Lois de l’idolatrie et des pratiques des païens
Chapitre un
Ce chapitre expose dans un premier temps l’erreur fondamentale à l’origine de l’idolâtrie. Il montre ensuite comment cet égarement originel des hommes entraîna à sa suite plusieurs glissements, qui finirent par amener au culte des astres tel que nous le connaissons. C’est dans ce contexte que germa l’idée monothéiste dans l’esprit d’Abraham, et qu’un peuple craignant le D.ieu Unique naquit, apte à recevoir la Parole de D.ieu. Ce chapitre montre la centralité du combat contre l’idolâtrie, dessine les enjeux et raconte l’histoire de cette lutte dont les juifs sont les héritiers. Il sert donc d’introduction générale aux lois relatives à l’idolâtrie.
- Au temps d’Énoch, les hommes commirent une grande erreur de raisonnement et même les sages de cette génération faillirent à penser de façon juste. Énoch lui-même fit partie des errants. Telle fut leur erreur : « Étant donné, dirent-ils, que D.ieu a créé ces étoiles et ces sphères célestes pour régir le monde, qu’Il les a placées dans les hauteurs en leur faisant honneur, et qu’elles servent comme ministres devant Lui, il convient de les louer, de les glorifier et de les honorer. C’est assurément là la volonté de D.ieu, béni soit-Il : que l’on glorifie et honore ceux qu’Il a lui-même glorifiés et honorés, tout comme un roi désire que l’on honore les serviteurs qui se tiennent devant lui. Les honorer revient à honorer le roi ! » Quand cette idée leur fut venue à l’esprit, ils se mirent à bâtir des temples en l’honneur des astres et à leur offrir des sacrifices, à louer ces astres, les glorifier en paroles et à se prosterner devant eux. Dans leur idée erronée, ils pensaient ainsi accomplir la volonté du Créateur. Telle fut l’origine de l’idolâtrie et telles étaient les croyances des premiers idolâtres, ceux qui connaissaient les fondements originels de l’idolâtrie. Ils n’affirmaient donc pas qu’il n’existe pas de D.ieu si ce n’est telle ou telle étoile. Ils reconnaissaient D.ieu, tout en vouant un culte aux astres. C’est ce que dit le prophète Jérémie : « Qui ne te craindrait pas, ô, Roi des nations ? Car cette crainte T’est due : assurément, parmi tous les sages des nations et dans tous leurs royaumes, nul n’est semblable à Toi. Mais en une seule chose ils font preuve de déraison et de sottise : leurs vaines doctrines ne se résument qu’à des idoles faites de bois ». Autrement dit : tous savent que Tu es le seul D.ieu, mais leur erreur et leur folie consiste à penser que ces cultes vains représentent Ta volonté.
- Au fil du temps, de faux prophètes s’élevèrent parmi les hommes. Ceux-ci prétendaient que D.ieu s’était adressé à eux et leur avait ordonné ceci : « Servez telle étoile… » – ou bien « Vouez un culte à toutes les étoiles » -, « … offrez-lui tels sacrifices, telles libations. Bâtissez-lui un temple et façonnez la figure de cette étoile afin que tout le peuple – femmes, enfants et autres gens du peuple – se prosterne devant elle ! » Le faux prophète décrivait ensuite au peuple une figure qu’avait imaginée son esprit, affirmant que c’était la représentation de l’étoile en question, et que cette façon de la représenter lui avait été montrée dans sa vision prophétique. Ainsi, les hommes se mirent à fabriquer des figures dans les temples, sous les arbres, aux cimes des montagnes et sur les collines. Ils se rassemblaient et se prosternaient devant ces figures, affirmant à tout le monde que la figure avait le pouvoir de faire le bien et le mal et qu’il convenait donc de l’adorer et de la craindre. Les prêtres disaient aux gens : « Par tel culte, vous réussirez et prospérerez ! Faites ceci ! Ne faites pas cela ! » D’autres imposteurs apparurent ensuite et dirent que c’était l’étoile elle-même, la sphère ou l’ange qui s’étaient adressés à eux et leur avaient dit : « Adorez-moi de telle et telle façon » en enseignant un certain rituel, et « Faites ceci ! Ne pas faites cela ! » en énonçant des commandements et des interdits. Ainsi l’idolâtrie se répandit progressivement dans le monde entier : adorer des figures, avec des modalités de culte différentes l’une de l’autre selon les endroits, leur offrir des sacrifices et se prosterner devant elles devint universel. Au fil du temps, le Nom révéré et redoutable de D.ieu fut donc oublié de l’humanité et banni des lèvres et des cœurs. Tous les gens du commun, les femmes, les enfants ne connaissaient plus que la figure de bois ou de pierre et le temple de pierre où, depuis leur plus jeune âge, ils avaient été éduqués à se prosterner devant l’idole, à l’adorer, et à prêter serment en son nom. Même leurs sages, tels les prêtres et autres hommes du même rang, qui savaient que la statuette de bois n’était pas un dieu en soi et que le service des figures était en réalité destiné aux astres qu’elles représentaient, imaginaient qu’il n’existait nul autre dieu que les étoiles et les sphères qu’ils servaient, pour lesquelles et à l’image desquelles les figures avaient été fabriquées. Le Roc éternel n’était plus connu de personne, à l’exception de quelques individus exceptionnels et isolés dans le monde, comme Hanokh, Mathusalem, Noé, Sem et Ever. C’est ainsi que le monde suivit son cours, jusqu’à ce que naisse le pilier du monde, Abraham, notre père.
- Dès que ce « puissant » fut sevré, alors qu’il n’était encore qu’un enfant, il se mit à réfléchir. Jour et nuit, il méditait et une chose ne cessait de le déconcerter : « Comment est-il possible que la sphère célestetourne continuellement, sans personne pour la mettre en mouvement ? Qui la fait donc tourner ? Il est pourtant impossible qu’elle se fasse tourner elle-même ! » Abraham n’avait pas d’enseignant, ni personne pour l’instruire. Il vivait, à Ur, en Chaldée, entouré de sots idolâtres. Son père et sa mère, de même que toute la population, adoraient des idoles. Abraham aussi, d’ailleurs, rendait ce culte avec eux. Mais son esprit ne cessait de méditer et il réfléchissait sans arrêt, jusqu’au moment où il trouva le chemin de vérité et, par sa juste réflexion, atteignit un chemin de pensée juste. Il comprit alors qu’il existe nécessairement un D.ieu unique qui, Lui seul, dirige la sphère supérieure, un D.ieu qui a créé tout ce qui existe et que, dans la réalité tout entière, il n’est pas d’autre divinité que Lui. Il prit alors conscience que le monde entier était dans l’erreur et que c’était l’adoration des étoiles et des figures qui avait entraîné cette erreur, au point que la vérité avait disparu de l’esprit des gens. À l’âge de quarante ans, Abraham reconnut définitivement son Créateur. Dès lors, Abraham se mit à réfuter le paganisme des habitants d’Ur et à débattre avec eux. Il leur annonçait : « La voie que vous suivez n’est pas celle de la vérité ». Il brisa les idoles et commença à enseigner au peuple que seul le D.ieu de l’Univers doit être adoré : c’est devant Lui uniquement qu’il convient de se prosterner, c’est à Lui qu’il convient d’offrir des sacrifices et des libations, afin que toutes les générations à venir Le reconnaissent. Il expliqua aux habitants de sa ville qu’il fallait détruire et briser toutes les figures afin d’éviter que tout le monde ne se trompe à nouveau comme eux s’étaient trompés, pensant qu’il n’existe pas d’autre dieu que ces figures. Abraham ayant fait triompher ses idées par son argumentation, le roi Nimrod chercha à le tuer. Mais Abraham fut sauvé miraculeusement et partit pour ‘Harane. Là-bas, il commença à convoquer à haute voix les foules pour leur enseigner qu’il n’existe qu’un seul D.ieu Qui gouverne l’univers tout entier, et que c’est Lui qu’il convient d’adorer. Il allait ainsi de ville en ville et de royaume en royaume, proclamant l’existence de D.ieu et rassemblant la population pour lui enseigner. Il atteignit ensuite la Terre de Canaan, et là aussi, il proclama ce message, comme il est dit : « Et il y proclama le Nom de l’Éternel, D.ieu de l’univers ». Quand les gens affluaient vers lui et l’interrogeaient sur ses dires, il répondait à chacun de la façon dont il comprendrait, jusqu’à ce qu’il finisse par le ramener sur le chemin de la vérité. Ainsi, des milliers de gens, des dizaines de milliers se joignirent à lui, devenant les « gens de la maison d’Abraham ». Abraham implanta dans leurs cœurs le principe fondamental du monothéisme et écrivit des ouvrages à ce sujet. Puis il l’enseigna à Isaac son fils. Isaac à son tour s’installa et prodigua son enseignement, ramenant ainsi les gens sur le chemin de D.ieu. Isaac instruisit ensuite Jacob et le préposa à l’enseignement. Jacob aussi prodigua son enseignement et ramena sur le chemin de D.ieu tous ceux qui se tournaient vers lui. Jacob notre père instruisit tous ses fils et mit à part Lévi, qu’il nomma à la tête. Il l’établit dans l’académie pour qu’il enseigne le chemin de D.ieu et garde les préceptes d’Abraham. Il ordonna aussi à ses enfants de ne jamais laisser s’interrompre la continuité des maîtres de la tribu de Lévi, afin que la doctrine d’Abraham ne soit pas oubliée. Ce mouvement continua ainsi, et prit de plus en plus d’ampleur parmi les enfants de Jacob et leurs partisans. Il se forma ainsi dans le monde, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, un peuple connaissant D.ieu. Mais après son long séjour en Égypte, le peuple d’Israël se remit à apprendre les pratiques païennes et à pratiquer l’idolâtrie comme les Égyptiens. Seule la tribu de Lévi restait fermement attachée au message des ancêtres d’Israël. La tribu de Lévi ne sombra jamais dans l’idolâtrie. Peu s’en fallut que le principe implanté par Abraham ne soit déraciné et que les descendants de Jacob ne sombrent à nouveau dans l’erreur et l’égarement des autres peuples. Mais D.ieu, par amour pour nous et eu égard au serment fait à Abraham notre père, envoya Moïse notre maître, maître de tous les prophètes et le mandata pour sortir les Juifs d’Égypte. Après que Moïse notre maître commença à prophétiser et qu’Israël fut choisi par le Tout-Puissant comme Son héritage, Il couronna son peuple des mitsvot et lui enseigna comment Le servir et comment traiter l’idolâtrie ainsi que tous ceux qui s’y égaraient.
