Lois relatives aux accessoires du Temple et à ceux qui y servent
Chapitre un
Ce premier chapitre porte principalement sur l’huile d’onction. Cette huile, dont la composition est prescrite par la Thora, fut préparée par Moïse et servit notamment à consacrer le tabernacle et ses accessoires, lors de la traversée du désert. Cette huile est aussi destinée à l’onction du grand-prêtre ainsi que des rois de la dynastie davidique. Il est interdit de la reproduire ou de l’utiliser à des fins personnelles. On se réfèrera au texte biblique (Ex. 30, 22-33).
- C’est un commandement positif de confectionner l’huile d’onction afin qu’elle soit prête pour oindreles choses qui requièrent l’onction avec celle-ci, ainsi qu’il est dit : « tu en feras une huile d’onction sainte ».
- Ainsi Moïse notre maître fit cette huile dans le désert : il prit du mor, du cinnamone et du kida, de chacun des trois le poids decinq cents sicles, selon le poids du sicle saint, et des joncs aromatiques le poids de deux cent cinquante sicles. Ce que dit la Thora : « du cinnamone odorant, la moitié de sa mesure : deux cents cinquante » indique qu’on pesait le cinnamone en deux fois, à chaque fois le poids de deux cent cinquante sicles, ce qui fait au total cinq cents sicles. Il réduisit en poudre chacune de ces espèces séparément, puis mélangea le tout. Il les fit tremper dans de l’eau limpide et douce jusqu’à ce que tout l’arôme s’exprime dans l’eau, et il versa dans l’eau un hine d’huile d’olive, ce qui correspond à douze logs, chaque log correspondant à quatre révi’it. Il fit bouillir le tout sur le feu jusqu’à ce que l’eau s’évapore et qu’il ne reste plus que l’huile. Et il déposa cette huile dans un récipient afin qu’elle serve pour les générations futures.
- Le mor est le « sang » secrété par un animal sauvage originaire des Indes, connu de tous, avec lequel les gens se parfument en tous lieux. Le cinnamone est un bois originaire des îles des Indes, qui dégage une bonne odeur et avec lequel les gens se parfument. Le kida est le coste. Et les joncs aromatiques sont des joncs fins comme de la paille, rouges, qui proviennent des îles des Indes et qui ont une bonne odeur ; ce sont des types d’aromates que les médecins mettent dans le baume.
- Celui qui confectionne une huile d’onction de la manière indiquée plus haut et dans les mêmes quantités, sans ajouter ni diminuer, est passible de retranchement (karet) s’il a agi délibérément. S’il a agi par inadvertance, il est tenu d’apporter une offrande expiatoire fixe. Car il est dit : « quiconque ferait une composition semblable… sera retranché d’entre son peuple». La peine de retranchement (karet) s’applique seulement s’il a fait cette huile pour s’en oindre lui-même. En revanche, s’il l’a faite en vue d’apprendre comment l’huile d’onction était préparée ou en vue d’en faire don aux autres, il est exempt de sanction.
- Celui qui applique délibérément sur son corps un volume d’un kazaït d’huile d’onction est passible de retranchement. S’il a agi par inadvertance, il doit apporter une offrande expiatoire fixe, ainsi qu’il est dit : « et qui en appliquera sur un profane sera retranché de son peuple ». Cela ne concerne que l’utilisation de l’huile d’onction confectionnée par Moïse, ainsi qu’il est dit : « qui en appliquera », c’est-à-dire de cette huile dont il est dit : « huile d’onction sainte elle sera pour Moi ». Il n’a jamais été confectionné une autre huile d’onction que celle faite par Moïse.
- L’interdiction concerne aussi bien celui qui applique l’huile d’onction sur lui-même que celui qui l’applique sur d’autres personnes, ainsi qu’il est dit : « et qui en appliquera sur un profane ». En revanche, celui qui enduit avec de l’huile d’onctiondes objets, des animaux ou des gentils, qui leur sont assimilés, ou des morts, est exempt de sanction, car il est dit : « on n’en versera pas sur la chair d’un homme ».
- On n’oint avec l’huile d’onction préparée par Moïse pour les générations suivantesque les grands-prêtres, le cohen oint pour la guerre et les rois de la maison de David seulement. Même un grand-prêtre fils de grand-prêtre est oint, ainsi qu’il est dit : « et le cohen oint à sa place parmi ses fils, etc. »
- Dans le second Temple où il n’y avait pas d’huile d’onction, le grand-prêtre était élevé au-dessus des autres cohanim uniquement par le port des vêtements, c’est-à-dire en revêtant les huitvêtements du grand-prêtre.
- Comment oint-on le grand-prêtre ? On verse de l’huile du récipientsur sa tête et on applique de cette huile que l’on a versée, sur les paupières de ses yeux sous forme d’un khi grec comme ceci : X, ainsi qu’il est dit : « il versa de l’huile sur la tête d’Aaron, et il l’oignit pour le consacrer ». Les rois de la maison de David, sont oints en faisant avec l’huile comme une couronne sur leur tête, c’est-à-dire sur leur front.On ne doit pas appliquer l’huile sur d’autres parties du corps et on ne doit pas mettre plus d’huile que ce qui est requis, même sur les parties du corps où l’huile est appliquée.
- Celui qui verse de l’huile d’onction sur un roi ou un grand-prêtre déjà oint est exempt de la peine de retranchement. Car il est dit : « et qui en mettra sur un profane sera retranché» ; or, ceux-là ne sont pas des « profanes » par rapport à l’onction. En revanche, celui qui étale l’huile d’onction, même sur le corps d’un roi ou d’un grand-prêtre, est passible de retranchement, ainsi qu’il est dit : « sur la chair d’un homme elle ne sera pas répandue ». Cela concerne tout homme, même un roi ou un grand-prêtre. Un grand-prêtre qui prend de l’huile d’onction versée sur sa tête et l’applique sur son ventre est passible de retranchement s’il a appliqué une quantité d’huile correspondant à un kazaït.
- L’onction d’un roi se fait uniquement près d’une source. On n’oint pas un roi fils de roi, car la royauté est pour le roi un héritage qui se transmet à sa descendance à jamais, comme il est dit : « lui et ses fils au sein d’Israël ». Et s’il y a un désaccord quant au roi à désigner au sein de la descendance de David, on oint le roi choisi pour faire taire le désaccord et informer tout le monde que lui seul est roi. Ainsi le roi Salomon a été oint à cause du désaccord avec Adonias son frère qui contestait sa légitimité, Yoas fut ointà cause d’Athalie qui était la mère de son père et Joachaz fut oint en raison de Joïakim son frère qui était son aîné. Quant à l’onction de Jéhu par le prophète Élicha, bien que Jéhu ne fît pas partie de la dynastie davidique, il ne fut pas oint avec l’huile d’onction, mais avec de l’huile de baume. Telle est la tradition que les Sages ont reçue.
- Tous les ustensiles sacerdotaux que Moïse fit dans le désert furent sanctifiés en étant oints avec l’huile d’onction, ainsi qu’il est dit : « il les oignit et les sanctifia ». Cependant, cette règle concernant l’onction des ustensiles ne s’applique pas aux générations ultérieures. En fait, la règle pour les générations futures est que tous les ustensiles deviennent sanctifiés dès qu’ils sont utilisés dans le Temple pour la fonction à laquelle ils sont destinés, ainsi qu’il est dit : « avec lesquels ils serviront dans le Sanctuaire » ; c’est par le service qu’ils deviennent sanctifiés.
- Les cuillers et les plats destinés à contenir la farine des oblations, et de même, les coupes destinées à recueillir le sang des sacrifices et les autres ustensiles sacerdotaux étaient en argent et en or. Toutefois, il est permis de les faire avec d’autres métaux si la communauté n’a pas les moyens, comme nous l’avons expliqué. Et tous deviennent sanctifiés en étant utilisés pour la fonction à laquelle ils sont destinés. S’ils se brisent, on ne les répare pas ; on fait fondre le métal et on en fait un autre ustensile neuf. Leur sainteté ne les quitte jamais, même lorsqu’ils sont brisés.
- On ne bouche pas les ustensiles sacerdotaux qui ont été perforés ou fendus, mais on les fait fondre et on en fait des neufs.
- Si la lame d’un couteau a été séparée du manche ou qu’un couteau a été ébréché, on ne remet pas en place la lame dans le manche et on n’aiguise pas le couteau ébréché, mais on les enfouit dans l’endroit qui se trouve sur le côté du Heikhal, entre le Kodech et l’Oulam, au sud, et on fabrique d’autres couteaux à la place. On ne répare pas les ustensiles sacerdotaux brisés ou devenus défectueux, car la pauvreté n’a pas sa place dans un lieu de richesse.
- Il y avait deux mesures de capacité pour les solides dans le Temple : l’issarone et le demi-issarone ; l’issarone pour les oblations et le demi-issarone pour diviser l’oblation quotidienne du grand-prêtre.
- Il y avait sept mesures de liquides : le hine, le demi-hine, le tiers de hine, le quart de hine, le log, le demi-log, le quart de log. À quoi servaient le demi-hine, le tiers de hine et le quart de hine ? À mesurer les libations accompagnant les sacrifices. Le log servait à mesurer l’huile des oblations, le demi-log à mesurer l’huile de chacune des lampes du candélabre, et le quart de log à partager l’huile pour les ‘havitine.
- Nous n’avons rien à mesurer avec le hine. Pourquoi était-il présent ? Parce qu’il existait dans le Sanctuaire – le Tabernacle – à l’époque de Moïse, qui s’en servit pour mesurer l’huile en vue de la préparation de l’huile d’onction. Avec le demi-log qui se trouvait dans le Temple, on mesurait aussi l’eau pour la sota et l’huile pour les sacrifices de reconnaissance (toda). Avec le quart de log, on mesurait aussi l’huile pour le pain du nazir et l’eau vive pour la purification du metsora. Toutefois, le demi-log et le quart de log ne furent pas oints et sanctifiés en tant qu’ustensiles sacerdotaux en raison de ces dernières utilisations, mais en raison de l’usage qui en est fait dans les procédures saintes précédemment indiquées.
- Tous ces récipients demesures sont saints et font partie des ustensiles sacerdotaux ; cependant, les mesures de liquides étaient ointes avec l’huile d’onction de l’intérieur et de l’extérieur, que les mesures de solides étaient ointes seulement de l’intérieur. C’est pourquoi, le trop-plein débordant des mesures de liquides devenait sanctifié en s’écoulant sur la paroi extérieure du récipient, alors que le trop-plein des mesures de solides n’était pas sanctifié.
