Lois relatives à ce qu’il est interdit d’offrir sur l’autel

Chapitre sept

Après avoir étudié les différentes causes de disqualification d’une offrande, notamment en raison d’un défaut qu’elle présente, le présent chapitre, qui conclut ces lois, explique qu’il ne suffit pas d’éliminer les offrandes défectueuses. On doit chercher à offrir précisément ce qu’il y a de meilleur. Ce chapitre indique donc comment choisir ce qu’il peut y avoir de meilleur, pour chaque type d’offrande.

  1. Ce n’est pas parce qu’un produit n’est pas disqualifié qu’on peut a priori choisir de l’apporter comme offrande sur l’autel.

Comment cela ? Celui qui est redevable d’un holocauste n’apportera pas un agneau maigre et laid en disant : « Voici qu’il n’a pas de défaut ». À ce sujet il est dit  : « malheur à l’hypocrite, etc. ». Au contraire, à chaque fois que l’on apporte une offrande, on apportera du meilleur.

  1. Voici ce que l’on faisait à l’époque du Temple : on amenait des béliers de Moab, des agneaux de Hébron dont les épaules sont larges, des veaux du Sharon, des oiseaux –tourterelles et pigeons – de Har Hamélekh, du vin de Korkhine et ‘Haloutine, de la fine fleur de farine de Mikhmach et Yo’hana et de l’huile de Tekoa .
  2. Tout bois neuf n’ayant jamais été utilisé pour d’autres besoins est valable pour le bûcher ; on n’utilisait cependant ni du bois d’olivier ni du bois de vigne, à cause des conséquences que cela pouvait avoir sur le peuplement de la terre d’Israël . Voici le bois qu’on avait l’habitude d’utiliser: les branches de figuiers des forêts hors des endroits habités, le bois de noyer ou de l’arbre d’huile, sorte de cèdre qui s’enflamme aussi vite qu’une lampe à huile . Les bûches de bois que fit Moïse pour le bûcher sur l’autel du Tabernacle faisaient une coudée de long, une coudée de large, avec une épaisseur égale à la racloire  qu’on utilise pour racler le dessus d’une mesure d’un séa de grain. Ce sont des bûches de taille similaire que l’on fait dans les générations ultérieures, bien que le bûcher du Temple soit plus important en taille que celui du Tabernacle.
  3. Comment faisait-on pour semer les grains de blé destinés aux oblations et comment préparait-on le vin des libations ? Concernant le blé des oblations : la première année, on labourait et on laissait reposer la moitié du champ et on labourait et on ensemençait l’autre moitié. La seconde année, on labourait et on laissait reposer la partie du champ que l’on avait ensemencée la première année et on ensemençait l’autre moitié  soixante-dix jours avant Pessa’h . Ce qui vient d’être dit concerne une terre ayant déjà été labourée et travaillée préalablement à cette procédure : la moitié du champ utilisée pour l’ensemencement du blé destiné aux oblations a donc au moins été labourée deux fois avant d’être ensemencée. Mais si la terre n’avait pas été travaillée préalablement à la première année de ce processus, on la labourait à deux reprises  avant d’ensemencer la moitié. On triait attentivement les grains de blé pour éliminer les déchets et grains de blé véreux, puis, on les frottait à la main et on les foulait beaucoup jusqu’à ce que l’enveloppe du grain se détache.
  4. Tous les grains de blé destinés aux oblations doivent être frottés avec les mains trois cents fois et foulés cinq cents fois. Voici dans quel ordre on procède :on frotte une fois et on foule deux fois, puis on frotte deux fois et on foule trois fois, ce qui fait qu’ils sont ainsi frottés trois fois et foulés cinq fois ; on recommence ce procédé ainsi de suite jusqu’à ce que finalement ils aient été frottés trois cents fois et foulés cinq cents fois, afin que l’enveloppe du grain se détache bien . On compte le fait de passer la main sur le grain et la ramener vers soi comme un seul frottement pour se montrer plus rigoureux. Puis, on moud le blé et on tamise soigneusement la farine .
  5. Pour le vin des libations, on apportait des raisins provenant de vignescouchées à ras du sol , issues de vignobles entretenus  deux fois par an. On foulait le raisin immédiatement après la vendange et on recueillait le jus que l’on déposait dans de petites jarres ; on ne disposait pas les jarres une par une, ni deux par deux, mais trois par trois . On ne remplissait pas la jarre complètement, afin que l’arôme du vin soit préservé et se répande lorsqu’on l’ouvre, ce qui est possible lorsque le contenant n’est pas complètement rempli.

On n’apporte pas en libation le vin qui se trouve à la surface de la jarre, à cause de la fleur de vin, petites moisissures qui ressemblent à de la farine qui remonte à la surface du vin, ni le vin qui est au fond, à cause de la lie, mais le vin situé au tiers du milieu  de la jarre et cela, de la jarre du milieu entre les deux autres .

  1. Le trésorier du Temple était assis, observant le vin qui sortait par le trou sur le côté de la jarre : dès qu’il constatait un changement dans l’aspect du vindû à la lie qui commençait à sortir, il stoppait l’écoulement du vin et ne prenait plus le vin restant dans cette jarre.

À partir de quand le vin peut-il être apporté en libation ? Après quarante jours depuis le foulage des raisins jusqu’à deux ans ou un peu plus mais pas au-delà. Si on a malgré tout apporté du vin vieux, fût-ce de plusieurs années, il est valable, à condition qu’il n’ait pas perdu son goût.

  1. Il y a neuf catégories d’huile d’olive, suivant le processus de production. Comment cela ? Quand on cueille les olives en haut de l’olivier en les sélectionnant une à une , qu’on les pile dans un mortier et qu’on les met dans un panier dont le fond est perforé de sorte que l’huile s’écoule dans un récipient placé en dessous, l’huile qui coule de ces olives est celle de la première catégorie. Si on presse ensuite ces olives au moyen de la poutre du pressoir pour extraire davantage d’huile, l’huile qui est extraite est celle de la seconde catégorie. Et si, après les avoir écrasées avec la poutre, on les moud avec une meule et on les écrase une seconde fois avec la poutre du pressoir, l’huile qui est extraite est celle de la troisième catégorie.

Quand les olives sont cueillies toutes ensemble sans trier les meilleures et déposées sur le toit, puis qu’on les trie une à une pour sélectionner les plus mûres , qu’on les pile dans un mortier et qu’on les met dans le panier perforé pour que l’huile s’écoule dans un récipient placé en dessous, l’huile qui coule est celle de la quatrième catégorie. Si on presse ensuite avec la poutre du pressoir les olives pilées dans le panier, l’huile qui est extraite est celle de la cinquième catégorie. Et si on moud ensuite ces olives à la meule et qu’on les presse une seconde fois avec la poutre du pressoir, l’huile qui est extraite est celle de la sixième catégorie.

Les olives que l’on a cueillies et placées dans la cuve dans la maison jusqu’à ce qu’elles s’abîment, ce qui permet de les ramollir en vue d’en extraire l’huile, puis que l’on a montées et séchées sur le toit, lorsqu’on les pile et qu’on les met dans le panier, l’huile qui en est exprimée est celle de la septième catégorie. Lorsqu’on les presse ensuite avec la poutre du pressoir, l’huile qui est exprimée est celle de la huitième catégorie. Lorsqu’on les moud ensuite à la meule et qu’on les presse une seconde fois, l’huile exprimée est celle de la neuvième catégorie.

  1. Bien que les huiles de toutes les catégoriessoient valables pour les oblations, il n’y a pas de meilleure huile que la première ; viennent ensuite la seconde et la quatrième, ces deux-là étant équivalentes. Viennent ensuite la troisième, la cinquième et la septième, toutes trois étant équivalentes. Puis la sixième et la huitième, qui sont toutes deux équivalentes. Et enfin, la neuvième, il n’y a pas de catégorie inférieure.
  2. Ne sont valables pour le candélabre que les huiles dela première, la quatrième et la septième catégories uniquement, car il est dit  : « ils prendront pour toi de l’huile d’olive pure, concassée pour le luminaire » ; du mot « concassée » on apprend que seule est valable pour le candélabre l’huile qui s’exprime de l’olive pilée dans un mortier . Mais pour les oblations, toutes les huiles sont valables.
  3. Étant donné que toutes les huilessont valables pour les oblations, pourquoi ont-elles donc été comptées dans leur ordre d’importance ? Afin de savoir quelle est la meilleure huile, quelles sont les huiles intermédiaires, et quelle est la plus mauvaise. Ainsi, celui qui désire être méritant réfrénera son mauvais penchant, fera preuve de générosité et utilisera pour son sacrifice le meilleur de l’espèce qu’il présentera. Voilà qu’il est dit dans la Thora  : « Et Abel emmena lui aussi des premiers-nés de son menu bétail et du meilleur, et D.ieu se tourna vers Abel et vers son offrande ».

Il en va de même pour tout ce qui est destiné à D.ieu Qui est bon : on utilisera toujours ce qu’il y a de plus beau et de meilleur. Quand on bâtit une maison de prière, elle sera plus belle que sa propre demeure ; quand on donne à manger à une personne affamée, on lui donnera du meilleur et du plus raffiné de ce que l’on a à table ; quand on habille une personne dénudée, on l’habillera de ses plus beaux vêtements. Quand on consacre quelque chose parmi ses biens pour le Temple, on choisira ce qu’il y a de meilleur ; de même est-il dit  : « tout le meilleur  pour D.ieu, etc. ».

Fin des lois relatives à ce qu’il est interdit d’offrir sur l’autel

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