Lois relatives aux offrandes quotidiennes et supplémentaires

Chapitre six

Après avoir exposé l’ensemble des tâches qui font le quotidien des cohanim dans le Temple, ce chapitre s’intéresse à l’ordre de ces tâches. Autrement dit, dans quel ordre fait-on toutes les tâches du service quotidien ? On assiste ici à une présentation exacte de la journée des cohanim. Dans le cadre de cette journée, on étudie aussi la place du chant des lévites, qui accompagnait l’offrande du sacrifice quotidien.

  1. L’ordre des procédures quotidiennes dans le Temple est le suivant : à l’approche de l’aube, le préposé aux tirages au sort se présente et frappe à la porte de la chambre du feu qui ouvre sur le parvis. Les cohanim présents lui ouvrent la porte et ils inspectent tout le parvis pour vérifier que tous les éléments nécessaires sont à leur place. Ils réveillent ceux qui préparent les ‘havitine  afin qu’ils préparent les ‘havitine. Tous les cohanim présents dans la chambre du feu se sont déjà immergés au mikvé avant l’arrivée du préposé et ont revêtu les vêtements de prêtrise. Ils vont dans la loge de pierre taillée où ils se tiennent pour procéder au premier et au deuxième tirage au sort, et chacun gagne le mérite de la tâche qui lui est attribuée, comme nous l’avons expliqué . Celui qui a gagné le mérite d’enlever les cendres de l’autel extérieur commence le service du jour et il prélève des cendres de la manière précédemment décrite . Après quoi il dispose le grand bûcher, puis il dispose le second bûcher, et il monte ensuite les deux bûches de bois  qu’il pose sur le grand bûcher afin d’accroître le feu. Ensuite, les cohanim entrent dans la loge des ustensiles  et ils prennent tous les ustensiles sacerdotaux nécessaires pour la journée. Ils donnent de l’eau à boire à l’agneau destiné au sacrifice quotidien pour qu’il soit facile à dépouiller . Celui qui a gagné le mérite de faire l’abattage de l’agneau le tire à l’atelier des viandes , suivi par les cohanim ayant gagné le mérite de monter les membres du sacrifice sur la rampe de l’autel . Ils attendent là jusqu’à ce que l’on ouvre la « grande porte » du Heikhal. Au moment où on ouvre la porte, on fait l’abattage du sacrifice quotidien. Ensuite, deux cohanim entrent dans le Heikhal, l’un est celui qui a gagné le mérite de débarrasser les cendres de l’autel intérieur et le second celui qui a gagné le mérite de nettoyer le candélabre.
  1. Celui qui débarrasse les cendres de l’autel intérieur exécute cette tâche pendant qu’on abat le sacrifice quotidien, puis le cohen qui recueille le sang du sacrifice en fait aspersion sur l’autel extérieur .
  2. Après que le sang a été aspergé sur l’autel extérieur, celui qui est dans le Heikhal pour nettoyer le candélabre nettoie et allume les cinq lampes qui sont à droite . Puis le cohen qui a nettoyé l’autel intérieur et celui qui a nettoyé le candélabre sortent tous deux du HeikhalCeux qui sont dans l’atelier des viandes ôtent la peau de l’agneau du sacrifice et le dépècent. Puis, chacun des cohanim ayant gagné le mérite d’emmener l’un des membres du sacrifice sur la rampe de l’autel monte le membre qu’il a mérité. Les membres sont placés sur la moitié inférieure de la rampe, à l’ouest ; ceux du sacrifice supplémentaire (moussaf) sont placés sur la moitié inférieure de la rampe, à l’est . Et ceux du sacrifice de Roch ‘Hodech sont placés en haut de l’autel, entre une corne et l’autre, à l’endroit où marchent les cohanim, afin de faire savoir que c’est le jour de Roch ‘HodechÀ cet endroit, sur la rampe, ils versent du sel sur les membres. On peut aussi répandre du sel sur la rampe, même le chabbat, afin d’éviter que la rampe ne devienne glissante en raison de la graisse des viandes qui s’y trouve et que les cohanim ne tombent en portant le bois pour le bûcher. Bien que le sel fasse séparation entre les pieds des cohanim et la rampe , étant donné que le transport du bois sur l’autel n’est pas un acte du service, on ne se soucie pas de cette séparation .
  1. Après avoir monté les membres du sacrifice sur la rampe, les cohanim se rassemblent tous dans la loge de pierre taillée, et le préposé leur dit : « Récitez l’une des deux bénédictions précédant le Chema», et ils disent la bénédiction Ahavat Olam , les Dix Commandements , le premier paragraphe du Chema, le second paragraphe commençant par les mots Vehaya im chamoa et le troisième paragraphe commençant par Vayomer, puis ils récitent la bénédiction qui fait suite au Chema, introduite par les mots : Emet Veyatsiv, la bénédiction Retsé  et Sim Chalom . Le chabbat , ils ajoutent une bénédiction, qui est dite par les membres de la « garde » sortante  aux membres de la « garde » entrante  : « Celui qui a fait résider Son nom dans cette maison fera résider parmi vous l’amour, la fraternité, la paix et l’amitié ». Puis, ils procèdent au troisième tirage au sort pour déterminer qui brûlera l’encens et au quatrième pour déterminer qui montera les membres du sacrifice de la rampe en haut de l’autel : celui qui a gagné le mérite de brûler l’encens entre dans le Heikhal et brûle l’encens sur l’autel intérieur, puis le cohen qui a gagné le mérite de nettoyer le candélabre entre pour nettoyer et allumer les deux lampes restantes . Le cohen qui a brûlé l’encens sort ensuite avec celui qui a nettoyé le candélabre et se tient sur les marches du Oulam , avec ses frères cohanim qui se sont occupés jusqu’à présent du sacrifice quotidien .
  1. Lorsque les cohanim qui se dirigeant vers le Oulam arrivent dans l’espace entre le Oulam et l’autel, l’un prend la « pelle  » et la jette sur le sol entre le Oulam et l’autel. Elle faisait ainsi un bruit assourdissant. Cela servait à trois choses : un cohen qui entendait ce bruit savait alors que ses frères cohanim étaient sur le point d’entrer dans le Heikhal pour se prosterner  et il accourait pour se joindre à eux, le lévite qui entendait le bruit savait que ses frères lévites étaient sur le point d’entrer dans le parvis pour chanter au moment des libations et il accourait pour se joindre à eux, et le chef du maamad  de la semaine, lorsqu’il entendait ce bruit, réunissait les individus impurs à la porte de l’est  à cause de la suspicion , afin que tous sachent que la raison pour laquelle ils n’entraient pas est qu’ils n’avaient pas encore apporté leur expiation. Après le nettoyage des deux lampes, celui qui a gagné le mérite de monter les membres de la rampe sur l’autel effectue cette tâche. Puis, une fois que les membres ont été montés sur l’autel, les cohanim qui se tiennent sur les marches du Oulam commencent à réciter la bénédiction des cohanim, en une seule bénédiction  et en mentionnant le Nom explicite de D.ieu, c’est-à-dire le Nom Divin de quatre lettres, prononcé tel qu’il est écrit, comme nous l’avons expliqué à l’endroit voulu Ensuite, on monte sur l’autel l’offrande de fine fleur de farine qui fait partie des libations accompagnant le sacrifice et, après la fine fleur de farine, les ‘havitine du grand-prêtre sont brûlées sur l’autel . Après l’offrande des ‘havitine, on monte le vin pour les libations . Au moment des libations, les lévites entonnent un chant et les musiciens jouent des instruments de musique qui sont dans le Temple, à savoir luths, flûtes, harpes, trompettes et cymbales  et ils sonnent neuf sonneries de trompettes entre les différentes sections du chant.
  1. Lorsqu’ils donnaient le vin à celui qui le versait en libation sur le soubassement de l’autel, deux cohanim se tenaient sur la table des graisses située à côté de l’autel , avec deux trompettes dans leurs mains, et l’adjoint du grand prêtre se tenait sur la corne sud-ouest de l’autel, avec des drapeaux à la main. Les deux cohanim avec les trompettes sonnaient une tekia , une teroua et une tekia. Puis, ils venaient près du préposé aux cymbales , l’un à sa droite et l’autre à sa gauche.
  2. Le cohen qui versait les libations se penchait pour verser le vin enlibation, et à ce moment-là même , l’adjoint agitait les drapeaux pour faire signe aux lévites de commencer le chant : l’un  le préposé au chant – frappait des cymbales, les cohanim qui se tenaient à ses côtés sonnaient des trompettes et les lévites se mettaient à chanter. Quand ils arrivaient à la fin d’une section du chant, les deux cohanim sonnait une série de tekia-teroua-tekia et toute l’assemblée qui se trouvait dans le parvis se prosternait, et ainsi de suite pour la fin de chaque section. Les sonneries accompagnant le sacrifice quotidien étaient au total au nombre de neuf, comme nous l’avons expliqué .
  3. Les lévites ne chantent qu’au moment de l’offrande des holocaustes communautaires et sacrifices de paix communautaires prescrits par la Thora. En revanche, les holocaustes que la communauté apporte en offrandes volontaires avec l’argent qui reste du « prélèvement de la chambre du Trésor du Temple  », bien qu’ils proviennent des fonds communautaires, ne sont pas accompagnés d’un chant. Et de même, les libations apportées séparément  ne sont pas accompagnées d’un chant.
  1. Voici les chants que récitaient les lévites dans le Temple, lors des libations de vin accompagnant le sacrifice quotidien: le dimanche, ils récitaient le psaume 24 introduit par les mots : « À l’Éternel appartient la terre et ce qu’elle renferme. » Le lundi, ils récitaient le psaume 48 commençant par les mots : « Grand est l’Éternel et justement glorifié, dans la ville de notre D.ieu, Sa sainte montagne, etc. ». Le mardi, ils récitaient le psaume 82 commençant par les mots : « D.ieu se tient dans l’assemblée divine ; au milieu des juges, Il juge ». Le mercredi, ils récitaient le psaume 94 commençant par les mots : « D.ieu des vengeances, Éternel, D.ieu des vengeances, apparais ! » Le jeudi, ils récitaient le psaume 81 commençant par les mots : « Célébrez D.ieu, notre force, acclamez le D.ieu de Jacob. » Le vendredi, ils récitaient le psaume 93 commençant par les mots : « L’Éternel règne, Il est revêtu de majesté, l’Éternel se revêt, est ceint de puissance, etc. ». Le chabbat, ils récitaient le psaume 92 commençant par les mots : « Cantique pour le jour du chabbat ». Lors des offrandes supplémentaires (moussaf) du chabbat, ils récitaient le cantique de Haazinou, avant-dernière section de la Thora, qu’ils partageaient en six passages, commençant par les lettres suivantes : he, zaïne, youd, vav, lamed, khaf, tel qu’il est lu par six personnes lors de la lecture communautaire de la Thora le chabbat à la synagogue . Ils récitaient un passage chaque chabbat. Lorsqu’ils terminaient le chant au bout de six chabbat, ils recommençaient au début. Lors du sacrifice de l’après-midi le chabbat, ils disaient le cantique : « Alors Moïse chanta  » et « Qui est comme Toi, etc.  ». Lors du sacrifice supplémentaire (moussaf) de Roch Hachana, ils récitaient le psaume 81 commençant par les mots : « célébrez D.ieu, notre force ». Et lorsque Roch Hachana tombait un jeudi, jour durant lequel le psaume 81 est d’ores et déjà récité au moment de l’offrande du sacrifice quotidien, ils divisaient le psaume en deux parties : ils récitaient lors du sacrifice quotidien ce psaume jusqu’au verset 6 ; puis, lors du sacrifice supplémentaire, ils continuaient le psaume à partir du verset 7 : « J’ai déchargé son épaule du fardeau ». Lors du sacrifice de l’après-midi de Roch Hachana, ils récitaient le psaume 29 qui comprend le verset : « la voix de l’Éternel fait trembler le désert, etc. ».
  1. Lorsque Roch ‘Hodech tombe un chabbat, le chant de Roch ‘Hodech repousse le chant du chabbat , afin de faire savoir que c’est aujourd’hui Roch ‘Hodech.
  2. Le chabbat, on brûle sur l’autel l’oliban des deux coupelles qui accompagnent les pains de proposition avec – c’est-à-dire après – le sacrifice supplémentaire (moussaf), avant les libations de vin qui accompagnent ce sacrifice supplémentaire.
  3. L’après-midi, on suit la même procédure quotidienne que le matin, à l’exception de l’enlèvement des cendres de l’autel extérieur, de la disposition des bûchers et des tirages au sort, qui n’ont lieu quotidiennement que le matin , comme nous l’avons expliqué précédemment .
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