Lois relatives aux accessoires du Temple et à ceux qui y servent
Chapitre deux
Ce chapitre traite principalement de la confection de l’encens (ketoret) offert quotidiennement sur l’autel d’or, situé dans le Heikhal. L’encens est confectionné annuellement à partir d’onze ingrédients identifiés dans ce chapitre. Comme pour l’huile d’onction, il est interdit de reproduire un tel encens à des fins personnelles. Ce chapitre traite aussi de règles relatives à l’autel d’or et à l’arche sainte.
- L’encens que l’on brûlait quotidiennement sur l’autel était confectionné chaque année une fois par an pour toute l’année. Confectionner et brûler l’encens est un commandement positif, comme il est dit : « prends pour toi des aromates, etc. ». Quatre de ses ingrédients ont été mentionnés dans la Thora dans le verset cité; ce sont : le baume, l’ongle aromatique, le galbanum et l’oliban. Et les autres ingrédients relèvent d’une loi transmise à Moïse sur le Sinaï.
- Onze ingrédients ont été prescrits à Moïse sur le Sinaï et il faut respecter pour chacun d’eux un poids déterminé. On ajoute aussi d’autres ingrédients, sans poids précis : du sel de Sodome, des herbes du Jourdain ainsi qu’une herbe faisant monter la fumée. Seules certaines personnes connaissaient l’identité de cette herbe : elles détenaient ce savoir par tradition et gardaient jalousement le secret au sein de leur famille sans le révéler aux autres.
- Voici le poids prescrit pour chacunde ces onze ingrédients : le baume, l’ongle aromatique, le galbanum et l’oliban, pour chacun d’eux le poids de 70 mané – un mané équivalant à cent dinars d’argent ; le musc, ketsia, le nard et le safran, pour chacun le poids de 16 mané ; le coste, 12 mané ; le cinnamone, neuf mané ; l’écorce aromatique, trois mané. Le poids de tous les ingrédients réunis est donc de 368 mané. On pile tous ces ingrédients finement et on y ajoute un quart de kav de sel de Sodome ainsi que des herbes du Jourdain et l’herbe qui fait monter la fumée, en toute petite quantité. On brûle chaque jour sur l’autel d’or le poids d’un mané de cet encens. Il y a 365 mané correspondant au nombre de jours de l’année solaire ; quant aux trois mané restant, on les pile de nouveau la veille de Kippour pour les réduire en très fine poudre dont le grand-prêtre prend deux pleines poignées qu’il brûle le jour de Kippour. Et ce qui reste de ces trois mané est le « reste de l’encens » dont nous avons parlé dans les lois sur les sicles
- Le nataf (stacté) dont parle la Thora comme l’un des ingrédients de l’encensest l’arbre balsamique dont provient le baume, che’helet est « l’ongle » aromatique que les gens mettent dans les encens, et le galbanum est comme du miel noir dont l’odeur est forte ; c’est de la résine d’arbres que l’on trouve dans les villes de Grèce. Voici les noms des aromates en arabe : Oud blasane, Atsfar Tiv, Mïa, Lekhan, Mouski, Ktsia, Sanbeli Alnardine, Zafrane, Kocht, Oud, Kisr Salikah, Anebar.
- Comment prépare-t-on l’encens ? On apporte une quantité deneuf kav de savon de Karchina et on frotte avec celui-ci l’ongle aromatique, puis, on trempe l’ongle dans vingt et un kav de vin (de Kafrissin ou de vieux vin blanc) extrêmement fort. On pile ensuite finement chacun des ingrédients séparément. En écrasant les ingrédients, on dit : Hadek Heitev, Heitev Hadek « Écrase finement, finement écrase », tout le temps qu’on les écrase. Puis, on mélange tous les ingrédients ensemble.
- Toutes les procédures liées à la préparation de l’encens se font uniquement dans la sainteté, c’est-à-dire à l’intérieur du parvis du Temple et avec des ingrédients consacrés. Si l’encens a été composé à partir d’ingrédients achetés avec de l’argent profane ou dans un récipient profane, il est impropre.
- Deux fois par an, on remettait l’encens dans le mortier afin de le piler à nouveau et lui redonner ainsi de l’arôme. En été, on l’éparpillait afin qu’il ne se gâte pas ; en hiver, on le mettait en tas afin que son odeur ne se dissipe pas.
- Si l’on a mis dans l’encens ne serait-ce qu’une infime quantité de miel, il devient impropre. Si l’on a omis un seul de ses ingrédients, on est passible de mort par le Ciel, parce que cela devient un « encens étranger ». Si l’on a confectionné l’encens par petites quantités en respectant les proportions, il est valable ; même si on en a confectionné un demi–mané le matin et un demi–mané l’après-midi, c’est valable.
- Celui qui compose à des fins personnelles un encens avec ces onze ingrédients, dans les proportions indiquées, afin de le sentir, même s’il ne l’a finalement pas senti, est passible de retranchement pour cette composition en cas d’agissement délibéré. En cas d’agissement par inadvertance, il devra apporter une offrande expiatoire fixe. Même s’il n’a pas confectionné le poids total de 368 mané, mais seulement la moitié ou le tiers, étant donné qu’il a confectionné un encens en suivant les proportions indiquées, il est passible de retranchement, comme il est dit : « dans ces proportions vous n’en ferez pas pour vous … quiconque en fera comme lui pour le respirer sera retranché de son peuple ».
- S’il a composé l’encens en vue d’apprendre à le faire ou dans l’intention de le transmettre à la communauté, il est exempt de sanction. S’il a senti l’encens de l’offrande communautaire mais n’a pas composé un encens similaire à des fins personnelles, il n’est pas passible de retranchement, mais est régi par la loi relative à quiconque tire profit d’un bien consacré. La Thora n’a rendu passible de retranchement que celui qui compose l’encens dans les proportions indiquées en vue de le sentir.
- On brûle chaque jour l’encens sur l’autel d’or situé dans le Heikhal ; on n’offre rien d’autre dessus. Si quelqu’un a brûlé dessus un autre encens qui n’est pas comme celui-ci, ou y a brûlé un encens comme celui-ci qu’un particulier ou un groupe de personnes ont offert, ou y a offert une autre offrande et non de l’encens ou y a versé des libations, il est passible de la flagellation, ainsi qu’il est dit : « vous ne ferez pas monter sur lui un encens étranger, holocauste ou oblation, etc. »
- Lorsque l’on transporte l’arche sainte d’un endroit à l’autre, on ne la transporte ni à dos d’animal, ni sur un chariot ; plutôt, c’est un commandement positif de la porter sur l’épaule. Et c’est en raison de l’oubli du roi David, qui fit transporter l’arche sur un chariot, qu’Ouzza fut frappé et mourut. C’est un commandement positif de la transporter sur l’épaule, ainsi qu’il est dit : « chargés du service des objets sacrés, ils devaient les porter sur les épaules ».
- Lorsque les lévites transportent l’arche sur l’épaule, ils la portent en se tenantface à face l’un à l’autre, de sorte que leur dos est tourné vers l’extérieur et leur visage vers l’intérieur face à l’arche. Ils doivent prêter attention à ce que les barres par lesquelles l’arche est portée ne glissent pas des anneaux dans lesquels elles sont insérées. En effet, celui qui retire l’une des barres des anneaux de l’arche est passible de la flagellation, car il est dit : « dans les anneaux de l’arche seront les barres, elles ne seront pas retirées ».
