Lois relatives aux accessoires du Temple et à ceux qui y servent
Chapitre dix
Ce dernier chapitre décrit les règles d’habillement des cohanim, c’est-à-dire la manière de mettre et de porter les vêtements. Aucun vêtement ne doit manquer et rien ne doit faire séparation entre le vêtement et la peau. Un vêtement en trop équivaut aussi à un vêtement en moins. Enfin, on examine le mode d’interrogation des Ourim véToumim via le pectoral du grand-prêtre.
- Dans quel ordre le cohen revêt-il les habits ? Il revêt d’abord le caleçon et l’attache, au moyen de ses cordons, au-dessus de son nombril, autour des reins. Puis, il revêt la tunique. Il ceint ensuite la ceinture au niveau de ses coudes et l’entoure en faisant des tours superposés jusqu’au bout, puis il l’attache.
- Au sujet de la ceinture, il est dit expressément dans les écrits des Prophètes : « ils ne se ceindront pas bayaza», c’est-à-dire à un endroit du corps où ils transpirent. C’est là l’interprétation du verset que Yonathan ben Ouziel reçut des prophètes et il donna comme traduction de ce verset : « ils ceindront la ceinture sur leur cœur ». Puis, le cohen s’entoure la tête du turban comme d’un couvre-chef.
- Le grand-prêtre, après avoir ceint la ceinture, revêt la robe et, sur la robe, l’éphod et le pectoral. Puis, il ceint la ceinture de l’éphod sur la robe au-dessous du pectoral et c’est pourquoi la robe est appelée dans la Thora « robe de l’éphod », parce qu’il la ceint avec l’éphod. Puis, il enroule la tiare et attache la plaque frontale en faisant un nœud avec le cordon, à l’arrière, au-dessus de la tiare ; ses cheveux sont visibles entre la plaque frontale et la tiare, et c’est à cet endroit qu’il pose les téfiline de la tête, entre la plaque frontale et la tiare.
- C’est un commandement positif de confectionner ces vêtements et que le cohen serve en les portant, ainsi qu’il est dit : « et tu feras les vêtements saints pour Aaron ton frère» et concernant ses fils, il est dit : « puis tu feras approcher ses fils et tu les revêtiras de tuniques ». Un grand-prêtre qui a servi en portant moins que ces huit habits ou un cohen ordinaire qui a servi en portant moins que ces quatre habits est désigné comme « celui auquel il manque des vêtements » ; son service est disqualifié et il est passible de mort par le Ciel, comme un non cohen qui aurait servi. Car il est dit : « tu les ceindras de la ceinture […] et le sacerdoce sera à eux », ce qui signifie que lorsqu’ils portent sur eux leurs habits, ils sont investis de leur sacerdoce, mais lorsqu’ils ne portent pas sur eux leurs habits, ils ne sont pas investis de leur sacerdoce et sont considérés comme des non cohen, dont il est dit : « et l’étranger qui s’approchera mourra ».
- De même que le cohen auquel il manque des habits est passible de mort par le Ciel et disqualifie son service, de même le cohen qui porte des habits en trop, par exemple qui a revêtu deux tuniques ou deux ceintures ou le cohen ordinaire qui a servi en portant les vêtements du grand-prêtre, celui-là profane son service et est passible de mort par le Ciel.
- Il est dit, au sujet des vêtements de prêtrise : « sur sa peau… il les revêtira ». Cela enseigne que rien ne doit faire séparation entre sa peau et les vêtements : même un brin de fil détaché du vêtement, de la terre, ou un pou mort se trouvant entre la peau et le vêtement, constituent une séparation de sorte que le service du cohen est disqualifié. C’est pourquoi, le cohen ne peut pas servir en portant les téfiline du bras, parce qu’elles font séparation entre la peau et la tunique. En revanche, les téfiline de la tête ne font pas séparation puisqu’elles sont posées à un endroit qui n’est pas recouvert par les vêtements de prêtrise, et par conséquent, si le cohen désire mettre les téfiline de la tête au moment du service, il le peut.
- Le cohen doit faire attention au moment où il revêt les vêtements de prêtrise qu’il n’y ait pas de poussière fine entre son vêtement et sa peau, ni de pou, même vivant. Et il doit prêter attention que l’air ne pénètre pas au moment du service entre sa peau et son vêtement de sorte que le vêtement s’écarte de son corps. Il n’introduira pas la main sous son vêtement sur sa poitrine et ses poils ne sortiront pas du vêtement. Et il ne doit pas y avoir dans le vêtement un fil qui pend, presque détaché. Si, au cours du service, l’une de ces situations s’est présentée, son service reste tout de même valable.
- S’il a enroulé sur sa peau un morceau de tissu à un endroit où il n’y a pas de vêtement de prêtrise, par exemple, s’il l’a enroulé sur son doigt ou sur son talon, la règle suivante est appliquée : si ce morceau de tissu a une taille de trois doigts sur trois doigts, il constitue une « séparation » c’est-à-dire un ajout aux vêtements sacerdotaux et disqualifie le service du cohen. Si le tissu fait moins que cela, il ne constitue pas une séparation. Mais s’il s’agit d’une petite ceinture, étant donné qu’elle est considérée comme un vêtement en soi, elle disqualifie le service au titre de « vêtement en trop », même si elle ne présente pas une surface de trois doigts sur trois.
- Un cohen qui présente une blessure à la main a le droit d’enrouler dessus un jonc pour se soigner durant le chabbat ou un tissu qui ne fait pas trois doigts sur trois et de servir comme cela dans le Temple. Mais s’il a l’intention de faire sortir le sang de la plaie, c’est interdit. Cela, à condition que le jonc ou le tissu ne s’interpose pas entre sa peau et l’ustensile au moment du service.
- Dans le second Temple, ils firent les Ourim veToumim, c’est-à-dire le pectoral, pour compléter les huit vêtements que le grand-prêtre doit porter, bien qu’on ne posât pas de question à travers eux. Et pourquoi ne posait-on pas de question à travers eux ? Parce que l’inspiration divine n’était plus présente dans le second Temple; or, tout cohen qui ne parle pas sous l’inspiration divine et qui n’est pas habité par la Présence divine, on ne lui soumet pas de question au moyen des Ourim veToumim.
- Comment interroge-t-on les Ourim veToumim? Le grand-prêtre se tient debout, le visage en direction de l’arche, et celui qui pose la question se tient derrière lui, le visage face au dos du grand-prêtre, et il pose sa question : « Dois-je monter à tel endroit ou ne dois-je pas monter ? » ou autre question similaire. Il ne pose pas sa question à voix haute, mais ne se contente pas non plus de penser à sa question dans son cœur ; en fait, il la pose à voix basse, comme quelqu’un qui prie tout seul. Immédiatement, l’inspiration divine revêt le grand-prêtre, il observe le pectoral et voit, sous forme de vision prophétique, « Monte » ou « Ne monte pas », qui apparaît sur les lettres qui ressortent du pectoral devant lui, et il répond à l’intéressé : « Monte » ou « Ne monte pas ».
- On n’interroge pas les Ourim veToumim sur deux choses à la fois. Et si une personne interroge sur deux choses à la fois, on lui répond sur la première seulement. On n’interroge pas les Ourim veToumim pour les besoins d’une personne du commun, mais uniquement pour un roi, un av beit dine, ou celui qui pose une question qui relève du besoin de la communauté au sens large, ainsi qu’il est dit : « et il se tiendra devant Eléazar le prêtre, etc. qui interrogera pour lui le jugement des Ourim devant l’Éternel : c’est à sa voix qu’ils partiront, à sa voix qu’ils rentreront, lui-même et tous les enfants d’Israël avec lui et toute l’assemblée.» Les Sages ont donné l’interprétation suivante de ce verset : « lui-même », cela fait référence au roi ; « et tous les enfants d’Israël avec lui », cela fait référence au cohen qui est oint pour la guerre, celui que tous les enfants d’Israël suivent pour partir à la guerre, ou à celui qui pose une question qui relève du besoin de la communauté ; « et toute l’assemblée », cela fait référence au Grand Tribunal désigné comme « les yeux de l’assemblée ».
- Quand on trouve qu’il est fait référence dans les Prophètes à des cohanim portant un éphod en lin, cela ne veut pas dire qu’il s’agissait de grands-prêtres ; en effet, l’éphod du grand-prêtre n’est pas en lin. Même des lévites portaient un tel éphod, car Samuel le prophète était un lévite, et il est dit à son sujet : « un jeune homme portant un éphod de lin ». En fait, cet éphod était porté par les disciples des prophètes, et ceux qui étaient aptes à être habités par l’inspiration divine. On faisait savoir ainsi que celui-ci avait atteint le rang du grand-prêtre, qui parle avec l’inspiration divine s’exprimant par l’intermédiaire de l’éphod et du pectoral.
