Lois relatives au rituel des offrandes
Chapitre cinq
À la suite du chapitre précédent concernant les règles générales concernant la procédure d’un sacrifice, le présent chapitre décrit les exigences relatives à l’endroit où l’abattage et la réception du sang doivent avoir lieu ainsi que ainsi que la procédure d’aspersion du sang. Comme expliqué en introduction au chapitre précédent, cette procédure d’aspersion est l’essentiel du sacrifice. C’est elle qui emporte l’agrément du sacrifice. Enfin, on examine la suite de la procédure, à savoir la combustion des parties sacrificielles, ainsi que le statut de la peau de l’animal.
- Nous avons déjà expliqué que l’abattage des sacrifices peut être fait par un juif qui n’est pas un cohen ; mais les actes du service à partir de la réception du sang et ensuite sont une mitsva qui doit impérativement être accomplie par un cohen uniquement. Pour tous les sacrifices, la réception du sang se fait dans un récipient sacerdotal tenu dans la main du cohen et non posé sur le sol. En revanche, l’endroit de l’abattage et de la réception du sang n’est pas le même pour tous les sacrifices.
- Comment cela ? L’abattage des sacrifices de haute sainteté et la réception de leur sang ont lieu uniquement au nord de l’autel, à n’importe quel endroit de cet espace, que nous avons défini au début du présent livre . L’abattage et la réception du sang des sacrifices de moindre sainteté peuvent avoir lieu à n’importe quel endroit du parvis.
- D’où savons-nous que l’abattage des sacrifices de haute sainteté a lieu uniquement au nord de l’autel? Parce qu’il est dit, concernant l’holocauste : « il l’égorgera au flanc de l’autel, au nord ». Et à propos du sacrifice expiatoire, il est dit : « à l’endroit où est fait l’abattage de l’holocauste sera fait l’abattage de l’expiatoire ». On apprend aussi que tout comme le sacrifice expiatoire est désigné comme un sacrifice de haute sainteté, de même l’holocauste est désigné comme un sacrifice de haute sainteté . À propos du sacrifice de culpabilité, il est dit : « à l’endroit où ils feront l’abattage de l’holocauste, ils feront l’abattage du sacrifice de culpabilité ». Quant aux sacrifices de paix communautaires, ils ont été comparés au sacrifice expiatoire, comme il est dit : « vous offrirez un bouc comme expiatoire et deux agneaux dans leur première année comme sacrifice de paix ». C’est pourquoi, ce sont aussi des sacrifices de haute sainteté au même titre que l’expiatoire et ils sont abattus au même endroit que ce dernier. L’endroit prévu pour l’abattage est aussi l’endroit où l’on procède à la réception du sang .
- D’où savons-nous que l’on peut faire l’abattage des offrandes de moindre sainteté à n’importe quel endroit du parvis, fût-ce dans l’espace situé derrière le Heikhal? Parce qu’il est dit, à propos des sacrifices de paix : « il l’égorgera à l’entrée de la Tente d’assignation », cela rend valable comme endroit pour l’abattage tous les côtés, puisque aucun côté n’a été spécifié . Et il en va de même pour les autres sacrifices de moindre sainteté. Si l’on a abattu des sacrifices de moindre sainteté à l’intérieur du Heikhal, ils sont valables. Mais s’ils ont été abattus sur le toit du Heikhal, ils sont disqualifiés. En effet, les toits n’ont pas été sanctifiés et ne sont pas du tout valables pour l’abattage ; les sacrifices devront être abattus sur le sol du parvis uniquement.
- Si l’on a fait l’abattage d’un sacrifice de paix avant l’ouverture des portes du Heikhal, il est disqualifié, ainsi qu’il est dit : « à l’entrée de la Tente d’assignation », c’est-à-dire lorsque la Tente d’assignation est ouverte. Même si les portes sont simplement fermées sans être verrouillées, c’est comme si elles étaient verrouillées. En revanche, le rideau qui recouvre l’entrée du Heikhal n’invalide pas a posteriori le sacrifice s’il couvre l’entrée, bien qu’il doive a priori être ouvert.
- Les holocaustes, sacrifices de culpabilité et sacrifices de paix, individuels ou communautaires, ont tous les trois la même procédure d’aspersion du sang sur l’autel. Comment le cohen procède-t-il ? Lorsqu’il prend le bol contenant le sang, il fait deux aspersions par lancer au moyen du bol, sur deux coins de l’autel diagonalement opposés, le coin nord-est et le coin sud-ouest, sur la moitié inférieure de l’autel ; il fait en sorte, lorsqu’il lance le sang sur le coin, que le sang entoure l’arête c’est-à-dire que le sang atteigne les deux parois adjacentes comme la forme d’un gamma (G), afin que le sang de ces deux applications se trouve sur les quatre parois de l’autel. En effet, il est dit , à propos de l’holocauste et de l’offrande de paix : « autour » et il en va de même pour le sacrifice de culpabilité. Et le reste du sang est versé sur le soubassement (yessod) sud.
- Le sang des sacrifices expiatoires consommés requiert quatre applications, sur les quatre coins de l’autel extérieur, dans la moitié supérieure de l’autel au-dessus de la ligne rouge , car il est dit, au sujet de l’expiatoire : « sur les cornes de l’autel ». Comment le cohen procède-t-il ? Lorsqu’il prend le bol contenant le sang, il l’apporte auprès de l’autel et trempe son index droit dans le sang, auquel il joint son majeur et son pouce de part et d’autre et il applique avec ses doigts le sang sur le coin de l’autel en descendant sur l’arête jusqu’à ce qu’il n’ait plus de sang sur le doigt. Il procède de cette manière pour chaque coin. S’il a appliqué le sang à proximité du coin et non sur l’arête du coin comme il se doit a priori, mais dans un espace d’une coudée sur la paroi de tel ou tel côté du coin, cela fait tout de même expiation et le sacrifice est agréé pour celui qui l’a apporté.
- Il faut qu’il trempe son doigt dans le sang du bol pour l’application sur chaque coin. Et lorsqu’il termine l’application du sang sur un coin, il essuie son doigt sur le bord du bol, après quoi il trempe son doigtune seconde fois ; car le sang qui reste sur le doigt est disqualifié pour une application sur un autre coin.
- Parmi tous les sacrifices, le sacrifice expiatoire est le seul qui requiert une aspersion de sang sur l’autel avec le doigt et non avec le récipient, car il est dit le concernant : « le cohen trempera son doigt dans le sang ». Il faut qu’il y ait dans le récipient, au moment où il trempe son doigt, suffisamment de sang pour tremper le doigt, et non que le sang suffise à peine pour qu’il mouille son doigt en le raclant sur la paroi.
- Par où le cohen commence-t-il ces applications de sang sur l’autel? Il monte sur la rampe de l’autel, qui est au sud, tourne à droite et marche sur le Sovev ; il applique le sang sur le coin sud-est en premier, puis sur le second coin qui est à côté, à savoir le coin nord-est, puis sur le troisième coin qui est à côté, à savoir le coin nord-ouest, puis sur le quatrième coin qui est à côté, à savoir le coin sud-ouest. Sur le soubassement de ce coin sud-ouest où il a terminé les applications du sang, il verse les restes du sang, comme il est dit : « et tout le sang, il le versera sur le soubassement de l’autel » ; c’est le soubassement sud.
- Le sang de tous les sacrifices expiatoires « brûlés » est introduit à l’intérieur du Heikhal et y est aspergé de la manière décrite dans la Thora . Le reste du sang est versé par le cohen sur le soubassement ouest de l’autel extérieur, qui est le côté du soubassement qu’il rencontre en premier à sa sortie du Heikhal .
- Où fait-on aspersion du sang de ces sacrifices dans le Heikhal et combien d’aspersions fait-on ? S’agissant du taureau et du bouc du jour de Kippour, le sang de chacun d’eux requiert huit aspersions entre les barres de l’arche sainte et huit en direction du rideau . Le grand-prêtre mélange ensuite le sang du taureau et du bouc et fait quatre aspersions des deux ensemble sur les quatre cornes de l’autel d’or situé dans le Heikhal et sept aspersions sur le dessus de cet autel, du côté sud , comme il sera expliqué dans les lois relatives au service du jour de Kippour . Et s’il n’a pas été précis dans l’emplacement exact des aspersions faites à l’intérieur, elles sont tout de même valables.
- Pour les taureaux et les boucs qui sont brûlés , le cohen fait sept aspersions du sang de chacun d’eux en direction du rideau qui fait séparation entre le Kodech et le Saint des Saints, et quatre aspersions sur les quatre cornes de l’autel d’or.
- Pour toutes les applications de sang sur l’autel d’or, le cohen procède de la manière suivante : lorsqu’il entre dans le Heikhal, il se tient dans l’espace entre l’autel et le candélabre, c’est-à-dire au sud de l’autel, avec l’autel devant lui autrement dit, il se tient devant l’autel, face au nordet il applique le sang sur les cornes de l’autel, de l’extérieur, c’est-à-dire sur la paroi latérale de la corne et non au-dessus. Il commence par la corne nord-est, puis nord-ouest, sud-ouest et sud-est.
- Concernant le taureau apporté par le grand-prêtre oint pour expier la transgression de tout commandement , le grand-prêtre oint recueille lui-même son sang et en fait lui-même l’aspersion à l’intérieur du Heikhal. Toutefois, si c’est un cohen ordinaire qui a recueilli le sang et en a fait l’aspersion, c’est tout de même valable.
- Les boucs offerts pour expier une faute collective d’idolâtrie, qui sont les boucs destinés à êtrebrûlés, la Thora ne dit pas expressément comment et où faire aspersion de leur sang. Mais puisque ce sont des sacrifices expiatoires de la communauté, on apprend par analogie qu’ils sont similaires au « taureau offert pour expier la faute par erreur de la communauté » qui est un sacrifice expiatoire de la communauté. Leur statut est identique au regard de tout ce qui y est mentionné : au regard de l’aspersion du sang vers le rideau et sur les cornes de l’autel d’or, au regard de la combustion des restes à l’extérieur du camp et au regard de la loi qui déclare impur celui qui brûle la carcasse .
- Le sang de l’animal premier-né, de l’animal de la dîme et du sacrifice de Pessa’h, requiert une seule application, faite par le versement du sang sur une paroi au-dessus du soubassement, du côté que l’on souhaite, parmi les trois arêtes de l’autel . La quatrième arête, l’arête sud-est, ne peut pas être utilisée, car le coin sud-est n’a pas de soubassement, comme nous l’avons expliqué . D’où savons-nous que ces sacrifices ne requièrent qu’une seule application de sang ? Parce qu’il est dit, au sujet des animaux premiers-nés : « et tu lanceras leur sang sur l’autel ». La tradition orale enseigne qu’il en va de même pour l’animal de la dîme et le sacrifice de Pessa’h : on fait une seule application de leur sang, comme pour l’animal premier-né.
- Pour tous les sacrifices, on brûle les parties sacrificielles sur l’autel après avoir préalablement aspergé le sang. Tous les animaux sacrificiels sont dépouillés avant l’extraction de leurs parties sacrificielles – ils ne sont pas dépouillés tant que leur sang n’a pas été aspergé sur l’autel – à l’exception des sacrifices expiatoires «brûlés » lesquels ne sont pas du tout dépouillés, ainsi qu’il est dit : « on consumera par le feu leur peau et leur chair ». Tu apprends donc que l’ordre classique est le suivant : on fait d’abord l’aspersion du sang, puis on dépouille l’animal, on ouvre son ventre, on extrait les parties sacrificielles et on les brûle.
- Toutes les peaux des sacrifices de haute sainteté reviennent aux cohanim, qu’il s’agisse d’offrandes communautaires ou d’offrandes individuelles, ainsi qu’il est dit : « la peau de l’holocauste qu’il a offert appartiendra à ce cohen ». En revanche, les peaux des sacrifices de moindre sainteté reviennent aux propriétaires. À chaque fois que la chair d’un holocauste n’échoit pas à l’autel, en raison d’une invalidité, sa peau n’échoit pas aux cohanim. Car il est dit que la peau de « l’holocauste d’un homme » reviendra au cohen, ce qui enseigne que la peau lui revient lorsque holocauste a été monté sur l’autel pour un homme.
- Lorsqu’une cause d’invalidation survient pour des sacrifices de haute sainteté avant qu’ils ne soient dépouillés, la peau ne revient pas aux cohanim, car elle devient alors impropre ensemble avec la chair . Si la cause d’invalidation survient après qu’ils ont été dépouillés, la peau revient aux cohanim. Toutes les peaux sont partagées entre les cohanim de la « garde » chaque vendredi .
- Dans le cas de quelqu’un qui a consacré son holocauste pour le fonds destiné à l’entretien du Temple , et de même, dans le cas de quelqu’un qui a consacré ses biens pour l’entretien du Temple alors qu’il y a parmi ceux-ci des animaux mâles, auquel cas il est prescrit que ces animaux soient offerts comme holocaustes , les peaux de ces animaux ne reviennent pas aux cohanim, ainsi qu’il est dit : « l’holocauste d’un homme », ce qui exclut l’holocauste appartenant au trésor du Temple. Les peaux seront vendues et l’argent de leur vente reviendra au fonds pour l’entretien du Temple. Aussi bien pour l’holocauste d’un homme que pour celui d’une femme, d’un gentil ou d’un esclave cananéen, la peau de l’animal revient aux cohanim ; le terme parle de l’holocauste d’un « homme » uniquement pour exclure le cas de l’animal appartenant au trésor du Temple.
