Lois relatives aux bénédictions

Chapitre dix

Le Rambam s’intéresse maintenant à ce qu’il a défini comme la seconde catégorie de bénédictions, les bénédictions de louange et de remerciement. Il convient d’exprimer sa gratitude envers D.ieu à chaque occasion, heureuse ou malheureuse. De même, on implorera la miséricorde divine devant un danger ou toute autre difficulté.

  1. Beaucoup d’autres bénédictions et d’autres textes qui ne sont ni introduits, ni conclus par la formule Baroukh ont été institués par les Sages en louange et en remerciement au Saint Béni soit-Il, comme les bénédictions de la prière que nous avons déjà exposées. Voici les bénédictions de louange et de remerciement: celui qui construit une nouvelle maison, achète de nouveaux objets ou vêtements, qu’il en ait déjà des semblables ou non, récite la bénédiction «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a donné vie, nous a maintenus et nous a fait parvenir à ce moment» (Chéhé’héyanou).
  1. De même, celui qui revoit un ami après un intervalle de trente jours récite la bénédiction Chéhé’héyanou. S’il le revoit après un intervalle de douze mois, il récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel qui fait revivre les morts.» Celui qui voit un fruit qui se renouvelle annuellement récite, la première fois qu’il le voit pour la nouvelle saison, la bénédictionChéhé’héyanou.
  1. En apprenant une bonne nouvelle, on récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui est bon et fait le bien». En apprenant une mauvaise nouvelle, on récite la bénédiction: «Béni… le juge de vérité». On a le devoir de bénir D.ieu de bon gré pour un évènement malheureux, tout comme l’on bénit D.ieu avec joie pour un heureux évènement, ainsi qu’il est dit: «Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu… de tout ton pouvoir»; cet amour abondant qui nous est prescrit par le verset exige que même dans la douleur, on remercie et on loue D.ieu avec joie.
  1. Lorsque quelqu’un connaît un évènement heureux ou qu’il apprend une bonne nouvelle, bien que les circonstances montrent que ce bienfait présent lui causera finalement du tort, il récite la bénédiction «Qui est bon et fait le bien». De même, s’il connaît un évènement malheureux ou s’il apprend une mauvaise nouvelle, bien que les circonstances indiquent qu’il en résultera finalement un bienfait, il récite la bénédiction: «Béni… juge de vérité», car la bénédiction n’est pas récitée sur les conséquences futures, mais sur ce qui s’est passé maintenant.
  1. À la suite de pluies abondantes, celui qui possède un champ récite la bénédiction Chéhé’héyanou. S’il possède le champ en commun avec une autre personne, il récite la bénédiction «Qui est bon et fait le bien». Quelqu’un qui n’a pas de champ dit la bénédiction suivante: «Nous sommes reconnaissants envers toi, Éternel notre D.ieu, pour chaque goutte que Tu as fait descendre pour nous, et même si notre bouche était remplie… de chants comme la mer… nous ne suffirions pas à Te remercier» jusqu’à «eux-mêmes remercieront, loueront, et béniront Ton Nom, notre Roi. Béni sois-Tu, Éternel, D.ieu digne de la multitude des remerciements, D.ieu digne de louanges».
  1. Quand récite-t-on la bénédiction pour la pluie? Dès que l’eau s’accumule sur le sol et que la pluie continue provoque l’apparition de bulles à la surface des flaques d’eau formées si bien que ces bulles se rejoignent l’une l’autre.
  1. Telle est la règle concernant celui à qui l’on annonce la mort de son père : s’il a des frères héritiers comme lui, il récite tout d’abord la bénédiction: « le juge de vérité», puis la bénédiction : «Qui est bon et fait le bien». S’il n’a pas de frère, il dit comme seconde bénédiction Chéhé’héyanou. En résumé, pour tout bienfait qui est commun à soi et à quelqu’un d’autre, on récite la bénédiction:«Qui est bon et fait le bien»; et pour un bienfait exclusivement personnel, on récite la bénédiction Chéhé’héyanou.
  1. Quatre personnes doivent exprimer leur reconnaissance envers D.ieu: un malade qui a guéri, un prisonnier qui a été libéré de prison, celui qui est parti en mer lorsqu’il rejoint la terre ferme, et celui qui a fait un trajet par la route lorsqu’il parvient dans un lieu habité. Ils doivent remercier D.ieu en présence de dix juifs, dont deux sages, comme il est dit: «Qu’ils l’exaltent dans l’assemblée du peuple, le Louent dans le conseil des anciens.» Comment remercie-t-on, et quelle bénédiction récite-t-on? On se tient au milieu de l’assemblée et on dit la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers,qui dispense des bienfaits aux coupables, qui m’a dispensé tout le bien»,et tous ceux qui entendent répondent: «Que Celui qui t’a dispensé le bien te dispense le bien à jamais».
  1. Celui qui voit un endroit où des miracles ont eu lieu pour le peuple juif, comme la Mer rouge,les gués du Jourdain, dit: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a fait des miracles pour nos pères à cet endroit.» Il en va de même pour tout endroit où des miracles ont eu lieu pour la collectivité, c’est-à-dire pour la majorité du peuple juif. En revanche, dans un endroit où un miracle a eu lieu pour un particulier, la personne concernée, son fils, et le fils de son fils récitent la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui m’a fait un miracle en cet endroit» ou «Qui a fait un miracle à mes pères à cet endroit». Celui qui voit la fosse aux lions où Daniel fut jeté ou la fournaise ardente (où furent jetés ‘Hanania, Michael et Azaria) récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a fait un miracle pour les justes à cet endroit.» Celui qui voit un endroit où l’on pratique l’idolâtrie récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui est patient envers ceux qui transgressent Sa volonté.» Devant un endroit d’où l’idolâtrie a été éradiquée, si c’est en terre d’Israël, on récite la bénédiction: «Qui a déraciné l’idolâtrie de notre pays»; et si c’est en diaspora, on récite la bénédiction :«Qui a déraciné l’idolâtrie de cet endroit». Dans les deux cas, on prononce ensuite la formule suivante : «De même que Tu as déraciné l’idolâtrie de cet endroit, ainsi, déracine-la de tous les endroits, et ramène le cœur de ceux qui servent les idoles à Ton service».
  1. Celui qui voit des maisons juives habitées récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui consolide la borne de la veuve». Si elles sont en état de ruine, il récite la bénédiction: « Béni le juge de vérité». Celui qui voit des tombes juives récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui vous a créés avec justice, vous a jugés avec justice, vous a entretenus avec justice, et vous a fait mourir avec justice; Il vous relèvera avec justice pour la vie du monde futur. Béni sois-Tu, Éternel, Qui fait revivre les morts».
  1. Celui qui voit six cent mille personnes en même temps, si ce sont des idolâtres, dit: «Elle va être confondue, votre mère; celle qui vous a donné le jour va connaître la rougeur de la honte. Tel sera le sort de ces nations: l’abandon, la ruine, la solitude». Si ce sont des juifs, en terre d’Israël, il dit: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, le Sage qui connaît les secrets». Celui qui voit des sages parmi les nations dit: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a donné de Sa sagesse à des êtres de chair et de sang». S’il voit des sages juifs, il dit la bénédiction: «Béni… Qui a donné de Sa sagesse à ceux qui Le craignent». S’il voit des rois juifs, il dit: «Qui a donné de Son honneur (et de Sa puissance) à ceux qui Le craignent.» S’il voit des rois non juifs, il récite la bénédiction: «Qui a donné de Son honneur à des êtres de chair et de sang».
  1. Celui qui voit une personne qui a la peau inhabituellement noire ou toute personne dont l’apparence faciale ou la conformation des membres est inhabituelle, récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui diversifie les créatures.» Celui qui voit un aveugle ou un amputé, un individu qui estfrappé d’ulcères, couvert de points ou atteint d’une difformité semblable, récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, le juge de vérité.» Et s’il s’agit d’une tare congénitale, on récite en les voyant la bénédiction «Qui change l’aspect des créatures». Qui voit un éléphant, un singe ou un hibou, récite la bénédiction «Béni… Qui diversifie les créatures».
  1. Qui voit de belles créatures particulièrement bien formées ou de beaux arbres, récite la bénédiction: «Béni… qui a de telles choses dans Son monde». Qui se rend dans les champs ou les jardins durant le mois de Nissan et voit des arbres florissants munis de bourgeons récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Qui n’a laissé aucun manque dans Son monde et y a créé de bonnes créatures et des arbres bons et beaux afin d’en faire profiter les hommes.»
  1. En présence de chacun des phénomènes suivants: les vents qui soufflent en forte tempête, tels ouragans et tornades, les éclairs, le tonnerre, les grondements entendus dans la terre lors de séismes, semblables au grondement de grosses meules, la lumière dans le ciel qui donne l’impression d’étoiles tombant et filant à grande vitesse d’un endroit à un autre, ce que l’on appelle étoiles filantes, ou comme des étoiles ayant une queue, les comètes, on récite la bénédiction: «Béni dont la force et la puissance emplissent le monde» ou, si l’on souhaite, la bénédiction «Qui accomplit l’œuvre de la création».
  1. À la vue des montagnes, des collines, des mers, des déserts ou des fleuves après trente jours sans les avoir vus, on récite la bénédiction«Qui accomplit l’œuvre de la création». Qui voit la grande mer à intervalles de trente jours ou plus, récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a créé la grande mer.»
  1. Qui voit l’arc-en-ciel récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Qui se souvient de l’alliance, est fidèle dans Son alliance, et tient Sa parole.» Qui voit la nouvelle lune récite la bénédiction: «Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui, par Sa parole, a créé les cieux et, par le souffle de Sa bouche, toutes leurs armées. Loi et temps Il leur a fixés, afin qu’ils ne modifient pas leur tâche. Ils sont heureux et joyeux d’accomplir la volonté de leur Créateur; travailleurs fidèles dont le travail est juste. Et à la lune Il a dit de se régénérer, couronne de beauté pour ceux qui sont soutenus par D.ieu depuis le ventre maternel et qui sont amenés à se régénérer comme elle et à glorifier leur Créateur pour la gloire de Son règne et pour tout ce qu’Il a créé. Béni sois-Tu, Éternel, Qui régénère les mois.»
  1. Il faut réciter cette bénédiction debout. Car quiconque récite la bénédiction sur la nouvelle lune en temps voulu est considéré comme s’il avait accueilli la Présence divine. Si l’on n’a pas récité la bénédiction la première nuit, on peut la réciter jusqu’au seizième jour après la nouvelle lune, qui est le moment où la lune est pleine.
  1. Lorsque l’équinoxe du printemps a lieu au début de la nuit de mardi à mercredi, au début du cycle de vingt-huit ans, celui qui voit le soleil le mercredi matin récite la bénédiction: «Béni Qui accomplit l’œuvre de la création». De même, lorsque la lune revient au début de son cycle, c’est-à-dire qu’elle revient au début de la constellation du bélier, au début du mois, et qu’elle n’est inclinée ni vers le nord, ni vers le sud. De même, lorsque chacune des cinq planètes, à savoir Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, revient au début de la constellation du bélier et qu’elle n’est inclinée ni vers le nord, ni vers le sud. De même à tout moment où la constellation du bélier apparaît montant du côté Est. En présence de chacun de ces phénomènes astronomiques on récite la bénédiction: «Qui accomplit l’œuvre de la création».
  1. Qui voit des maisons d’idolâtres dit: «L’Éternel démolira la maison des orgueilleux». Seraient-elles détruites, il dit: «D.ieu des vindictes, Éternel, D.ieu des vindictes, apparais! ». Quand on voit des tombes de païens, on dit: «Elle va être totalement confondue, votre mère…».
  1. Qui entre aux bains dit: «Qu’il Te plaise, Éternel mon D.ieu, de me faire entrer en paix et sortir en paix; sauve-moi de ce péril et de ce qui est semblable dans le futur». Lorsqu’il sort, il dit: «Je Te suis reconnaissant, Éternel mon D.ieu, de m’avoir sauvé du feu.»
  1. Qui va subir une saignée dit: «Qu’il te plaise, Éternel mon D.ieu, que cette activité soit un remède pour moi, car Tu es un médecin gracieux ». Lorsqu’il a fini, il dit: « Béni sois-Tu, Éternel, Qui guérit les malades.»
  1. Qui va mesurer son tas de blé dans la grange dit: «Qu’il te plaise, Éternel mon D.ieu, d’envoyer la bénédiction dans l’œuvre de mes mains». Quand il commence à mesurer, il dit: «Béni soit Celui qui dispense la bénédiction sur ce tas.» Mais s’il a d’abord mesuré et ensuite imploré la pitié de D.ieu, c’est une prière vaine. En règle générale, quiconque implore D.ieu pour un évènement passé, sa prière est vaine.
  1. Qui entre dans la maison d’étude dit: «Qu’il te plaise, Éternel mon D.ieu, que je ne trébuche passur une question de loi, que je ne déclare ni impur ce qui est pur, ni pur ce qui est impur, ni interdit ce qui est permis, ni permis ce qui est interdit, que je ne trébuche pas sur une question de loi et que mes collègues se rient de moi, et que mes collègues ne trébuchent pas et que je me rie d’eux.»
  1. Quand il sort de la maison d’étude, il dit: «Je suis reconnaissant envers Toi, Éternel mon D.ieu, de m’avoir donné part parmi ceux qui siègent à la maison d’étude et non parmi ceux qui sont assis aux coins de rue. Je me lève tôt et ils se lèvent tôt: je me lève tôt pour les paroles de la Thora et eux se lèvent tôt pour des futilités. Je peine et ils peinent: je peine pour les paroles de la Thora et suis récompensé tandis qu’eux peinent et ne sont pas récompensés. Je cours et ils courent: je cours vers la vie du monde futur, et ils courent vers le puits de la destruction.»
  1. Qui entre dans une ville forte dit: «Qu’il Te plaise, Éternel mon D.ieu, de me faire entrer en paix dans cette ville». S’il y est entré en paix, il dit: «Je Te remercie, Éternel mon D.ieu, de m’avoir fait entrer en paix.» Quand il s’apprête à partir, il dit: «Qu’il Te plaise, Éternel mon D.ieu, de me faire sortir de cette ville en paix.» S’il en est sorti en paix, il dit: «Je Te remercie, Éternel, mon D.ieu, de m’avoir fait sortir de cette ville en paix. Tout comme Tu m’as fait sortir en paix, ainsi, conduis-moi en paix, guide mes pas en paix, soutiens-moi pour être en paix, et sauve-moi de la main de tout ennemi et de toute personne embusquée sur la route.»
  1. En règle générale, on doit toujours implorer D.ieu en demandant pitié pour le futur, et Le remercier pour ce qui est passé, avec des remerciements et des louanges chacun selon ses capacités. Qui abonde continuellement dans les louanges et les remerciements pour D.ieu est digne d’éloges.
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