Lois relatives aux offrandes quotidiennes et supplémentaires
Chapitre trois
Le chapitre trois traite des autres tâches du service qui avaient lieu quotidiennement dans le Temple : l’offrande de l’encens sur l’autel intérieur (dans le Heikhal), l’allumage du candélabre (la ménora) et l’offrande de farine quotidienne du grand-prêtre, appelée ‘havitine. Comme le sacrifice tamid, ces actes de service avaient lieu également quotidiennement, matin et après-midi.
- C’est un commandement positif de brûler l’encens sur l’autel d’or situé dans le Heikhal, deux fois par jour, le matin et l’après-midi, ainsi qu’il est dit : « Aaron fera brûler dessus l’encens des parfums, etc. ». Si l’on n’a pas brûlé l’encens du matin, fût-ce délibérément, on brûlera tout de même celui de l’après-midi. On inaugure l’autel d’or avec l’encens de l’après-midi uniquement .
- Quelle quantité d’encens brûle-t-on quotidiennement ? Le poids de cent dinars: cinquante dinars le matin et cinquante dinars l’après-midi. Si l’autel a été enlevé de sa place, on brûle l’encens à son emplacement même si l’autel n’y est pas présent physiquement. Si de l’encens est projeté du haut de l’autel et tombe par terre, même s’il s’agit de morceaux entiers et importants, on ne les remet pas sur l’autel.
- Au moment où l’on brûle l’encens dans le Heikhal chaque jour, tout le monde s’écarte du Heikhal et de l’espace entre le Oulam et l’autel extérieur ; il n’y aura personne dans cet espace tant que celui qui a brûlé l’encens n’est pas sorti. De même, lorsque le cohen entre dans le Heikhal avec le sang des sacrifices expiatoires dont les aspersions sont effectuées à l’intérieur du Heikhal , tout le monde s’écarte du Heikhal et de l’espace entre le Oulam et l’autel jusqu’à ce qu’il sorte, ainsi qu’il est dit à propos du service effectué par le grand-prêtre le jour de Kippour : « aucun homme ne sera dans la Tente d’assignation quand il viendra faire expiation dans le Sanctuaire, etc. » ; on apprend par induction qu’il en est de même pour toute expiation qui a lieu dans le Sanctuaire, à savoir l’aspersion du sang des expiatoires intérieurs et l’offrande de l’encens, c’est-à-dire que personne ne doit être présent à ce moment jusqu’à ce que le cohen sorte.
- Comment se déroule la procédure du brûlement de l’encens chaque jour ? Le cohen qui a gagné par tirage au sort le mérite de nettoyer les cendres de l’autel intérieur entre dans le Heikhal avec un récipient sacerdotal, appelé téni , qui est en or et qui a une contenance de deux kav et demi. Il pose le téni sur le sol devant lui, puis il ramasse dans ses mains la cendre et les charbons sur l’autel, et les dépose dans le téni. À la fin, une fois qu’il a ramassé ce qu’il pouvait à la main, il balaie, à l’aide d’une brosse, le reste de la cendre de l’autel pour la déposer dans le téni, puis il pose le téni avec la cendre à cet endroit dans le Heikhal et sort. Celui qui a gagné par le tirage au sort le mérite de brûler l’encens prend un récipient rempli d’encens jusque par-dessus les bords ; celui-ci avait un couvercle et était appelé bézekh . Il met le bézekh dans un autre récipient, appelé « louche », pour éviter que l’encens ne s’éparpille si elle tombe du bézekh, puis il recouvre la louche contenant la bézekh avec un petit tissu. Il tient la louche dans sa main et entre dans le Heikhal avec la louche contenant le bézekh avec l’encens. Un autre cohen entre avec lui, portant à la main une pelle de braises incandescentes qu’il a ramassées sur l’autel extérieur.
- Comment prend-il les braises incandescentes sur l’autel? Celui qui a gagné le mérite d’apporter la pelle de braises incandescentes prend une pelle en argent et monte en haut de l’autel extérieur. Il dégage les braises de part et d’autre et prend des braises parmi celles qui ont été consumées dans le second bûcher , puis il descend de l’autel et les verse dans une pelle en or. Si une quantité inférieure ou égale à un kav de braises a été éparpillée , il les balaie dans le canal d’écoulement traversant le parvis, pour éviter que les cohanim ne se brûlent. Et le chabbat où, en balayant, il transgresserait l’interdit d’éteindre, il recouvre les braises avec le grand pot appelé pessakhter. Si plus d’un kav a été éparpillé, il prend de nouveau des braises de l’autel .
- Le pessakhter servait à trois choses dans le Temple: à recouvrir les braises éparpillées le chabbat, à recouvrir la carcasse d’un chérets trouvé mort dans le Temple un jour de chabbat et à descendre les cendres de l’autel.
- Il a été dit précédemment qu’un cohen entre dans le Heikhal avec l’encens à la main et qu’un autre entre avec lui avec une pelle de braises incandescentes. Celui qui a nettoyé les cendres de l’autel intérieur les précède et, ayant laissé auparavant dans le Heikhal le téni avec les cendres, il prend le téni dans lequel se trouvent les cendres de l’autel, se prosterne, et sort du Heikhal. Celui qui a dans sa main la pelle entasse les braises sur l’autel intérieur. Il les étale avec le dos de la pelle, puis il se prosterne et sort. Celui qui tient dans sa main la louche, où se trouve le bézekh avec l’encens, prend le bézekh se trouvant dans la louche et la donne à un ami ou parent l’accompagnant à cet effet dans le Heikhal et il regarde si un peu d’encens s’est éparpillé dans la louche en tombant du bézekh. Si c’est le cas, son ami ou parent lui verse dans les mains l’encens qui s’est éparpillé ensemble avec l’encens du bézekh afin qu’il puisse verser de ses mains tout l’encens sur les braises. Puis, cet ami ou parent se prosterne et sort.
- On dit à celui qui brûle l’encens et qui n’avait jamais auparavant effectué ce service : « Fais attention à ne pas commencer à verser l’encens tout près devant toi pour ne pas te brûler ». Il commence et jette délicatement l’encens sur le feu comme quelqu’un qui tamise de la fine fleur de farine jusqu’à que l’encens soit étalé sur tout le feu.
- Celui qui brûle l’encens ne commence pas à le faire tant que le préposé ne lui a pas dit : « Brûle l’encens». Si c’est le grand prêtre qui brûle l’encens, le préposé lui dit : « Mon maître, grand-prêtre, brûlez l’encens ». Après l’appel du préposé, tous les cohanim présents s’écartent du Heikhal et de l’espace entre le Oulam et l’autel et le cohen désigné brûle l’encens, se prosterne, et sort du Heikhal.
- Nettoyer et allumer les lampes du candélabre chaque jour le matin et l’après-midi constitue un commandement positif, ainsi qu’il est dit : « Aaron et ses fils les disposeront ». L’allumage des lampes du candélabre repousse les interdits du chabbat et l’impureté, autrement dit, on allume le candélabre même le chabbat et même en cas d’impureté des cohanim ou des ustensiles sacerdotaux, comme les offrandes qui ont un temps fixe , ainsi qu’il est dit : « pour faire monter une lumière perpétuellement ».
- Quelle quantité d’huile met-on pour chaque lampe ? Un demi-log d’huile, ainsi qu’il est dit : « du soir au matin », ce qui indique qu’il faut mettre la quantité suffisante pour qu’elle brûle du soir au matin. C’est avec l’allumage de ses sept lampes l’après-midi qu’on inaugure le candélabre .
- En quoi consiste le nettoyage des lampes du candélabre ? Toute lampe qui s’est éteinte est débarrassée de sa mèche et de toute l’huile qu’elle contient, puis on la nettoie et on met une autre mèche et de l’huile selon la mesure prescrite, à savoir un demi-log. L’huile et les mèches enlevées sont jetées à l’endroit des cendres près de l’autel extérieur, avec les cendres que l’on a enlevées des autels intérieur et extérieur ; et on rallume chaque lampe qui s’est éteinte. L’allumage des lampes, c’est la hatava dont on a parlé plus haut . Quand on trouve une lampe qui ne s’est pas éteinte, on l’arrange et on ajoute de l’huile pour qu’elle continue à brûler .
- Lorsque la lampe « ouest » est éteinte, c’est-à-dire la lampe du milieu orientée vers le Saint des Saints qui est à l’ouest , on la rallume, après l’avoir nettoyée, uniquement à partir du feu provenant de l’autel extérieur. En revanche, toute autre lampe éteinte peut être rallumée à partir de la lampe voisine.
- Comment allume-t-on une lampe à partir d’une autre? On tire la mèche de la lampe éteinte vers celle qui est allumée à côté de manière à la rallumer et on la remet en place. Il faut tirer la mèche car les lampes qui contiennent mèche et huile sont fixées au candélabre et ne peuvent donc être déplacées et on ne peut pas non plus allumer au moyen d’une autre lampe, utiliser une bougie ou autre chose pour passer le feu d’une lampe à l’autre, car il serait méprisant pour les lumières du candélabre d’allumer à partir d’elles une bougie profane.
- Toutes les mèches qu’il est interdit d’utiliser pour l’allumage des lumières du chabbat , parce que le feu ne prend pas correctement, ne doivent pas non plus être utilisées pour l’allumage du candélabre dans le Temple, ainsi qu’il est dit : « pour faire monter la lumière perpétuellement » ; il faut que la flamme monte d’elle-même et non qu’elle nécessite, à maintes reprises, inclinaisons et ajustements.
- Le cohen ne procédait pas au nettoyage et à l’allumage de toutes les lampes en une seule fois. Il nettoyait et allumait cinq lampes et faisait une interruption pour effectuer une autre tâche , après quoi il entrait de nouveau dans le Heikhal et nettoyait et allumait les deux dernières. Cela, en vue de susciter l’agitation dans tout le parvis .
- Toute lampe qui s’est éteinte est rallumée à partir d’une autre de ces lampes, comme nous l’avons expliqué . Quelle est procédure du nettoyage et de l’allumage des lampes? Celui qui a gagné par tirage au sort le mérite de nettoyer le candélabre entre dans le Heikhal en tenant à la main un récipient du nom de kouz, qui est un récipient en or ressemblant à une grande cruche. Il y dépose les mèches qui se sont éteintes et l’huile qui reste dans la lampe. Il nettoie et allume cinq lampes. Il dépose le kouz à cet endroit devant le candélabre sur la deuxième des trois marches disposées devant le candélabre et il sort du Heikhal. Ensuite , il entre de nouveau et nettoie et allume les deux lampes restantes, après quoi il prend le kouz à la main, se prosterne et sort du Heikhal.
- L’offrande quotidienne des ‘havitine du grand prêtre , la moitié le matin avec le sacrifice quotidien du matin et l’autre moitié l’après-midi avec le sacrifice quotidien de l’après-midi, est un commandement positif. Le pétrissage et la cuisson des ‘havitine repoussent les interdits du chabbat et l’impureté comme toute offrande qui a un temps fixe . En effet, il est dit à propos des ‘havitine : « toufiné » ce qui implique qu’il faut qu’elle soit belle (naa) et non cuite la veille . De plus, si elle avait été cuite la veille, elle serait disqualifiée en passant la nuit, car la poêle dans laquelle on la fait frire fait partie des récipients sacerdotaux , comme nous l’avons expliqué .
- La mouture de la fine fleur de farine pour les ‘havitine et le tamisage de celle-ci se font à l’extérieur du parvis et ne repoussent pas le chabbat, c’est-à-dire qu’on ne peut pas moudre et tamiser la farine pendant chabbat car il est possible de le faire la veille.
- Si un grand-prêtre qui a offert la moitié de ses ‘havitine le matin décède, devient impur ou présente un défaut physique et qu’un autre grand-prêtre est nommé à sa place, ce dernier n’apportera ni une quantité d’un demi-issarone de fine fleur de farine de chez lui pour les ‘havitine de l’après-midi, ni le demi-issarone restant des ‘havitine du premier. Mais il apportera un issarone entier et le partagera en deux : il en offrira la moitié et l’autre moitié sera détruite.
- Dans une telle situation, il y a donc deux moitiés d’issarone offertes et deux moitiés d’issarone détruites : ces deux dernières, on les laisse jusqu’à ce qu’elles changent d’apparence et elles sont emmenées à l’endroit où l’on brûle les offrandes disqualifiées. Il en est de même si la moitié de l’après-midi est perdue ou devient impure . Où les brûle-t-on ? Dans le parvis.
- Si le grand-prêtre est décédé le matin, après avoir offert sa moitié d’issarone, et que l’on n’a pas nommé un autre grand-prêtre, les héritiers du grand-prêtre décédé apportent un issarone entier (comme expiation pour lui ), ils en font des ‘havitine et offrent cet issarone entier et non la moitié. Si le grand prêtre est décédé le matin avant d’offrir sa moitié d’issarone et que l’on n’a pas nommé un autre grand-prêtre, on offre cet issarone entier le matin et un issarone entier l’après-midi. On ne double pas la quantité d’huile et d’oliban, bien que la quantité de fine fleur de farine ait doublé ; on met de côté, pour ces deux issarone entiers, trois logs d’huile et une poignée d’oliban : un log et demi d’huile et une demi-poignée d’oliban pour l’issarone du matin, et un log et demi d’huile et une demi-poignée d’oliban pour l’issarone de l’après-midi.
