Chapitre un: Récitation du Chema, bénédictions, horaires
Le premier chapitre définit la mitsva de la récitation du Chema. Il détermine les passages de la Thora concernés, les horaires de récitation et les bénédictions qui l’accompagnent, soir et matin.
1
On récite le Chema deux fois chaque jour, le soir et le matin, ainsi qu’il est dit[1] : « à ton coucher et à ton lever » – c’est-à-dire à l’heure où les gens sont habituellement couchés, à savoir la nuit, et à l’heure où les gens ont l’habitude de se lever, à savoir le jour.
1
פַּעֲמַיִם בְּכָל יוֹם קוֹרְאִין קְרִיאַת שְׁמַע, בָּעֶרֶב וּבַבֹּקֶר. שֶׁנֶּאֱמַר (דברים ו ז) ״וּבְשָׁכְבְּךָ וּבְקוּמֶךָ״ בְּשָׁעָה שֶׁדֶּרֶךְ בְּנֵי אָדָם שׁוֹכְבִין וְזֶה הוּא לַיְלָה. וּבְשָׁעָה שֶׁדֶּרֶךְ בְּנֵי אָדָם עוֹמְדִין וְזֶה הוּא יוֹם
2
Que récite-t-on ? Trois passages, qui sont Chema[2], Vehaya im chamoa[3] et Vayomer[4]. On récite le passage Chema en premier, car s’y trouve le devoir de reconnaître l’unité de D.ieu, de L’aimer et d’étudier Sa Thora ; c’est là le principe fondamental dont tout dépend. Après le passage Chema, on récite le passage Vehaya im chamoa qui comprend une injonction relative à l’observance de tous les autres commandements[5], puis le passage des tsitsit, c’est-à-dire Vayomer qui comprend, lui aussi, une injonction relative au souvenir[6] de tous les commandements.
2
3
Bien que le commandement des tsitsit[7] ne s’applique pas la nuit, on récite le passage Vayomer la nuit parce qu’il comprend également le souvenir de la sortie d’Égypte ; or, nous avons le devoir d’évoquer la sortie d’Égypte le jour et la nuit, ainsi qu’il est dit[8]: « pour que tu te souviennes du jour où tu es sorti d’Égypte, tous[9] les jours de ta vie ». La récitation de ces trois passages dans cet ordre est ce qu’on appelle la « récitation du Chema ».
3
אַף עַל פִּי שֶׁאֵין מִצְוַת צִיצִית נוֹהֶגֶת בַּלַּיְלָה קוֹרְאִין אוֹתָהּ בַּלַּיְלָה מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּהּ זִכְרוֹן יְצִיאַת מִצְרַיִם וּמִצְוָה לְהַזְכִּיר יְצִיאַת מִצְרַיִם בַּיּוֹם וּבַלַּיְלָה שֶׁנֶּאֱמַר (דברים טז ג) ״לְמַעַן תִּזְכֹּר אֶת יוֹם צֵאתְךָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם כּל יְמֵי חַיֶּיךָ״. וּקְרִיאַת שָׁלֹשׁ פָּרָשִׁיּוֹת אֵלּוּ עַל סֵדֶר זֶה הִיא הַנִּקְרֵאת קְרִיאַת שְׁמַע
4
Celui qui récite le Chema, lorsqu’il termine le premier verset[10], doit dire à voix basse[11] : « Béni soit le Nom de la gloire de Son règne à tout jamais ». Puis, il reprend la récitation du premier passage normalement : « Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu, etc. » jusqu’à la fin. Pourquoi récite-t-on le Chema de cette façon, en incluant la phrase : « Béni soit… » ? Nous avons une tradition selon laquelle lorsque Jacob notre père rassembla ses enfants en Égypte, à l’heure de sa mort, il les exhorta et les encouragea au sujet de l’unité de D.ieu et de la voie de D.ieu suivie par Abraham son grand-père et Isaac son père. Il les questionna ainsi : « Mes fils ! Peut-être se trouve-t-il une défaillance[12] parmi vous ; peut-être l’un d’entre vous ne me suit-il pas en ce qui concerne l’unité de D.ieu ? », dans le même esprit que ce que nous dit Moïse[13] : « Peut-être y a-t-il parmi vous un homme ou une femme… dont le cœur se détourne aujourd’hui de l’Éternel notre D.ieu ? » Tous ses enfants répondirent alors : « Écoute, Israël, l’Éternel est notre D.ieu, l’Éternel est Un[14] », c’est à dire « Écoute-nous, ô notre père, Israël[15], l’Éternel est notre D.ieu, l’Éternel est Un ». Jacob l’ancien s’exclama : « Béni soit le Nom de la gloire de Son règne à tout jamais ». C’est pourquoi, tous les juifs ont adopté l’usage qui consiste à prononcer la louange exprimée par Israël l’ancien, après ce premier verset.
4
הַקּוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע כְּשֶׁהוּא גּוֹמֵר פָּסוּק רִאשׁוֹן אוֹמֵר בְּלַחַשׁ בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד וְחוֹזֵר וְקוֹרֵא כְּדַרְכּוֹ (דברים ו ה) ״וְאָהַבְתָּ אֵת יְיָ׳ אֱלֹהֶיךָ״ עַד סוֹפָהּ. וְלָמָּה קוֹרִין כֵּן. מָסֹרֶת הִיא בְּיָדֵינוּ שֶׁבְּשָׁעָה שֶׁקִּבֵּץ יַעֲקֹב אָבִינוּ אֶת בָּנָיו בְּמִצְרַיִם בִּשְׁעַת מִיתָתוֹ צִוָּם וְזֵרְזָם עַל יִחוּד הַשֵּׁם וְעַל דֶּרֶךְ ה׳ שֶׁהָלַךְ בָּהּ אַבְרָהָם וְיִצְחָק אָבִיו וְשָׁאַל אוֹתָם וְאָמַר לָהֶם בָּנַי שֶׁמָּא יֵשׁ בָּכֶם פַּסְלוּת מִי שֶׁאֵינוֹ עוֹמֵד עִמִּי בְּיִחוּד הַשֵּׁם כָּעִנְיָן שֶׁאָמַר לָנוּ משֶׁה רַבֵּנוּ (דברים כט יז) ״פֶּן יֵשׁ בָּכֶם אִישׁ אוֹ אִשָּׁה״ וְגוֹ׳. עָנוּ כֻּלָּם וְאָמְרוּ (דברים ו ד) ״שְׁמַע יִשְׂרָאֵל יְיָ׳ אֱלֹהֵינוּ יְיָ׳ אֶחָד״. כְּלוֹמַר שְׁמַע מִמֶּנּוּ אָבִינוּ יִשְׂרָאֵל יְיָ׳ אֱלֹהֵינוּ יְיָ׳ אֶחָד. פָּתַח הַזָּקֵן וְאָמַר בָּרוּךְ שֵׁם כְּבוֹד מַלְכוּתוֹ לְעוֹלָם וָעֶד. לְפִיכָךְ נָהֲגוּ כָּל יִשְׂרָאֵל לוֹמַר שֶׁבַח שֶׁשִּׁבֵּחַ בּוֹ יִשְׂרָאֵל הַזָּקֵן אַחַר פָּסוּק זֶה
5
Celui qui récite le Chema doit prononcer des bénédictions avant et après sa récitation. Le jour[16], deux bénédictions avant et une après ; et la nuit, deux bénédictions avant et deux après.
5
הַקּוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע מְבָרֵךְ לְפָנֶיהָ וּלְאַחֲרֶיהָ. בַּיּוֹם מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם לְפָנֶיהָ וְאַחַת לְאַחֲרֶיהָ. וּבַלַּיְלָה מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם לְפָנֶיהָ וּשְׁתַּיִם לְאַחֲרֶיהָ
6
La première bénédiction qui précède la récitation du Chema le jour est : « Celui qui forme la lumière et crée l’obscurité, etc. » et la seconde bénédiction : « Tu nous as aimés d’un amour éternel ». La bénédiction qui suit le Chema est : « Vrai et établi ». La nuit, la première bénédiction qui précède le Chema est : « Celui qui amène les soirées etc. » et la seconde : « Tu as aimé d’un amour éternel la maison d’Israël, Ton peuple ». La première bénédiction qui suit le Chema est : « Vérité et foi », et la seconde : « Fais que nous nous couchions ».
6
בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה שֶׁלְּפָנֶיהָ בַּיּוֹם יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חשֶׁךְ וְכוּ׳ וּבְרָכָה שְׁנִיָּה אַהֲבַת עוֹלָם אֲהַבְתָּנוּ. וְשֶׁל אַחֲרֶיהָ אֱמֶת וְיַצִּיב. וּבְרָכָה רִאשׁוֹנָה שֶׁלְּפָנֶיהָ בַּלַּיְלָה מַעֲרִיב עֲרָבִים וְכוּ׳ שְׁנִיָּה לָהּ אַהֲבַת עוֹלָם בֵּית יִשְׂרָאֵל עַמְּךָ אָהַבְתָּ כוּ׳. וּבְרָכָה רִאשׁוֹנָה שֶׁל אַחֲרֶיהָ אֱמֶת וֶאֱמוּנָה. שְׁנִיָּה לָהּ הַשְׁכִּיבֵנוּ
7
La première bénédiction qui précède le Chema, le jour comme la nuit, est introduite et conclue par la formule Baroukh (« Béni sois-Tu… »). Quant aux autres bénédictions du Chema, chacune d’entre elles est conclue par Baroukh, mais elles ne sont pas introduites par Baroukh. Ces bénédictions, ainsi que les autres bénédictions[17] familières à tous les juifs, furent instituées par Ezra le scribe et son tribunal, les « membres de la Grande Assemblée[18] ». Personne n’est en droit de les écourter, ni de les allonger. Là où ils instituèrent de conclure par la formule Baroukh, il n’est pas permis d’omettre cette formule, et là où ils instituèrent de ne pas conclure par Baroukh, il n’est pas permis de conclure ainsi. Là où ils instituèrent de ne pas commencer par Baroukh, il n’est pas permis de commencer ainsi. Là où ils instituèrent de commencer par Baroukh, il n’est pas permis d’omettre cette formule. En règle générale, quiconque s’écarte de la formulation instituée par les Sages pour les bénédictions est dans l’erreur et doit réciter de nouveau la bénédiction en question comme il se doit. Quiconque n’a pas récité la bénédiction « Vrai et établi » le matin ou « Vérité et foi… » le soir n’a pas rempli son devoir[19].
7
בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה שֶׁלְּפָנֶיהָ בֵּין בַּיּוֹם בֵּין בַּלַּיְלָה פּוֹתֵחַ בָּהּ בְּבָרוּךְ וְחוֹתֵם בָּהּ בְּבָרוּךְ. וּשְׁאָר בִּרְכוֹתֶיהָ חוֹתֵם בְּכָל אַחַת מֵהֶן בְּבָרוּךְ וְאֵין לָהֶם פְּתִיחָה בְּבָרוּךְ. בְּרָכוֹת אֵלּוּ עִם שְׁאָר כָּל הַבְּרָכוֹת הָעֲרוּכוֹת בְּפִי כָּל יִשְׂרָאֵל עֶזְרָא הַסּוֹפֵר וּבֵית דִּינוֹ תִּקְּנוּם וְאֵין אָדָם רַשַּׁאי לִפְחֹת מֵהֶם וְלֹא לְהוֹסִיף עֲלֵיהֶם. מָקוֹם שֶׁהִתְקִינוּ לַחְתֹּם בְּבָרוּךְ אֵינוֹ רַשַּׁאי שֶׁלֹּא לַחְתֹּם. וּמָקוֹם שֶׁהִתְקִינוּ שֶׁלֹּא לַחְתֹּם אֵינוֹ רַשַּׁאי לַחְתֹּם. מָקוֹם שֶׁהִתְקִינוּ שֶׁלֹּא לִפְתֹּחַ בְּבָרוּךְ אֵינוֹ רַשַּׁאי לִפְתֹּחַ. מָקוֹם שֶׁהִתְקִינוּ לִפְתֹּחַ אֵינוֹ רַשַּׁאי שֶׁלֹּא לִפְתֹּחַ. כְּלָלוֹ שֶׁל דָּבָר כָּל הַמְשַׁנֶּה מִמַּטְבֵּעַ שֶׁטָּבְעוּ חֲכָמִים בַּבְּרָכוֹת הֲרֵי זֶה טוֹעֶה וְחוֹזֵר וּמְבָרֵךְ כַּמַּטְבֵּעַ. וְכָל שֶׁאֵינוֹ אוֹמֵר אֱמֶת וְיַצִּיב בְּשַׁחֲרִית וֶאֱמֶת וֶאֱמוּנָה בְּעַרְבִית לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ
8
Si l’on a récité la seconde bénédiction avant la première, que ce soit le jour ou la nuit, qu’il s’agisse des bénédictions qui précèdent ou qui suivent le Chema, on a rempli son obligation, car il n’y a pas d’ordre absolu dans les bénédictions. Dans l’office du matin, si l’on a commencé par « Celui qui forme la lumière[20] » et conclu par « Celui qui amène les soirées[21] », on n’est pas quitte. Si toutefois l’on a commencé par « Celui qui amène les soirées[22] » et conclu par « Celui qui forme la lumière[23] », on est quitte. Dans l’office du soir, si l’on a commencé par « Celui qui amène les soirées » et conclu par « Celui qui forme la lumière », on n’est pas quitte. Toutefois, si l’on a commencé par « Celui qui forme la lumière » et conclu par « Celui qui amène les soirées », on est quitte, car toutes les bénédictions sont déterminées par leur conclusion.
8
הִקְדִּים בְּרָכָה שְׁנִיָּה לִבְרָכָה רִאשׁוֹנָה בֵּין בַּיּוֹם בֵּין בַּלַּיְלָה בֵּין לְפָנֶיהָ בֵּין לְאַחֲרֶיהָ יָצָא לְפִי שֶׁאֵין סֵדֶר בַּבְּרָכוֹת. בְּשַׁחֲרִית פָּתַח יוֹצֵר אוֹר וְסִיֵּם מַעֲרִיב עֲרָבִים לֹא יָצָא. פָּתַח בְּמַעֲרִיב עֲרָבִים וְסִיֵּם בְּיוֹצֵר אוֹר יָצָא. וּבָעֶרֶב פָּתַח בְּמַעֲרִיב עֲרָבִים וְסִיֵּם בְּיוֹצֵר אוֹר לֹא יָצָא. פָּתַח בְּיוֹצֵר אוֹר וְסִיֵּם בְּמַעֲרִיב עֲרָבִים יָצָא. שֶׁכָּל הַבְּרָכוֹת הוֹלְכוֹת אַחַר חֲתִימָתָן
9
Quel est le temps propre à la récitation du Chema du soir ? La mitsva peut être accomplie depuis la sortie des étoiles jusqu’à la moitié de la nuit. Si l’on a transgressé cette règle en dépassant la moitié de la nuit, mais récité le Chema avant l’aube, on a tout de même rempli son obligation. En effet, les Sages n’ont dit de réciter le Chema avant la moitié de la nuit qu’en vue d’éloigner l’homme d’une faute par négligence[24].
9
אֵיזֶה הוּא זְמַן קְרִיאַת שְׁמַע בַּלַּיְלָה. מִצְוָתָהּ מִשְּׁעַת יְצִיאַת הַכּוֹכָבִים עַד חֲצִי הַלַּיְלָה. וְאִם עָבַר וְאִחֵר וְקָרָא עַד שֶׁלֹּא עָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ שֶׁלֹּא אָמְרוּ עַד חֲצוֹת אֶלָּא כְּדֵי לְהַרְחִיק אָדָם מִן הַפְּשִׁיעָה
10
Celui qui tarde et récite le Chema du soir après l’aube, avant le lever du soleil, n’est pas quitte de son obligation, à moins qu’il n’ait été dans un cas de force majeure ; par exemple s’il était ivre ou malade, ou dans une situation similaire. Celui qui, se trouvant dans un cas de force majeure, récite le Chema à ce moment, entre l’aube et le lever du soleil, ne récitera pas la bénédiction « Fais que nous nous couchions ».
10
הַקּוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע שֶׁל עַרְבִית אַחַר שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר קֹדֶם הָנֵץ הַחַמָּה לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ אֶלָּא אִם כֵּן הָיָה אָנוּס כְּגוֹן שִׁכּוֹר אוֹ חוֹלֶה וְכַיּוֹצֵא בָּהֶן. וְאָנוּס שֶׁקָּרָא בְּעֵת זֶה אֵינוֹ אוֹמֵר הַשְׁכִּיבֵנוּ
11
Et quel est le temps propre à la récitation du Chema du jour ? La mitsva est de commencer à réciter le Chema peu avant le lever du soleil de manière à conclure la dernière bénédiction avec le lever du soleil[25]. Ce temps pour la récitation correspond environ à un dixième d’heure avant que le soleil ne se lève. Si l’on s’est attardé et que l’on a récité le Chema après le lever du soleil, on a tout de même rempli son obligation, car le temps du Chema se prolonge jusqu’à la fin de la troisième heure de la journée[26] pour celui qui aurait transgressé[27] et se serait attardé.
11
וְאֵי זֶה הוּא זְמַנָּה בַּיּוֹם. מִצְוָתָהּ שֶׁיַּתְחִיל לִקְרוֹת קֹדֶם הָנֵץ הַחַמָּה כְּדֵי שֶׁיִּגְמֹר לִקְרוֹת וּלְבָרֵךְ בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה עִם הָנֵץ הַחַמָּה. וְשִׁעוּר זֶה כְּמוֹ [עִשּׂוּר] שָׁעָה קֹדֶם שֶׁתַּעֲלֶה הַשֶּׁמֶשׁ. וְאִם אִחֵר וְקָרָא קְרִיאַת שְׁמַע אַחַר שֶׁתַּעֲלֶה הַשֶּׁמֶשׁ יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ שֶׁעוֹנָתָהּ עַד סוֹף שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת בַּיּוֹם לְמִי שֶׁעָבַר וְאִחֵר
12
Celui qui a devancé l’heure et récité le Chema du matin peu après l’aube, bien qu’il ait terminé sa récitation avant le lever du soleil, est quitte de son obligation. En cas de difficulté, par exemple si l’on doit prendre tôt la route, on peut réciter le Chema à partir de l’aube.
12
מִי שֶׁהִקְדִּים וְקָרָא קְרִיאַת שְׁמַע שֶׁל שַׁחֲרִית אַחַר שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר אַף עַל פִּי שֶׁהִשְׁלִים קֹדֶם שֶׁתָּנֵץ הַחַמָּה יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ. וּבִשְׁעַת הַדְּחָק כְּגוֹן שֶׁהָיָה מַשְׁכִּים לָצֵאת לַדֶּרֶךְ קוֹרֵא לְכַתְּחִלָּה מִשֶּׁעָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר
13
Celui qui récite le Chema après les trois premières heures de la journée, même s’il a été dans un cas de force majeure, n’a pas rempli l’obligation de réciter le Chema en son temps ; il est considéré comme lisant simplement un passage de la Thora. Il peut réciter les bénédictions qui précèdent et suivent le Chema à tout moment de la journée, même si l’on a retardé la récitation après les trois premières heures.
13
הַקּוֹרֵא אַחַר שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת בַּיּוֹם אֲפִלּוּ הָיָה אָנוּס לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבַת קְרִיאַת שְׁמַע בְּעוֹנָתוֹ. אֶלָּא הֲרֵי הוּא כְּקוֹרֵא בַּתּוֹרָה. וּמְבָרֵךְ לְפָנֶיהָ וּלְאַחֲרֶיהָ כָּל הַיּוֹם אֲפִלּוּ אִחֵר וְקָרָא אַחַר שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת:
Chapitre deux : L’attention requise pour la récitation du Chema
Après avoir étudié, au chapitre précédent, les modalités relatives à la récitation du Chema, on s’intéresse à présent à l’attention qu’elle requiert. On exige, d’une part, la concentration et, d’autre part, une prononciation correcte et une récitation d’un seul trait. On verra aussi dans quelles conditions il est permis de s’interrompre au milieu de la récitation.
1
Celui qui a récité le Chema sans appliquer sa pensée[1] pendant la récitation du premier verset[2], qui est « Écoute Israël », n’a pas rempli son devoir. Quant aux autres versets, s’il les a lus sans y appliquer sa pensée, il est quitte. Même s’il était en train de lire dans la Thora comme à son habitude ou de lire le rouleau en vue de corriger une éventuelle erreur et qu’il a récité ces passages du Chema au moment voulu, il est quitte, à condition qu’il ait appliqué sa pensée[3] durant la récitation du premier verset.
1
הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע וְלֹא כִּוֵּן לִבּוֹ בְּפָסוּק רִאשׁוֹן שֶׁהוּא (דברים ו ד) ״שְׁמַע יִשְׂרָאֵל״ לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ וְהַשְּׁאָר אִם לֹא כִּוֵּן לִבּוֹ יָצָא. אֲפִלּוּ הָיָה קוֹרֵא בַּתּוֹרָה כְּדַרְכּוֹ אוֹ מַגִּיהַּ אֶת הַפָּרָשִׁיּוֹת הָאֵלּוּ בְּעוֹנַת קְרִיאָה יָצָא וְהוּא שֶׁכִּוֵּן לִבּוֹ בְּפָסוּק רִאשׁוֹן
2
Chacun peut réciter le Chema à son gré : debout, en marchant, allongé ou chevauchant un animal. Il est toutefois interdit de réciter le Chema couché sur le ventre, le visage contre le sol, ou allongé sur le dos, le visage vers le haut[1]. Mais on peut le réciter tout en étant allongé sur le côté. Une personne de forte corpulence, qui ne peut pas se retourner sur le côté, ou une personne malade s’inclineront légèrement sur le côté et réciteront le Chema.
2
3
Celui qui est en train de marcher doit s’arrêter pour réciter le premier verset[1] ; mais il peut réciter la suite en marchant. Quand quelqu’un est endormi, on le dérange et on le réveille jusqu’à ce qu’il lise le premier verset avec concentration. Pour la suite, s’il est pris de sommeil, on ne l’importune pas[2].
3
מִי שֶׁהָיָה מְהַלֵּךְ עַל רַגְלָיו עוֹמֵד בְּפָסוּק רִאשׁוֹן וְהַשְּׁאָר קוֹרֵא וְהוּא מְהַלֵּךְ. הָיָה יָשֵׁן מְצַעֲרִין אוֹתוֹ וּמְעִירִין אוֹתוֹ עַד שֶׁיִּקְרָא פָּסוּק רִאשׁוֹן וּמִכָּאן וְאֵילָךְ אִם אֲנָסַתּוּ שֵׁנָה אֵין מְצַעֲרִין אוֹתוֹ
4
Celui qui est occupé à un travail doit s’interrompre le temps de réciter le premier paragraphe du Chema en entier ; de même, les ouvriers doivent interrompre leur travail pour la récitation du premier paragraphe, afin que cette récitation ne soit pas accessoire[1]. Quant au reste du Chema, chacun peut le réciter tout en continuant son activité. Même si un travailleur se trouve au sommet d’un arbre ou en haut d’un mur, il peut réciter le Chema là où il se trouve, et il récite aussi les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent.
4
מִי שֶׁהָיָה עוֹסֵק בִּמְלָאכָה מַפְסִיק עַד שֶׁיִּקְרָא פָּרָשָׁה רִאשׁוֹנָה כֻּלָּהּ. וְכֵן הָאֻמָּנִין בְּטֵלִין מִמְּלַאכְתָּן בְּפָרָשָׁה רִאשׁוֹנָה כְּדֵי שֶׁלֹּא תְּהֵא קְרִיאָתָן עַרְאַי, וְהַשְּׁאָר קוֹרֵא הוּא כְּדַרְכּוֹ וְעוֹסֵק בִּמְלַאכְתּוֹ. אֲפִלּוּ הָיָה עוֹמֵד בְּרֹאשׁ הָאִילָן אוֹ בְּרֹאשׁ הַכֹּתֶל קוֹרֵא בִּמְקוֹמוֹ וּמְבָרֵךְ לְפָנֶיהָ וּלְאַחֲרֶיהָ
5
Si l’on est occupé à l’étude de la Thora et que l’heure de la récitation du Chema arrive, on interrompt l’étude pour réciter le Chema et l’on récite les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent. Si l’on est occupé à des besoins communautaires, on ne s’interrompt pas[1], mais on achève sa tâche et on récite ensuite le Chema, s’il en reste le temps.
5
הָיָה עוֹסֵק בְּתַלְמוּד תּוֹרָה וְהִגִּיעַ זְמַן קְרִיאַת שְׁמַע פּוֹסֵק וְקוֹרֵא וּמְבָרֵךְ לְפָנֶיהָ וּלְאַחֲרֶיהָ. הָיָה עוֹסֵק בְּצָרְכֵי רַבִּים לֹא יִפְסֹק אֶלָּא יִגְמֹר עִסְקֵיהֶן וְיִקְרָא אִם נִשְׁאָר עֵת לִקְרוֹת
6
Celui qui est en train de manger[1], qui se trouve aux bains, qui est en train de se couper les cheveux, de retourner des peaux[2] ou de siéger au tribunal, quand survient l’heure du Chema, peut terminer ce qu’il est en train de faire et réciter ensuite le Chema, dès lors qu’il reste encore suffisamment de temps pour la récitation. Si, craignant tout de même que ne passe l’heure de la récitation, il s’interrompt pour réciter le Chema, c’est louable.
6
הָיָה עוֹסֵק בַּאֲכִילָה אוֹ שֶׁהָיָה בַּמֶּרְחָץ אוֹ שֶׁהָיָה עוֹסֵק בְּתִסְפֹּרֶת אוֹ שֶׁהָיָה מְהַפֵּךְ בְּעוֹרוֹת אוֹ שֶׁהָיוּ עוֹסְקִין בַּדִּין גּוֹמֵר וְאַחַר כָּךְ קוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע. וְאִם הָיָה מִתְיָרֵא שֶׁמָּא יַעֲבֹר זְמַן קְרִיאָה וּפָסַק וְקָרָא הֲרֵי זֶה מְשֻׁבָּח
7
Si l’on est descendu s’immerger dans le bain rituel et que l’on a le temps de remonter, de se couvrir et de réciter le Chema avant le lever du soleil, on remontera, on se couvrira et on récitera le Chema. Mais si l’on craint de ne pas avoir le temps de réciter le Chema avant le lever du soleil[1], on immergera son corps dans l’eau et on récitera ainsi le Chema. On ne doit pas procéder ainsi dans de l’eau malodorante, dans de l’eau du rouissage du lin[2], ou dans de l’eau limpide à travers laquelle la nudité est visible ; mais on pourra immerger son corps dans de l’eau trouble qui ne dégage pas de mauvaise odeur et réciter le Chema sur place.
7
מִי שֶׁיָּרַד לִטְבּל אִם יָכוֹל לַעֲלוֹת וּלְהִתְכַּסּוֹת קֹדֶם שֶׁתָּנֵץ הַחַמָּה יַעֲלֶה וְיִתְכַּסֶּה וְיִקְרָא. וְאִם הָיָה מִתְיָרֵא שֶׁמָּא תָּנֵץ הַחַמָּה קֹדֶם שֶׁיִּקְרָא יִתְכַּסֶּה בַּמַּיִם שֶׁהוּא עוֹמֵד בָּהֶן וְיִקְרָא. וְלֹא יִתְכַּסֶּה לֹא בַּמַּיִם הָרָעִים שֶׁרֵיחָן רַע וְלֹא בְּמֵי הַמִּשְׁרֶה וְלֹא בְּמַיִם צְלוּלִין מִפְּנֵי שֶׁעֶרְוָתוֹ נִרְאֵית בָּהֶן. אֲבָל מִתְכַּסֶּה הוּא בְּמַיִם עֲכוּרִין שֶׁאֵין רֵיחָן רַע וְקוֹרֵא בִּמְקוֹמוֹ
8
On ne doit pas faire de signe des yeux, des lèvres ou des doigts quand on récite le Chema, afin que cette récitation ne soit pas superficielle. Si l’on a fait de tels signes, bien que l’on ait rempli son obligation, c’est là une conduite inconvenante. Il faut faire entendre à ses oreilles ce qu’on récite[1]. Néanmoins, si l’on a récité d’un ton imperceptible à ses oreilles[2], on est quitte. Il faut prononcer correctement les lettres. Néanmoins, si l’on n’a pas prononcé correctement les lettres, on est quitte.
8
הַקּוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע לֹא יִרְמֹז בְּעֵינָיו וְלֹא יִקְרֹץ בִּשְׂפָתָיו וְלֹא יַרְאֶה בְּאֶצְבְּעוֹתָיו כְּדֵי שֶׁלֹּא תִּהְיֶה קְרִיאָתוֹ עַרְאַי. וְאִם עָשָׂה כֵּן אַף עַל פִּי שֶׁיָּצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ הֲרֵי זֶה מְגֻנֶּה. וְצָרִיךְ לְהַשְׁמִיעַ לְאָזְנוֹ כְּשֶׁהוּא קוֹרֵא וְאִם לֹא הִשְׁמִיעַ לְאָזְנוֹ יָצָא. וְצָרִיךְ לְדַקְדֵּק בְּאוֹתִיּוֹתָיו וְאִם לֹא דִּקְדֵּק יָצָא
9
Qu’entend-on par « prononcer correctement les lettres » ? Il faut prêter attention à ne pas prononcer une lettre accentuée de manière non accentuée[1] ni une lettre sans accent de manière accentuée. Il ne faut ni omettre le cheva prononcé[2], ni prononcer le cheva muet[3]. C’est pourquoi, il faut marquer une pause entre deux mots, lorsque la dernière lettre du premier mot et la première lettre du mot suivant sont identiques. Par exemple, pour bekhol levavekha, il faut prononcer bekhol, marquer un arrêt, puis reprendre levavekha. Il en est de même pour vaavadtem mehéra et hakanaf petil[4]. Il faut prononcer distinctement le zaïn de tizkérou[5]. Par ailleurs, il faut prolonger le dalet de é’had suffisamment pour proclamer la royauté de D.ieu dans les cieux, sur la terre et dans les quatre directions[6]. Il ne faut pas écourter le ‘hèt, afin de ne pas donner l’impression de dire « é ‘had » qui signifierait « il n’y a pas d’un », à D.ieu ne plaise.
9
כֵּיצַד יְדַקְדֵּק. יִשְׁמֹר שֶׁלֹּא יַרְפֶּה הֶחָזָק וְלֹא יַחֲזִיק הֲרָפֶה וְלֹא יָנִיחַ הַנָּד וְלֹא יָנִיד הַנָּח. לְפִיכָךְ צָרִיךְ לִתֵּן רֶוַח בֵּין הַדְּבָקִים בֵּין כָּל שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת הַדּוֹמוֹת שֶׁאַחַת מֵהֶן סוֹף תֵּבָה וְהָאַחֶרֶת תְּחִלַּת תֵּבָה הַסְּמוּכָה לָהּ. כְּגוֹן בְּכָל לְבָבְךָ קוֹרֵא בְּכָל וְשׁוֹהֶה וְחוֹזֵר וְקוֹרֵא לְבָבְךָ. וְכֵן וַאֲבַדְתֶּם מְהֵרָה. הַכָּנָף פְּתִיל. וְצָרִיךְ לְבָאֵר זַיִ״ן שֶׁל תִּזְכְּרוּ. וְצָרִיךְ לְהַאֲרִיךְ בְּדָלֶ״ת שֶׁל אֶחָד כְּדֵי שֶׁיַּמְלִיכֵהוּ בַּשָּׁמַיִם וּבָאָרֶץ וּבְאַרְבַּע רוּחוֹת. וְצָרִיךְ שֶׁלֹּא יַחְטֹף בַּחֵי״ת כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהֵא כְּאוֹמֵר אֵי חָד
10
On peut réciter le Chema en toute langue que l’on comprend. Celui qui récite le Chema dans toute autre langue que l’hébreu doit prêter attention aux erreurs de traduction dans cette langue. Et il doit prononcer correctement les mots dans cette langue, comme quand on le récite dans la langue sainte.
10
קוֹרֵא אָדָם אֶת שְׁמַע בְּכָל לָשׁוֹן שֶׁיִּהְיֶה מְבִינָהּ. וְהַקּוֹרֵא בְּכָל לָשׁוֹן צָרִיךְ לְהִזָּהֵר מִדִּבְרֵי שִׁבּוּשׁ שֶׁבְּאוֹתוֹ הַלָּשׁוֹן וּמְדַקְדֵּק בְּאוֹתוֹ הַלָּשׁוֹן כְּמוֹ שֶׁמְּדַקְדֵּק בִּלְשׁוֹן הַקֹּדֶשׁ
11
Celui qui a récité le Chema à rebours n’a pas accompli son obligation. De quel cas parle-t-on ? Du cas où il a changé l’ordre des versets au sein d’un paragraphe. Mais s’il a récité un paragraphe avant un autre qui aurait dû le précéder[1], bien qu’il n’y soit pas autorisé, j’affirme qu’il a rempli son devoir, car les trois paragraphes du Chema ne sont pas juxtaposés dans la Thora. Réciter un verset et le répéter est méprisable[2]. Celui qui prononce un mot et le répète, comme : « Chema Chema », on le fait taire[3].
11
הַקּוֹרֵא לְמַפְרֵעַ לֹא יָצָא. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים בְּסֵדֶר הַפְּסוּקִים אֲבָל אִם הִקְדִּים פָּרָשָׁה לְפָרָשָׁה אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ רַשַּׁאי אֲנִי אוֹמֵר שֶׁיָּצָא לְפִי שֶׁאֵינָהּ סְמוּכָה לָהּ בַּתּוֹרָה. קָרָא פָּסוּק וְחָזַר וּקְרָאוֹ פַּעַם שְׁנִיָּה הֲרֵי זֶה מְגֻנֶּה. קָרָא מִלָּה אַחַת וּכְפָלָהּ כְּגוֹן שֶׁקָּרָא שְׁמַע שְׁמַע מְשַׁתְּקִין אוֹתוֹ
12
Si l’on a récité le Chema de façon discontinue[1], on est quitte ; même si l’on a marqué entre une partie et la suivante une pause d’une durée suffisante pour finir toute la lecture, on est quitte, à condition de l’avoir récité dans l’ordre. Si l’on a récité le Chema en somnolant, c’est-à-dire sans être complètement réveillé ni endormi, on est quitte, à condition d’avoir été vraiment réveillé et d’avoir donc pu se concentrer durant la récitation du premier verset.
12
קְרָאָהּ סֵרוּגִין יָצָא. אֲפִלּוּ שָׁהָה בֵּין סֵרוּג לְסֵרוּג כְּדֵי לִגְמֹר אֶת כֻּלָּהּ יָצָא. וְהוּא שֶׁיִּקְרָא עַל הַסֵּדֶר. קְרָאָהּ מִתְנַמְנֵם וְהוּא מִי שֶׁאֵינוֹ עֵר וְלֹא נִרְדָּם בְּשֵׁנָה יָצָא. וּבִלְבַד שֶׁיִּהְיֶה עֵר בְּפָסוּק רִאשׁוֹן
13
Si l’on a un doute quant au fait d’avoir récité ou non le Chema, il faut le réciter à nouveau[1], avec les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent[2]. En revanche, si l’on est sûr d’avoir récité le Chema mais que l’on est incertain d’avoir récité les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent, on ne répète pas les bénédictions. En cas d’erreur dans la récitation, on reprend à l’endroit où l’on s’est trompé. Si l’on ne sait plus où l’on en est, entre un paragraphe et un autre, c’est-à-dire que l’on ne sait plus quel paragraphe on a fini et quel paragraphe on doit commencer, on reprend au premier paragraphe, qui est : « Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu… ».
13
סָפֵק קָרָא קְרִיאַת שְׁמַע סָפֵק לֹא קָרָא חוֹזֵר וְקוֹרֵא וּמְבָרֵךְ לְפָנֶיהָ וּלְאַחֲרֶיהָ. אֲבָל אִם יָדַע שֶׁקָּרָא וְנִסְתַּפֵּק לוֹ אִם בֵּרֵךְ לְפָנֶיהָ וּלְאַחֲרֶיהָ אוֹ לֹא בֵּרֵךְ אֵינוֹ חוֹזֵר וּמְבָרֵךְ. קָרָא וְטָעָה יַחֲזֹר לַמָּקוֹם שֶׁטָּעָה. נֶעֱלַם מִמֶּנּוּ בֵּין פָּרָשָׁה לְפָרָשָׁה וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אֵי זוֹ פָּרָשָׁה הִשְׁלִים וְאֵי זוֹ צָרִיךְ לְהַתְחִיל חוֹזֵר לְפָרָשָׁה רִאשׁוֹנָה שֶׁהוּא (דברים ו ה) ״וְאָהַבְתָּ אֵת יְיָ׳ אֱלֹהֶיךָ״ וְגוֹ׳
14
Si l’on s’est trompé au milieu d’un paragraphe et que l’on ignore où l’on s’est arrêté, on reprend au début du paragraphe. Si l’on a prononcé le mot oukhtavtam, mais que l’on ne sait plus si l’on en est au mot oukhtavtam du paragraphe Chema ou du paragraphe Vehaya im chamoa, on reprend au mot oukhetavtam du paragraphe Chema. Mais si ce doute survient après que l’on a dit « lémaan yrbou yemékhem », on ne recommence pas, car on présume que l’on a suivi mécaniquement ce que l’on a l’habitude de dire.
14
טָעָה בְּאֶמְצַע הַפֶּרֶק וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ לְהֵיכָן פָּסַק, חוֹזֵר לְרֹאשׁ הַפֶּרֶק. הָיָה קוֹרֵא ‘וּכְתַבְתָּם’ וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אִם הוּא בְּ’וּכְתַבְתָּם’ שֶׁל שְׁמַע אוֹ בְּ’וּכְתַבְתָּם’ שֶׁבִּ’וְהָיָה אִם שָׁמֹעַ’, חוֹזֵר לְ’וּכְתַבְתָּם’ שֶׁל שְׁמַע. וְאִם נִסְתַּפֵּק לוֹ אַחַר שֶׁקָּרָא ‘לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם’, אֵינוֹ חוֹזֵר, שֶׁעַל הֶרְגֵּל לְשׁוֹנוֹ הוּא הוֹלֵךְ
15
Lorsqu’on rencontre une personne ou que l’on est abordé par une personne, pendant que l’on est en train de réciter le Chema, la règle suivante est appliquée : si l’on se trouve entre deux paragraphes, on peut s’interrompre pour saluer une personne que l’on est tenu d’honorer – comme son père, son maître ou une personne supérieure à soi en sagesse – et on peut répondre au salut de tout homme.
15
הָיָה קוֹרֵא וּפָגַע בַּאֲחֵרִים אוֹ פָּגְעוּ בוֹ אֲחֵרִים, אִם הָיָה בֵּין פֶּרֶק לְפֶרֶק – פּוֹסֵק וּמַתְחִיל וְשׁוֹאֵל שְׁלוֹם מִי שֶׁהוּא חַיָּב בִּכְבוֹדוֹ, כְּגוֹן שֶׁפָּגַע בְּאָבִיו אוֹ רַבּוֹ אוֹ מִי שֶׁהוּא גָדוֹל מִמֶּנּוּ בְּחָכְמָה; וּמֵשִׁיב ‘שָׁלוֹם’ לְכָל אָדָם שֶׁנָּתַן לוֹ שָׁלוֹם
16
Si l’on se trouve au milieu de la récitation d’un paragraphe, on ne s’interrompt que pour saluer quelqu’un que l’on craint, comme un roi, un oppresseur ou un personnage semblable. Mais pour quelqu’un que l’on est tenu d’honorer, comme son père ou son maître, c’est uniquement si celui-ci salue le premier, que l’on s’interrompt pour lui rendre son salut.
16
הָיָה קוֹרֵא בְּאֶמְצַע הַפַּרְשָׁה – אֵינוֹ פוֹסֵק וּמַתְחִיל לִשְׁאוֹל אֶלָּא בִּשְׁלוֹם מִי שֶׁהוּא מִתְיָרֵא מִמֶּנּוּ, כְּגוֹן מֶלֶךְ אוֹ אַנָּס וְכַיּוֹצֵא בָהֶן; אֲבָל מִי שֶׁהוּא חַיָּב בִּכְבוֹדוֹ, כְּגוֹן אָבִיו אוֹ רַבּוֹ, אִם נָתַן לוֹ שָׁלוֹם תְּחִלָּה – פּוֹסֵק וּמֵשִׁיב לוֹ שָׁלוֹם
17
Tels sont les endroits entre les paragraphes : entre la première bénédiction et la seconde, entre la seconde et Chema, entre Chema et Vehaya im chamoa, entre Vehaya im chamoa et Vayomer. À ces intervalles, on peut saluer quelqu’un que l’on a le devoir d’honorer, et rendre le salut à tout homme. Mais entre Vayomer et Émet veyatsiv, c’est considéré comme le milieu d’un paragraphe ; on ne doit donc pas s’interrompre, si ce n’est pour saluer quelqu’un que l’on craint ou rendre le salut à quelqu’un que l’on doit honorer.
17
וְאֵלוּ הֵן בֵּין הַפְּרָקִים: בֵּין בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה לִשְׁנִיָּה, בֵּין שְׁנִיָּה לִשְׁמַע, בֵּין שְׁמַע לִוְהָיָה אִם שָׁמֹעַ, בֵּין וְהָיָה אִם שָׁמֹעַ לְוַיֹּאמֶר; בֵּין הַפְּרָקִים הָאֵלּוּ שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַכָּבוֹד וּמֵשִׁיב שָׁלוֹם לְכָל אָדָם. אֲבָל בֵּין וַיֹּאמֶר לֶאֱמֶת וְיַצִּיב – הֲרֵי זֶה כְּאֶמְצַע הַפֶּרֶק, וְלֹא יַפְסִיק אֶלָּא לִשְׁאוֹל מִפְּנֵי הַיִּרְאָה וּלְהָשִׁיב מִפְּנֵי הַכָּבוֹד
Chapitre trois : Propreté du corps et de l’endroit
Ce chapitre porte sur la propreté et la décence requises à l’endroit où l’on récite le Chema. Il est en effet défendu de prononcer des paroles de Thora dans un lieu souillé ou accueillant des personnes dévêtues, tels des bains. Les lois présentées dans ce chapitre s’appliquent donc aussi à la lecture de tout autre texte sacré.
1
Celui qui récite le Chema doit au préalable se laver les mains avec de l’eau. Si l’heure de la récitation survient et qu’il ne trouve pas d’eau avant de réciter le Chema, il ne doit pas en retarder la récitation pour aller chercher de l’eau. Plutôt, il se nettoie les mains avec de la terre, avec un caillou, avec une poutre ou ce qui est semblable, et il récite le Chema
1
הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע, רוֹחֵץ יָדָיו בְּמַיִם קֹדֶם שֶׁיִּקְרָא. הִגִּיעַ זְמַן קְרִיאָתָהּ וְלֹא מָצָא מַיִם קֹדֶם שֶׁיִּקְרָא, לֹא יְאַחֵר קְרִיאָתָהּ וְיֵלֵךְ לְבַקֵּשׁ מַיִם, אֶלָּא מְקַנֵּחַ יָדָיו בֶּעָפָר אוֹ בִצְרוֹר אוֹ בְקוֹרָה וְכַיּוֹצֵא בָהֶן וְקוֹרֵא
2
On ne peut réciter le Chema ni aux bains, ni dans des lieux d’aisances – même s’il ne s’y trouve pas de déjection – ni dans un cimetière, ni à côté d’un mort. Si l’on s’écarte de quatre coudées de la tombe ou du mort, il est permis de réciter le Chema. Quiconque a récité le Chema dans un endroit où cela est interdit, doit le réciter à nouveau.
2
ב אֵין קוֹרִין לֹא בְּבֵית הַמֶּרְחָץ, וְלֹא בְּבֵית הַכִּסֵּא אַף עַל פִּי שֶׁאֵין בּוֹ צוֹאָה, וְלֹא בְּבֵית הַקְּבָרוֹת, וְלֹא בְּצַד הַמֵּת עַצְמוֹ. וְאִם הִרְחִיק אַרְבַּע אַמּוֹת מִן הַקֶּבֶר אוֹ מִן הַמֵּת, מֻתָּר לִקְרוֹת. וְכָל מִי שֶׁקָּרָא בְּמָקוֹם שֶׁאֵין קוֹרִין בּוֹ, חוֹזֵר וְקוֹרֵא
3
Il est permis de réciter le Chema devant des lieux d’aisances nouvellement préparés et non encore utilisés, mais pas à l’intérieur de ceux-ci. Il est permis de réciter le Chema à l’intérieur d’un nouvel établissement de bains, non encore utilisé. S’il y a deux pièces, dont l’une a été désignée par le propriétaire comme lieu d’aisances, et qu’il a dit à propos de la seconde : « Et celle-ci », il y a doute quant à savoir si la seconde est également désignée comme lieux d’aisances ou non. C’est pourquoi, on ne doit pas a priori y réciter le Chema. Cependant, si on y a récité le Chema, on est quitte. Mais si le propriétaire a dit à propos de la seconde : « Celle-ci aussi », toutes deux sont désignées pour servir de lieux d’aisances et on ne peut y réciter le Chema. Il est permis de réciter le Chema dans la cour d’un établissement de bains, qui est l’endroit où les gens se tiennent habillés.
3
בֵּית הַכִּסֵּא הֶחָדָשׁ שֶׁהוּכַן וַעֲדַיִן לֹא נִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ – מֻתָּר לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע לְנֶגְדּוֹ; אֲבָל לֹא בְּתוֹכוֹ. מֶרְחָץ הֶחָדָשׁ, מֻתָּר לִקְרוֹת בְּתוֹכוֹ. הָיוּ שְׁנֵי בָתִּים, זִמֵּן אֶחָד מֵהֶם לְבֵית הַכִּסֵּא וְאָמַר עַל הַשֵּׁנִי ‘וְזֶה’ – הֲרֵי הַשֵּׁנִי סָפֵק אִם הִזְמִינוֹ לְכָךְ אִם לֹא; לְפִיכָךְ אֵין קוֹרִין בּוֹ לְכַתְּחִלָּה, וְאִם קָרָא – יָצָא. אָמַר ‘גַּם זֶה’ – הֲרֵי שְׁנֵיהֶם מְזֻמָּנִּין וְאֵין קוֹרְאִין בָּהֶן. חֲצַר הַמֶּרְחָץ, וְהוּא הַמָּקוֹם שֶׁבְּנֵי אָדָם עוֹמְדִין בּוֹ לְבוּשִׁין – מֻתָּר לִקְרוֹת בּוֹ קְרִיאַת שְׁמַע
4
Ce n’est pas uniquement le Chema, mais tout propos de sainteté qu’il est interdit de prononcer aux bains ou dans des lieux d’aisances, même en une langue profane. Et ce n’est pas seulement le fait d’y prononcer une parole sainte qui est interdit : même penser en son cœur à des paroles de Thora dans des lieux d’aisances, aux bains ou dans un lieu souillé – c’est-à-dire un endroit où se trouvent des excréments ou de l’urine – est interdit
4
וְלֹא קְרִיאַת שְׁמַע בִּלְבָד, אֶלָּא כָּל עִנְיָן שֶׁהוּא מִדִּבְרֵי הַקֹּדֶשׁ – אָסוּר לְאָמְרוֹ בְּבֵית הַמֶּרְחָץ וּבְבֵית הַכִּסֵּא, וַאֲפִלּוּ אֲמָרוֹ בִּלְשׁוֹן חוֹל. וְלֹא לְאָמְרוֹ בִּלְבָד, אֶלָּא אֲפִלּוּ לְהַרְהֵר בְּלִבּוֹ בְּדִבְרֵי תוֹרָה בְּבֵית הַכִּסֵּא וּבְבֵית הַמֶּרְחָץ וּבִמְקוֹם הַטִּנֹּפֶת, וְהוּא הַמָּקוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ צוֹאָה וּמֵי רַגְלַיִם – אָסוּר
5
Il est permis d’exprimer des propos profanes en langue sacrée dans des lieux d’aisances. Il est de même permis d’y prononcer les désignations de D.ieu, telles que Miséricordieux, Gracieux, Fidèle et autres appellations semblables. En revanche, les noms spécifiques de D.ieu – c’est-à-dire les noms qu’il est interdit d’effacer – ne doivent pas être évoqués dans des lieux d’aisances ou dans des établissements de bains ayant déjà été utilisés. Toutefois, si l’occasion se présente, aux bains ou dans un lieu d’aisances, d’empêcher une personne de commettre une transgression, on doit le faire, même en langue sacrée et en tenant des propos sacrés.
5
דְּבָרִים שֶׁל חוֹל, מֻתָּר לְאָמְרָן בִּלְשׁוֹן קֹדֶשׁ בְּבֵית הַכִּסֵּא. וְכֵן הַכִּנּוּיִים, כְּגוֹן ׳רַחוּם, וְחַנּוּן, וְנֶאֱמָן׳ וְכַיּוֹצֵא בָהֶן – מֻתָּר לְאָמְרָן בְּבֵית הַכִּסֵּא. אֲבָל הַשֵּׁמוֹת הַמְיֻחָדִים, וְהֵן הַשֵּׁמוֹת שֶׁאֵינָן נִמְחָקִין – אָסוּר לְהַזְכִּירָן בְּבֵית הַכִּסֵּא וּבְבֵית הַמֶּרְחָץ יָשָׁן. וְאִם נִזְדַּמֵּן לוֹ לְהַפְרִישׁ מִן דָּבָר הָאָסוּר בְּבֵית הַמֶּרְחָץ אוֹ בְּבֵית הַכִּסֵּא, מַפְרִישׁ, וַאֲפִלּוּ בִּלְשׁוֹן קֹדֶשׁ וּבְעִנְיְנֵי קֹדֶשׁ
6
Il est interdit de réciter le Chema devant des excréments humains, devant des excréments de chiens ou de porcs lorsque des peaux y sont trempées ou devant tout excrément malodorant comme ceux-ci. Il est de même défendu de réciter le Chema devant de l’urine humaine. Mais l’on peut réciter le Chema devant de l’urine animale. Il n’est pas nécessaire de s’éloigner des excréments ni de l’urine d’un enfant incapable de consommer le volume d’un kazaït de pain dans le temps que mettrait un adulte pour en consommer un volume égal à trois œufs.
6
צוֹאַת הָאָדָם, וְצוֹאַת כְּלָבִים וַחֲזִירִין בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ בְּתוֹכָן עוֹרוֹת, וְכָל צוֹאָה שֶׁרֵיחָה רַע כְּגוֹן אֵלּוּ – אָסוּר לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע כְּנֶגְדָּן. וְכֵן כְּנֶגֶד מֵי רַגְלַיִם שֶׁל אָדָם; אֲבָל מֵי רַגְלַיִם שֶׁל בְּהֵמָה, קוֹרִין כְּנֶגְדָּן. קָטָן שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לֶאֱכוֹל כְּזַיִת דָּגָן בִּכְדֵי שֶׁיֹּאכַל הַגָּדוֹל כִּשְׁלשָׁה בֵּיצֵי דָּגָן – אֵין מַרְחִיקִין לֹא מִצּוֹאָתוֹ וְלֹא מִמֵּי רַגְלָיו
7
Il est interdit de réciter le Chema devant un excrément même s’il est aussi sec qu’un objet en terre cuite. S’il est plus sec que de la terre cuite, au point de s’effriter quand on le jette, il est considéré comme de la poussière, et l’on pourra réciter le Chema à côté. Il est interdit de réciter le Chema devant de l’urine absorbée dans le sol, si celle-ci est encore suffisamment humide pour humecter la main qui la toucherait. Dans le cas contraire, c’est permis.
7
הָיְתָה צוֹאָה יְבֵשָׁה כְּחֶרֶשׂ – אָסוּר לִקְרוֹת כְּנֶגְדָּהּ. וְאִם הָיְתָה יְבֵשָׁה יוֹתֵר מֵחֶרֶשׂ עַד שֶׁאִם זְרָקָהּ תִּתְפָּרֵךְ, הֲרֵי הִיא כֶּעָפָר, וּמֻתָּר לִקְרוֹת כְּנֶגְדָּהּ. מֵי רַגְלַיִם שֶׁנִּבְלְעוּ בַּקַּרְקַע, אִם הָיוּ מַרְטִיבִין הַיָּד – אָסוּר לִקְרוֹת כְּנֶגְדָּן; וְאִם לַאו, מֻתָּר
8
À quelle distance faut-il s’éloigner des excréments ou de l’urine pour réciter le Chema ? À quatre coudées ; cela uniquement s’ils se trouvent derrière soi ou sur les côtés. Mais s’ils se trouvent en face de soi, on doit s’en éloigner jusqu’à ce qu’on ne les voie plus ; c’est uniquement alors que l’on pourra réciter le Chema.
8
כַּמָּה יַרְחִיק אָדָם מִצּוֹאָה וּמִמֵּי רַגְלַיִם וְאַחַר כָּךְ יִקְרָא? אַרְבַּע אַמּוֹת. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? בִּזְמַן שֶׁהֵם מִלַּאֲחוֹרָיו אוֹ מִצִּדָּיו; אֲבָל אִם הָיוּ כְּנֶגֶד פָּנָיו – מַרְחִיק מֵהֶן עַד שֶׁלֹּא יִרְאֶה אוֹתָן וְאַחַר כָּךְ יִקְרָא
9
Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Lorsqu’on se trouve dans la même pièce et au même niveau que les souillures. Mais si les souillures sont situées à un endroit plus haut ou plus bas de dix tefa’him, on peut s’asseoir à côté de cet endroit et réciter le Chema, car l’on se trouve séparé des souillures du fait de la différence de niveau. Cela, à condition que l’on ne sente aucune mauvaise odeur. De même, si l’on retourne un récipient sur des excréments ou sur de l’urine, bien qu’on se trouve dans la même pièce que ces souillures, elles sont considérées comme enterrées et il est permis de réciter le Chema en leur présence.
9
בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? כְּשֶׁהָיָה עִמָּהֶן בַּבַּיִת בְּמָקוֹם שָׁוֶה. אֲבָל אִם הָיָה שָׁם מָקוֹם גָּבוֹהַּ מֵהֶן עֲשָׂרָה טְפָחִים אוֹ נָמוּךְ מֵהֶם עֲשָׂרָה טְפָחִים – יוֹשֵׁב בְּצַד הַמָּקוֹם וְקוֹרֵא, שֶׁהֲרֵי נִפְסַק בֵּינֵיהֶם. וְהוּא, שֶׁלֹּא יַגִּיעַ לוֹ רֵיחַ רָע. וְכֵן אִם כָּפָה כְּלִי עַל הַצּוֹאָה אוֹ עַל מֵימֵי רַגְלַיִם, אַף עַל פִּי שֶׁהֵן עִמּוֹ בַּבַּיִת – הֲרֵי אֵלּוּ כִּקְבוּרִין, וּמֻתָּר לִקְרוֹת כְּנֶגְדָּן
10
Si l’excrément se trouve de l’autre côté d’une séparation en verre, bien que l’on voie l’excrément derrière le verre, il est permis de réciter le Chema à côté. Si l’on a versé un reviit d’eau sur l’urine issue d’une seule miction, il est permis de réciter le Chema dans les quatre coudées de cette urine.
10
הָיָה בֵּינוֹ וּבֵין הַצּוֹאָה מְחִיצָה שֶׁל זְכוּכִית, אַף עַל פִּי שֶׁהוּא רוֹאֶה אוֹתָהּ מֵאַחֲרֵי הַזְּכוּכִית – מֻתָּר לִקְרוֹת בְּצִדָּהּ. נָתַן רְבִיעִית מַיִם לְתוֹךְ מֵי רַגְלַיִם שֶׁל פַּעַם אַחַת – מֻתָּר לִקְרוֹת עִמָּהֶן בְּתוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת
11
Si un excrément se trouve dans un trou du sol, on peut se tenir debout, la sandale sur le trou, et réciter le Chema ; cela, à condition que la sandale ne soit pas en contact avec l’excrément. Si l’on est face à un excrément minuscule comme une goutte, on peut le recouvrir d’un crachat épais et réciter le Chema. Si l’on a une tache d’excrément sur la peau ou les mains sales en sortant des lieux d’aisances, mais qu’aucune mauvaise odeur ne s’en dégage car cette salissure est infime ou sèche, il est permis de réciter le Chema, du fait de l’absence d’odeur. Mais si la souillure se trouve à sa place, au niveau de l’anus, bien qu’elle ne soit pas visible quand l’individu est debout, dès lors qu’elle est visible quand il est assis, il lui est interdit de réciter le Chema avant de s’être soigneusement nettoyé, parce que les matières y sont humides et dégagent une mauvaise odeur. Plusieurs gueonim ont statué qu’il est interdit de réciter le Chema les mains sales en sortant des lieux d’aisances. Il convient de s’y conformer.
11
הָיְתָה צוֹאָה בְּגוּמָא – עוֹמֵד בְּסַנְדָּלוֹ עַל הַגּוּמָא וְקוֹרֵא; וְהוּא שֶׁלֹּא יִהְיֶה סַנְדָּלוֹ נוֹגֵעַ בָּהּ. הָיְתָה כְנֶגְדּוֹ צוֹאָה מְעוּטָה בְּיוֹתֵר כְּמוֹ טִפָּה, רוֹקֵק עָלֶיהָ רֹק עָבֶה עַד שֶׁתִּתְכַּסֶּה, וְקוֹרֵא. הָיְתָה נְטִישַׁת צוֹאָה עַל בְּשָׂרוֹ, אוֹ יָדָיו מְטֻנָּפוֹת מִבֵּית הַכִּסֵּא, וְלֹא הָיָה לָהֶן רֵיחַ רַע כְּלָל מִפְּנֵי קָטְנָן אוֹ יַבְשׁוּתָן – מֻתָּר לִקְרוֹת, לְפִי שֶׁאֵין לָהֶן רֵיחַ רַע. אֲבָל אִם הָיְתָה בִּמְקוֹמָהּ, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינָהּ נִרְאֵית כְּשֶׁהוּא עוֹמֵד – הוֹאִיל וְנִרְאֵית כְּשֶׁהוּא יוֹשֵׁב, אָסוּר לִקְרוֹת עַד שֶׁיְּקַנַּח יָפֶה יָפֶה, מִפְּנֵי שֶהַצּוֹאָה לֶחָה הִיא וְיֵשׁ לָהּ רֵיחַ רָע. וְכַמָּה גְאוֹנִים הוֹרוּ שֶׁאָסוּר לוֹ לִקְרוֹת אִם הָיוּ יָדָיו מְטֻנָּפוֹת, וְכָךְ רָאוּי לַעֲשׂוֹת
12
Quand la source d’une mauvaise odeur a une substance, tel un excrément qui dégage une mauvaise odeur, on doit s’en éloigner de quatre coudées pour réciter le Chema, si l’odeur disparaît à cette distance. Mais si elle subsiste, il faut s’éloigner jusqu’à l’endroit où il n’y a plus d’odeur. Si la source de cette odeur nauséabonde n’a pas de substance, comme dans le cas d’une personne qui a laissé échapper une flatulence, il faut s’éloigner jusqu’à l’endroit où l’odeur disparaît pour réciter le Chema. Il est défendu de réciter le Chema devant un vase de nuit servant à des excréments ou à de l’urine, même s’il ne contient rien et ne dégage pas de mauvaise odeur, parce qu’il est considéré comme des lieux d’aisances.
12
רֵיחַ רַע שֶׁיֵּשׁ לוֹ עִקָּר – מַרְחִיק אַרְבַּע אַמּוֹת וְקוֹרֵא, אִם פָּסַק הָרֵיחַ. וְאִם לֹא פָסַק הָרֵיחַ, מַרְחִיק עַד מָקוֹם שֶׁפָּסַק הָרֵיחַ. וְשֶׁאֵין לוֹ עִקָּר, כְּגוֹן מִי שֶׁיָּצָא מִמֶּנּוּ רוּחַ מִלְּמַטָּה – מַרְחִיק עַד מָקוֹם שֶׁתִּכְלֶה הָרֵיחַ וְקוֹרֵא. גְּרָף שֶׁל רְעִי וְעָבִיט שֶׁל מֵימֵי רַגְלַיִם, אָסוּר לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע כְּנֶגְדָּן, וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין בָּהֶן כְּלוּם וְאֵין לָהֶם רֵיחַ רָע, מִפְּנֵי שֶׁהֵם כְּבֵית הַכִּסֵּא
13
Il est interdit de réciter le Chema face à des excréments en mouvement qui passent devant soi, par exemple flottant sur l’eau. Le groin d’un porc a lui aussi le statut d’excréments en mouvement. Il est défendu de réciter le Chema devant ceux-là, jusqu’à ce qu’ils se soit éloignés d’au moins quatre coudées sur le côté ou derrière soi.
13
צוֹאָה עוֹבֶרֶת, כְּגוֹן שֶׁהָיְתָה שָׁטָה עַל פְּנֵי הַמַּיִם – אָסוּר לִקְרוֹת כְּנֶגְדָּהּ. וּפִי חֲזִיר כְּצוֹאָה עוֹבֶרֶת דָּמִי, וְאָסוּר לִקְרוֹת כְּנֶגְדּוֹ עַד שֶׁיַּעַבְרוּ מִמֶּנּוּ אַרְבַּע אַמּוֹת
14
Si l’on rencontre un endroit souillé tout en lisant le Chema, on ne peut pas continuer à réciter en mettant la main sur la bouche; mais il faut s’interrompre jusqu’à ce que l’on dépasse cet endroit. De même, si on laisse échapper une flatulence tout en lisant le Chema, on doit s’interrompre jusqu’à ce que l’odeur disparaisse, puis on continue la récitation. Il en va de même pour l’étude de la Thora. Pour les flatulences d’autrui, bien que l’on doive s’interrompre dans la récitation du Chema, on ne s’interrompt pas dans l’étude de la Thora.
14
הָיָה קוֹרֵא וְהִגִּיעַ לִמְקוֹם הַטִּנֹּפֶת – לֹא יַנִּיחַ יָדוֹ עַל פִּיו וְיִקְרָא, אֶלָּא יַפְסִיק עַד שֶׁיַּעֲבֹר מֵאוֹתוֹ מָקוֹם. וְכֵן הַקּוֹרֵא שֶׁיָּצְתָה מִמֶּנּוּ רוּחַ מִלְּמַטָּה, יַפְסִיק עַד שֶׁתִּכְלֶה בָּאְשָׁהּ וְחוֹזֵר לִקְרִיאָתוֹ; וְכֵן בְּדִבְרֵי תוֹרָה. יָצְתָה רוּחַ מֵחֲבֵרוֹ, אַף עַל פִּי שֶׁמַּפְסִיק לִקְרִיאַת שְׁמַע – אֵינוֹ פוֹסֵק לְדִבְרֵי תוֹרָה
15
Si l’on s’apprête à réciter le Chema dans une maison, mais l’on a un doute quant à l’éventuelle présence d’excréments ou d’urine, on a le droit de réciter le Chema sans examiner les lieux préalablement. Si l’on s’apprête à réciter le Chema dans un dépotoir, mais l’on a un doute quant à l’éventuelle présence d’excréments, on ne doit pas le faire avant d’avoir examiné l’endroit, parce qu’un dépotoir est un endroit où la présence de souillures est présumée. En revanche, lorsque le doute porte seulement sur la présence d’urine, il est permis de réciter le Chema, même dans un dépotoir.
15
הָיָה קוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע בַּבַּיִת, וְנִסְתַּפֵּק לוֹ אִם יֵשׁ שָׁם צוֹאָה אוֹ מֵימֵי רַגְלַיִם אוֹ אֵין שָׁם – הֲרֵי זֶה מֻתָּר לִקְרוֹת. הָיָה קוֹרֵא בָּאַשְׁפָּה, וְנִסְתַּפֵּק לוֹ אִם יֵשׁ שָׁם צוֹאָה אוֹ אֵין שָׁם – לֹא יִקְרָא עַד שֶׁיִּבְדוֹק; שֶׁחֶזְקַת הָאַשְׁפָּה שֶׁהִיא מְקוֹם הַטִּנֹּפֶת. אֲבָל סָפֵק מֵי רַגְלַיִם, אֲפִלּוּ בָּאַשְׁפָּה מֻתָּר לִקְרוֹת
16
De même qu’il est défendu de réciter le Chema devant des matières fécales ou de l’urine sans s’en éloigner, de même est-il défendu de réciter le Chema devant une personne dont la nudité est exposée, fût-ce un gentil ou un enfant, sans en détourner son visage. Cela s’applique même si la personne dont la nudité est exposée se trouve derrière une séparation en verre : dès lors que l’on voit la nudité, il est interdit de réciter le Chema sans détourner son visage. Tout le corps d’une femme est considéré comme nudité. C’est pourquoi, on ne doit pas observer le corps d’une femme, même celui de sa propre femme, en lisant le Chema ; si un téfa’h d’une partie normalement couverte de son corps est découvert, on ne récitera pas le Chema devant.
16
כְּשֵׁם שֶׁאָסוּר לִקְרוֹת כְּנֶגֶד צוֹאָה וּמֵי רַגְלַיִם עַד שֶׁיַּרְחִיק, כָּךְ אָסוּר לִקְרוֹת כְּנֶגֶד הָעֶרְוָה עַד שֶׁיַּחֲזִיר פָּנָיו. אֲפִלּוּ כּוּתִי אוֹ קָטָן – לֹא יִקְרָא כְּנֶגֶד עֶרְוָתָן, אֲפִלּוּ מְחִיצָה שֶׁל זְכוּכִית מַפְסֶקֶת, הוֹאִיל וְהוּא רוֹאֶה אוֹתָהּ – אָסוּר לִקְרוֹת, עַד שֶׁיַּחֲזִיר פָּנָיו. וְכָל גּוּף הָאִשָּׁה עֶרְוָה; לְפִיכָךְ לֹא יִסְתַּכֵּל בְּגוּף הָאִשָּׁה כְּשֶׁהוּא קוֹרֵא. וַאֲפִלּוּ אִשְׁתּוֹ (ואם) [אִם] הָיָה מְגֻלֶּה טֶפַח מִגּוּפָהּ – לֹא יִקְרָא כְּנֶגְדָּהּ
17
De même qu’il est défendu de réciter le Chema devant la nudité d’autrui, de même est-il défendu de réciter le Chema devant sa propre nudité : on ne récitera pas le Chema nu, avant d’avoir couvert sa nudité. Si l’on porte un vêtement en tissu, peau ou sac, ceint au niveau de la taille, ce qui recouvre la nudité, bien que le reste du corps au-dessus de la taille soit dénudé, il est permis de réciter le Chema, à condition que le talon ne soit pas en contact avec la nudité. Si l’on dort nu sous un drap, il faudra appliquer le drap sur son corps en dessous du cœur pour réciter le Chema. Mais plaquer le drap sur son corps au niveau du cou ne sera pas suffisant pour réciter le Chema, car le cœur « verrait » alors la nudité et cela reviendrait à réciter le Chema sans être ceint d’un vêtement couvrant la nudité.
17
וּכְשֵׁם שֶׁהוּא אָסוּר כְּנֶגֶד עֶרְוַת אֲחֵרִים, כָּךְ הוּא אָסוּר לִקְרוֹת כְּנֶגֶד עֶרְוָתוֹ, וְלֹא יִקְרָא כְּשֶׁהוּא עָרוֹם, עַד שֶׁיְּכַסֶּה עֶרְוָתוֹ. הָיְתָה חֲגוּרָה שֶׁל בֶּגֶד אוֹ עוֹר אוֹ שַׂק עַל מָתְנָיו, אַף עַל פִּי שֶׁשְּׁאָר גּוּפוֹ עָרוֹם – מֻתָּר לוֹ לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע; וְהוּא שֶׁלֹּא יִהְיֶה עֲקֵבוֹ נוֹגֵעַ בְּעֶרְוָתוֹ. הָיָה יָשֵׁן בְּטַלִּיתוֹ וְהָיָה עָרוֹם, חוֹצֵץ בְּטַלִּיתוֹ מִתַּחַת לִבּוֹ וְקוֹרֵא. אֲבָל לֹא יָחֹץ צַוָּארוֹ וְיִקְרָא, מִפְּנֵי שֶׁלִּבּוֹ רוֹאֶה אֶת הָעֶרְוָה, וְנִמְצָא כְּמִי שֶׁקּוֹרֵא בְּלֹא חֲגוּרָה
18
Lorsque deux personnes dorment sans leurs habits sous un même drap, aucune d’elles n’a le droit de réciter le Chema, même si elle applique le drap en dessous de son cœur, à moins que le drap ne fasse séparation entre elles, de sorte que leurs corps ne se touchent pas au niveau de la taille et en dessous. Mais si un homme dort avec son épouse, avec ses enfants ou autres jeunes membres de sa maisonnée, leur corps est considéré comme le sien, et il n’est pas affecté du contact avec eux. C’est pourquoi, même si son corps est en contact avec eux, il tourne sa face, applique la couverture en dessous de son cœur et récite le Chema.
18
שְׁנַיִם שֶׁהָיוּ יְשֵׁנִים בְּטַלִּית אַחַת – כָּל אֶחָד מֵהֶן אָסוּר לִקְרוֹת, אַף עַל פִּי שֶׁיְּכַסֶּה מִתַּחַת לִבּוֹ, עַד שֶׁתְּהֵא טַלִּית מַפְסֶקֶת בֵּינֵיהֶן עַד שֶׁלֹּא יִגַּע בְּשַׂר זֶה בִּבְשַׂר זֶה מִמָּתְנָיו וּלְמַטָּה. וְאִם הָיָה יָשֵׁן עִם אִשְׁתּוֹ אוֹ בָנָיו וּבְנֵי בֵיתוֹ הַקְּטַנִּים – הֲרֵי גּוּפָן כְּגוּפוֹ וְאֵינוֹ מַרְגִּישׁ מֵהֶן, לְפִיכָךְ אַף עַל פִּי שֶׁבְּשָׂרוֹ נוֹגֵעַ בָּהֶם – מַחֲזִיר פָּנָיו וְחוֹצֵץ מִתַּחַת לִבּוֹ וְקוֹרֵא
19
Jusqu’à quel âge les enfants sont-ils considérés comme jeunes dans ce contexte ? Le garçon, jusqu’à douze ans et un jour, et la fille onze ans et un jour, dans le cas où leur morphologie est semblable à celle d’un adulte, selon l’expression du verset: « tes seins se sont affermis et tes poils ont poussé » c’est-à-dire qu’ils ont présenté des signes de puberté. Passé cet âge, on ne doit pas réciter le Chema avec eux sans qu’un drap ne fasse séparation. Mais s’ils ne sont pas encore dans la situation décrite par le verset : « tes seins se sont affermis et tes poils ont poussé », on peut réciter le Chema en étant en contact avec eux sans avoir besoin d’une séparation, jusqu’à ce que le garçon ait treize ans et un jour et la fille douze ans et un jour.
19
עַד אֵימָתַי הֵם קְטַנִים לְעִנְיָן זֶה? עַד שֶׁיְּהֵא הַזָּכָר בֶּן שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה שָׁנָה וְיוֹם אֶחָד וְהַנְּקֵבָה בַּת אַחַת עֶשְׂרֵה שָׁנָה וְיוֹם אֶחָד; וְהוּא שֶׁיְּהֵא תַבְנִיתָם כְּתַבְנִית גְּדוֹלִים, שָׁדַיִם נָכוֹנוּ וּשְׂעָרֵךְ צִמֵּחַ, וְאַחַר כָּךְ לֹא יִקְרָא עַד שֶׁתַּפְסִיק טַלִּית בֵּינֵיהֶן. אֲבָל אִם עֲדַיִן לֹא הָיוּ שָׁדַיִם נָכוֹנוּ וּשְׂעָרֵךְ צִמֵּחַ – קוֹרֵא עִמָּהֶן בְּקֵרוּב בָּשָׂר וְאֵינוֹ צָרִיךְ הֶפְסֵק, עַד שֶׁיִהְיֶה הַזָּכָר בֶּן שְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה שָׁנָה וְיוֹם אֶחָד וְהַנְּקֵבָה בַּת שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה שָׁנָה וְיוֹם אֶחָד
Chapitre quatre : Les personnes dispensées de réciter le Chema
Certaines personnes sont dispensées de la récitation du Chema : il s’agit soit de celles qui ne sont pas tenues à cette obligation par la Thora, soit de celles qui, pour diverses raisons, sont incapables d’y prêter l’attention requise.
1
Les femmes, les esclaves cananéens et les enfants sont dispensés de la récitation du Chema. Toutefois, on apprend aux enfants à réciter le Chema en temps voulu et à réciter les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent, afin de les initier aux commandements. Celui qui est préoccupé et anxieux concernant l’accomplissement d’une mitsva est dispensé de tous les commandements, y compris de la récitation du Chema. C’est pourquoi, un jeune marié qui a épousé une femme vierge est dispensé de réciter le Chema jusqu’à ce qu’il ait des rapports avec elle. En effet, son esprit n’est pas tranquille, car il est préoccupé par la possibilité qu’il ne trouve pas chez elle les signes de virginité. Et s’il a attendu jusqu’à samedi soir sans avoir eu de rapports avec elle, il est tenu de réciter le Chema à partir de samedi soir. En effet, son esprit s’est apaisé et il a désormais plus de familiarité avec elle, bien qu’ils n’aient pas eu de rapports.
1
נָשִׁים וַעֲבָדִים וּקְטַנִּים – פְּטוּרִים מִקְּרִיאַת שְׁמַע. וּמְלַמְּדִין אֶת הַקְּטַנִּים לִקְרוֹתָהּ בְּעוֹנָתָהּ וּמְבָרְכִין לְפָנֶיהָ וּלְאַחֲרֶיהָ, כְּדֵי לְחַנְּכָן בְּמִצְוֹת. מִי שֶׁהָיָה לִבּוֹ טָרוּד וְנֶחְפָּז לִדְבַר מִצְוָה פָּטוּר מִכָּל הַמִּצְוֹת וּמִקְּרִיאַת שְׁמַע; לְפִיכָךְ חָתָן שֶׁנָּשָׂא בְתוּלָה – פָּטוּר מִקְּרִיאַת שְׁמַע עַד שֶׁיָּבֹא עָלֶיהָ, לְפִי שֶׁאֵין דַּעְתּוֹ פְּנוּיָה, שֶׁמָּא לֹא יִמְצָא לָהּ בְּתוּלִים. וְאִם שָׁהָה עַד מוֹצָאֵי שַׁבָּת וְלֹא בָעַל, חַיָּב לִקְרוֹת מִמּוֹצָאֵי שַׁבָּת וְאֵילַךְ; שֶׁהֲרֵי נִתְקָרְרָה דַּעְתּוֹ וְלִבּוֹ גַּס בָּהּ, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא בָעַל
2
En revanche, celui qui épouse une femme qui n’est pas vierge, bien qu’il soit occupé à une mitsva, a l’obligation de réciter le Chema, étant donné qu’il n’y a pas de question qui trouble son esprit. Et il en va de même pour tout cas semblable
2
אֲבָל הַנּוֹשֵׂא אֶת הַבְּעוּלָה, אַף עַל פִּי שֶׁעוֹסֵק בְּמִצְוָה – חַיָּב לִקְרוֹת, הוֹאִיל וְאֵין לוֹ דָּבָר שֶׁמְּבַלְבֵּל דַּעְתּוֹ. וְכֵן כָּל כַּיּוֹצֵא בָזֶה
3
Celui qui vient de perdre un proche parent dont il a l’obligation de porter le deuil, est dispensé de la récitation du Chema jusqu’à l’enterrement, parce qu’il n’a pas l’esprit tranquille pour réciter le Chema. Celui qui veille un mort, bien que le défunt ne soit pas son proche parent, est dispensé de la récitation du Chema. Mais s’ils sont deux à le veiller, l’un veille pendant que l’autre se retire à un autre endroit pour réciter le Chema. Puis, il reprend la veille pendant que l’autre s’esquive à son tour pour réciter le Chema. De même, celui qui creuse une tombe pour un mort est dispensé de réciter le Chema.
3
מִי שֶׁמֵּת לוֹ מֵת שֶׁהוּא חַיָּב לְהִתְאַבֵּל עָלָיו, פָּטוּר מִקְּרִיאַת שְׁמַע עַד שֶׁיִּקְבְּרֶנּוּ, מִפְּנֵי שֶׁאֵין דַּעְתּוֹ פְּנוּיָה לִקְרוֹת. וְאִם הָיָה מְשַׁמֵּר אֶת הַמֵּת, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ מֵתוֹ – פָּטוּר מִקְּרִיאַת שְׁמַע. וְאִם הָיוּ הַשּׁוֹמְרִים שְׁנַים – הָאֶחָד מְשַׁמֵּר וְהַשֵּׁנִי נִשְׁמָט לְמָקוֹם אַחֵר וְקוֹרֵא, וְחוֹזֵר וּמְשַׁמֵּר וְנִשְׁמָט הָאַחֵר וְקוֹרֵא. וְכֵן הַחוֹפֵר קֶבֶר לְמֵת, פָּטוּר מִקְּרִיאַת שְׁמַע
4
On n’enlève pas le corps du défunt pour procéder à son enterrement à l’approche de l’heure du Chema, à moins qu’il ne s’agisse d’un grand homme. Mais si l’on a commencé à emmener le corps, et que l’heure de la récitation arrive alors que l’on accompagne le défunt, tous ceux qui sont nécessaires à la civière mortuaire, à savoir ceux qui portent la civière mortuaire, leurs remplaçants et les remplaçants des remplaçants, qu’ils soient devant ou derrière la civière, sont dispensés de réciter le Chema. Les autres personnes du cortège funèbre, qui ne sont pas nécessaires à la civière sont, quant à elles, tenues de réciter le Chema.
4
אֵין מוֹצִיאִין אֶת הַמֵּת לְקָבְרוֹ סָמוּךְ לִזְמַן קְרִיאַת שְׁמַע, אֶלָּא אִם כֵּן הָיָה אָדָם גָּדוֹל; וְאִם הִתְחִילוּ וְהוֹצִיאוּ, וְהִגִּיעַ זְמַן הַקְּרִיאָה וְהֵן מְלַוִּין אֶת הַמֵּת – כָּל שֶׁיֵּשׁ לַמִּטָּה צֹרֶךְ בָּהֶן, כְּגוֹן נוֹשְׂאֵי הַמִּטָּה, וְחִלּוּפֵיהֶן וְחִלּוּפֵי חִלּוּפֵיהֶן בֵּין שֶׁהָיוּ לִפְנֵי הַמִּטָּה בֵּין שֶׁהָיוּ לְאַחַר הַמִּטָּה – פְּטוּרִין; וּשְׁאָר הַמְלַוִּין שֶׁאֵין לַמִּטָּה צֹרֶךְ בָּהֶן, חַיָּבִין
5
Concernant ceux qui assistent à l’oraison funèbre en l’honneur du défunt lorsque l’heure du Chema survient, la règle suivante est appliquée : si le corps est étendu devant eux, ils doivent un à un s’absenter pour réciter le Chema et revenir à l’oraison funèbre. Mais si le corps n’est pas étendu devant eux, tout le monde récite le Chema et l’endeuillé reste assis silencieux puisqu’il n’est pas tenu de réciter le Chema tant qu’il n’a pas enterré son défunt.
5
הָיוּ עֲסוּקִים בְּהֶסְפֵּד וְהִגִּיעַ זְמַן קְרִיאַת שְׁמַע; בִּזְמַן שֶׁהַמֵּת מֻנָּח לִפְנֵיהֶן – נִשְׁמָטִים אֶחָד אֶחָד וְקוֹרְאִין וְחוֹזְרִין לַהֶסְפֵּד, אֵין הַמֵּת מוּטָל לִפְנֵיהֶם – כָּל הָעָם קוֹרִין קְרִיאַת שְׁמַע, וְהָאָבֵל יוֹשֵׁב וְדוֹמֵם; לְפִי שֶׁאֵינוֹ חַיָּב לִקְרוֹת עַד שֶׁיִּקְבֹּר אֶת מֵתוֹ
6
Une fois que l’enterrement a eu lieu, lorsque les endeuillés s’en retournent du cimetière pour recevoir les consolations et tout le monde les suit depuis l’endroit de la tombe jusqu’à l’endroit où l’on forme une haie autour d’eux pour les consolations, durant cet intervalle, si les participants ont la possibilité de commencer et de terminer ne serait-ce que le premier verset du Chema avant d’atteindre la haie, ils commenceront le Chema. Sinon, ils ne commenceront pas, mais consoleront d’abord les endeuillés et, après avoir pris congé d’eux, ils réciteront le Chema. Concernant ceux qui se trouvent dans la haie autour des endeuillés lorsque survient l’heure de la récitation, s’ils sont dans la rangée intérieure, qui voit le visage des endeuillés, ils sont dispensés de réciter le Chema. Mais s’ils sont dans une rangée extérieure, étant donné qu’ils ne voient pas le visage des endeuillés, ils sont tenus de réciter le Chema sur place.
6
קָבְרוּ אֶת הַמֵּת וְחָזְרוּ הָאֲבֵלִים לְקַבֵּל תַּנְחוּמִין, וְכָל הָעָם הוֹלְכִים אַחֲרֵיהֶם מִמְּקוֹם הַקֶּבֶר לַמָּקוֹם שֶׁעוֹמְדִים בּוֹ הָאֲבֵלִים לַעֲשׂוֹת שׁוּרָה לְקַבֵּל תַּנְחוּמִין: אִם יְכוֹלִין הָעָם לְהַתְחִיל וְלִגְמוֹר אֲפִלּוּ פָּסוּק אֶחָד קֹדֶם שֶׁיַּגִּיעוּ לַשּׁוּרָה – יַתְחִילוּ. וְאִם לַאו, לֹא יַתְחִילוּ; אֶלָּא יְנַחֲמוּ אֶת הָאֲבֵלִים, וְאַחַר שֶׁיִּפָּטְרוּ מֵהֶן יַתְחִילוּ לִקְרוֹת. בְּנֵי אָדָם הָעוֹמְדִין בְּשׁוּרָה – הַפְּנִימִיִּים שֶׁהֵן רוֹאִין פְּנֵי הָאֲבֵלִים, פְּטוּרִין מִקְּרִיאַת שְׁמַע; וְהַחִיצוֹנִים, הוֹאִיל וְאֵינָן רוֹאִין אֶת הָאֲבֵלִים – חַיָּבִין בִּקְרִיאַת שְׁמַע בִּמְקוֹמָן
7
Quiconque est dispensé de la récitation du Chema peut tout de même le réciter s’il désire être plus strict envers lui-même, à condition toutefois qu’il ait l’esprit tranquille. Mais si cette personne dispensée de la récitation du Chema est anxieuse, elle n’a pas le droit de le réciter tant que son esprit n’est pas apaisé.
7
כָּל מִי שֶׁהוּא פָּטוּר מִלִּקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע – אִם רָצָה לְהַחֲמִיר עַל עַצְמוֹ לִקְרוֹת, קוֹרֵא. וְהוּא, שֶׁתְּהֵא דַעְתּוֹ פְּנוּיָה עָלָיו; אֲבָל אִם הָיָה זֶה הַפָּטוּר מִלִּקְרוֹת מְבֹהָל – אֵינוֹ רַשַּׁאי לִקְרוֹת, עַד שֶׁתִּתְיַשֵּׁב דַּעְתּוֹ עָלָיו
8
Tous les hommes en état d’impureté rituelle sont astreints à la récitation du Chema : ils peuvent réciter les bénédictions qui le précèdent et qui le suivent en état d’impureté même s’il est possible pour eux de se purifier le jour même. C’est le cas par exemple de celui qui a touché le cadavre d’un des huit rampants mentionnés dans la Thora ou qui a touché une femme nidda, une femme zava, la couche sur laquelle elles se sont étendues ou autres cas semblables. Ezra et son tribunal ont institué qu’un homme ayant eu une émission de matière séminale ne soit pas autorisé à prononcer des paroles de Thora tant qu’il ne s’est pas immergé dans un bain rituel. Ils l’ont ainsi distingué des autres personnes impures. Cependant, cette ordonnance ne fut pas acceptée par l’ensemble du peuple juif, la majeure partie de la communauté juive n’ayant pas la capacité de s’y tenir, aussi fut-elle automatiquement annulée. Tous les juifs ont adopté l’usage de lire la Thora et de réciter le Chema même en cas d’impureté due à une émission de matière séminale, parce que les paroles de la Thora ne contractent pas l’impureté et restent pures éternellement, ainsi qu’il est dit: « Est-ce que Ma parole ne ressemble pas au feu, dit l’Éternel » ; comme le feu ne contracte pas l’impureté, ainsi les paroles de la Thora ne contractent pas l’impureté.
8
כָּל הַטְּמֵאִין חַיָּבִין בִּקְרִיאַת שְׁמַע וּמְבָרְכִין לְפָנֶיהָ וּלְאַחֲרֶיהָ וְהֵן בְּטֻמְאָתָן, אַף עַל פִּי שֶׁאֶפְשָׁר לָהֶן לַעֲלוֹת מִטֻּמְאָתָן בּוֹ בַיּוֹם, כְּגוֹן הַנּוֹגְעִין בְּשֶׁרֶץ אוֹ בְּנִדָּה וְזָבָה וּמִשְׁכָּבָהּ וְכַיּוֹצֵא בָהֶן. וְעֶזְרָא וּבֵית דִּינוֹ תִּקְּנוּ, שֶׁלֹּא יִקְרָא בְּדִבְרֵי תוֹרָה בַּעַל קֶרִי לְבַדּוֹ, וְהוֹצִיאוּהוּ מִכְּלַל שְׁאָר הַטְּמֵאִין עַד שֶׁיִּטְבֹּל. וְלֹא פָשְׁטָה תַּקָנָה זוֹ בְּכָל יִשְׂרָאֵל, וְלֹא הָיָה כֹּחַ בְּרֹב הַצִּבּוּר לַעֲמֹד בָּהּ, לְפִיכָךְ בָּטְלָה. וּכְבָר נָהֲגוּ כָּל יִשְׂרָאֵל לִקְרוֹת בַּתּוֹרָה וְלִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע וְהֵן בַּעֲלֵי קְרָיִין. לְפִי שֶׁאֵין דִּבְרֵי תוֹרָה מְקַבְּלִין טֻמְאָה אֶלָּא עוֹמְדִין בְּטָהֳרָתָן לְעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: « הֲלֹא כֹה דְבָרִי כָּאֵשׁ נְאֻם יְיָ » (ירמיה כג, כט), מָה אֵשׁ אֵינָהּ מְקַבֶּלֶת טֻמְאָה, אַף דִּבְרֵי תוֹרָה אֵינָם מְקַבְּלִין טֻמְאָה
Fin des lois relatives à la récitation du Chema.
בְּרִיךְ רַחֲמָנָא דְּסַיְּעָן
