Lois relatives à la Maison d’élection

Chapitre deux

Les chapitres deux et trois traitent des sept objets essentiels dans le Temple. Ce chapitre s’intéresse en particulier à l’autel des offrandes, avec sa rampe. Cet autel est appelé aussi autel « extérieur » parce qu’il se situe dans l’enceinte du parvis, hors du Heikhal. Les cohanim y accédaient par une rampe, en raison de l’interdit de la Thora de faire des marches pour monter sur l’autel, comme expliqué au chapitre précédent.

  1. L’autel doit être construit à un emplacement extrêmement précis, et on ne modifie jamais son emplacement, ainsi qu’il est dit : « et ceci est l’autel pour les holocaustes d’Israël ». C’est à l’endroit du Temple que notre père Isaac fut lié pour être offert à D.ieu, ainsi qu’il est dit : « et va vers le pays de Moria », et il est dit dans les Chroniques: « Salomon commença à bâtir la Maison de D.ieu à Jérusalem, sur le mont Moria, là où D.ieu était apparu à David son père, à l’endroit de David, sur l’aire d’Ornan le Jébuséen ».
  2. C’est une tradition acceptée par tous que l’endroit où David et Salomon bâtirent l’autel sur l’aire d’Ornan située sur le mont Moria, est l’endroit même de l’autel construit par Abraham et sur lequel il lia Isaac ; c’est aussi l’endroit où Noé construisit un autel en sortant de l’arche, et l’endroit de l’autel où Caïn et Abel apportèrent leur offrande, l’endroit où Adam fit une offrande lorsqu’il fut créé, et c’est de là que fut prise la poussière par laquelle il fut créé. Les Sages ont dit : « l’homme fut créé de la poussière prise à l’endroit même de l’autel qui est le lieu de son expiation ».
  3. Les dimensions de l’autel sont très précises, et sa forme connue par une transmission de maître à élève qui remonte à Moïse. L’autel bâti par les exilés, à leur retour de Babylonie, lors de la construction du second Temple, fut construit sur le modèle de l’autel qui sera construit à l’avenir dans le troisième Temple. On ne doit pas augmenter ou réduire les dimensions de l’autel.
  4. Trois prophètes revinrent avec eux d’exil. L’un certifia pour eux l’emplacement de l’autel, l’un certifia ses dimensions et l’un certifia qu’ils pouvaient apporter sur cet autel toutes les offrandes, bien que le Temple n’ait pas encore été reconstruit.
  5. L’autel fait par Moïse, l’autel fait par Salomon, l’autel fait par les exilés, comme l’autel qui sera fait à l’avenir, mesurent tous dix coudées de haut. Quant au verset de la Thora : « sa hauteur est de trois coudées », il désigne seulement l’endroit du bûcher, c’est-à-dire la partie supérieure de l’autel sur laquelle on offrait les sacrifices. L’autel construit par les exilés, tout comme l’autel qui sera reconstruit dans le troisième Temple, a pour longueur et largeur 32 coudées sur 32 coudées.
  6. Les dix coudées de la hauteur de l’autel comportent des coudées de cinq tefa’him et des coudées de six tefa’him. Toutes les autres coudées mentionnées dans la construction du Temple sont des coudées de six tefa’him. La hauteur de tout l’autel était de 58 tefa’him.
  7. Voici les dimensions et la forme de l’autel dans le second Temple: une hauteur de cinq tefa’him avec au-dessus un retrait de cinq tefa’him formaient la partie inférieure de l’autel que l’on appelle le soubassement (Yessod). Ainsi, à partir de cette hauteur, du fait du retrait, l’autel présentait une largeur de 30 coudées et deux tefa’him sur une largeur de 30 coudées et deux tefa’him. Puis, l’autel s’élevait sur 30 tefa’him et présentait ensuite un retrait de cinq tefa’him, formant le pourtour (Sovev). Ainsi, au-dessus du Sovev, l’autel présentait une largeur de 28 coudées et quatre tefa’him sur 28 coudées et quatre tefa’him. (À une hauteur de 18 tefa’him au-dessus du Sovev, à chacun des quatre coins, se trouvait un élément creux de forme carrée appelé corne). Les cornes occupaient une coudée de part et d’autre de chaque coin, en périphérie du bûcher. De même, le chemin de passage des cohanim en haut de l’autel occupait la largeur d’une coudée tout autour. La surface de l’emplacement du bûcher était donc de 24 coudées et quatre tefa’him sur 24 coudées et quatre tefa’him.
  8. La hauteur de chaque corne était de cinq tefa’him, et la surface de chacune était d’une coudée sur une coudée. Ces quatre cornes étaient creuses à l’intérieur. La partie supérieure de l’autel – c’est-à-dire la partie située au-dessus du Sovevoù se trouvait le bûcher faisait 18 tefa’him de hauteur. Le milieu de la hauteur de l’autel – 29 tefa’him – se trouvait donc en dessous du Sovev.
  9. Une ligne rouge entourait l’autel à mi-hauteur, (à environ six tefa’him en dessous du Sovev,) pour faire la distinction entre les sangs des offrandes que l’on appliquait dans la partie supérieure de l’autel et les sangs appliqués dans la partie inférieure. La hauteur de l’autel depuis le sol jusqu’à l’emplacement du bûcher sans prendre en compte les cornes était donc de neuf coudées moins un téfa’h.
  10. Le soubassement (Yessod) n’entourait pas l’autel de ses quatre côtés comme le faisait le pourtour (Sovev). Il longeait tout le côté nord et tout le côté ouest de l’autel ; et il dépassait du côté ouest d’une coudée au sud et du côté nord d’une coudée à l’est. Tout le coin sud-est était dépourvu de soubassement.
  11. Dans le coin sud-ouest du soubassement, se trouvaient deux trous ressemblant à deux fines narines, que l’on appelait chitine: les sangs descendaient par ces trous et se mélangeaient dans un canal pour s’écouler dans le torrent de Cédron.
  12. À côté de ce coin, sur le sol, se trouvait une ouverture d’une coudée sur une coudée, fermée par une dalle de marbre à laquelle était fixé un anneau, par laquelle on accédait à la fosse en dessous du soubassement pour la nettoyer.
  13. La rampe était construite au sud de l’autel, sur une longueur horizontale de 32 coudées pour une largeur de 16 coudées. Elle occupait au sol une longueur de 30 coudées en avant de l’autel, puis elle s’avançait d’une coudée sur l’endroit du soubassement et d’une coudée sur le Sovev. Un petit espace la séparait de l’autel afin que l’on dépose les membres des sacrifices sur le feu de l’autel en les lançant. La hauteur de la rampe était de neuf coudées moins un téfa’h, au même niveau que le bûcher.
  14. Il y avait aussi deux petites rampes accessoires qui partaient de la grande rampe, l’une à l’ouest par laquelle on accédait au soubassement et l’autre à l’est par laquelle on accédait au Sovev. Ces rampes accessoires atteignaient le soubassement et le Sovev mais ne les touchaient pas : elles étaient séparées de l’autel par un espace minime, comparable à l’épaisseur d’un cheveu. Il y avait une niche sur le flanc ouest de la rampe principale, d’une coudée sur une coudée, nommée revouva, où l’on déposait les offrandes expiatoires d’oiseaux disqualifiées, en attendant qu’elles se gâtent et soient emmenées à l’endroit où étaient brûlées les offrandes disqualifiées.
  15. Deux tables étaient disposées à l’ouest de la rampe, l’une en marbre sur laquelle on posait les membres des animaux offerts en holocauste, avant qu’ils ne soient brûlés sur l’autel, et l’autre en argent sur laquelle étaient disposés les ustensiles sacerdotaux.
  16. Lorsqu’on construit l’autel, on le construit en un bloc massif, comme une colonne, sans y laisser aucun espace creux. On apporte des pierres entières, grandes et petites, et on apporte de la chaux, de la poix et du vernis de plomb, que l’on mélange et on remplit avec ces liquides et les pierres un coffrage à la taille de l’autel. On construit ainsi l’autel niveau par niveau. On incorpore à l’assemblage une pièce de bois ou de pierre de la taille du soubassement c’est-à-dire d’une largeur d’une coudée tout le long du coin sud-est. De même, on place une pièce de bois ou de pierre à l’intérieur des quatre cornes, et on continue la construction normalement jusqu’à l’achèvement de l’ouvrage. Une fois l’ouvrage achevé, ces pièces sont retirées, de manière à laisser l’angle sud-est sans soubassement et les cornes creuses.
  17. Les quatre cornes de l’autel, le soubassement et la forme carrée sont indispensables à la validité de l’autel. Un autel auquel il manquerait une corne, le soubassement, la rampe ou la forme carrée est impropre au service car les quatre sont impératifs. En revanche, les dimensions prescrites concernant la longueur, la largeur et la hauteur de l’autel ne sont pas causes de disqualification si elles ne sont pas respectées ; cela, à condition que l’autel ne fasse pas moins d’une coudée sur une coudée et trois coudées de hauteur, ce qui correspond à la dimension de l’endroit du bûcher de l’autel dans le désert.
  18. Si l’autel est ébréché dans sa surface, c’est-à-dire que le bloc formé par la chaux est entamé, mais non les pierres elles-mêmes, la règle suivante est appliquée : si sa surface a été entamée sur un téfa’h, l’autel est impropre au service. Pour moins d’un téfa’h, il est valable, à condition qu’il n’y ait pas de pierre entamée.
Retour en haut