Lois relatives au rituel des offrandes

Chapitre sept

Après l’holocauste (ola) examiné au chapitre précédent, le présent chapitre porte sur la procédure de l’expiatoire (‘hatat). Il existe deux formes de sacrifices expiatoires animaux, les expiatoires consommés et les expiatoires (dont les restes sont) brûlés. Pour le premier, après la combustion des parties sacrificielles sur l’autel, la chair de l’animal est consommée par les cohanim. Pour le second, après la combustion des parties sacrificielles sur l’autel, tous les restes sont brûlés à un endroit prévu à cet effet, hors de Jérusalem. Le rituel des deux est aussi très différent : l’application du sang du premier a lieu sur l’autel extérieur (comme toutes les offrandes) alors que le sang du second est appliqué sur l’autel d’or, à l’intérieur du Heikhal. Ce chapitre inclut aussi la procédure relative à l’oiseau offert en expiatoire.

  1. C’est un commandement positif de faire les sacrifices expiatoires conformément aux prescriptions mentionnées dans la Thora. Comment procède-t-on pour le sacrifice expiatoire qui est consommé par les cohanim? On égorge l’animal et on applique le sang sur l’autel, comme nous l’avons expliqué , puis on dépouille l’animal et on extrait les parties sacrificielles, que l’on sale et que l’on lance sur le feu de l’autel. Si le cohen préfère placer ces parties dans un récipient plutôt que de les prendre à la main pour les porter sur l’autel, il peut le faire. Le reste de la chair est consommé par les cohanim mâles dans le parvis.
  2. Comment procède-t-on pour les sacrifices expiatoires dont les restes sont brûlés ? On égorge l’animal et on fait aspersion de son sang, comme nous l’avons expliqué . Puis, on ouvre le corps de l’animal et on extrait les parties sacrificielles, que l’on met dans un récipient ; on les sale et on les lance sur le feu de l’autel. Tout le reste du sacrifice est sorti hors de la ville de Jérusalem et dépecé à cet endroit avec le même partage en quartiers que pour l’holocauste, tout en étant laissé dans sa peau, c’est-à-dire que la carcasse n’est pas dépouillée. On brûle ensuite ces quartiers à l’endroit des cendres défini au § 4.
  3. Il y a trois endroits prévus pour brûler ce qui doit être brûlé hors de l’autel: a) l’un est situé dans le parvis du Temple, on y brûle la viande ou les parties sacrificielles des offrandes de haute sainteté devenues disqualifiées , les parties sacrificielles des offrandes de moindre sainteté devenues disqualifiées, les taureaux et les boucs qui sont des expiatoires brûlés si ceux-là ont été l’objet d’une disqualification, que ce soit avant ou après l’aspersion du sang, par exemple, s’ils ont été rendus impurs ou s’ils ont été sortis du parvis avant le moment prévu – c’est-à-dire avant l’aspersion du sang – ou si la chair ou les parties sacrificielles ont passé la nuit.
  4. b) Le deuxième endroit est situé sur le mont du Temple ; cet endroit est appelé Bira. C’est là que l’on brûle les « sacrifices expiatoires brûlés » lorsque ces derniers ont été l’objet d’une disqualification – par exemple en étant rendus impurs ou en passant la nuit – après avoir été sortis du parvis pour être emmenés hors de Jérusalem en vue d’être brûlés conformément à la loi.
  5. c) Le troisième endroit, situé hors de Jérusalem, est ce qu’on appelle le « dépôt des cendres ». C’est là que l’on brûle les restes des « sacrifices expiatoires brûlés » lorsqu’ils sont brûlés conformément à la loi sans aucune disqualification.
  6. La combustion de toutes les choses saintes qui doivent être brûlées est valable même si elle est effectuée par un non cohen et la nuit. La combustion de toutes les choses qui doivent être brûlées hors du parvis peut être effectuée avec n’importe quel type de « bois », même de la grosse paille ou du chaume, ainsi qu’il est dit, au sujet du taureau du grand-prêtre oint, qui est un sacrifice expiatoire brûlé : « sur du bois dans le feu » c’est-à-dire quel que soit ce qui est utilisé pour le feu. Pourquoi alors le verset parle-t-il de bois ? Afin d’exclure la chaux et la cendre chaude.
  7. Quel est le rituel relatif à l’oiseau offert en expiatoire ? On lui rompt le cou à côté du coin sud-ouest de l’autel, comme nous l’avons expliqué , en enfonçant l’ongle dans son cou de manière à trancher les signes – trachée et œsophage – ou la majorité de l’un des deux, mais on ne sépare pas complètement la tête du corps. Si le cohen a séparé la tête du corps, le sacrifice est invalidé et le cohen est passible de la flagellation, ainsi qu’il est dit : « il déchirera sa tête à l’endroit de la nuque, mais il ne la séparera pas ». Il fait ensuite aspersion de son sang sur la paroi de l’autel c’est-à-dire qu’il secoue le corps de l’oiseau de manière à ce que le sang soit projeté sur la paroi de l’autel en dessous du milieu de la hauteur de l’autel et les restes du sang sont exprimés sur la paroi, de manière à couler sur le soubassement. En effet, il est dit  : « il fera aspersion du sang de l’expiatoire sur la paroi de l’autel et ce qui reste du sang sera exprimé sur le soubassement de l’autel », ce qui implique que l’aspersion dont parle le verset au début se fait sur une paroi de telle sorte que les restes du sang soient exprimés sur le soubassement : c’est donc de la paroi inférieure qu’il s’agit .
  1. L’expression du sang de l’oiseau offert en expiatoire est indispensable et il n’y a pas d’expiation si celle-ci n’a pas été respectée. Seul le sang de ce sacrifice échoit à l’autel, le reste étant consommé par les cohanim mâles, comme la viande d’un animal offert en expiatoire.
  2. Comment le cohen tient-il l’oiseau offert en expiatoire pour lui rompre le cou? Il tient les deux pattes entre deux doigts l’auriculaire et l’annulaire et les deux ailes entre deux doigts le majeur et l’index, de telle manière que le corps de l’oiseau repose sur le dos de sa main gauche, il étend son cou sur la largeur de ses deux doigts et il le rompt avec l’ongle du pouce de sa main droite, spécialement aiguisé pour cela ; ceci fait partie des tâches difficiles à effectuer dans le Temple. Et s’il n’a pas respecté cette manière de saisir l’oiseau et l’a tenu à un autre endroit du corps, c’est tout de même valable a posteriori.
  3. Tout endroit de l’autel est propre à la melika, pourvu que l’on fasse aspersion du sang en dessous du milieu de la hauteur de l’autel. Et même si on a fait aspersion à n’importe quel autre endroit, c’est valable, à condition que l’on ait aspergé dans la partie inférieure un peu du « sang de l’âme » c’est-à-dire le sang exprimé au moment de l’abatage, avec une teinte rougeâtre accentuée.
  4. Il y a trois choses auxquelles ce coin sud-ouest servait dans sa partie supérieure au-dessus de la ligne rouge et trois choses auxquelles il servait dans sa partie inférieure en dessous de cette ligne. Dans sa partie inférieure avait lieu l’offrande de l’oiseau expiatoire et la présentation des oblations , et les restes du sang des holocaustes, des sacrifices expiatoires consommés, des sacrifices de culpabilité et des sacrifices de paix étaient versés dessus en bas sur le soubassement. Les trois choses que l’on faisait dans la partie supérieure du coin sud-ouest étaient : les libations d’eau lors de la fête de Souccot , les libations de vin accompagnant les sacrifices et le rituel de l’oiseau holocauste – lorsqu’il y avait de nombreux cohanim occupés à offrir des oiseaux en holocauste, si bien que le coin sud-est normalement destiné à cet effet ne pouvait pas tous les accueillir, ils se dirigeaient alors vers le coin sud-ouest pour y faire le rituel de l’offrande.
  5. Tous les cohanim qui montent sur l’autel pour le service montent sur la droite de la rampe, le côté est, et font le tour par la droite sur l’autel pour atteindre l’endroit où ils doivent faire leur tâche, puis ils descendent du côté gauche de la rampe, le côté ouestCela, à l’exception de ceux qui montent sur l’autel pour l’une de ces trois choses citées ci-dessus dont le rituel se fait au niveau supérieur du coin sud-ouest, situé immédiatement à gauche de la rampe ceux-là montent et tournent immédiatement à gauche vers le coin sud-ouest. Ils y font leur tâche puis reviennent sur leurs pas et redescendent par le même chemin qu’ils sont montésPourquoi tournent-ils à gauche dans ces trois cas et non à droite, comme d’habitude ? Pour atteindre le côté sud-ouest en premier, car s’ils tournaient à droite et faisaient tout le tour de l’autel pour parvenir au coin sud-ouest, il serait à craindre que l’eau ou le vin s’altèrent par l’odeur de la fumée et deviennent ainsi invalides ou que l’oiseau ne meure à cause de la fumée sur l’autel avant d’atteindre le coin sud-ouest.
  1. C’est pourquoi, si celui qui doit verser en libation de l’eau ou du vin souhaite faire le tour plutôt que de se rendre directement au coin sud-ouest , il ne portera rien dans la main lorsqu’il fait le tour de l’autel car l’eau ou le vin risqueraient de s’altérer. Il fera le tour du coin sud-est au coin nord-est, puis nord-ouest et enfin sud-ouest en ne portant rien à la main. Et lorsqu’il parviendra au coin sud-ouest, on lui donnera dans la main l’eau ou le vin qu’il versera sur place en libation. Et s’il ne désire pas faire le tour, il montera et tournera immédiatement vers le côté gauche avec les libations ou l’oiseau dans la main, comme indiqué au § précédent, puis il accomplira sa tâche et redescendra.
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