Lois relatives aux offrandes quotidiennes et supplémentaires

Chapitre deux

Le présent chapitre s’intéresse à d’autres mitsvot liées au sacrifice quotidien : l’entretien d’un feu perpétuel sur l’autel et l’enlèvement des cendres. Plusieurs bûchers sont placés sur l’autel des sacrifices, le plus important étant celui qui sert précisément aux sacrifices. On étudie l’emplacement de chacun de ces bûchers et leur fonction. La Thora prescrit aussi d’enlever chaque jour les cendres de l’autel. Cette mitsva porte le nom de teroumat hadechen, l’enlèvement (ou prélèvement) des cendres. C’est la première mitsva effectuée quotidiennement dans le Temple.

  1. C’est un commandement positif de la Thora qu’un feu brûle perpétuellement sur l’autel, ainsi qu’il est dit : « un feu perpétuel brûlera sur l’autel » ; bien que le feu descendît du Ciel sur l’autel , c’est une mitsva d’apporter en plus un feu qui provient d’une source ordinaire, c’est-à-dire un feu allumé par l’homme, ainsi qu’il est dit  : « les fils d’Aaron le prêtre mettront du feu sur l’autel ».
  2. Le matin, les cohanim disposent le bois sur l’autel et font un grand feu, ainsi qu’il est dit : « le prêtre allumera dessus du bois chaque matin ». Et de même, c’est une mitsva de monter sur l’autel deux bûches de bois avec le sacrifice quotidien du matin, en plus du bois du bûcher, comme il est dit : « le prêtre fera brûler du bois (au pluriel dans le verset) dessus le matin » ce qui indique qu’il doit allumer des bûches de bois supplémentairesDe même, on ajoute deux bûches de bois avec le sacrifice quotidien de l’après-midi, comme il est dit  : « et ils disposeront du bois (au pluriel dans le verset) sur ce feu ». La tradition orale enseigne qu’il est question dans ce verset de la cérémonie relative au sacrifice quotidien de l’après-midi.
  1. Les deux bûches qui accompagnent le sacrifice de l’après-midi sont montées sur l’autel par deux cohanim, chacun ayant une bûche à la main, comme il est dit : « et ils disposeront » au pluriel, il y a donc deux personnes. En revanche, les bûches accompagnant le sacrifice du matin sont montées par un seul cohen .
  2. On fait chaque jour trois bûchers au sommet de l’autel : le premier est un grand bûcher sur lequel on offre le sacrifice quotidien ainsi que les autres sacrifices ; le second, disposéà côté du premier, est un petit bûcher duquel on prend le feu – c’est-à-dire les braises – avec une pelle pour brûler l’encens sur l’autel intérieur chaque jour ; le troisième bûcher, on ne met rien dessus, mais il est destiné à l’accomplissement du commandement de maintenir un feu en permanence sur l’autel, ainsi qu’il est dit  : « un feu brûlera perpétuellement ».
  3. La tradition orale enseigne que l’expression du verset : « l’holocauste sur le brasier de l’autel » fait référence au grand bûcher ; l’expression  : « le feu de l’autel devra brûler dessus » fait référence au second bûcher dont on prélève les braises pour l’encens ; et l’expression  : « et le feu qui est sur l’autel y brûlera, il ne sera pas éteint » fait référence au troisième bûcher destiné à l’accomplissement de la mitsva de maintenir un feu en permanence sur l’autel. Quant aux membres et graisses n’ayant pas été complètement consumés la nuit précédente, ils sont placés sur les côtés du grand bûcher et brûlés à cet endroit.
  4. Celui qui éteint le feu de l’autel est passible de la flagellation, comme il est dit : « il ne sera pas éteint » ; cela s’applique même s’il éteint une seule braise, et même s’il descend une braise de l’autel et l’éteint en bas, il est passible de la flagellation. En revanche, s’il a éteint le feu de la pelle ou le feu du candélabre , recueilli sur l’autel à cet effet, même s’il l’a éteint en haut de l’autel, il est exempt de sanction. En effet, une fois que ce feu a été enlevé du bûcher pour une autre mitsva, il n’est plus désigné comme « feu de l’autel ».
  1. Lorsque le cohen dispose le bois du grand bûcher, il le dispose du côté est du haut de l’autel, et il faut qu’il y ait un signe indiquant qu’il a commencé à disposer le bois en partant de l’est. Il y avait un espace entre les bûches de bois du bûcher . Les extrémités intérieures des bûches  touchaient le tas de cendres au milieu de l’autel, appelé  « pomme  ».
  1. Après avoir disposé le grand bûcher, le cohen revient et choisit dans l’entrepôt de bois du beau bois de figuier et il dispose le second bûcher dont les braises sont utilisées pour brûler l’encens. Ce bûcher se trouve au coin sud-ouest, éloigné de quatre coudées du coin vers le nord, et il comprend une quantité de bois dont la combustion produit à peu près cinq séa de braises. Le chabbat, on y dépose une quantité de bois suffisante pour produire à peu près huit séa de braises, car chaque chabbat, on brûle sur ce bûcher l’oliban des deux coupelles qui accompagnent les pains de proposition .
  2. Le troisième bûcher, destiné à l’accomplissement du commandement de maintenir un feu permanent sur l’autel, peut être disposé sur l’autel à l’endroit où l’on souhaite, et on y allume le feu On ne doit pas allumer le feu en bas sur le sol du parvis et le monter ensuite sur l’autel, mais on doit l’allumer sur l’autel même, ainsi qu’il est dit  : « le feu, sur l’autel, y brûlera », cela enseigne que l’allumage doit avoir lieu uniquement en haut de l’autel.
  1. L’enlèvement quotidien de la cendre de l’autel est un commandement positif de la Thora, ainsi qu’il est dit  : « il enlèvera la cendre » ; c’est l’une des fonctions propres à la prêtrise, c’est-à-dire aux cohanimLes vêtements sacerdotaux que le cohen porte lorsqu’il enlève la cendre doivent être de moindre valeur que ceux qu’il porte pour les autres tâches, ainsi qu’il est dit  : « il enlèvera ses vêtements, revêtira d’autres vêtements et enlèvera la cendre  ». Le verset ne parle pas « d’autres » vêtements pour dire qu’il s’agit de vêtements profanes, mais pour dire qu’il s’agit de vêtements sacerdotaux de moindre valeur que les premiers. Car il ne sied pas de servir un verre à son maître en portant les mêmes vêtements que pour cuire son plat .
  1. Quand enlève-t-on la cendre chaque jour ? À l’approche de l’aube. Et durant les fêtes de pèlerinage, au début du second tiers de la nuit . Et le jour de Kippour, on commençait plus tôt encore, à partir de la mi-nuit .
  2. Comment enlève-t-on la cendre de l’autel? Celui parmi les cohanim qui a gagné, par le tirage au sort, le mérite d’enlever la cendre, s’immerge au mikvé et revêt les vêtements réservés pour cette tâche  et il se lave les mains et les pieds au moyen du kïor. On lui dit : « Fais attention de crainte que tu ne touches la pelle, qui est un ustensile sacerdotal, avant de te sanctifier les mains et les pieds ». Après s’être lavé les mains et les pieds, il prend la pelle ; elle était en argent et était posée dans le coin entre la rampe et l’autel, à l’ouest de la rampe. Il la prend, monte en haut de l’autel et dégage les charbons  de part et d’autre. Il remplit la pelle de charbons parfaitement consumées et quasiment devenus de la cendre, qui se trouvent au cœur du feu . Il descend au sol du parvis en portant la pelle, se tourne vers le nord et marche sur le sol, à l’est de la rampe, à peu près dix coudées vers le nord. Il entasse sur le sol du parvis les braises qu’il a prises, à trois tefa’him de la rampe, là où l’on dépose le jabot des oiseaux offerts en holocauste  ainsi que les cendres de l’autel intérieur et du candélabre. Remplir la pelle de cendre et la descendre au sol à côté de l’autel est le commandement quotidien de l’enlèvement des cendres.
  3. Après que celui qui a enlevé la cendre est descendu, ses frères cohanim courent et se sanctifient les mains et les pieds avec empressement. Ils prennent pelles et broches et montent sur l’autel. Tous les membres des holocaustes et les parties sacrificielles des sacrifices qui n’ont pas été parfaitement consumés durant la nuit, ils les mettent sur les côtés de l’autel ; s’il n’y a pas la place sur les côtés, ils les disposent sur la rampe au niveau du pourtour (Sovev). Puis, ils ratissent la cendre avec les pelles de tous les côtés de l’autel et en font un tas sur la « pomme » au milieu de l’autel. Ils débarrassent la cendre de ce tas avec un pot (pessakhter ) qui est un grand récipient pouvant contenir une quantité égale à un létékh , et ils le descendent . Durant les fêtes de pèlerinage, on ne descendait pas le tas de cendre, mais on le laissait en hauteur au milieu de l’autel, car c’était un ornement pour l’autel puisque cela montrait que les sacrifices n’y cessaient pas un instant.
  4. Quiconque le souhaite, d’entre les cohanim, peut remplir un récipient des cendres descendues en bas de l’autel et les emmener hors de la ville de Jérusalem, à l’endroit où sont déversées les cendres. Sortir les cendres de la ville n’exige pas de tirage au sort pour déterminer qui méritera de le faire ; plutôt, quiconque le souhaite peut le faire. Jamais un cohen ne s’est montré paresseux pour sortir les cendres.
  5. Bien que le fait d’emmener les cendres hors de Jérusalem ne soit pas un acte du service, les cohanim atteints de défauts physiques ne le font pas. Lorsqu’on sort les cendres de la ville, on les dépose à un endroit où le vent ne soufflera pas dessus fortement et où elles ne seront pas emportées par un cours d’eau . On ne doit pas les y éparpiller, ainsi qu’il est dit  : « et il la posera » ; il faut poser la cendre délicatement. Et il est interdit d’en tirer profit.
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