Lois relatives aux accessoires du Temple et à ceux qui y servent

Chapitre six

Les chapitres précédents ont abordé le service des lévites et des cohanim dans le Temple. Les autres membres de la communauté, cependant, s’ils ne font pas à proprement parler le service dans le Temple, participent à celui-ci en envoyant une délégation chargée de les représenter. Ces représentants jeûnent et prient pour l’acceptation des offrandes, formulant à cette occasion requêtes et supplications et lisant certains passages de la Thora : c’est ce qu’on appelle le ma’amad. Certains des membres de la délégation se trouvent physiquement présents à Jérusalem lors des offrandes, d’autres se rassemblent à la synagogue du lieu où ils se trouvent. Ils sont aussi partagés en vingt-quatre groupes, correspondant aux vingt-quatre gardes de cohanim.

  1. Il n’est pas possible d’offrir un sacrifice sans que son propriétaire ne se tienne à ses côtés. Or, les sacrifices communautaires sont les sacrifices de tous les juifs, mais il est impossible que tous les juifs soient physiquement présents dans le parvis au moment du sacrifice. C’est pourquoi les premiers prophètes ont institué que l’on choisisse au sein d’Israël des hommes honorables, inspirés par la crainte de la faute, qui seront les délégués de tout Israël pour être présents auprès des sacrifices. On les appelle : les hommes de la délégation (maamad). Ils furent partagés en vingt-quatre délégations, correspondant au nombre de « garde » de cohanim et de lévites. Chaque délégation avait l’un de ses hommes qui était préposé à la tête de tous les autres, et on l’appelait « chef de la délégation ».
  2. Chaque semaine, les hommes de la délégation de la semaine se rassemblaient. Ceux d’entre eux qui se trouvaient à Jérusalem ou à proximité entraient dans le Temple avec la « garde » des cohanim et des lévites de la semaine. Quant à ceux qui se trouvaient loin de Jérusalem, lorsque le tour de leur délégation arrivait, ils se rassemblaient dans leur synagogue locale.
  3. Que faisaient les hommes de la délégation qui se rassemblaient, que ce soit à Jérusalem, au Temple, ou dans leurs synagogues locales? Ils jeûnaient le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi de leur semaine. En revanche, le vendredi, ils ne jeûnaient pas, en raison de l’honneur du chabbat ; le dimanche non plus, ils ne jeûnaient pas, afin de ne pas passer directement du plaisir du chabbat à un jeûne.
  4. Chaque jour de leur semaine de délégation, ils récitaient quatre prières : la prière du matin (cha’harit), la prière de l’après-midi (min’ha), la prière de clôture (néïla), et une autre prière entre la prière du matin et la prière de l’après-midi, prière en plus, propre à eux. Les cohanim qui priaient avec la délégation récitaient la bénédiction des cohanim à trois reprises chaque jour : durant la prière du matin, durant cette prière supplémentaire et durant la prière de clôture. Ils lisaient des passages dans le rouleau de la Thora et le texte était divisé en trois, de manière à être lu par trois personnes, et ce, deux fois chaque jour, durant la prière du matin et durant la prière supplémentaire. Mais à la prière de min’ha, ils ne lisaient pas dans le rouleau de la Thora, mais récitaient les passagespar cœur, comme quelqu’un qui récite par cœur le Chéma. Ils ne se rassemblaient pas le vendredi pour la prière de l’après-midi, parce qu’ils étaient occupés à préparer le chabbat.
  5. Le rassemblement de ces hommes pour chacune de ces quatre prières et la cérémonie qui s’y tient entre eux avec les prières, les supplications, les requêtes et la lecture de la Thora, est ce qu’on appelle maamad.
  6. Quels passages de la Thora lisaient-ils ? Les versets du récit de l’œuvre de la création : Dimanche, ils lisaient les passages: « Au commencement » et « Qu’il y ait un firmament ». Lundi, ils lisaient à nouveau « Qu’il y ait un firmament » et ajoutaient le passage « Que les eaux soient rassemblées ». Mardi, « Que les eaux soient rassemblées » et « Qu’il y ait des luminaires ». Mercredi, « Qu’il y ait des luminaires » et « Que les eaux fourmillent ». Jeudi, « Que les eaux fourmillent » et « Que la terre fasse sortir ». Vendredi, « Que la terre fasse sortir » et « Ainsi furent achevés ».
  7. Un passage long était lu par deux personnes et un passage court par une seule personne. Et les deux passages qu’ils lisaient lors de la prière du matin étaient ceux qu’ils relisaient lors de la deuxième prière, dans le rouleau de la Thora ; et ils étaient de nouveau récités par cœur à la prière demin’ha.
  8. Pendant les huit jours de Hanoucca durant lesquels on lit le Hallel dans la prière du matin, les hommes de la délégation ne faisaient pas de cérémonie demaamad lors de la prière du matin. Et chaque jour où il y avait un sacrifice supplémentaire (moussaf), il n’y avait de cérémonie de maamad ni durant leur seconde prière, ni durant la prière de l’après-midi (min’ha), mais seulement durant la prière du matin (Cha’harit) et la prière de clôture (neïla). Et chaque jour où il y avait une offrande de bois, il n’y avait pas de maamad durant la prière de clôture, mais seulement à la prière du matin, la seconde prière et la prière de l’après-midi.
  9. Qu’est-ce que l’offrande de bois ? Certaines familles avaient à tour de rôle un temps fixe pour se rendre en forêt et apporter du bois pour le bûcher sur l’autel. Et quand arrivait le jour réservé pour les membres d’une certaine famille d’amener du bois, ils offraient des holocaustes volontaires, c’est ce qu’on appelle l’offrande de bois. C’était pour eux comme un jour de Yom Tov et ils n’avaient pas le droit de prononcer une oraison funèbre, de jeûner et de faire un travail. (C’est là un usage.)
  10. Même un particulier qui fait don de bois ou de bûches pour le bûcher a l’interdiction, durant ce jour où il offre le bois au Temple, de prononcer une oraison funèbre, de jeûner et de travailler : c’est là la coutume qui a été adoptée.
  11. Les hommes de la délégation n’ont pas le droit de se couper les cheveux et de laver leurs vêtements durant leur semaine. Mais le jeudi, ils en ont le droit, en raison de l’honneur du chabbat. Et pour quelle raison les Sages leur ont-ils interdit de se couper les cheveux et de laver leurs vêtements durant la semaine? Afin qu’ils n’entrent pas dans leur semaine de délégation en étant négligés, mais qu’ils se coupent les cheveux et lavent leurs vêtements avant.
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