Lois relatives au rituel des offrandes

Chapitre treize

Toujours dans le thème des oblations commencé au chapitre précédent, ce chapitre indique le mode de préparation de chaque oblation et décrit la procédure de l’offrande. Le rituel de l’offrande sur l’autel d’une oblation de fine fleur de farine ressemble du point de vue de plusieurs de ses étapes à celle d’un sacrifice animal. Par exemple, comme le sacrifice animal, dont on ne brûle généralement qu’une partie (les « parties sacrificielles »), l’oblation n’est, elle aussi, généralement pas entièrement brûlée sur l’autel. Une poignée est prélevée de l’oblation et brûlée sur l’autel, et le reste de l’oblation est consommé.

  1. C’est un commandement positif de faire chaque type d’oblation conformément aux prescriptions qui s’y rapportent dans la Thora.
  2. Comment sont faites les ‘havitine offertes quotidiennement par le grand-prêtre ? Il apporte un issarone entier de fine fleur de farine et il sanctifie celle-ci dans un récipient sacerdotal d’une mesure d’un issarone ; puis, il la partage en deux avec la mesure du demi-issarone qui se trouve dans le Temple. La raison pour laquelle il apporte d’abord un issarone entier de farine et le partage ensuite est que bien que l’issarone soit offert par moitiés puisque chaque moitié est offerte séparément, une moitié le matin et une moitié l’après-midi, il n’est pas sanctifié par moitiés et doit être placé tout entier dans un récipient sacerdotal pour la sanctification. Il apporte avec la fine fleur de farine trois log d’huile, ainsi qu’il est dit  concernant cette oblation : « elle sera faite dans l’huile », ce qui enseigne qu’il faut y ajouter de l’huile par rapport à la quantité habituelle , autant que pour l’oblation accompagnant le sacrifice quotidien d’un agneau La fine fleur de farine est mélangée avec l’huile, puis est ébouillantée. Six pains sont pétris à partir de chaque demi-issarone, ce qui fait donc au total douze pains.
  1. Les pains sont faits chacun séparément. Comment procède-t-on ? Les trois log d’huile destinés aux douze painssont partagés au moyen de la mesure d’un quart de log dans le Temple, ce qui donne un quart de log d’huile pour chaque pain ; comme expliqué au paragraphe précédent, la farine pour chaque pain est mélangée avec un peu d’huile, puis ébouillantée avant d’être pétrie. Ensuite, le pain est légèrement cuit au four, puis frit sur la poêle avec ce qui reste de son quart de log d’huile  ; il ne doit pas être très cuit au four, car il est dit « toufiné », ce qui veut dire entre cuit et demi-cuit.
  2. Après la cuisson au four et à la poêle, il partage à la main chaque pain en deux moitiés de façon approximative, afin d’offrir la moitié le matin et la moitié l’après-midi. Il prend les moitiés qu’il replie chacune en deux et il divise ainsi l’oblation de sorte que chaque morceau soit plié en deux . Il offre les douze moitiés de pain avec une moitié de poignée d’oliban le matin et la moitié restante du pain avec une moitié de poignée d’oliban l’après-midi. S’il s’agit d’une oblation d’intronisation , le cohen ne partage pas les pains en deux en vue d’offrir une moitié le matin et une moitié l’après-midi, mais il offre le tout en une fois avec la poignée d’oliban. Les deux  l’oblation des ‘havitine du grand-prêtre et l’oblation d’intronisation  sont entièrement brûlées sur le feu de l’autel.
  1. Comment est faite l’oblation dite «de fine fleur de farine » ? L’intéressé apporte un issarone de fine fleur de farine pour une seule oblation ou plusieurs issarone, selon la quantité dont il a fait vœu, et l’huile correspondante à raison d’un log d’huile par issarone. La fine fleur de farine est mesurée au moyen de la mesure d’un issarone dans le Temple. On verse d’abord l’huile dans un récipient, puis on met par-dessus la fine fleur de farine et on verse encore de l’huile sur la fine fleur de farine, puis on mélange la fine fleur de farine avec l’huile. On la dépose ensuite dans un récipient sacerdotal et on verse dedans de l’huile, l’huile mise au début avec l’huile mélangée et l’huile versée à la fin faisant au total une quantité d’un log par issarone de fine fleur de farine. Et on met dessus l’oliban.
  2. Comment sont faites les oblations à la poêle (ma’havat) et au poêlon (mar’hechet) ? On verse de l’huile dans un récipient et on met dessus de la fine fleur de farine, on met sur la fine fleur de farine de l’huile et on mélange la fine fleur de farine avec l’huile. Puis, on la pétrit avec de l’eau tiède et on la fait cuire dans une poêle ou dans un poêlon, suivant le vœu formulé. On divise l’oblation et, on la place dans un récipient sacerdotal ; on verse dessus le reste de l’huile et on met dessus l’oliban.
  3. Quelle différence y a-t-il entre une poêle et un poêlon? Le poêlon a un rebord et la pâte que l’on cuit dessus est de consistance tendre  : étant donné qu’il y a un rebord, elle ne se répand pas à l’extérieur en dépit de sa consistance tendre. Quant à la poêle, elle n’a pas de rebord, et la pâte que l’on cuit dessus doit être dure, afin qu’elle ne se répande pas hors de la poêle de part et d’autre.
  4. Comment est faite l’oblation dite « cuite au four » ? S’il s’agit de pains azymes, on mélange tout d’abord la fine fleur de farine avec de l’huile et on la pétrit avec de l’eau tiède, puis on la fait cuire au four et on la divise en morceaux ; on la place dans un récipient sacerdotal et on place dessus l’oliban. Il n’y a pas de d’huile versée dessus après qu’elle a été coupée en morceaux. La fleur de farine est mélangée avec l’huile, ainsi qu’il est dit  : « des pains azymes mélangés avec de l’huile ». S’il s’agit de gaufrettes, on pétrit d’abord la fine fleur de farine avec de l’eau tiède sans huile et on enduit ensuite les gaufrettes d’huile, ainsi qu’il est dit  : « des gaufrettes azymes enduites d’huile ». Il me semble que c’est après leur cuisson au four qu’on les enduit d’huile.
  1. Comment enduit-on les gaufrettes d’huile? On apporte un log d’huile pour chaque issarone de farine et on les enduit jusqu’à épuisement de l’huile contenue dans le récipient de mesure d’un log.
  2. Pour toutes ces quatre oblations qui sont cuites à la poêle, au poêlon ou au four , lorsqu’on les cuit, on cuit chaque issarone en dix pains. Si on a fait plus ou moins de pains c’est-à-dire qu’on a partagé la pâte en plus ou moins que dix parties, c’est valable. Comment les divise-t-on en morceaux ? On plie chaque pain en deux et les deux en quatre, et on sépare les quartiers. S’il s’agit de l’oblation d’un cohen mâle, on ne sépare pas les quartiers, mais on se contente de diviser l’oblation en la pliant en quatre . Toutes ces oblations, leurs morceaux doivent faire le volume d’un kazaït. Toutefois, si on a fait des morceaux plus grands ou plus petits, l’oblation est valable.
  1. Si on n’a pas mélangé la fine fleur de farine avec l’huile, ou si on n’a pas divisé l’oblation en morceaux, ou si on n’a pas présenté l’oblation au coin sud-ouest de l’autel , ou si on n’a pas enduit les gaufrettes d’huile, l’oblation est tout de mêmevalable. Toutes ces exigences sont prescrites seulement pour le bon accomplissement de la mitsva, la mitsva consistant à apporter l’oblation de cette manière, mais le non-respect de celles-ci n’est pas rédhibitoire.
  2. Comment se déroule la présentation d’une l’oblation ? On apporte de la fine fleur de farine de chez soi dans des paniers en argent, en or ou autres métaux, récipient apte à servir de récipient sacerdotal . S’il s’agit d’une oblation dite « de fine fleur de farine », on place la fleur de farine dans un récipient sacerdotal et on la sanctifie ainsi dans un récipient sacerdotal. Et s’il s’agit de l’une des oblations cuites, il n’est pas nécessaire de placer la fleur de farine dans un récipient sacerdotal, mais on la cuit sur place dans le Temple et on la divise en morceaux, comme nous l’avons expliqué . On place ensuite les morceaux dans un récipient sacerdotal, on verse dessus l’huile et l’oliban correspondants et on l’apporte au cohen. Le cohen l’apporte auprès de l’autel et la présente au coin sud-ouest sur l’arête de ce coin en touchant l’autel avec le récipient qui contient l’oblation et c’est suffisant comme ça, il n’est pas nécessaire que l’oblation elle-même touche l’autelIl met tout l’oliban d’un côté du récipient afin de pouvoir prendre une poignée de la seule oblation, sans l’oliban et prend une poignée à un endroit de la pâte où l’huile est en abondance, comme il est dit  : « de sa fine fleur de farine et de son huile ». Il met la poignée d’oblation dans un récipient sacerdotal et la sanctifie dans celui-ci. Une poignée qui aurait été partagée dans deux récipients ne serait pas sanctifiée de la sorte et devrait être sanctifiée à nouveau dans un seul récipient. Il recueille ensuite tout l’oliban du récipient où est posée l’oblation et le place sur la poignée dans l’autre récipient. Il monte l’oblation avec l’oliban posé dessus sur l’autel et les sale, puis les verse du récipient sacerdotal sur le feu de l’autelS’il s’agit d’une oblation des cohanim, il n’en prélève pas une poignée ; plutôt, il verse du sel sur toute l’oblation et lance le tout sur le feu de l’autel.
  1. Comment effectue-t-on le prélèvement d’une poignée (kemitsa) des oblations sujettes au prélèvement ? Comme toute personne qui ferme la main pour saisir quelque chose. Le cohen met sa main dans la farine, puis il referme ses doigts sur la paume de sa main et retire celle-ci avec la poignée qu’elle contientS’il a fait le prélèvement avec le bout de ses doigts seulement ou par les côtés, c’est-à-dire en plaçant le dos de la main sur l’oblation et en appuyant celle-ci de sorte qu’une partie de la farine pénètre dans sa main par les côtés, il ne devra pas offrir sur l’autel une telle poignée a priori. Mais s’il l’a offerte, elle est agréée a posterioriEt s’il a pris plus qu’une poignée, par exemple, en éloignant les doigts l’un de l’autre, cette poignée est disqualifiée.
  1. Le contenu de la poignée ne doit pas faire moins que le volume de deux kazaït. S’il manque une partie de la poignée , cela invalide le tout. La poignée et l’oliban sont indispensables l’un pour l’autre de sorte que si l’on a offert l’un sans l’autre, l’oblation n’est pas valable. La fine fleur de farine et l’huile sont indispensables l’une pour l’autre et on ne peut offrir l’une sans l’autre. Et une partie de l’huile est indispensable pour le tout de sorte que si l’on a réduit la mesure d’huile prévue pour l’oblation, celle-ci est disqualifiée : il ne doit pas y avoir moins d’un log d’huile par issarone de fine fleur de farine, comme nous l’avons expliqué précédemment.
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