcis qui y sont tenus . Mais l’individu impur est dispensé de la mitsva du rassemblement, car il est dit : « quand tout Israël vient paraître devant D.ieu, à l’endroit qu’Il aura choisi » ; or, il n’est pas apte à venir au Temple . Il est évident que le toumtoum et l’androgyne sont tenus de participer au rassemblement, puisque les femmes y sont tenues .
- Quand procédait-on à cette lecture de la Thora? À l’issue du premier jour de fête de Souccot – donc au début des jours de ‘Hol Hamoed – de la huitième année. C’est le roi qui lit aux oreilles du peuple. La lecture a lieu dans le Temple, dans l’enceinte de la « cour des femmes » et il lit assis. S’il a lu debout, il est digne de louanges. À partir d’où commence-t-il sa lecture ? À partir du début du livre de Devarim (le Deutéronome) jusqu’à la fin du passage Chema . Il saute ensuite au passage Veaya im chamoa (« Ce sera si vous écoutez… »). Puis il saute au passage Asser Teasser (« Tu prélèveras la dîme ») et lit dans l’ordre depuis le début ce passage jusqu’à la fin des bénédictions et des malédictions , c’est-à-dire jusqu’au verset : « Voici les paroles de l’alliance… outre l’alliance qu’Il avait conclue avec eux au ‘Horev » et il s’arrête.
- Comment se déroule la lecture ? On sonne des trompettes, dans tout Jérusalem, pour rassembler le peuple. On apporte une grande estrade – celle-ci était en bois – que l’on installe au milieu de la cour des femmes, et le roi monte et prend place dessus, afin que tout le monde entende sa lecture. Tous les Juifs montés à Jérusalem pour la fête se rassemblent autour de lui. Le bedeau de la synagogue prend le rouleau de la Thora et le transmet à l’administrateur de la synagogue, qui à son tour le transmet à l’adjoint du grand-prêtre qui le transmet au grand-prêtre et le grand-prêtre au roi, afin de lui faire honneur avec le plus de personnes possible. Le roi reçoit le rouleau de la Thora Et s’il le souhaite, il peut ensuite s’asseoir. Il ouvre le rouleau et regarde à partir de quel verset il commence sa lecture, puis il récite la bénédiction qui précède la lecture comme toute personne qui lit la Thora à la synagogue. Il lit les sections précédemment citées jusqu’à ce qu’il termine, puis ferme le rouleau et récite la bénédiction qui fait suite à la lecture, comme l’on fait lors de la lecture de la Thora dans les synagogues. Il ajoute sept bénédictions qui sont : 1) « Agrée, Éternel notre D.ieu, Ton peuple Israël, etc. », 2) « Nous sommes reconnaissants envers Toi, etc. », 3) « Tu nous as choisis d’entre tous les peuples, etc. » jusqu’à « Qui sanctifie Israël et les temps », comme les bénédictions que l’on récite durant la prière ; ce sont là trois bénédictions qui ont un texte fixe . Dans la quatrième bénédiction, il prie pour le maintien du Temple et de la Présence divine qui l’habite et conclut par « Béni sois-Tu, Éternel, Qui demeure à Sion ». Dans la cinquième, il prie pour le peuple d’Israël afin que sa souveraineté soit maintenue et il conclut par « Qui choisit Israël ». Dans la sixième, il prie pour les cohanim, afin que leur service soit agréé par D.ieu, et il conclut par « Béni sois-Tu, Éternel, Qui sanctifie les cohanim ». Dans la septième, il supplie et prie comme il le peut, suivant son élocution ; et il conclut par « Sauve, ô D.ieu, Ton peuple Israël, car Ton peuple a besoin du salut. Béni sois-Tu, Éternel, Qui entend la prière ».
- La lecture de la Thoraet la récitation des bénédictions se font en langue sainte , ainsi qu’il est dit : « Tu liras cette Thora » c’est-à-dire dans ses termes, bien qu’il y ait des personnes qui parlent et comprennent uniquement d’autres langues .
- Les convertis qui ne comprennent pas la langue sainte sont tenus de concentrer leur cœur et de prêter l’oreille afin d’écouter avec frayeur et crainte, en se « réjouissant dans le tremblement » comme le jour où la Thora fut donnée au Sinaï. Même les sages éminents qui connaissent la Thora tout entière ont l’obligation d’écouter avec une concentration intense et redoublée. Quant à celui qui n’arrive pas à entendre , il concentrera son attention sur cette lecture, car l’Écriture ne l’a imposée qu’en vue de raffermir la foi de vérité. Il considèrera comme si, à cet instant, la Thora venait de lui être prescrite et qu’il l’entendait de la bouche du Tout-Puissant, car le roi est un délégué pour faire entendre les paroles de D.ieu.
- Lorsque le jour du rassemblement tombe un chabbat, on le diffère à l’issue du chabbat, en raison de la sonnerie des trompettes et des supplications qui ne repoussent pas les interdits du chabbat .
Fin des lois relatives aux célébrations de pèlerinage, avec l’aide de D.ieu.
