Le projet de traduction

Par Guy Nisenbaum, rabbin et docteur en droit

L’importance de Maïmonide dans la formation du champ intellectuel partagé par les élites savantes du douzième siècle est désormais bien établie (au point que, depuis 2021, il figure sur la liste officielle des auteurs au programme du baccalauréat de philosophie). Pour le public francophone cependant une part majeure de son œuvre demeurait terre inconnue : avant la mise en œuvre de notre projet, seuls quelques fragments du Michné Torah avaient été traduits dans notre langue.  

D’ores et déjà, quatre livres en ont été traduits ce dont nous sommes fiers et heureux. Pour autant, ce monumental ouvrage dont Maïmonide nous dit qu’il mettra « toutes les règles à la portée du petit comme du grand » est, au total, constitué de quatorze livres. La tâche qui reste donc à accomplir est considérable et ne peut que nous inciter à l’humilité.

L’importance de Maïmonide dans la formation du champ intellectuel partagé par les élites savantes du douzième siècle est désormais bien établie (au point que, depuis 2021, il figure sur la liste officielle des auteurs au programme du baccalauréat de philosophie). Pour le public francophone cependant une part majeure de son œuvre demeurait terre inconnue : avant la mise en œuvre de notre projet, seuls quelques fragments du Michné Torah avaient été traduits dans notre langue.  

D’ores et déjà, cinq livres en ont été traduits ce dont nous sommes fiers et heureux. Pour autant, ce monumental ouvrage dont Maïmonide nous dit qu’il mettra « toutes les règles à la portée du petit comme du grand » est, au total, constitué de quatorze livres. La tâche qui reste donc à accomplir est considérable et ne peut que nous inciter à l’humilité.

Le Michné Torah, on vient de le dire en citant son auteur est, au premier chef, une œuvre législatrice, une source essentielle pour la compréhension de l’orthopraxie et de l’orthodoxie juives modernes.  Par conséquent, c’est aussi, soulignons-le, une œuvre éthique.  Car, si la Loi est première pour assurer la constante présence du divin sur quoi la cité fait fond pour maintenir l’ordre juste, sa rigueur est contenue par le constant rappel de la dignité du prochain. Ainsi, le Michné Torah témoigne-t-il de l’évolution d’un monde où se rencontrent la loi juive et la société dans laquelle elle s’insère. Pour prendre un exemple sensible, Maïmonide fait apparaître, dans le « Livre des femmes », les améliorations successives apportées au statut de la femme par le droit talmudique. Au-delà, le Michné Torah est un livre-monde à travers lequel transparait tout le savoir de son temps : médical, physique, botanique… Le « Livre des semences » contient ainsi une description unique des anciennes techniques agricoles du Proche-Orient. Et des conseils diététiques qui peuvent nous sembler banals mais qui ne l’étaient assurément pas au douzième siècle nous sont aussi prodigués…

Voilà déjà d’excellentes raisons qui ont milité en faveur du projet et qui nous imposent de le mener à terme. Il en est une autre, importante aussi. Maïmonide philosophe versus Maïmonide législateur : qui est Maïmonide ? Dualité ou unité ? Comment le philosophe du Guide des égarés, inspirateur de Thomas d’Aquin qui en emprunte parfois des éléments verbatim, et le rabbin à l’impressionnante culture talmudique se rejoignent-ils ? Un accès enfin aisé au Michné Torah permettra de réexaminer à nouveaux frais cette question. Pour le chercheur non hébraïsant existe certes une traduction américaine. Elle est cependant assez ancienne et n’intègre pas le fruit des recherches entreprises plus récemment. En tout état de cause, il apparait parfaitement anormal qu’une œuvre de cette importance ne soit pas intégralement traduite en français !

Au demeurant, nous ressentons l’obligation de poursuivre ce projet jusqu’à son parfait achèvement comme d’autant plus impérieuse qu’il a reçu l’approbation du Grand Rabbin Bernheim, de Claude Sultan, Professeur au Séminaire israélite de France, d’Abraham Weingurt Professeur de droit comparé à l’Université Panthéon-Sorbonne. Et que, de surcroît, il s’honore de disposer d’une introduction, rédigée avant qu’il ne nous quitte, par Adin Steinzalts, le célèbre traducteur du Talmud et auteur de nombreux ouvrages.

Retour en haut