Lois relatives au rituel des offrandes
Chapitre seize
Toujours dans le thème des offrandes qu’une personne voue de son propre gré (néder ou nedava), on s’intéresse désormais aux modalités relatives à l’accomplissement de l’obligation à laquelle on s’est soi-même engagé.
- Celui qui a fait vœu d’apporter un « grand » animal en sacrifice et apporte un « petit » n’est pas quitte. S’il a fait vœu d’apporter un « petit » et apporte un « grand », il est quitte. Comment cela ? S’il a dit : « Je m’engage à apporter en holocauste – ou en sacrifice de paix – un agneau » et qu’il a apporté un bélier ou s’il a fait vœu d’un veau et a apporté un bœuf, ou s’il a fait vœu d’un chevreau et a apporté un bouc, il est quitte.
- S’il a fait vœu d’apporterun holocauste parmi les agneaux ou les béliers , et qu’il apporte un palgas , il y a doute s’il est quitte de son vœu ou non. De même, celui qui a fait vœu d’apporter en holocauste un oiseau, parmi les tourterelles ou parmi les pigeons , et apporte pour l’une et l’autre des espèces des oiseaux dont le plumage autour du cou commence à jaunir , ce qui est le signe d’un âge trop avancé pour les pigeons et trop jeune pour les tourterelles, il y a doute s’il est quitte de son vœu. S’il a fait vœu d’apporter un animal noir et a apporté un animal blanc ou s’il a fait vœu d’apporter un animal blanc et a apporté un animal noir, ou s’il a fait vœu d’apporter un mâle et a apporté une femelle, ou s’il a fait vœu d’apporté une femelle et a apporté un mâle, il n’est pas quitte.
- Si quelqu’un a fait le vœu d’apporter un animal d’une certaine espèce en sacrifice, mais sans préciser la catégorie, jeune ou adulte, il apportera son sacrifice parmi les animaux adultes de l’espèce dont il a fait vœu. Si à cet endroit les gens ont l’habitude d’identifier à une certaine espèce le type de sacrifice auquel il a fait référence sans autre précision, il apportera l’espèce en question conformément à ce que font les habitants de cet endroit. Comment cela ? S’il a fait vœu d’apporter un holocauste du gros bétail, il apportera un bœuf . Aurait-il dit : « Je prends sur moi d’apporter un holocauste » sans indiquer l’espèce, si les habitants de l’endroit ont l’habitude de désigner par le terme « holocauste » sans précision même un oiseau offert en holocauste et qu’ils n’ont pas l’habitude d’utiliser ce terme pour une espèce précise , il peut apporter en holocauste même un seul oiseau , tourterelle ou jeune pigeon. Et s’ils ont l’habitude d’identifier le terme « holocauste » sans autre précision à un holocauste du gros bétail uniquement, il apportera un bœuf . Il en va de même pour tout cas semblable.
- Celui qui fait vœu d’apporter un bœuf, un bélier, un agneau ou un veau ou tout autre animal semblable n’apportera pas un animal maigre de cette espèce pour éviter des dépenses grâce à sa valeur minime. Il n’a toutefois pas non plus l’obligation d’apporter l’animal le plus beau et le plus gras qui n’a pas son pareil. Mais il apportera un animal moyen. S’il a apporté un animal maigre, il est tout de même quitte de son vœu.
- Celui qui dit : « Je prends sur moi d’offrir un bœuf d’une valeur d’un mané » doit apporter un bœuf qui vaut un mané à l’endroit où il se trouve, les libations n’étant pas incluses dans le prix. S’il a apporté deux bœufs pour un mané, il n’est pas quitte.
- S’il a dit : « ce bœuf est désigné en holocauste » et que le bœuf a ensuite présenté un défaut, il peut s’il le souhaite apporter deux bœufs en sacrifice avec l’argent de la vente du bœuf en question. Même s’il apporte un bélier avec le produit de la vente du bœuf, il aura rempli son devoir . S’il a dit : « ces deux bœufs sont désignés en holocaustes » et qu’ils ont ensuite présenté un défaut, il peut s’il le souhaite utiliser l’argent de leur vente pour en apporter un seul. S’il a dit concernant son bélier : « ce bélier est désigné en holocauste » et que celui-ci a ensuite présenté un défaut, il peut, s’il le souhaite, apporter un agneau avec l’argent de la vente. De même, s’il a fait vœu d’un agneau et qu’il est devenu disqualifié, il peut à son gré apporter un bélier avec l’argent de la vente.
- S’il a dit : « Je prends sur moi d’offrir un holocauste » et qu’il a désigné un bœuf pour accomplir son vœu, mais que celui-ci a été volé, il ne sera pas tenu de désigner nécessairement un autre bœuf etpourra se rendre quitte avec un agneau. S’il a dit : « Ce bœuf et sa valeur monétaire m’incombent comme holocauste », son obligation est déterminée et il devra nécessairement apporter un bœuf ; ainsi, si celui-ci devient disqualifié, il ne pourra apporter avec l’argent de sa vente qu’un autre bœuf.
- Si quelqu’un a dit : « l’un de mes agneaux est consacré » ou « l’un de mes bœufs est consacré » alors qu’il en a deux en sa possession, le plus grand d’entre eux est consacré. S’il en a trois, le plus grand d’entre eux est consacré, mais on se soucie de l’éventualité que son intention ne portât sur le bœuf intermédiaire et que par conséquent celui-ci soit consacré. Comment procèdera-t-il en pareil cas pour ne pas avoir à offrir les deux ? Il attendra que le bœuf intermédiaire présente un défaut et alors la sainteté sera appliquée uniquement au plus grand. Mais s’il a dit : « un bœuf d’entre mes bœufs est consacré », le plus grand d’entre eux est consacré et on ne se soucie pas du bœuf intermédiaire .
- S’il a spécifié l’un d’entre eux pour son vœu, mais a oublié lequel, ou si son père lui a dit avant de mourir: « l’un d’eux est consacré », il consacrera le plus grand d’entre eux et accomplira son obligation. De même, s’il a fait vœu d’un holocauste parmi les bovins en spécifiant le type de bovin pour son vœu et qu’il oublie ce qu’il a spécifié, à savoir bœuf ou veau, il apportera un bœuf. De même, s’il a spécifié pour son holocauste le type d’animal parmi les moutons et qu’il oublie ce qu’il a spécifié, à savoir bélier ou agneau, il apportera un bélier. S’il a spécifié pour son holocauste le type d’animal parmi l’espèce des chèvres et qu’il oublie ce qu’il a spécifié, à savoir chevreau ou bouc, il apportera un bouc. S’il oublie l’espèce animale qu’il a spécifiée pour son holocauste, il apportera un bœuf, un bélier et un bouc . Et s’il a le doute d’avoir peut-être désigné son holocauste parmi les oiseaux, il ajoutera une tourterelle et un jeune pigeon.
- S’il a fait vœu d’un sacrifice de reconnaissance ou d’un sacrifice de paix et a spécifié pour son vœu un certain type d’animal parmi les bovins, mais qu’il oublie le type d’animal qu’il a spécifié , il apportera un taureau et une vache . De même, s’il a ce doute parmi les moutons, il apportera un bélier et une brebis. S’il a ce doute parmi l’espèce des chèvres, il apportera un bouc et une chèvre. S’il oublie quelle espèce il a spécifié pour son vœu de sacrifice de paix ou de reconnaissance, il apportera un taureau et une vache, un bélier et une brebis, un bouc et une chèvre. Celui qui déclare : « Je prends sur moi d’apporter un oiseau en holocauste », sans préciser l’espèce, apportera une tourterelle ou un jeune pigeon, à son gré. S’il a spécifié son vœu mais qu’il oublie l’espèce spécifiée, il apportera les deux, à savoir une tourterelle et un jeune pigeon.
- Celui qui déclare : « Je prends sur moi d’apporter quelque chose pour l’autel », ce qui indique que la chose apportée sera offerte entièrement sur l’autel, apportera une poignée d’oliban, car seul l’oliban est offert entièrement, tel quel, sur l’autel . S’il a spécifié son vœu mais qu’il oublie ce qu’il a spécifié, il apportera chaque chose qui est entièrement offerte sur l’autel. C’est pourquoi, il apportera un animal en holocauste, un oiseau en holocauste, une « oblation d’accompagnement » (min’hat nessakhim), de l’oliban et du vin séparément en plus du vin apporté pour les libations qui accompagnent son sacrifice.
- S’il a dit : « Je prends sur moi d’apporter une offrande d’une valeur d’un séla pour l’autel », il apportera un agneau de cette valeur, car il n’y a rien d’une valeur d’un séla qu’on offre habituellement sur l’autel, si ce n’est un agneau. S’il a spécifié son intention et a indiqué une certaine offrande au moment de la formulation de son vœu mais qu’il oublie ce qu’il a spécifié, il apportera la valeur d’un séla de chaque chose que l’on peut offrir sur l’autel .
- Celui qui déclare : « Je prends sur moi d’offrir de l’oliban » ne doit pas donner moins qu’une poignée. S’il dit : « Je prends sur moi d’offrir du bois », il ne doit pas offrir moins que deux bûches, d’une épaisseur semblable à celle des racloires . S’il dit : « Je prends sur moi d’offrir du bois au singulier, en hébreu ets au lieu de etsim, il doit apporter une bûche d’une coudée de long. Et s’il désire apporter de l’argent correspondant à la valeur du bois plutôt que du bois, il peut le faire.
- Quand une personne fait un vœu ou une offrande volontaire d’huile pour l’autel, comment procède-t-on ? On en prend de cette huile une quantité qui correspond à une poignée, on verse dessus du sel et on la lance sur le feu de l’autel ; et le reste est consommé par les cohanim, comme les restes des oblations. Comment procède-on pour le vin offert tout seul et non comme partie intégrante des libations d’un sacrifice ? On met dessus du sel et on verse la totalité en libation sur le soubassement de l’autel dans les trous appelés chitine , comme on le fait pour toutes les libations. Quant à l’oliban offert séparément et non comme partie intégrante d’une oblation, on verse dessus du sel et il est entièrement brûlé.
- Celui qui a fait vœu d’une offrande ne doit pas s’en acquitter avec de l’argent de la seconde dîme , puisqu’il est redevable de cette offrande en vertu de son vœu. Or, toute personne redevable d’un sacrifice doit apporter son sacrifice uniquement des biens non consacrés .
- S’il a dit : « Je prends sur moi d’apporter un sacrifice de reconnaissance provenant des biens non consacrés et le pain qui l’accompagne provenant de l’argent de la secondedîme », il devra apporter du pain provenant des biens non consacrés et non du pain acheté avec l’argent de la seconde dîme. En effet, il a fait vœu d’un sacrifice de reconnaissance ; or, un sacrifice de reconnaissance doit impérativement être accompagné de pain (provenant des biens non consacrés ). En d’autres termes, dès lors qu’il fait vœu d’un sacrifice de reconnaissance, il a automatiquement l’obligation d’apporter le pain qui l’accompagne : à ce titre, le pain, comme le sacrifice, ne devra pas être acheté avec l’argent de la seconde dîme.
- S’il a spécifié : « Je prends sur moi d’apporter un sacrifice de reconnaissance que j’achèterai avec l’argent de la seconde dîme mais le pain qui l’accompagne proviendra des biens non consacrés », il peut apporter le sacrifice de reconnaissance en utilisant l’argent de la seconde dîme et le pain avec de l’argent non consacré, conformément au vœu qu’il a formulé. Et s’il a apporté le tout, y compris le sacrifice, en l’utilisantde l’argent non consacré, il est quitte. De même, s’il a spécifié : « Je prends sur moi d’offrir un sacrifice de reconnaissance, celui-ci et le pain qui l’accompagnent proviendront de la seconde dîme », il apporte ce dont il a fait vœu. Toutefois, il ne doit pas apporter du pain fait à base de blé de la seconde dîme, mais uniquement du pain acheté avec l’argent de la seconde dîme, parce qu’il faut que le pain soit comme l’animal, qui est acheté avec de l’argent de la seconde dîme. Et bien qu’il ait spécifié qu’il apporterait le sacrifice et le pain en utilisant l’argent de la seconde dîme, il ne pourra pas utiliser de l’argent de la seconde dîme pour apporter les libations accompagnant le sacrifice . En effet, les libations doivent toujours provenir des biens non consacrés, ainsi que nous l’avons expliqué , car il est dit, les concernant : « celui qui offre l’animal en sacrifice apportera son offrande à D.ieu, à savoir une oblation de fine fleur de farine, pétrie avec un quart de hine d’huile, et du vin » ; on apprend du pronom possessif « son » que les libations doivent lui appartenir entièrement et ne doivent en aucune façon être la propriété du Très-Haut .
