Lois relatives à la circoncision

Chapitre deux

Après avoir traité de l’obligation de la circoncision, le Rambam s’intéresse à présent à l’acte même de la circoncision. Celle-ci comprend trois étapes, qui sont mila, peria et metsitsa. Il est impératif de respecter la procédure pour que l’acte soit valable. On étudie aussi le cas d’une circoncision qui tombe un jour de chabbat. En effet, il est normalement interdit de causer un saignement durant le chabbat, mais l’interdit est repoussé par le devoir de la circoncision, comme expliqué au chapitre précédent. Toutefois, En revanche, il sera interdit de faire les préparatifs de la circoncision durant le jour sacré.

  1. Tous sont aptes à pratiquer la circoncision : même un juif incirconcis, un esclave cananéen, une femme ou un mineur peuvent pratiquer la circoncision en l’absence d’un homme pour le faire. En revanche, un non juif ne peut aucunement faire une circoncision. Toutefois, si une circoncision a été faite par un non juif, il n’est pas nécessaire de la refaire. Tout instrument peut être utilisé pour la circoncision, même une pierre tranchante, du verre ou tout autre objet tranchant. Mais on n’utilisera pas la tige d’un roseau, à cause du danger. Le mieux est de pratiquer la circoncision avec un instrument en fer, que ce soit un couteau ou des ciseaux. L’usage de tout Israël est d’utiliser un couteau.
  1. Comment s’effectue la circoncision? On sectionne toute la peau qui recouvre le gland, c’est-à-dire le prépuce, de sorte que le gland soit totalement mis à nu, et cette étape est appelée mila. Puis, on déchire la fine membrane sous-jacente à la peau à l’aide de l’ongle et on la rabat de part et d’autre, de sorte que la chair du gland soit bien visible, et cette étape est appelée peri’a. Après quoi, on pratique la succion de la plaie de manière à aspirer le sang des parties plus éloignées de la surface ; cela, afin d’éviter tout danger pour l’enfant, et cette étape est appelée metsitsa. Quiconque ne pratique pas la succion doit être démis de sa fonction de mohel. Après l’aspiration du sang, le mohel applique sur la plaie un pansement enduit d’un onguent, une compresse ou ce qui est semblable.
  1. Certains lambeaux de peau restants invalident la circoncision tandis que d’autres, non. Comment cela? S’il reste un morceau de la peau du prépuce qui recouvre la majorité de la hauteur du gland, l’enfant est considéré comme incirconcis, comme auparavant. Ce morceau de peau est un lambeau qui invalide la circoncisionEn revanche, s’il n’en reste qu’un petit peu de peau qui ne recouvre pas la majorité de la hauteur du gland, c’est un lambeau qui n’invalide pas la circoncision.
  1. Celui qui pratique une circoncision, tant qu’il y est occupé, doit se reprendre pour corriger et couper les lambeaux de peau restants, aussi bien lorsqu’il s’agit de lambeaux de peaux qui invalident la circoncision que lorsqu’il s’agit de lambeaux qui ne l’invalident pas. Mais s’il a retiré ses mains, il se reprend pour couper des lambeaux de peau qui invalident la circoncision, mais non pour couper des lambeaux de peau qui ne l’invalident pas. Si on a pratiqué la circoncision sans effectuer la peri’a – déchirure de la muqueuse – c’est comme si la circoncision n’avait pas été faite.
  1. Un enfant qui a une peau très flasque ou qui est bien en chair de sorte qu’il paraît incirconcis, la retombée de peau masquant le gland, on l’examine au moment de l’érection pour statuer. S’il apparaît circoncis lors de l’érection, aucune autre incision n’est nécessaire : il faut juste repousser en arrière la peau de part et d’autre, à cause de l’apparence produite. Mais s’il n’apparaît pas circoncis au moment de l’érection, il faut couper la peau excédentaire de part et d’autre jusqu’à ce que le gland soit découvert au moins en état d’érection. Cette règle est d’ordre rabbinique. Mais d’après la loi énoncée directement par la Thora, dès lors qu’il a été circoncis, même si à présent il paraît incirconcis, il n’est pas nécessaire de le circoncire à nouveau.
  1. Le chabbat, on fait tout ce qui est nécessaire à l’acte de la circoncision: on pratique l’ablation du prépuce (mila), la déchirure de la fine membrane (peri’a) et la succion. S’il reste des lambeaux de peau rendant la circoncision invalide, le mohel se reprend pour les couper, même s’il s’en rend compte après avoir fini l’opération de la circoncision ; et s’il s’agit de lambeaux de peau qui n’invalident pas la circoncision, il le fait uniquement s’il n’a pas encore fini l’opération. On applique un pansement enduit d’un onguent sur la plaie. En revanche, les préparatifs de la circoncision ne repoussent pas les interdits du chabbat. Comment cela? Si on ne trouve pas de couteau, on ne fabriquera pas un couteau le chabbat et on n’apportera pas non plus un couteau d’un endroit à un autre, fût-ce d’une cour à une autre en passant par une ruelle dépourvue d’érouv. L’ordonnance du érouv, bien que d’ordre rabbinique uniquement, n’est pas repoussée par la nécessité d’apporter un couteau pour la circoncision puisqu’il était possible de l’apporter avant chabbat.
  1. De même, on ne peut faire le chabbat aucun des préparatifs suivants : broyer les herbes médicinales nécessaires aux soins de la plaie, chauffer de l’eau pour laver l’enfant, préparer un pansement enduit d’un onguent, mélanger vin et huile pour appliquer sur la plaie. Si l’on n’a pas moulu le cumin depuis la veille de chabbat, on le mâchera pendant chabbat et on l’appliquera sur la plaie. Si l’on n’a pas préparé le mélange de vin et d’huile la veille, on les mettra chacun séparément. En règle générale, tous les préparatifs qu’il est possible de faire depuis la veille de chabbat ne repoussent pas les interdits du chabbat, et s’ils ont été oubliés, la circoncision sera repoussée au neuvième jour.
  1. Si, après la circoncision d’un enfant le chabbat, l’eau chaude se renverse ou que la poudre médicamenteuse s’éparpille, on fait tout le nécessaire pour l’enfant, en raison du danger qu’il encourt sans ces soins. Là où il est d’usage de laver le bébé, on peut le laver à l’eau chaude pendant le chabbat quand la circoncision a lieu en ce jour – et on peut le laver ainsi aussi bien avant qu’après la circoncision– ou bien quand le troisième jour à compter de la circoncision tombe pendant chabbat, qu’il s’agisse de laver tout le corps du bébé ou uniquement la plaie de la circoncision. Le troisième jour, il pourra être lavé tant avec de l’eau chauffée vendredi qu’avec de l’eau chauffée pendant chabbat, en raison du danger qu’il encourt.
  1. Si l’on a oublié d’amener un couteau la veille de chabbat, on peut demander à un non juif d’apporter un couteau pendant chabbat, à condition qu’il ne l’apporte pas via le domaine public. En règle générale: afin d’accomplir un commandement en temps voulu, il nous est permis de demander à un non juif de faire tout ce qui nous est interdit le chabbat par ordre rabbinique (chevout). En revanche, il nous est défendu de demander à un non juif de faire pendant chabbat tout ce qui nous est interdit par la Thora en tant que « travail ».
  1. Les préparatifs d’une circoncision, même lorsque celle-ci a lieu en temps voulu, ne repoussent pas les interdits de Yom Tov, puisqu’il est possible de les faire la veille de Yom Tov. Cette loi peut être déduite par un raisonnement a fortiori: si les préparatifs de la circoncision ne repoussent pas les activités interdites le chabbat par ordonnance rabbinique, comment pourraient-ils repousser un interdit de la Thora? Cependant, on peut broyer les ingrédients nécessaires aux soins un jour de Yom Tov puisqu’ils pourraient être utilisés pour la cuisine. On peut aussi battre le vin et l’huile ensemble pour les appliquer sur la plaie.
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